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88 SONFÉRENCES,
l'esprit de Dieu, nn rayon de sa face, un trait de sa ressem. gier blance, Sans doute, en toutes ces choses, l'outil travaille : et si mais aussi la pensée dirige. La main de l'artisan a confec- Qù tiouné les ressorts, les rouages et tous les appareils de ces sciet vajeurs mouvants qui viéanent, d'au-delà des mers, saluer les l les rivages de notre grand fleuve ; ce que sa main d'a pas éven fait, ce qu'elle n'a pu trouver, ce que le hasard n'a pu lui sévei communiquer, d'est la conception, c'est la pensée, c'est le re po; génie de ce mécanisme puissant, Depuis longtemps l’hom. où le me connaissait l'eau et le feu ; depuis longtemps il prenait ment même plaisir à mettre en présence Pun de l'autre ces deux les de éléments qu'il croyait ennemis, quand un jour il résolut de tielle combiner ces forces en une senle. L'entreprise étaithardie; Et heureusement la matière est esclave du génie ; or le génie philos le croyait et le voulait ; la matière, longtemps rebelle, céda tion d, cufin ; la vapeur était trou: 6 .e', fille du génie, elle établis- confir sait sa puissance partout où il y avait une œuvre de vérité: célérité et de force à accom;lir, Eco Ainsi Jà où règne le travail, là est l'intelligence qni étin: d'une celle, là, la raison qui éclaire, là, le géme qui crée ; en | « Da sorte que partout où se trouvent l’industrie, la mécanique 4 ee uculté
et l'art, se trouve aussi la philosophie : la philosophie qui est È la lumière humaine dr 'ênie, de l'intelligence et de la raison.
Les sciences économiques et politiques ont pour objet la recherche de l'utilité générale et du bien public. Or comment connaître ce qui est bien, ce qui est ulile, sans avoir recours aux ressources que donne une raison formée à 6 cole de la plus hante et de la plus profonde philosophie ?
I n'y a qu'une chose qui, à larigueur,remplace la ph: oso. phie dans l'économie, la politique, l’art, l’industrie et la mé. canique.savoir : le génie naturel ; encore faut-il qu’il se dé. velopp: par l'exercice ; or l'exercice du géuie,même na urel, c’est la philosnphie daus ce qu’elle peut avoir de plus pra tique et de meilleur.
Que s'rait, à sou tour, l'histoire sans la philosophie ? Une lettre morte, un vain étalage de dates, de noms. et (‘évéie. meuts, sans liaison, sans cause, sans portée merale, reli
en troi son na plusier mes, a Stablis «D'o es der "invesi ndusti dis de Dieu, Jous, (I Di pra érités &ires à lablies
CONFÉREN( ES. 9
gieuse et sociale, comme sans illustration, sans célébrité et sans gloire.
Pas Naille :
onfec- Quoi ! plus ! « Quand l’histoire s’est-elle élevée an rang de de ces science, si ce n'est du j ur où l'on a cherché et découvert saluer les lois, les causes morales qui présiGent à la succession des w'a pis évencmen!s, du jou“ où une saine critique a discuté avec pu lui séverité les preuves et Le motifs de crédibilité sur lesquels c'est le reposait la vérité des faits et des traditions. du jour enfin , l'hom: où Le génie des Bossuet, arrachant an hasard le gonvernsprenait ment du monde. s'étudiait à concilier dans le récit des anna es deux les des peuples, la liberté humaine avec l'action providensolut de tielle, et créait La philosophie de l'histoire.»
Lhardie; Et mius, la théologie elle-même ne s: seit-lle pas de la le génie philosophie «comme préparation à la foi par la démonstra. lle, céda tion des vérités religieuses accessibles à la raison, et comme
confirmation de la foi, par lexplisation vraisemblable des vérités inaccessibles à la raisou ? »
Ecoutons un moment l'Ange de l'école : ila tout dit ici et d'une manière admirable.
y établiseuvre de
qui étin: F4 : k )
QU ban « Dans les vérités qui regardent Dien etque la foi confesse,
écanique il en est de deux sortes : les unes qui surpassent toutes les €
facultés de l'ententement humain, telles que l'unité de Dieu en trois personnes ; les autres, Gui sont arcessibles à la rai son naturelle, telles que l'existence de Dieu. son unité et lusien:s dogmes semblables, que les philosophes eux mé. mes, aidés des seules lumières de la raison naturelle, ont établis par des démonstrations ....
«D'où il suit évidemment que le sage doit s'occuper de ces deux sortes de vérités divines, l’une où peut atteindre investigation de la raison, l’autre inaccessible à toute son ndustrie, et détruire les erreurs qui leur sont vppoxées. Je dis deux sortes de vérités divines, non pas par rappo’t à Dieu, qui est la vérité une et simple, mais par ranport à lous, qui saisissons diversement la nature de Dieu Or, bn procède à la manifestation du premier geaïe de ces Æérités par des démonstrations qui convainquent les a!ver. &ires ; quant aux autres, comme elles ne peuvent has ètre lablies par des raisonnements, il ne faut pas chercher à les
ie qui est la raison.
r objet la . Or com:
sans avoir smée à é:
ilosophie !
