CINQUIÈME CONFÉRENCE
NOS FAIBLESSES ET N0OS FORCES A L'ÉGARD DE LA VÉRITÉ, att
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Monsieur le Président, Messieurs, voi Nous avions rangé l’histoire parmi les forces vives capa- de bles de nous donner la vérité. Il est temps de dire dans la quelle mesure et par quelles ressources. mo Le genre humain est le contemplateur des siècles, l'acteur et ] ou le témoin de tous les événements qui se succèdent dans me le temos. Il s’est penché sur le berceau du monde ; il a, my pour ainsi dire, assisté à la première création ; il a vu de dés ses yeux la naissance et le développement des sociétés ; lui- SS L'h
même à promulgué les premières lois, élevé les premiers royaumes, fondé les premiers empires, marché aux premiè. res conquêtes, et, aussi, après avoir édifié, il a lui-même appelé les premiers renversements. Longtemps encore, il ver. ra l’origine, les progrès et la décadence se succéder, selon que Dieu aura ou n'aura pas dans le monde la place d'honneur qui lui convient, Puus, un jour viendra où la grande voix des âges remplis ccmmardera au temps de cesser sa marche à travers les siècles, et éoquera la dernière et finale ruine ; alors le genre humaia tout entier se lèvera pour rendre un dernieret solennel témoignage à la vérité ; le siècle infini commencera-pour lui: car l'épreuve sera ache. vée.
En voulant donner la mesure du genre humain, j'ai tracé ce:le de l’histoire.
L'histoire est la grande voix du temps qui redit au siècle d'aujourd'hui ce qu'était le siècle d’hier, ce qu'ont été tous les siecles et même ce que sera le siècie de demain, d’après demain, de l'avenir. Et que dit-elle cette voix expérimentée #
VÉRITÉ
vives Capa- , dire dans
les, l'acteur dent dans onde ; il a, ila vu de ciétés ; luies premiers aux premiè- 1i-même apcore, il vercéder, selon place d’honù la grande
de cesser sa k
ière et finalèvera pour \ vérité ; le ze sera ache.
ain, j'ai tracé dit au siècle
ont été tous ain, d’après
xpérimentée &
du temps ? Elle dit la vie des empires dans leurs différents âges ; elle développe les ressorts des révolutions ; elle montre en tonte chose l'ouvrage de l’homme et l'action de la Providence ; elle détermine l'influence du bien et du mal; enfin elle communique à tous ceux qui prêtent une oreille attentive à ses enseignements, toutes les lumières les plus vives du sens commun.
“ L'histoire, dii M. Laurentie, l'histoire embrasse l’hom. me, la famiile, la société, l'humanité ; l’histoire touche au berceau du monde ; elle suit le mouvement des êtres ; elle voit naître la création ; elle entend et elle voit Dieu, conversant avec l’homme ; elle recueille les premiers accidents de la vie humaine ; elle a le secret des misères qui couvrent la terre ; elle voit se former les peuples ; elle garde la mé-
| moire des crimes et des expiations ; rien ne lui est volé ;
et par elle l’homme, à quelque point qu'il soit jeté dans limmensité des temps, peut toujours avoir la révélation des mystères qui l’enveloppent et l'explication des doutes qui le désolent. Sans l'histoire, il n’y a point de science humaine; L'histoire nous fait assister à l’origine de l’homme, de la fa-
mille, de la société, et sans ce souvenir fidèlement conservé,
Ja science humaine ne serait qu'un affreux mystère. Aingi l'histoire préside à la science humaine. Elle est comme J: lumière de l'humanité, non-senlement daas les faits qu'
rapportent à la vie extérieure des hommes et des soc:
mais dansles faits qui se rattachent à la vie intime ou à gente, c’est-à-dire, dans les opinions, les mœurs, les arts, ies sciences proprement dites, les lois, les cultes, les religions
set la fabie même.”
N'est-ce point Ciceron qui, parlant de l’histoire, l’appelait le témoin des temps, testis temporum ; la lumière de la vé. rité, lux vérilalis ; la vie de la mémoire. vila memoriæ ; l'institutrice de la vie, magistra vitæ ?
Témoin des temps, elle redit la création de l'univers et de Phomme, la joie pure et la douce félicité de la première vie;
14 désobéissance, c’est-à-dire le vice de notre origine et les
halheurs qui suivirent ; le premier développement de l’huhanité et la prodigieuse fécondité des générations naissan-
tes ; le mal aussi qui se développe, se multiplie, prend des proportions gigantesque», corrompt toute chair et appelle la vengeance céleste ; puis elle nomme la famille destinée, dans les desseius providentiels, à renouveler le genre humain ; elle nous parle d’uxe grande et sotte entreprise, de la confusion du langage, de la dispersion des hommes ; de mers étonnées de se voir traverser par des fugitifs qui portent avec eux le germe puissant de tous les peuples nouveaux ; alors l'histoire s’enveloppe d’ombres, afin de couvrir,comme d’un voile respectueux, le mystérieux travail de la formation des familles sociales ; peu à peu cependant le jour se fait, uu peuple que Dieu s’est choisi, se dégage des autres et, tantôt capuf, tantôt errant, tour à tour faible et fort, tour à tour rebet et soumis, il remplit le moude, aujourd’hui, de sa gloire ; dema r, de sa hon'e, jusqu'au jour où, ayant, par 'e déicide, comble la mesure de ses forfaits, il est dissipé, avec la poussière de son temple fameux. aux quatre coins de l’Univers. Bien d’autres peuples ont péri, plusieurs autres ne traînent plus par le monde qu'uue vie languisante et ralade, et il semble qu'une grande catasironhe est proche. Erreur, l’histoire a salué la religion du Christ, elle a nommé les apôtres, la morale divine qu’ils prêchent ; par la nou velle vie qu’une telle morale appelle, les sociétés qui le veulent revivent ; celles qui ne le veulent pas meurent; la croix moute au Capitole d’où elie domine sur la ville et sur le monde : wr'bi et orbi ; les Barbares naissent à la civilisation et forment l'univers chrétien ; plusieurs siècles s’écoulent pendant lesquelles l'Afrique et l'Asie s’affaisent et disparaissent pour ainsi dire de la grande scène des prospérités so ciales ; pour contrebalancer cette perte, un monde nouveau apparait et bientôt ses rivages longtemps déserts sont sillonnés par des flottes étrangères ; le St. Laurent reçoit Jicques Cartier, le Canada est nommé, il s'élève, il grandit, il prospère ; enfin le dix-neuvième siècle s'inaugure, c’est le siècle du progrès ; enflé d'orgueil il se célèbre lui-même ; mais l’histoire est là pour rendre témoignage et pour dire que le progrès n’est.pas le triomphe du mal sur le bien, de la matière sur l'esprit, de la force brutale sur le droit, de l’erreur
des le la inée, , bue, de ; de rtent AUX ; \nme )r'INAur se res et, our à de sa par ‘6 , aveC le l’'Ures ne ralae. Erommé nou qui le nt; la sur le sation oulent Jaraisés s0 uveau sillonicques | prossiècle mais que le a maerreur
sur la vérité et de tont ce qui contribne à élever sur ce qui seul peut édifier ; l’histoire est là pour rendre à notre siè cle, comme à lous les autres, l'ineffaçable service du témoignage ; pour prêter à la véritè l’incomparable ‘appui de l'expérience du Lemps.