la ph: os0eet la méqu'il se dée ue la urel, plus pra
phie ? Une et i‘évé 1e nerale, reli:
établir de cette façon, mais réssudre seulement les ohjections que les adversaires proposent, et qui peuvent être ré D t
solues, puisque, ainsi que uous l’ayons montré ailleurs, la | d raison naturelle n’est pas opposée à la foi ; » (si St Thomas Be
vivait en 1871, ilne mauquerait pas d'ajouter : et aissi que MR ic le Concile du Vatican l'a décrété ; maïs faisons le pour lui et Se
taisous-uous). La seule manière de convaincre les esprits R lo de ce genre de vérités est l'autorité de l'Ecriture Sainte, con. SN pe firmée par des miracles ; car nous ne croyous les choses ER ad qui sout au-dessus de la raison humaine qu'à l’aide de la vo révélation. Cependant ii est possible de les éclairer de lit quelques lumières vraisemblables, qui sont utiles à l’ever Je: cice et à la cousolation des fidèles ; mais qu'il ne faut pas Se pr employer contre ceux qui ne le sont pas, de peur que Pin. po suffi-ance de ces lumières ne les confirme dans l'erreur et ES ur ne leur persnade que nous n'avous pas d'autres motifs de MR ne consentir à la vérité de la foi. p por “J'ai donc l'intention de procéder comme al vient d'être M del dit. de m'efforcerai d'abord de rendre manifestes Les cloymes BR teu que la foi professe, en méme Lemps que la raison les découvre. ER pré Je je< etablirai sur des démoustrations, dont quelques unes BR seroui tirées des livres des philosophes et des saints. et qui, ee eu confirmant la vérité, convaincront ses adversaires, M'é- Le ir SOUS des chosen plus claires aux choses les plus San obscures, j'arriverai à la manifestation des dogmes qui sur. la
passent les forces de la raisou, et je moutrerai la verité de : de la foi, en résolvant les objections de ses adversaires, autant que Dieu le permettra, au moyen de saisonnements et d'autorilés, Ainsi sera accompli notre dessein, de recher. cher par la voie de la raison tout ce que l'esprit humain p'ut decouvrir en Dieu. »
Dans ce simple préambule de son livre Contre les nations, St Thomas, c’est-à dire ie plus philosophe de tous les, théo. 8 logiens et le plus théologien de.tous les philosophes, nous daiine la m sure précise des services que la philosonhie est BR" appelee à rendre à la science qui couronne toutes les autres, coinme le fmament courourle nos Lètes,
Mais à quoi bon, pour prouver leur intime connexion
les ohjec- 1t être réleurs, la |
t Thomas Lairst que our luiet les esprits
sainte, con- 5e
les choses ide de la sclairer de es à l’exver 1e faut pas ur que lin:
l'erreur et motifs de
vient d'être k s Les cornes es découvrit elques unes iuts. et qui, aires. M'énseg les plus.
mes qui Sur: } la verité de adversaires, | uisonnenments 1, de recher-À
Le des nations,
sophes, nous E ilosonhie est tes Les autres,
Le connexion
ÿ jain prit humain js
ous les, {60:88
avec la philosophie, parcourir ainsi les unes après les autres toutes les connaissances humaines ? Pourquoi ne pas dire de suite que tonte science se fondant sur des propositions; toute proposition, sur des pensées ; tonte pensée, sur des idées, et que toute idée étant conçue dans la raison, toute xience repose, dans nn degré ou Gars un autre, sur la philosophie qui examine, apnrofondit et enchaîne les idées, les pensées et les propositions, du manière à en former cet admirable tout qui s'appelle le vrai ? Semblable à ces réservoirs immenses dountles eauxsans cesse renaissantes coulent limpides daus les vastes fleuves qu’elles abreuvent éteruellement, la philosophie alimente toutes les sciences qui, de près ou de loin, decoulent de la raison ; seuleme.t;ainsique pour fertiliser et non inonGer la terre, les fleuves ne doivent tirer de leurs sources que le nécessaire ; ainsi les sciences - ne doivent demander à 4 philosophie que jnste ce qu'il faut pour porter dans l'intelligence la fecondité et la vie: lui 4 demander davauiage, ce serait appeler le torrent dévastateur de l'esprit, le flot corrupteur de l’iutelligencs, le flux précipité de l'ignorance et le reflux obligé de la vérité.
J'ai nommé le cœur; qu'en dirai-je? Estil vrai que le cœur ait besoin de lumière ? Est il vrai que la pnilosophie soit une des lu-nières du cœur? Voyons. Le cœur est saus contredit, la plus forte partie de l’homme, c’est en lui la source de toute vie. Toutes les grandes et vives passions ont là leur foyer naturel ; en sorte que le cœur est à la fois, £t le principe du bien, et le principe du mal.
Nou-seulement le cœur est la plus forte, maisil est enco. bre l1 meilleure partie de l'homme. C'est un trésor que rien ne saurait remplacer, et qui cependant peut suffire à tout. Ou pardonne au manque d'intelligence ; on ne pardonne jamais au manque de cœur. Le cœur développe tou- Bjours l'esprit qu'on possède, et il doi n: souvent celui qu'on n'a pas. On a dit. Les grandes pensées viennent du cœur; il y Da de cela une raison profonde :—La lumière nait constam. ment de la chaleur ; plus un corps est porté à une température élevée, plus il est lumineux. Ge qui est vrai au phy- Bsique l'est au moral Oril y a dans le cœur un élément
Bb:
prodigieux de chaleur, c’est l'amour, l'amour qui se livre et Po se consume tont entier pour ce qu'il aime. Elevez l'amour tan à sa plus haute température et il embrasera votre cœur. Eta DS œil blissez ensuite votre intelligence sur cette riche et incompa- la vable hauteur de l'âme, votre génie ne rampera plus, il pla ES pro nera et son regard perçaut embrassera une sphère presque 2 de infinie. :
Ainsi, le cœur s’illumine au brasier de l'amour. Au DR € brasier de la Religion d'abord, parce qu’elle est le premier, | rité Je plus grand, le plus pur, le plus immense et le plus cha cb leureux amour. Au brasier de la philosophie ensuite, parce ati qu'elle estelle anssi,bien que la mesure de sa faibiess», un aid
vigoureux amour: l’umour de la sagesse. Et que nous dit-it à } cet amour de la sagesse? Il nous raconte des choses mer-
à peu veillouses. Il nous parle de natre âme, de notre cœur, de que notre intelligence, de notre volonté, il nous communique hou
des lumières sur le mécanisme de uos facultés, nous révèle RS, l'ordre et l'admirable harmonie qui existe dans tout notre être, et, en nous donnant la juste mesure de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons, il nous enseigne, en partie, ce que nous devons faire pour nous maintenir dans À l'intécrité et la puissance de nos étonnantes forces. Puis, il nous démontre que, par toutes les mille tendances de notre être, nous allons à Dieu, le souverain bien. Eufin, nous ayant découvert quelque chose de la nature et des attri. buts de Dieu, il nous provoque à vouer, pour toujours, À notre cœur et notre vie à ce Dieu, notre fin suprême et d ruière. | Par tous ces enseignernents, on le comprend, l'amour de la sagesse, ou si vous l’aimez mieux, la philosophie forme le | cœur à l'amour ; car comment rencontrer Dieu et ne pas l'aimer ? comment connaitre l’ordre et l’harmouie qui règuert partout autour de nous, sans nous sentir, en même temps, épris de respect et d'amour pour ces deux lois conservalrices de l’économie physique ? comment conraître les étouuauts facultés de la nature humaiue, sans être par cela même, invité, je veux dire naturellement conduit, à les établir dans la plénitude de leur force et de leur puissance ?
CONFÉTENCES. 93
Pour tout dire, messieurs, de mème que 1: soleil en réflétant ses rayons sur les corps, en grave l'image dans notre Ë œil; de mène la philosophie en projetant ses lumières sur la nature humaine, su: la morale et sur Dieu, imprime profondément dans notre cœur le respect,le culte et l'amour de toutes ces graudes et saintes choses.
Reste la raison.
Si la vie du cœur est l'amour, celle de la raison est la vérité, et ainsi que l'utilité de la philosophie à l'égard du cœur, consiste à lui donner quelques parcelles d'amour ; ainsi l'utilité de la philosophie à l'égard de la raison consiste à lui communiquer quelques portions de la vérité. Nous avous vu, il y a un instant, les vérités que la raison } peut connaître par la philosophie : elles sont nombreuses et, quelquefois. d’une très haute portée ; nous pouvons donc nous dispenser de les énumérer de nouveau. Bornons-nous à montrer comment la philosophie dirige et guide la raison dans la recherche du vrai.
Je trouve d'excellentes réflexionssur ce sujet dans le éraité Aides éludes de Rollin ; j'en offrirai d'abord quelques-unes en les résumant.
La raison est un don excellent : elle distingue l’homme du reste des animaux et elle fait briller en lui les traits les plus lumineux de la ressemblance avec Dieu. Par elle ii a l’idée du beau, du grand, du juste, du vrai ; il prononce et jnge sur les qualités et les propriétés de chaque chose ; il compare ensemble plusieurs objets, tire les conséquences des prin-
Cipes, sesert d'une vérité pour passer et s'élever à une autre:
ènfin par elle il met dans ses connaissances el dans ses rai-
sonnements un ordre et nne suite qui y répandent la Iumière et la grâce, qui les rendent tout aütrement intelligibles, èt qui en font blen mieux sentir toute la force et toute la
Vérité.
h Sans doute la raison est un don naturel qui ne vient pas Je l’art, et qui ne peut être un pur effet du travail, mais Bart et le travail peuvent la cultiver, la rectifier, la perfec-
ionner.. On trouve maintenant dans les ouvrages d'esprit,
incompalus, il pla re presque
our. Au e premier, À plus cha.
uite, parce ibiess ;, un nous dit-ii hcses mere cœur, de mimunique ous révèle R tout noire
e que nous 1seigne, en itenir dans À es. Puis,il es de notre Eufin, nous et des attriar toujours, suprême et
l'amour de hie forme le à eu etne pas ouie qui rè- à 1, en mêÈme aux lois consouraître les être par cela lit, à les étapuissance ?
dans les discours de la chaire et dn barreau, aans les traités
de science, un ordre, üné exactitude, uñe justesse, une soli- L dité qui m’étaient pas antrefois si communes. Plusieurs d croient, étce n'est pas sans fondément, qu'on doit celte DR ,. manière dé penser et d'écrire aux progrès ex.raordinaires fl qu’on a faits depuis un siècle dans l'étude de la philosophie,
Quand je dis qu’elle est très-propre à perfec'icnner la raison, je n’entends pàs parler seulement des règles que la logique a donné en particulier sur ce sujet. Elles sont très- utiles #n pr
elles-mèmes, non-seulement parce qu'elles servent à décoa- dés vrir le défaut de certains arguments embarrassés, mais parce qu'elles nous aident à connaître la source de la plupart des erreurs qui se glissent dans nos pensées el dans nos raisonnements. . [l'en est de ces règles comme de celles de larhétorique. On ne peut pas nier que celles-ci ne soient d'un très-grand secours pour l'éloquence, mais c’est principalement par l'application qu’on en fait aux discours des anciens et des modernes, dont on fait découvrir aux jeunes geus les beautés et les défauts, par la conformité ou l’oppo: sition qu'ils ont avec ces précentes.
Il faut en dire autant des règles de la Ingique. Lenr principaie utilité consiste à les appliquer à toutes les questions que l'on examine, à tous les raisonnements que l’on fait, sur quelque sujet que ce puisse être.
La manière de raisonner par yllogisinés, qui par:it à quelques personnes longue.et ennuyeuse, est pourtant d'urie absolue nécessité. Elle fait remarquer comment quelque: fois l'omission d’un mot, le changemens d'un terme, un double sens, une équivoque, reud ün raisonnement vicieux. Elle apprend à se tenir ferme aux principes, à y ramener À tout, à ne s'en point laisser écarter, et à y trouver la solu. ls tion des difficultés proposées. ..
Par cet exercice et cette application continuelle des! règles, l'esprit s'ouvre et se forme peu à peu, se développe! de plus en plus, s'accoutume à sentir lé faux, acquiert une facilité de s'exprimer et devient capable d'entrer dans les questions les plus difficiles et les plhs ahstruses:
Ainsi, messieurs, non-Séulément appretidre dx hommes
ès ei péci t ur Om
l pl
3 traités me solijusieurs pit celte dinaires losophie, la raison, a logique utiles en L à décoüsés, Mais de la plu- L dans nos , celles de ne soient est princiscours des aux jeunes > ou l'Oppo:
que. Lenr ‘5 les quesniis que l'on
ui pariit à urtant dure nt quelque 1, terme, un
nelt vicieux.
ramener ln ver là solu-E
tinuelle des} se développe!
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drer dans les S. \ gdux hommes
à raisonner juste, mais les faire remonter jusqu'aux prineipes premiers des choses, telle est l'action de la philosophie sur la raison. Certes, ce m'est pas là un médiocre service ; car rien ne coûte tant à l'esprit que ce travail et cette réflexion.