Lumière de la vérité, l’histoire distingue dans les événe: ments qui constituent la vie sociale des peuples, le fait et le droit, l’ordre tracé aux sociétés par la loi morale, l'influence de cette loi, sa véritable portée sociale et, pardessus tout, la sanction de cette loi morale dans le christianisme. La vie des nations, comme nations, est condensée dans le temps et, tandis que les individus s’avancent vers un avenir sans bornes, les nations, elles, se précipitent, avec le temps, qui les entraînent à un final et dernier jour ; de là vient qu'elles reçoivent ici-bas même le châtiment de leurs vices ou la récompense de leurs vertus. Mais cette loi de la récompense et du châtiment, c’est l'expression d’une vérité particulière à laquelle se rattache tout l'ordre social : l’action provideutielle de Dieu dans le monde. Eh bien voilà surtout le champ où l’histoire se plait a répandre plus particulièrement ses vives lumières. Ouvrons les fastes de l'humanité et cherchons un commencement ou une ruine des sociétés, des nations, des royaumes et des empires qui ne porte pas l'empreinte du gouvernement de la Providence ; cherchons uue catastrophe qui ne trouve son explication naturelle dans la justice divine ; interrogeons tous les peuples conquérants, demandons-leur pou:quoi tant d’armements formidables ? pour quoi lànt de colonnes guerrières ? pourquoi tant d’excursions fameuses ? Lis répondront : la jalousie, l'ambition, la veangeauce, la soif des conquêtes, bien des passions diverses nous agitent, mais l’histoire affirme que c’est Dieu qui nous mène.
Le: Ea bares sont répandus dans la Gaule ; Siégebert app'lle les Francs ; Clovis accourt ; le combat s'engage et dure longtemps ; entendez-vous tout à coup cette clameur d’allégresse qui étuffe le cliquetis des armes ? ce sont les Suèves qui triomphent; tout est perdu ! les Francs sont culbutes daus la défaite. Non ! Non ! les Francs ne purssent
p'int : Clovis a prié le Dieu de Clotilde, et Tolbiac demeure le berceau glorieux de la France catholique ! Voyez-vous là croix éclairer tout à coup une armée innombrable et la conduire victorieuse jusqu'au Capitole ; c’est Constantin vain- pe queur au service de la Providence ; une immense révolution travaille le monde romain ; la puissance romaine déserte les bords du Tibre et se réfugie sur ler rives du Bosphore. pré
Pourquoi cette fuite ? pourquoi les pompes humaines dis- et paraisseut-elles devant les fêtes sacrées ? pourquoi l’'Empe- d'i reur s'éloigne-t-il du Pontife ? Est-ce ici le pur jeu du ha- eu” sard ? Non! Et l’histoire nous apprend que ce fut là l’o- et« rigine du pouvoir temporel des papes. Yar Et, sans remonter aussi haut ni aller si loin, pourquoi au | nai jour méuiorable des Plaines d'Abraham, l'Anglais triomphe- fait t-il? pourquoi enlève-t-il à Montcalm un drapeau, une ville, te un pays ? Regardez ce nuage sombre qui grandit et grossit con jusqu’au point de couvrir toute la France ! Entendez-vous aux le sourd grondement de la foudre ? Ne remarquez-vous pas dan tous les signe: précurseurs de la tempête ? Elle éclate. Le ile vent de la discorde et de l'anarchie souffle avec violence sur uni toute l'étendue du royaume, et le torrent des passions mau- N vaises rompt ses digues et promène partout ses eaux dévas- Cot tatrices. Les institutions périssent, les autels tombent, le as trône croule ; la nation elle-même chancelle. Que serait er'ce
devenu le Canada, avec sa mission providentielle au milieu pui des peuples de l'Amérique, si encore membre de la France ver à l'époque de cette révolution sanglante, il lui eut fallu déve vivre alors de la vie et du sang de sa malheureuse mère- et le
patrie ? fre-t Aiusi, l’histoire, par cela seul qu’elle est le récit des faits tou
et des évènements qui se succèdent dans le temps, est la lu- la n
mière de la vérité. Et quand un rayon de la vérité cathali- | nou
que vient se mêler à cette grande lumière historique, oh! tous alors les ténèbres se dissipent, le jour se fait; tout s’expli- plus
ue, tout se comprend admirablement. | me * L'histoire est encore la vie de la mémoire. La mémoire qu'e est cette faculté admirablé par laquelle nous avons, avec de l’ le sentiment dé notre existence présente, celui de notre on! DURE: OFE RONSLEEOL FCHOPL EE LOVE HSE) 8] pem
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existence passée. Rien ne se perd dans la vie de l'homme ; toutes ses idées, tous ses désirs, toutes ses actions toutes ses peines et tous ses sentiments, à un moment voulu et par un arte de sa volonté, se lèvent de l'oubli, acconrentet viennent se mèler agréablement ou désagréablement à ses émotions présentes. Et quand il arrive qu'entraîné par les malheurs et les faiblesses des mœurs, un homme, à force de fait, d'infidélités, d’indignités et de turpitude:, a ruiné l'édifi e de sa félicité morale, qu'il s'est menti étrangement à lui-même et qu'il a trompé cruellement toutes les plus chères espé: rances, s’il veut ne pas succomber au désespoir, s’il veut renaître à l'honneur, à la vertu, au bien et au bonheur, que fait-il? Ilse recueille, il se replie sur lui même ; il remonte le cours de son existence pour se reconnaître, pour se consoler et pour s'encourager à revenir puiser le bonheur aux sources vivifiantes du passé. Par la mémoire donc tout dans la vie de l'homme se tient et forme une chaîne sans interruption, dont tous les anneaux se rattachent à notre unité persontielle.