« La plupart des hommes, dit Fleury, ne raisonnent que
Année 1 ua car: ina Atondi don üuu: Re + ,
ie una CSS TER CORTE sat Ds UML pUID
Ut Maxime que l’autoité des autres, ou léur passion, a imprimée, dans leur es-
it jusqu'aux moy;ens nécessaires pour acquérir ce qu'’ls désirent. I faut s'enrichir : Donc je prendrai un tel emploi, Mains je ferai tellé démarche, je souffrirai ceci et cela, et du reste. Maïs que ferai-je de mon bien qnena jeu aurai acquis ? mais est-il avantageux d'être riche ? C’est ce qu'on ne cherche point,
« Le véritable savant, le véritable philosophe va plus Join, et commence de plus haut. Ilne s'arrète ni à l’autorité des autres, ni à ses préjugés. Il remonte toujours jusqu'à ce qu’il ait trouvé un principe de lumière naturelle, et ne vérité si claire, qu'il ne la prisse révoquer en doute. Mais aussi, quand il l’a une fois trouvée, ilen tire hardiment loutes les conséquences, et ne s'en écarte jamais. De là Vient qu'il est ferme dans sa doctrine et dans sa conduite, Qu'il est inflexible dans ses resolutions, patient dans l’exécuon, égal en son honneur, et constant dans la vertu. »
D Il demeure donc prouvé que la philosophie offre de belès et précieuses ressources à Ceux qui, par une culture plus péciale, une raison plus ferme, une intelligence plus haute t un génie plus profond, veulent s'élever au-dessus du émmun des hommes et posséder des lumières plus vives l plus vraies.
LE maiutenant par quelles études approfondir la philosobie ?
Je le redirai encore ici, au risque de m'attirer des reprobes, il faut commencer par un livre élémentaire quelcon- L e. L'abbé Barbe, Cours élémentaire ; sans être un chefœuvre ce petit traité contient des notions exactes; le Père bylesve, Cours de philosophie, ouvrage excellent et tout à
mm.
terres ns re pis
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fait recommandable. Rattier, ses deux Cours; le Père: I Liberatore, Philosophie élémentaire ; voilà des livres qu'on d choisira avec profit pour Les premiers commencements. .
Il faudra s'attacher à apprendre par cœur et mot à mot les définitions et les propositions fondamentales ; puis les À fi
approfondir tout spécialement, en ayant soin de discuter, P! autant que possible, aves l’auteur lui-même, tout comme
dans une conversation amicale. Quand ou à ainsi vu toute pa sa philosopuie, on lit et on relit plusieurs autres ouvrages lis
en rapport avec nos forces et en ayant soin de prendre des BI notes ; ce qui est et sera toujours capital. Ces premières az assises posées, on se séparera pendant quelques mois de tous Ph
ré
les livres philosophiques ; on se saisira de sa plume et aussi de sa réflexion, et on écrira ses idées sur chacune des prin cipales questions de la philosophie. J'ai connu plusieurs personnes qui, pour avoir suivi ce conseil, s'en sont bien trouvées. D'ailleurs, on comprend saus peine qu'après de sérieuses études préliminaires, il est bou et utile de faire soi même, si je puis m'exprimer ainsi, sa pr'ofession de foi philosophique ; c’est le moyen sûr et infaillible de vaincre à la fois, et la timidité naturelle de l'esprit qui empêche éter. nellement d'avoir des idées fixes et arrêtées, et la parole du maitre qui fait qu'on ne pense et que l’on ne juge que par la pensée et le jugement d’un homme. Ensuite, quel proft n’y a-t-il pas de résumer, bien que dans un cadre restreint, les connaissances acquises par une étude réfléchie et un travail consciencieux ?
Assurément ces premières études seront un grand pas dell fait ; mas ce n’est là qu’un pas, et, dans un horizon cormmek celui de la philosophie, il faui s’'avancer plus profondément Et puis si on se bornaïit à ces premiers aperçus, on n'aurais qu'une science bien imparfaite et rien n’empêcherait qu'oll ne devint, un Jui ou l’autre, le jouet des utopies brillante de la philosophie contemporaine. :
om
Oui, et il n'y a d’eilleurs aucun profit à se le dissimuler ue même après avoir étudié dans de bons abrégés les question#pph générales qui forment l’ensemble de la philosophie, il fai De
le Père: pénétrer plus avant, et pour cela se servir d'ouvrages étençres qu'on dus et développés, ou bien de ceux qui traitent de certaiments. D nes questions spéciales.
D'abord, c’est dans les philosophes contemporains qu'il faut alors étudier ; rarce qu'ils prennent la science dans les progrès les plus récents.
Ainsi, il faut lire, relire, méditer, analyser et résumer par écrit, la Philosophie fondamentale de Balmès. ‘Les dix livres dont se compose la Philosophie fondamentale, dit de Blanche-Raffin, furent écrits pendant la période la plus agitée de la vie de Balmès. II ne faut pas s’imaginer que la Philosophie fondamentale soit un livre d’déalité vague, de réverie philosophique. Nullement. L'esprit aristotélique, c'est-à-dire mathématique, exact, y domine, Tel es!, comme on sait, l’un des caractères de la philosophie de St Thomas, caractère qui, chez ce dorteur, se trouve joint à une puissance d'intuition pour ainsi dire semblable à la Vision Ang'lique. Quelque chose de pareil se remarque dans la philosophie de Balmès. A la différence d’un grand nombre d’esprits d’ailleurs illustres, l’auteur de la Philosophie fondamentale s'élève jusqu’aux contemplations les plus hautes, en descend, y remonte, sans perdre un seul instant laisance, la simplicité, la clarté, qui sont les qualités habituelles de son talent. Nulle part sa pensée n’est plus lucide, on langage plus transparent que dans ses traités de métabhysique : mérite extraordinaire qui, réuni à nne haute buissance de pénétration, constitue certainement uu esprit philosophique de premier ordre. Balmès a composé sa Phi- Mosophie fondamentale principalement dans le but de substier une philosophie saine, judicieuse, à ces systèmes bqualifiables, qai venus des bords du Rhin, péuétraient usqu'en Espagne, décorés d’une phraséologie sonore par la ume des éclectiques français. L'école semi protestante, emi-panthéiste d'Allemagne et de France se trouvait ainsi ombat'ue par l'écrivain espagnol sur les deux terrains le dissimuler Au'elle avait envahis : dans la politique et daus la philoss tes questioniiphie. ” osophie, il fa : De mème la Logique du hèe Gratry, sa Sophistique con-
mot à mot ,; puis les à e discuter, Jut COMME si vu toute ; OUVIALES rendre des prernières nois de tous me et aussi ne des prin u plusieuns n sont bien qu'après de itile de faire ession de fol de vaincre À mpêche éter Ja parole du juge que pa Le, quel profit dre restreint fléchie et ut
grand pas de orizon COMME rofondément 18, on n'aurais cherait qu'oils pies brillanté
temporaine et sa Connuissance de Dieu. Le Père Gratry n'a
4 « pas seulement puisé sa philosophie anx sources les plus pu: fo res de l'esprit humain : il s’est élevé plus haut. On sent de qu'à l'exemple de St Thomas, dont iltire un grand profit, e
c'est à Jésus-Christ lui-mème qu’il a demandé ses lumières, Pour moi, je l’avouerai, j'ai, plus d’une fois compris, en li. d: sant les pages admirables sorties de cette plume puissante, que l’auteur avait pris fréquemment plaisir à faire taire
x tas pe l'homme en Jui, et à laisser la parole au Verbe Divin ; j'ai rai pressenti que si une telle philosophie venait à triompher, les elle dissiperait le sourd me'aise qui, de nos jours, ronge SD tant d’esprits ; car s'inspirant de Dieu, elle ne peut manquer re, de conduire à celui qui est l'éternel repos des intelligences. quié
Dansune malheureuse polémique récente, lillustre écrivain a méconnu aussi gravement que possible, avec son glorieux passé, les angéliques conseils de ses ouvrages philosophiques: rien n’est plus attristant ; mais devons-nons pour cela mé. priser ce qu’il a écritantérieurement à cetégard ? Non ! au. trement, il faudrait mépriser du même coup toutes les productions de la pensée, puisque presque tous les grands hommes ont eu leurs égarements. Il y a dans la Logiqu du Père Gratry trois chapitres que je recummande d’une manière toute spéciale, ceux du cinquième livre, où il est question des vertus intelleclurlles inspirées. Je ne sache px que rien de plus sublime et de plus divin ait éte jamai écrit ailleurs sur cette question. Qu'on le lise plutôt.
Du composé humain et Théorie de la connaissance intel tuclle, par le Père Liberatore. Ces deux livres, qui résumen tout St Thomas sur ces questions, compteront comme deuil des plus beaux et des plus utiles monuments de la philost phie catholique et contemporaine. La force et la richess intellectuelles, l'étendue et la profondeur du génie,le gran sens et la haute raison de St Thomas sont passés en parti dans les écrits du savant Jésuite ; c’est assez dire jusqu' quel point ils sont recommandables.
La Valeur de la raison humaine, du Père Chastel, se pr sente naturellement à ion esprit. Destinée à réfuter Son
‘Traditionalisme de Mr de Bonald et de ses adeptes, cell
rary n'a œuvre est de force à remplir cette fin. Tout d’abord le pro- ; plus pur fond autenr examine ce que peutla raison sans le secours
On sent de la société, le sys'ème Traditionaliste. ses preuves de fait nd profit, et de raisonnement, ses conséquences plus que funestes et lumières, son vice radical ; ensuite, ce que peut la raison humaine pris, en li- dans une société sans fradilion, comme aussi ce qu'elle peut puissante, sans la révelation dans une société civilisée, enfin il dit ce que faire taire peut la raison dans une société chrétienne. Ajoutons que Divin ; jai rarement polémique fut et plus honnète et plus loyale : tous triompher, les adversaires sont cités et jamais on ne cherche, comme urs, ronge D cela arrive trop souvent daus les travaux de ce genit manquer re, à tirer des écrits des adversaires des arguments aux: telligences. quels ceux ci w’ont jamais pensé. Puis le père Chastel s’ap-
tre écrivain puie sur les témoignages les plus graves et les plus autorion glorieux ses de la philosophie et de la théologie.
psophiques: Je me reprocherais de poursuivre ces indications, sans ur cela mé SSmentionner immédiatement De l'autorité en philosophie, ou ? Non !au-Bwrage de M. Granet, que l'Echo du Cabinet a publié après la p toutes ls ES mort du savant Supérieur du Séminaire de St-Sulpice. Il s les grand y a daus ces pages des choses excellentes et parfois de vives 18 la Logiqu lumières.
nande d'un J'ajoute encore le Cutéchisme du sens commun et de la phi- “re, Où il ESosophie, par l'abbé Rorhbacher ; De La liberté naturelle, de ne sache pal'abbé Arnold Vander Hallen ; la Psychologie de M. l'abbé it éte jamais Bautain el généralement tous les ouvrages du pieux abbé; plutôt. disons cependant que son critérium de certitude est faux, ance intelltilen ce qu'il récuse les témoignages de la raison privée et qui résumetommune, pour ne reconnaître absolument que celui de la comme detBipévélation ; La raison humaine, essai sur l'avenir de la phi: de la philost sophie, par E. Alaux ; Dignité de la raison humaine. Essai Letla riches le panthéisme dans les sociilés modernes, et Théodicée cénie,le granhrétienne, par Mgr Maret.
issés en part Eufin, les Soirées de Saint-Pétersbourg de M.de Maistre ; le bz dire jusqu énie du Christianisme de Chateaubriand, bien que les cha: itres de ce beau livre n'aient pas tous la même valeur ; issertalion sur l'existence de Divu, par de la Luzerne ; la bune partie des œuvres philosophiques de M. de Bonald, 1 ayant soin de se mettre en garde contre son iraditionae-
hastel, se pi ée à réfuteri
s adeptes, ce“
lisme ; les œuvres de Pascal, mais avec une prudence extré.