Müis cette faculté prodigieuse, quel est le secret de sa vie? Comme toutes les autres facultés de l'homme, la mémoire a sa vie dans l’action. Plus la mémoire agit, plus elle s'exerce, plus elle opère et plus elle acquiert de force et de puissance. De là vient qu’on dit exercer, développer, cultiver et fortifier la mémoire, comme on dit fortifier, cultiver, dévelnpper et exercer l'intelligence, le jugement, la raison étla volonté. Or, quelle puissance d'action lhistcire n’offre-t elle pas à notre mémoire ? Eu nous transportant dans tous les siècles et dans tous les pays ; en nous fesant suivre Ja marche de tous les faits et de tous les événements ; en nous fesant vivre, pour ainsi dire, avec toutes les sociétés. et tous les peuples, ne présente-t-elle pas à notre mémoire le plus vaste souvenir possible ? Posons une mémoire d'homme en face de l’histoire, qu'elle embrasse cette immensité ; qu'elle condense en elle le souvenir de tout ce que les fastes de l'humanité renferment, et elle vivra admirablement ; car où le comprend, elle trouvera là, avec l'exercise, le déveloys pement, la culture, une action, une activité qui se rencoutre rarement ailleurs dans une aussi vaste étendue.
Mais je n'ai encore rien dit de ce qui fait de l'histoire l'institutrice de la vie ; et c'est M, de Tresséol qu'il faut me permettre de vous citer,
“ L'histoire, dit-il, nous donne une connaissance de nousmêmes, que nous ne pourrions acquérir dans la société que par une expérience longue, pénible et souvent néfaste. Cette connaissahce à sur nos actions une influence bien salutaire. Nous avons beau être instruits de nosdevoirs par la théorie, nous nous égarerons souvent par imprudence, si celte boussole nous nianque, ILfaut connaitre les passions pour s’en méfier, pour les prévenir, pour les réprimer. : IL faut savoir sous. quels dehors se déguise le vice, pour être eu garde contre là séduction. ILfaut avoir suivi le cœur humain, avoir, vu comment la faute attire le crims’, el lecrime le forfait, avoir examiné la facilité de tomber et, les ressources pour se relaver, avoir calculé l’action.et l'ascendant recipiojues des passions, sur la raison, ou de. la raison, sur les passions : sceuce sublime, étude profonde, dans laquelle nous ne ferons pas de grands progrès avec nos, seules ob, servalious personnelles, parce que nous ne vivons pas assez ni avec les autres, ni avec nous-mêmes.. Les Livres de mo: rale, nous donnerons là-dessus des règles.et des maximes.
L'histoire fera, mieux: elle mettra.les hoimes, les passions, la raison, les vices, les vertus en mouvement,et en action; elle nous, présentera tous les ohjets dans leur, vrai, jour, et cette.vue nous sera bien plus utile que.le fil des préceptes suis exemples qui, à Chaque instant, nouns.échappera.. C'est dans l'histoire, comme dans un, dépôt public, que les. actions des hommes: se conservent. Témoin de la vérité, elle vousenrend vous-mêmesles témoins ; elleest le Conseiller du Sage'et le: Précepteur de tous ; l'amélioration; des hommes est sou but, la franchise est sa vertu. la, justice est sa loi. Sur tous les.états, sur toutes les conditions, elle. exerce lutilu emploi de démasquér les hommes, el le droit souverain de les juger: Elle dit librement-aux Rois ce qu'ou a pensé et.ce qu'on a pas osé leur, dire. C'est.de, sa, bouche seule qu'ils apprennent qu'ils sont hommescomme leurs sujets,exposés à la censure; comme leurs sujets, jugés par la postérité
plu gl re!
qu HIOt l’er me qi s'ils dan met vers elle eux, gén, sage Son!
poui les mor!
LU
min nou he p trait mer qu'il loire cn r'ecoi de l1 turel tyran tre | parce térist banni tous 1 clave
” Yi CONFÉRENCES. 115
ire plus sévèrement qué leurs sujels. S'ils sont véritablement ue grands, C'est-à-dire, justes, affables, pacifiques, bienfaisants, religieux, elle leur assure une gloire qui honore bien plus OUS- que les sceptres et les conquêtes, celle de faire chérir lénrs que nous, et de les entendre, du fond de leur tombe, répéter à jette A l’envi, de génération en générätion, avec cei attendrisséaire. ment et cette effusion de cœur qu'inspire la félicité publiorie, que. S'ils ne sont, at cohtraire, que des monstres couronnés, ? cette s'ils foulent aux pieds le sang des nations, et qu'ils boivent © pour dans des coupes d’or les larmes de leurs peuples, elle les faut menace de la haine des homes ‘et de l'exécration de l'uni-" e eu vers entier. Ce que l'histoire seule dit aux grands, seule ? * hu- elle le dit au reste des hommes. Nous sommes comme : rime eux, presque tous environnés de flatteurs, d’ennemis, de sour- gens injustes et parliaux. Avons-nous des amis, des amis J'eCi- sages, éclairés et assez feïmes pour nous dire la vérité ? ir les Sommes-nous assez amis de nous-mêmes, assez raisonnables quelle pour l'entendre ? Croyons-en le mot d'un roi de Sicile sur s 0b: les Livres Historique : les meilleurs des conseillers sont les assez morts.
e MO: “ L'histoire est nécéssaire pour nous conduire dans le chejmese min du devoir. ce ne serait point encore assez, si elle ne‘ siQs, nous le fesait chérir ; mais l'idée qu'elle nous dontie du vice ction ; ne peut manquer de nous en inspirer de’ l'horreur; le por ur, eb trait qu'elle nous fait de la vertu, ne peut que nous enxflimceptes merpour elle. Rarement voyous-nous le vice aussi noir C'est qu'il l'est, si ce n’est dans nos entiemis ; mais comme l'hises, aC- loire n’a point dé bandeau, aucun préjugé ne le colore, au- 6, elle cun intérêt ne le déguise. Il est rare que la vertu soit ” ler du | reconnue et honorée dé ses contemporains : dans les fastés mines de l'humanité chaque chose prend sa place et sà couleur na.” La loi. turelle. L'aspect dus Tibère et des Néron soulève contre la e l’u- tyrannie et la noirceur, La vue d'un Catilina indigne conrain | tre l'ambition et la sédition. Partout le crime fait frémir, ‘ pensé parce que partout il est présuhté avec nné expression Gare. seule téristique et sous les traits les plus ‘odieux.’ LyCurgué veut ” 1s,6x- bannir de Lacéüenioné l'abrtiussutite 1vressé ; 11 ofduitlié à. Étérité tous les pères de famitlé dé faire voir à leurs enfants des es"!
claves abandonnés à l'excès de cette passion.