we ; la Logique de Port-Royal, avec des restrictions impor. D: tautes ; Laconnaissance de Dieu et de sai même,par Bossuet; et ra le Traité de l'existence de Dieu, Lettres sur divers sujets de s0 mélaphysique et de religion, Réfutation du système de Mule. branche sur la nature et La grâce, par Fénelon. du A ceux qui voudraient étudier plus profondément la phi. les losophie, je dirai : cherchez daus l’histoire de la philosophie les -Æ secret de la grandeur et de la faiblesse de la raison ha: Le maine; vous y verrez avec le tableau des progrès de la ur scivice, celui de ses erreurs et de ses abus ; vous y recon. I naîtrez les écueils contre lesquels ont péri tant de grands sl esprits et d’illustres génies ; enfin, vous pourrez suivre pas A à pas l'investigation philosophique, et cette vue vous fera MR leu connaître tous les systèmes vrais ou faux qui se sont dis. el gi pulé l'empire souverain des esprits sur le vaste champ de M /'74 la pensée humaine. édue Comme je ne puis, faute d'espace, faire une mention même Fur succincte des systèmes philosophiques qui se sont levés sur la pl le monde, je me contenterai d'indiquer quelques uns des M ©*ce principaux. Encore, ne ferai-je que les nommer. | ri ‘vera
Et d’abord, Socrate qui, venu dans un temps où la science toute matérialisée, se mourait d'inanition, la releva,en lui donnant une forte impulsion morale. Sa doctrine, qui nous est parvenue par ses disciples, attendu qu’il ne l'a pas con. signée daus les manuscrits, se réduit à une théorie de li yertu. La vertu est la spéculation du beau et du bon ; «r Dieu est le bon et le beau per excellence : donc Dieu est le type suprême de la vertu. Pour pratiquer la vertu il faut l’actiou de l'âme et le concours de Dieu. Le terme final de la vertu est la félicité, et Dieu est ia grande harmonie de tout. Comme ou le voit, tout n’est pas faux dans ce système d'un homme que sa patrie trop souvent ingrate, a suruonr mé le sage.
. Une grande vocation philosophique s’est formée à. l’école de Socrate etle régénérateur dela science peutchercher dans la tombe le repos que les persécutions lui refusent ; car k père autique de. la philosophie, l’illustre Platon, apparait
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Dieu, la création, principes des choses, anthropologie, mo. rale. logique,politique, vie future et théorie des idées, telles sont les questions embrassées par Platon.
La Lase de la science es la démonstration de l'infini et du fini. Une vérité étendue avec l'unité la plus intime sont les deux caractères de cette philosophie quine s’élance dans les ordres divers d'idées que pour les ramener à l'unité, et voilà comment elle surpasse toutes ses aînées ét coustilue l'unité dés sciences diverses.
Les œuvres complètes dé Platon renferment les Dialogurs ductrinaut ét inquisilifs ; les doctrinaux contiennent leg spéculutifs et les pratiques ; les spéculatifs se subdivisent à leur tour en physiques et logiques ; les pratiques, en moraux eteivils ; les dialogues inquisitifs contiennent lés gymnastiques et les polémiques ; les gymnastiques se subdivisent en éducatéurs et en exercitalotres ; et les polémiques, en accus 4teurs eten destructeurs. C’est au moins là la classification la plus généralement reçue. On trouvera de Piaton deux excellentes traductions, celles de MM. Cousin et Martin. Il
existe aussi plusieurs bonnes traductions partielles; on trou-
vera dans plusieurs aüteurs précédemment mentionnés,des «ppréciations très-jJustes de la philosophie de Platon, lesquelles nous séront d’un bon secours.
Quand Aristôte paru à la tête de son fameux Lycée, la
philosophie grecque était condensée dans l’idéalisme et le
sensuulisme ; celui-ci personnifié dans Epicure ; celui-là sou-
tenu par l'autorité de Platon. Chercher une doctrine capai
ble de concilier l’idéalisme et le seusualisme, telle parait avoir été la pensée fixe d’Aristote. En effet, il admit avec Platon, dans la connaissance humaine, un élén.ent distinct de la sensation, et avec Epicure, que toute idée viént des gens: Mihul est in intellectu quod non fuerit prius un sensu; ce-
pendant; le mérite réel d’Aristote, n’est pas d'avoir rêvé une
ie, après avoir été épurée par des intelligences colossales ; à métaphysique, son histoire. naturelle, sa psycholoyie, 898 ‘ailés sur Les principes, les cuuses,et les éléments, ainsi qug
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sa morale, sa politique et son économie sont aussi, à plus d'un N endroit, marqués aux écussons du génie. Des travaux con. l sidérables ont été faits sur la philosophie d'Aristote et il sera D ! toujours facile à quiconque ne se sentirait pas le courage d'entreprendre la lecture des œuvres complètes de ce philo le sophe, d'en trouver des appréciations ou des résumés bien Rp ?’ faits. lu Je ne dis rien de la philosophie chez les Romains. La philosophie n'a jamais été leur passion dominante. A part le les Tusculanes, quelques autres livres de Cicéron et les Let. à tres stoiciennes de Sénèque, je ne vois rien de bien digne F4
d'attention particulière.
D'ailleurs, le temps ne nous permet pasun plus long con. BR P"'
tact avec la philosophie paienne, qui, après avoir parcouru à la le plus large panthéisme et le plus vaste matérialisme, a fini ps par se heurter à l'écueil du scepticisme le plus radical. Sans ae donc suivre plus longtemps la marche mal assurée de cette “
philosophie à travers des horizons obscurcis, saluons l’apparition du christianisme, qui est au monde de la pensée ce que le soleil est au moude extérieur.
Parmi les premiers chrétiens qui ont développé la philo: sophie admirable que le christianisme portait dans son sein, nous remarquons plus spécialement Saint [rénée, Tertullien, Clément d'Alexandrie, Origène, Lactance et Saint Augus tin.
Au temps de Saint Irénée, le Gnosticisme, en vue d’altérer le christianisme, s’efforçait de ressusciter la philosophie orientale. Dans son livre Awversus Hæœreses, Irénée s’alla cha à prouver que la doctrine des émanations enseignée par le: Orientaux, tendait à anéantir l’indisible unité de la sub+À tance divine.