“Par un heureux contraste, les vertus et les bonnes aclious échauffent l'âme dans l'histoire, On sw'adimire point les Epaminondas, les Scipion, les Afarc-Aurèle, les Trajan, les Henri IV, savs les aimer, on ue les aime pas sans concevoir pour leurs vertus les mêmes sentiments que pour leurs personnes, ou plutôt on n'aime leurs perso n 3 que pour leurs vertus. C'est l'humanité, la bienfaisuice, l'intégrité, la douceur des mœurs que l'ou aime, que l'on adore eu eux. Les grands hommes se sont Loujours propnsé quelque grand madi!e de l'histoire à imiter. Alexandre voulait suivre la voie d'Achille, Louis XIE Les traces d'Alex aüdre, Heuri IV celles de Louis XIL Antonin imita Frajan, et Marc-Aurele, qu fit asseoir la philosophie à côté de son trône, se modela sur les vertus d'Antouin.. Séuèque n’a pas craint d'assurer qu'on ne se dislinguait jamais dans la suience et dans la vertu, si l’'émulalion ne nous choisissait dans ses annales un illustre rival Plutarque a écrit qu'à mesure qu'il travaillait sur les Vies des homanes illustres, ilse sentait à chaque pas encouragé, échauffe, élevé par leurs actions. Qui a lu les parallèles de cethonuète historien, sans être devenu meilieur, ou du iuoirs sans désirer d4 le devenir ? Quelle âme. après avoir vu Thémistocl s'offrir pour soutenir les intérêts de la Grèce, au lâton d'Eurybide, vserait sacrifier sa patrie à une vaine gloire ? Qui est-ce qui, voyant Aristide écrire sa condamnation, n'allendra pas sa justification du temps et de ses vertus ? Qui estce qui, lisaut les refus que Fabius fait de l'or et des honneurs qui lui sout offerts par l'ennemi de sa patrie, rougira d'une vertuèuse pauvrelé ? Qui est-ce qui, suivant à Carthage Reguins qui, fidèle à sa parole, se livre à la veangeance, oserait Lra- Bir, pour quelqu'intérèt que ce fut, le droit des geus ? Uuc inflnité de semblabies actions se présente à notre esprit. Lexemrle des bons sera toujours uu germe, uue source de vertus.”
‘ 1 y a messieurs, de cette influence de l’histoire.sur la vie de l’homme uneraison profonde.
Un des loyers de la vie se trouve,comme nous l'avons déjà vu, placé daus l’umon. Quand une existence est. jetee
dans cl'e phys naiss Ja te répa qu'a] Y1,0!
gliri plusi Jatioi aux « fagèt La »
Veul miis tion « Thiste relali mani!
niani sel passé qui es Tel m'ér:
fallu ç type, Chris au ini abstra est le l'hum corr'es qui es . Tell l'histoi
C4 ro (LE HE ht \ 3 C4 ou 1 jre ex Ade u'a s la suit qu'à il se rs ATTE ve.
our OSCqui, s sû li:
i lui r'tuins Lr'a- Juiu pril : de
CONFÉNENCES. 117
dans un point du temps, elle cherche d'abord un milieu où cl'e puisse trouver à qui et À quoi s'unir. Ce milien, au physique comme au moral, est le lieu des relations, Une tige naissante cherche un milieu où elle sera en relation avec Ja terre et ses sucs merveilleux, avec l'air et ses propriétés réparatrices, avec le soleil et ses feux bienfaisants; ce n’est qu'après avoir tronvé ce milien, qu'elle s'élance brillante et visoureuse, qu'elle devient le chène immense dont l’orubre gliieuse omb:age des générations nombreuses et survit à plusieurs siècles. De même de l'homme : il appelle la relation. Et cette relation, il ne la demande pas seulement aux choses ot aux êtres condensés dans la mesure de sa passagère exisicnce ; nou: il la demande au fini et à l'infini. La religion seule Iui donne la relation de l'infini , s’il re veut pas la recevoir de cette source divine, il ne l'aura jamais el1l mourra. Mais qui esi-ce qui lui donnera la relation du flii? sinon, avec la religion encore, l'hiitoire : Thistoire qui est le milieu où l'humanité d'hier établit sa relation avec l'humanité d'aujourd'hui ; l'histoire, où l'humauité d'aujourd'hui et l'humanité d'hier s'unissent à l’humanité de demain, à l'humanité de l'avenir.
sel est le mot de l'énigme. L'homme cherche dans le passé une vert, une âme pour se l’unir par la similitude qui est la relation des âmes et des vertus.
Tel'est le mot de l'énigme Et voilà pourquoi la premer: vie humaine, ayant tout affaibli et tont perdu, il & fallu que le Verbe devint homme et qu'il offrit un nouveau type, un nouveau point de relation. Voilà pourquoi le Christ a voulu habiter parmi nous, naître, vivre et mourir au iniheu de nous; voilà pourquoi le Christ n’est Las nne abstraction, mais bien une réalité ; voilà pourquoi le Christ est le milieu historique où l’homme, qui cherche le salut, et l'humamté, qui veut ètre sauvée, doivent veuir chercher la correspoudance, la liaison, la ressemblance et la relation qui est le besoin essentiel de toute vie.
Telles sont, messieurs, avec la raesure, les ressources, de l'histoire.
.. Et cependant histoire, depuis trois cent sans, pour parler avec de. Maistre, esl une conspiration permanente contre la périté. x Qu est-ce à dire ? Et pourquoi ?
L'histoire est-elle devenue par elle-même l'ennemie mortelle de la vérié.?.ou bien sont-ce les hommes qui l'ont pervertie ? Cette grave accusation d’un homme plus grave encore, si C’est LUE AU est-elle un reproche adressé à l’histoire ou à l'historien ? Non l’histoire n’est pas l'ennemie de la vérité : elle est le témoin de la vérité et quand elle se refusera à remplir ce grand et noble rôle de témoin, elle cessera d'être ce qu'elle est : elle deviendra la fable, la. fiction, le, mensonge. Toujours l'histoire sera la sanction du “Dien ; ; toujours elle sera la condamnation du ral; toujours
lle Droclamera la vérité et démasquera l'erreur ; toujours elle Couvaincra de mensonge et d'impuissance ee efforts dentés eu dehors du bien et de la vérité ; toujours elle nous donnera la vraie mesure des utopies, des rêves et des miraes de s'erreur. Demandez-lui ce qu'elle sait de la portée amorale et sociale du malériulisme et du sensualisme : elle Ævoyuera le passé, metlra sous vos yeux les sociétés anti- Ques et vous euseignera comment elles ont trouvé la mort dans la boue de la mahère et des sens. Demandez-lui ce que peut pour Île repos des intelligences le r'ationalisme : elle fera connaître les tourmeuts nombreux qui rougent tant d'esprits qui, de tout temps, ont voulu s'appuyer sur deurs sorles forces pour arriver à la vérité, et, développant les fastes de l'hérésie, elle vous offrira le triste et navrant speclatle de tant de sectes perdues dans les ténèbres du dibre-examen. Demandez-lui ce que peut le césarisme au l'athéisme social pour les nations : elle vous rappellera tous 3es bouléverséments, toutes les révolutions, toutes les ruines qui oil été le pariage des peuples qui Gut voulu se pas- ‘ser de Dieu. Demandez À l'histoire tout ce que vous voudrez, êt 'o jours, malgré les colères ct les passions qui de leurs Gaines clanieurs s'efforcent d'étoutfer sa voix, elle reudra fois gage à la vérité. 3 fest'douc pas l'histoire, à proprement parler, qui est
arler la vé-
morl'ont Ave l'hisie de ile se , elle a fic- Jn du jours jours fforts | Hous miraportée : elle antimort lui ce isme :
ugent r sur Dppané vraut es du 1e Qu
tous s rui- B PpAsidrez, leurs eudra
(esp
devenue l'ennemie de la verité ; or, si ce n’est pas elle;il faut que ce soit l’homme. Eh bien ! Oui . et voilà justement la révélation de notre malice. La vérité historique nous gène, nous pèse, nous confond. Perpétuellement elle oppose aux rêves de notre imagination malade, la réalité écrasante des faits ; perpétuellement elle crie à cenx aui cherchent à renverser telle ou tele pierre de l'édifice : prenez garde ! l’éxpérience m'apprend que cette pierre est une des bases essentielles ; d’autres avant vous l'ont tenté : les fondations ont manqué ; le temple s'est écroulé et les a ensevelis sous les décombres. Perpétuellement l'histoire proteste, pour et au service du présent, pour et an service de l'avenir, et toujours au nom du passé, c’est-à-dire de la sagesse du temps, contre notre méchanceté ou notre folie. Fatigués de cette voix importune, désespérant de pouvoir jamais Ini imposer silence ou de la reudre complice de nos desseins, nous essayons de détruire son autorité, de saper sa certitude et nous affirmons qu'elle n'est qu'un mythe, qu'une fiction êt souvent qu'une allégorie. C’est ainsi que nous faisons couspirer l’histoire contre la vérité.
Depuis trois siècles, les fils de l'erreur et du mal n'out pas eu d'autre ambition : pour eux la vérité historique u'a plus été que l'admirable poëme d'une habile mythologie. Les faits, les événements, les dates, les monuments, les hommes, les sociétés de l'histoire n’ont pius été à leurs yeux qu'une luugue suite de mensonges arrangés avec art.
Et qu'on ne dise pas que j'exagère. Cette tentative monstrueuse existe ; depuis trois siècles elle se promène par l'Europe savante ; elle s'y affirme, s'y développe et y prend des proportions formidables. De l'Enrope, elle passe ailleurs, et un jeune homme vient de nous apprendre, par l'organe de la presse, qu’elle s'est même introduite chez nous ; puisque, aux applaudissements des adeptes de la libre pensée, un meinbre de l'Institut Canadien a assigné au monde une existence fabuleuse.
‘Non, je n'exagère rien. [l'y a par le monde une prétention quise doune ‘pour l’histoire, urais qui ne l’est pas, ét
qui affirme, ici,que le déluge, cette grande et mémorable ‘atastrophe, n'est qu’un poëme épique, composé par des fils de familles, afin de donner du relief à leur origine ; là. que tout le récit de Moïse n’est qu'une pure invention du sacerdoce antique, dans la vue d'établir à jamais l'autorité de leur hiérarchie; aiHeurs, que Socrate, Platon, Aristote, Cicéron, ct tous les géuies antiques n'ont jamais existé que dans la fable ; partout enfin que toute l’histoire n’est qu'un symbolisme imaginé pour servir un intérêt on un autre
Vous connaissez le pauvre Renanet son Jésus impossible Cet homme n'a jamais pu se pardonner d'avoir porté la robe sacerdotale, et il s'est enfonce jusque dans les plus extrêmes profoudeurs de l'absurde,pour expliquer commentune jeune imagination de viugt aus peut ètre la victime innocente de Ja grande ficlion du christiauisme. Pour Renan, Jésus- Christ n’est qu'une personnification dérisoire, qu'un mythe par lequel on à voulu représenter. une religion nouvelle, un nouvean code de morale. Plaise à Dieu, M. Renau, que, si us jour l'humanité revient au bon sens, elle veuille bien voir dans votre personnalité savante, non une individualité ignorante ou révlle, ce qui est équivalent, mais la personnification de ses folies et de ses égarements passés. A vous et à vos imitateurs,. voilà tout le mal que je vous souhaite.
Si maintenant vous me demandez, messieurs, ce qu’il faut accepler ou rejeter de ce que rapporte l’histoire, je répondrui, au risque de vous étouuer,il ne faut rien rejeter et tout accepter. Vous vous récriez ; je m'explique.