Tertullien dans ses écrits apologéliques touche à toutes les questions de la théologie et de la philosophie. En le lisant on ne sait quoi le plus admirer, où de la profondeur des per sées, où de la vigueur et de la force des arzument itions. ‘ Les Tapisseries de Clément d'Alexandrie embrassent les plus vives lumières sur l'antiquité ainsi que sur l'histoir des recherches de l'esprit humain daus le monde de la penË
sée, des données admirables sur la science et la foi, et sur
plus d'un les véritables forces de la raison humaine, et des considéra- VAUT tions tout à fait philosophiques sur la théolagie.
et il sera Origène, qui a tout étudié avec un égal bonheur, nous a p,SQUESRe laissé dans deux de ses ouvrages, savoir: Contre Crlse et Des > ce philo-
principes, avec des idées quelque peu orientales, des clartés lumineuses sur l’économie de la raison unie à la foi.
Quant à Lactance, ce n'est pas à tort qu'on l’a surnommé le Cicéron chrétien. A une élocution facile et claire, à une érudition riche et abondante, à une richesse de style merveilleuse, il ajoute une force étonnante de persuasion, Ses Institutions divines, dans un parallèle d’une grande habileté, prouvent l'excellence des doctrines chrétiennes sur celles de la philosophie et de toutes Les autres cecupations humai.
h nes.
Saint Augustin, après une jeunesse dissipée et criminelle, k avait snti 1 besoin dejvaincre enfi 1‘ cette maison le lo 1e” qu'habilait son âme pertertie et où l'ess'\r de ses pensées ne pouvait que s’abattre. Ami de la grande éloquence, il ét it venu plusieurs fois se perdre au milieu de la foule brillante qui se pressait autour de la chaire de Saint Ambroise. Tout d’abord, la parole d'Ambroise ne fut, pour le jeune Africain, qu'une note sublime, qu'un chant harmonieux, que lécho enchanteur d’un grand esprit et d’une intelligence élevée ; ais bientôt cette parole charmante prit des proportions étendues ; elle franchit l'enceinte sacrée et suivit Augustin pas à pas et partout, depuis la maison des courtisans où il allait chercher uu bonheur mensonger, jusqu’à celle de Monique où il retrouvait parfois son cœur et la félicité douce de sa première enfance. Elle le suivait le jour. elle le suivait la nuit ; elle lui parlait au sein des fêtes somplueuses et des plaisirs débirants de la volupté romaine ; dans le silence mème de la sotitude, elle se mêlait au murmure de sa pensée et parlait à son âme anxieuse ; bientôt lle couvrit tous les bruits, se fit seule eutendie, triompha de toutes les séductions des sens. de tous les doutes de la aison et l’attira définitivement à Dieu, comme an foyer aturel de la verité et de la béatitude. Une fois revenu jia vérité, Saint Augustin lui voua toute son âme et tue
amés bien
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18 long conjr parcouru lisme, à fini adical. Sans rée de celle uons l’appt a pensée c@
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sa vie. IL s’attaqua à l’erreur et la pousuivit jusque dans
| 3 F u se: derniers retranchements. Ses œuvres forment une vaste ir théologie et une philosophie d’une prodigieuse étendue. et
Ses discussions avec ie Manichéisme et Le Péligianisme où il traite tout spécialement de la création, du fini, de l'infini et Le de la volonté;.ses Aétr'actations où avec une admirable fran- gr chise, il confesse tout ce que ses précédents écrits renfer. à
maient de faux ; eufin son livre da la Cité de Dieu oùil mA montre l’économie divine dans les événements humains, d' tels sont les principaux ouvrages propres à nous révéler la à de grarde philosophie de l’immort:l évèque d'Hippone. de
Un vaste éclectisme composé de tout ce que les écol:s vies avaint émis de principes capables de s’harmouiser avec la 0 foi ; une noble ambition de rendre aux esprits le repos et la har quiétude en leur enseignant la nécessité de l'autorité divine; #4 un beau désintéressement qui cherche la vérité pour elle. ul même et non pour le vain plaisir de la chercher, voilà ce en qui distingue la philosophie des Pères de la primitive Egli- plus se ; avoir (lésabusé l'esprit des erreurs quelquefois si attray:| bus
antes du paganisme ; surtout avoir donné des bases nouvelles et sûres à toutes les sciences, voilà ce qui fera à jamais son impérissable gloire. Et aujourd’hui que les esprits ,empor: tés par l’irrésistible mouvement des hommes et des choses vers le paganisme ; aujourd'hui que la science a méconnubk aussi gravement que possible, le mystérieux secret de sa force ; aujourd'hui que ia raison orgueilleuse s'isole de plus en plus du symbole chrétien, seul capable de lui donner la vie, 11 sera toujours utile de reposer un moment ses regards sur l'orbe décrit, dès, son ;apparition dans la sphère intel lectuelle. par le Christianisme, Daus la philosophie du moyen-âge, nous ne distinguer ons que Saint Bonaventure et Saint Thomas. :
Saiut Bonaventure a une philosophie contemplative, Ges investigations portent presque entièrement sur la raison, li nature et ia morale ; ses Opuscules renferment, sur la lumi ère et sur l'esprit, des enseignements propres. À jeter une vive clarté sur les quest:ons de magnétisme, et de spiritisn gent < ona enfin senti, dans ces derniers temps, le besoin d s’occuper. En étudiant Saint Bonaventure on éprouver
ue dans D Ln véritable plaisir, il y a dans tousses écrits un charme ine Vaste D indéfinissable, un je ne sais quoi qui éclaire en instruisant étendue. et qui ne lasse jamais.
sme où il
Saint Thomas a été grand dans la théologie, il est le plus grand des théologiens. En est-il de même de sa philosophie ? Ici les opinions divergent ? Quelques-unes affirment qu'il
n'a fait que suivre servilement Aristote et Saint Augustin ; . d'autres préteulent au contraire qu’il est le père et le maitre
l'infini et able franits reufer.