D'abord j'enteuds par histoire le récit authentique de la vie de l'humanité. Je dis le récit authentique et c'est avec prémédilation ; car je me refuse et me refusérai toujours à decorer du bean nom d'histoire, tout fait, tout événement, faux on môme incertain: dans le vraie l'histoire, c'est la vérité et non l'erreur.
Mais je vous entends. Vous dites : c'est très-bien ; seulement à quels signes reconnaitrez-vous la certitude historique ? Ma répouse est bien simple : j'exigerai des: témoi:
able s fils que A\cerleur sron, ns la m bo-
sible robe mes enne le de ésis- 1ythe velle, ent, suille ndiviais la A PETER vous
l faut Bpont tout
de la avec urs à neuf, a vé-
eulestUrimoi:
gnages probes et unanimes au ioins quant à l'essence dn fait; j'exigerai encore que les témoignages soient sans intérêt de tromprr ; eufiu. j'exigerai que ces témoignages soient dans limpossibilité radicale de tromper, quand bien même ils le voudraient. Ces trois conditions rempiies, je croirai aussi fermement à ces lemoignages, que je crois à l'existence de la Lapouie, bien que je ne Paie jamais vue. Aurai-Je tort ?
Pour ce qui est des événements, des hommes et des choses dont le souvenir n'est transmis sans ces trois garanties, je resterai à leur égard dans nue réserve extrème; on si la fantaisie me prend de résoudre de tels problemes,ie me garderai bien de poser les résulla s de mes recherches pour autre chose que des hypothèses plus où moins vraisembhlables, et jamais je ne serai tenté de ranger ces points douteux parmi les vérités historiques.
Et s’il est besoin de justifier ces trois conditions exigées de tout témoignage historique, je dirai avec l’auteur qui me les fournit :
Que la première s'appuyant sur des faits, ces faits, s'ils existent, portent leur démonstration avec eux ; or. rien de plus facile que de s'en assurer. Y a-:-il on n'y a-til pas plusieurs témoins ? sont-ils ou ne sont-ils pas unanimes? s'ils sont nombreux el daccord entre eux, chost que chacun pent aisément vérifier, cela me suffit contre les contradicteurs du fait qu'attestent les témoins. Gar s'ils admettent la certitude du témoignage des sens, je trouverai contre l'antorité des sens tous lss arguments qu'ils emploient contre l’autcrité du témoignage humain ; el s'ils sout sceptiques, je les defierai d'attaquer Pun et Pantre, sans les reconnaitre toutes deux implicitement, puisque nul ne peut essayer de persuader à quelqu'un qu'il a tort de se fier à ses sens et à la parole d'autrui, sans se dementir lui-mème par le fait,
Quant à la deuxième règle, est-il impossible, est-il même bien difficile de s'assurer que des témoins sont graves, honnèles, consciencieux, et qu'ils n'ont aucun intérêt à tromper ? Ceux qui attaquent la certitude du témoignage veulent ap-
paremment qu'on croie à leur probité, à leur honneur, à leur bonne foi; ils aspirent à l'estime de leurs semblables, et prétendent la mériter. Ils veulent aussi sans dotte qu'on croie à leur sincérité, quand ils rapportent un faic, quand ils prennent un engagement, quand ils donnent leur parole ; e si quelqu'un révoquait en doute leur véracité, ou semblait les soupçonuer de dissimulation et de fourberie, ils n'hésiteraient pas à invoquer le souvenir de toute autre vie honorable et sans tache, pour prouver qu'ils ne sont ni des imposteurs, ni des fripous. [ls croient douc qu'il y a des moyens sûrs de connaitre si un homme est digne d'estime et de confiance par son caractère, par ses mœurs, par sa conduite habituelle. Car sil n'en existait pas, la distinction qu'on fait partout des honnêtes genset des fourbes serait tout-à-fait sans raison, et l’on ne voit pas à quel titre eux: mêmes laisseraient leurs amis, lenrs parents, Lous ceux qui out eu quelque relation avec eux, attester leur probité, leur franchise, leur delicatesse, et s'offenseraient de l'incrédulité qu'on opposerait à leur témoignage. Les voilà donc placés daus l'alternative, ou de soutenir que ceux auxquels la voix publique, dans les temps anciens comme dans les temps modernes, a déclaré le titre d’honnètes geus, d'hommes d’honneur.d'hommes de bien, doivent être mis au mème rang que ceux qu’elle flétrit du nom d’imposteurs:et de scélérals, et que la réputation de probité et de vertu dontils jouissent eux mêmes ne prouve absolument rien.en faveur de leur vertu et de leur probité ; ou de reconnaitre ce que nous voulons établir, que la gravité, que la probité d'un témoin, ainsique les circonstances qui prouvent qu'il n'a aucun intérèt à tromper, sont des faits qui se constatent comme touta autre chose, et qui suffisent à la certitude.
Enfin, comme le témoignage qu'il s’agit de contrôler porte nécessairement-sur un fait public ou privé, grave ou sans importance, rien de plus facile encore-que l'application de la troisième règle, .et, par conséquent, que la vérification du témoignage.par le moyen qu'élle:indique.-Le:fnt qu'on rapporte s'est-il passé au graud jour,en présence de tout’un
ur, à bles, qu'on id ils e;e blait 'hé- > hoi des 1 des
stirne | CONction el'ait euiXqui leur ulité lacés voix ; MOhonque s, et sent leur ons vin, nté-
ut2
por- ELIIS de du
ap- ‘Ur
peuple ;.est-il par lui-même d'une grande importance? S'il
réuuitces deux caractères, nous disons qu'il est impnssible
qu'il se Mt acerédité dans l'esprit des peuples, s'il w'avait
rien de réel. Supposer que le récit d'un événement grave etentiérement imaginaire pourrait trouver crédit dans la croyance d'uue uation et s’y inaintenir sans opposition, saus démenti, sur la seule parole d’un imposteur, ce serait alla.
quer bien moins la certitude du témoiguage, que la certilu-
de de la raison elle-même. Car il faudrait supposer pour cela uue distraction bien extraordinaire, ou plutôt une suspeusion complète et absolue daus la raison de tout un peu-
ple.
Quelques exemples achèveront de jeter toute la lumière voulue sur ce sujet.
Hinaginons que la fantaisie prenne à quelqu'un dé publier qu'en Canada, l'Eglise ne fait aucune difficulté de douuer Ja sépulture religieuse aux excommuniés avoués et reconnus tes ; qu'il apporte à l'appui de son assertion le fait qu'un noué Guibord, étant mort membre d’une société excommu nice, a été deposé en terre sainte avec toutes les céremonies du culte catholique et que l'autorité ecclésiastique de ce pays, sachant parfaitement ce qu'était cet homme, a pro-
Clainé que désormais, la Ubre-pensée le voulant ainsi, elle,
l'Epouse du Christ et la dispensatrice de ses mérites, anrait des bénédictions pour tous les cadavres maudits ; eroit-on qu’une telle affirmation ne rencontrerait aucun démenti ? peunse-ton qu'il ne se lèverait par des consciences généreuses pour crier au mensonge, à l’imposture ? s'imagine-t-on lindiguation usiverselle qui couvrirait un tel témoignage ?
Ou bien, qu'ou vienne nous dire demain que les Etats- Unis, nous ayant teut dernièrement déciaré la guerre, et que les deux armées s’etant rencontrées à Chambly, cinquan. te mille Cauadiens out défait deux cent mille Américains ; tout amis de la gloire que nous sommes, consentirions-nous à laisser encadrer ce fait dans les fastes de notre histoire ? Quelle nation le voudrait ? Dans cent aus, dans deux cents aus d'ici on dira que l'honorable Thomas d'Arcy McGee a été
traîtreusement assassiné. Si le Canada est encore affligé de la Jlaie de la libré-pensée et que cette libre-perisée soil intéressécàuier ce fait, elle le niera. je n'en doute point. Placé entre une aïnrmation et une négation, que devra faire. un honime libre, et on l'est toujours quand on le veut, de bien penser ? Trois choses. D'abord il cherchera si les témoignages sout nombreux et unanimes ; or il trouvera que tous les journaux, que toutes les voix de l'époque du crime, ont aflirmé le fait unanimement. De plus, il pèsera la gravité, la probité des témoignages et s'assurera si aucun intérêt ne pouvait porter nolre temps à inventer ce fait ; or il trouvera que sous ce rapport, comme sous le premier, les témoignages sont satisfaisants. Enfin, il examinera s’il n’y aurait pas en pour nous possibilité d’inveuter toute cette histoire ; or il trouvera dans la nature même des témoignages qu'une telle fable n'aurait jamais pu s’accréditer saus rencontrer dès l’origine toutes les négations des homines sensés, Pleinement satisfait, il croira, il enseignera, il aMirmera Ie meurtre en question. N'est-ce pas là ce que tout homme sensé doit faire pour démêler la vérité de l’erreur, lorsqu'il s'agit de l’instoire.
Encore une fois, l'histoire est une science vraie ; la cer: titude historique, un fait indéniable ; le témoignace du passé, une autorité certaine, etla libre-pensée aura beau vouloir que l’histoire conspire contre la vérité, soit en attaquant les faits pour les ruiner dans leur certitude, soit en les défigu. rant pour en faire sortir des enseignements pervers et des
. conséquences mensongères, elle ne:réussira jamais qu’à se couvrir de ridicule et qu’à s’attirer le mépris général.
Bien des ruines, bien des catastrophes, bien des renversements se sont succédé dans la suite des âges ; plusieurs na tions, dont l’histoire nous raconte les gloires, sont tombées ; beaucoup de monuments, dont elle rapporte la maguificence ont péri ; tous les héros dont elle nous redit les exploits ont disparu, et l’histoire est demeurée et demeurera aussi longtemps que la vérilé, qui ne saurait cesser d’être éternellement.
de la têresetitre
nine ser ? sout jour irmé pr'opouvera gnanait ire ; age8 renisés, ‘a le jme qu'il
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Ces principes établis, il est temps de dire par quelles études on doit chercher la vérité historique.
Me trompè-je en affirmant qu'il faut commencer l'étude de l'histoire, par celle de la Chronologie, de la Géographie et de la Géologie. On a dit, et avec raison, la Géographie et la Chronologie sont les deux yeux de l'histoire ; en effet. sans la science des époques et des dates, sans l’ordre de succession des événements, l'histoiré ne serait qu'uu chaos où réguerail la pius étrange confusion ; comme aussi sans la connaiss&uce parfaite des différents théâtres où s’accombplissent les faits, il serait impossible à l’histoire de présenter un tableau compréhensible. Quant à la Géologie, en nous faiant connaître l'origine et la nature de la terre, elle nous appreud que le monde a commencé et qu'il finira et ainsi elle pose les véritables bornes de l'histoire. D'ailleurs, qui ne sait que. la géologie la plus savaute et la plus éclairée est venue, dans ces derniers temps, rendro à la vérité historique trahie et indignement outragée, dans son plus illustre, son plus autorisé, son plus divin réprésentant, Moïse, 1:35 homimages et les services d’une réparation solennelle et d'une sanclion concluante ?
IL faut demander la science chronologique à quatre sour. ces principales, savoir : 10 Aux auteurs Contemporains ou peu éloignés des différentes époques, en s'appuyant pres que uniquement sur ceux de leurs avancés qui n'ont point été immédiatement coutredits ; 2° Aux phér.omèncs «stronomiques, le cours des astres, les éclipses, etc ; ces phénomènes reposent sur des données mathematiques, c’est-à-dire d’une évidence presque invincible ; 30 A tous les monuments qui purigut des inscriptions anciennes : les peupies de l'autiquilé gravaient sur la pierre, le marbre, le bronze, etc. le récit abrégé des faits les plus mémorables dont ils étaient ou les acteurs ou les témoins ; 4° enfin, et cette dernière source est capitale, à la Bible : écrite sous l'inspiration mème de Dieu, elle porte une certitude et une autorité incom.. parables.
Ou lirait avec profit pour la Chronologie L'Antiquité des
126 CONEÉRENCES.
temps, rétablié’et défendue contre les Juifs, pat Paul P3zro! : Abrégé Chrennlogique de l'Histoire Universelle ‘sacrée rt profane, dû Père Petan ; Défense de la Chronvlogie, fondée sur les motinments ‘de l'Histoire Ancientre, par: Fréret, et l'Art de vérifier les dates des faits historiques dés chartres, etc., depuis Jésns-Ghrist jnsqu'à la révolution française; ouvrage excellent dû aux laborieux et savants Bénédictins.