Dieu où il
pas ke de sa philosophie. Qui a raison ? sans avoir la prétention VOLE 8 EE Ge vouloir donner mon sentiment sur un tel sujet, j'afirmene.
rai cependant, en toute sincérité, qu’on trouvera dans ses sommes un monde infini 15 questions illuminées de la plus hante, de la plus merveilleuse, j'allais dire, de la plus divi-
les écolrs ser avec la
FOPSE gx 4 ne logique. Mais pour étudier avec fruit L'Ange de l'école, il AE Gta " de
ie Hp faut se familiariser avec le vocabulaire scientifique de son pour et temps. Ce vocabulaire se trouve dans les traductions les
ar, VOilà Ce nitive Egli is si attray:| 2s nouvelles jamais son prits, D) por:
t des choses a méconnl ecret de si isole de plus ui donner l t ses regard sphère intel
plus autorisées de ses œuvres. Une autre précaution que je » regarde comme importante, sera de se servir d'une philosophie composée sur ceile du saint Docteur ; et pour cela, on tirerait un admirable profit de celle du Père Liberatore, qu'on aura soin de lire chapitre par chapitre, question par question, et alternativement avec Saint Thomas.
Je ue voulais pas nommer Roger Bacon, sa philosophie étant trop souvent marquée d'une grande faiblesse ; cependani, comme le besoin des études expérimentales de la na- M ture se fait de plusen plus sentir, j'indiquerai sa Lettre sur
R les opéralions secrètes de l'urt et de la nature, et sur la nullité D de la mage.
:. Parmi les phiiosophes modernes on pourra, si on vent, s'arrêter quelque temps à François Bacon, Hobbes, Locke, Coudillac et Hume, mais c’est surtout Descartes el Leibnitz qu'il faudra approfondir.
} Non pas qu'il faille partager une dévotion extraordinaire envers le doute méthodique du premier ; car si ce doute, bien Compris, peut rendre de grands services à la raison, mal bompr,s il est capable des plus grandes perversions ; mais parte que Descartes peut être considéré comme le père de la psychologie moderne.
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plative, Sa » la raison, L ,sur la lumi Ê À jeter une de spiritisat le besoin d on éprouver!
à D ms mr
Ce qui rend Leïbnitz recommandable, c'est d’avoir combattu le sensualisme, et hien que tous ses arguments n'aient pas la mème valeur, ils peuvent néanmoins jeter un grand jour sur la question des idées. Ses théories philosophiques ne sont point cocrdonnées en un système uniforme et c'est dans ses Thèses latines qu'il faut aller chercher le resumé de ses doctrines fondamentales.
J'ai indiqué plus haut les maîtres de la philosophie contemporaine harmonisée avec le christianisme. Je ai rien à ajouter sur elle ; et je me contenterai de dire un mot des tendances générales de la philosophie séparée.
Depuis cinquante ans cette philosophie aspire à la domination. Elle envahit toutes les sciences et se pose comme le dernier mot de tout; elle s'attaque à la politique, et lui promet la liberté ; aux mœurs, et leur offre la licence ; à la foi, et lui propose l’incrédulité. La politique lui ouvre les bras; la philosophie proclame aussitôt la souveraineté du peuple ; et les sociétés s’agitent,la révolution triomphe et les trônes croulent. Les mœurs accueillent de mème ia philosophie naturaliste et sensualiste, qui évoque toutes les plus mauvaises passions et appelle une résurrection païenne.
Il n’en est pas de même de la foi qui offre, dans ceux qui en ont reçu le dépôt sacré, une résistance invincible. Mais
la philosophie s’indigne, s’irrite et inaugure contre le ca.
thoiicisme, sa morale, ses dogmes et ses institutions une guerre acharnée. L'Eglise proteste et proclame les éternels jr 1e pes de la justice et de l’ordre ; la philosophie crie au mensonge, à la perfidie, à l'intolérance, au despotisme, à la tyrannie et elle demande à grands cris l'abolition du symbole chrétien. Cependant, l’incrédulité gagne peu à peu du terrain dans les âmes, et, si elle ne triomphe pas sntièrement, c'est que l'Eglise a les paroles de la vie éternelle. Tel s sont, de nos jours, les véritables tendances de la philosophie. Telles sont les raisons du sourd malaise qui ur vai le les sociétés contemporaines ; leurs maux viennent de ce que la philosophie a voulu marcher dans des voies sans lumière, de ce qu’elle a méprisé le principe chrétien qui seul pouvait lui donrier la vie. Aussi le monde ne serat-il sauvé qu’en revenant à la vraie sagesse, à la vraie philo-
oir com- sophie, à cette philosophie sublime qui s'allie à la foi, afin ts n'aient de s'unir perpétnellement à la vérité.
jeter un On dit,messieurs.que,surchargé d'années, l'aigle vient.dans s philoso- les chaudes matinées du printemps, se heurter aux rochers uniforme de la mer, qu'il s’y dépouille et, qu'ayant lutté longtemps
contre l’action des vagues, il s'élève, haut, bien haut, dans les airs, regarde le soleil et recouvre ainsi son éternelle jeu-
ercher le
phie con. DR ness2. | » ai rien . La philosophie est bien vieille : ses ailes se refusent à 1 mot des | planer dans l’azur de la vérité. Qu'elle s'approche du ro-
M cher du renoncement, qu'elle y dépouille son orgneil ; à la domi- à qu'après avoir longtemps lutté contre les flots des passions
} mauvaises et des doctrines perverses, elle s'élève haut, bien haut, au-dessus de la nature viciée et corrompue, regarde
: Jesoleil de la vérité catholique, et elle se régénèrera ? D Le monde, marchant alors à la suite de la raison et de la | révélation unies dans une indissoluble alliance, s'arrêtera : sur le penchant de l’abime, et cessera de chanceler ; ses. » bases seront raffermies, un sang nouveau circulera dans ses veines ; ses menibres trop longtemps engourdis se ranime- : ront, sa tête penchée vers la tombe se relèvera et il reprendra vigourerx les voies qui conduisent à la vie!
se comme que, et lui ence ; à la ouvre les raineté du nphe et les ia philosos les plus Jaienne.
18 ceux qui ible. Muis outre le cautions une les éternels hie crie au otisme, à la on du symeu à peu du pas 2ntièreernelle.
lances de la malaise qui ux vieunenl s des voies ipe chrétien nde ne sera- ‘vraie philo-