Les ouvrages suivants serorit d'un grand secours dans l’é:
tude de la géographié; Essai sur l'histoire de la ‘'géog'aphié
el sur :ou origine, ses progrès et son état actuel, par Robert de Vangondy'; La Géographie comparée, onu analyse de la Géo graphie ancienne et moderne des peuples de toirs les paÿs, par M. Mentelle ; L’Ancienne Géographie universelle coiipairée à la moderne, où l'on voit les royaumes, les provinces, les villes, les théâtres dés différentes guerres ; par Joseph Ro-
miain Joly ; Géographie his o‘iqur, ecclésiastique el civile de’
touts les parlivs du Globe, par Dom Vaïssette'} Géoglaphie moderne, précédé d'un pétit traité de la sphère'et du globe, etterminée par üne géographie sacrée, par l’'Abhé Nicollé de
la Croix. Si ces différents autenrs né sont pas exemnpis de ! reproches. et mème de reproches graves, ils renferment'des ‘
revherches, des appréciations et des renséigriements propres à jeter un grand jour sur les questions qu'ils trartent : cela est plus que suffisant pour les rendre reconimandäbles.
Quänt'à la Geologie, c'est Cuvier qu'il fant étudier ; dans!
Cuvivr'on trouvéra la science du monde et, aussi, le motide de la science:
Balmès que je me reproche de n'avoir nas ‘encore cité, donne à cenx qui étudient l’histoire, dix conseils qui trou’
vent ici naturellement leur place.
« [faut d'abord tenir grand compte des'moyens'de connaître la vérité, dont l'écrivain disposait, et des probabilités pour où coritre sa véracité.
« Deuxièmement, tontes choses ‘égales; on devra préférer un témoin oculaire! Il y à toujours un certain péril pour la vérité duus les intermédiaires. Les récits successivéihéit"!
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qmelqne chose du canal: qu'elles parcourent ; dans les cauaux de l'histoire, læ passion. et l'erreui aboudent,
«“ Troisièmement, Parmilestémoins occulaires,choisissez, si d'ailleurs il y a egalité pour le reste, celui qui n'a point eu de part à l'événement, qui nya rien perdu. Lorsque César raconte sas campagnes, son témoignage est une atilorité. Il est évident toutifuis, que le-général romain ne peut refuser le courage aux peuples qu'il à vaincus ; qu'il ne peut les représenter comme inférieurs en nou:bre aux armées qu'il commandait sans diminuer la difficulté de ses entreprises, et, parlant-sa gloire. Les prodiges d'Annibal, racuntés, par. ses ennemis, OÙt une autre. valeur historique
« Quatrièmement. Préférez nn historien contemporain ; mäis contrôlez sur témoignage par:celui d'un écrivain de la même époque, défendant ‘des opiuions et des intérèts difféc reuts, etayez soin de séparer daus leurs écrits le fait:des causes qu'ils lui sont personuels:. Presque toujours il y'a daus les événements un fait dominantqui ressort avec trop d'évideuce pour que: la partialité de’ récrivaiu ose de nier, En pareils cas. historien exagère ou aténue ; il prodigue les couleurs défavorabies ou flatteuses ; il cherche des explications, invente des causes, signale des conséquences, etc., mais le fait persiste et les efforts de la mauvaise foi doivent avertir uu lecteur judicieux de ne s’arrèter qu’au fait, de ne voir que le fait, de le voir tel qu'il est.
« Cinquiëmmement, : Les récits anonymes méritent peu de confiance.
« L'auteur a peut-être caché son nom par modestie ; mais le public qui liguore west pas: tenu de croire à la véracité d'un écrivaiw qui, pour dire la: vérité, met un voile sur son visage: La crainte du deshouueur qui suit le mensouge est uu frein. puissant: Ce frein ne'suffit pas toujours. : Que serait-ce s’il n'existait point !
« Sixièmemment : Avant de lire une histoire, étudiez la vie de l'historien. Coniment apprécieriaveracité d'u historien : ou les moyens dont il dispose pour arriver-au vrai, si lon
ne connaît pas sa vie ? Voulez-vous avoir la clef de ses dé. clamations on de ses réticences ? Voulez-vous savoir pour. quoi. sur telles scènes, il passe un pinceau si léger tandis qu'il charge certains tableaux des plus noirs couleurs ? cher chez dans ses vertns on dans ses vices, dans sa position par liculivre, dans l'esprit de son temps, dans les formes toliti ques de sa patrie ; le plus souvent tout est là.
« Septièmement, Les œuvres posltumes éditées par des in: connus où ayant passé par des mains peu sûres deviennent apacryphes, et doivent être reçues avec défiance. L'autorité d'un mort illustre est de peu de poids en pareille crrconstauce ; ce n'est pas lui, c'est l'éditeur qui parle, avec La certitude que la partie intéressée ne peut le dément'r,
« Huitiëmement, Des histoires apanyees sur des mémoires inconnus et des titres inédits, les manuscrits dans lesquels l'éditeur afirme n'avoir fait que mettre de l'ordre, corriger le style et éclaircir certains passages, ne méritent d'autre coufiance que celle qu'iuspire l'éditeur.
« Neuvièmement. Les récits des négociations secrètes, de secrets d'Etat ; les anecdotes piquantes sur la vie privée des personnages célebres, sur de ténébreuses intrignes et autres faits du mème genre, ne doivent être admis qu'après un examen sévère. S'il nous est si difficile de découvrir la vérilé à la lumière du soleil, et pour ainsi dire à la surface du sol, qu'espérer lorsqu'il faut la chercher au milieu des ombres et daus les entrailles de la terre ?
« Dixicmement, Ajoutons peu de foi à ce qu’on nous racoule sur certains pays où cert i1s peuples très-anciens et tres-éloignés de nous, car les trésors du prince, sur le nome bre des habitants, sur leurs croyances reiigienses où ieurs usages domestiques. Comineut, en effet, verifier l’exactitu: de de ces relations ? La distance. le temps, l'ignorance de la langue, etc., tout s’y oppose. Comment arriver à ia vérilé en des choses souvent cachées, inconuues méme aux indigènes ? Pour décrire les usages domestiques, a-t on péuétre dans l'intérieur de la fannlle ? l'a-ton surprise daus la liberté, dans les confidences iutimes du foyer ? »
Ces premières precautions prises, où ouvre eutiu les gran-
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des annales du genre humain. Et afin de procéder avec ordre, on divise les temps en deux grandes assises principales: depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ, e! de Jésus-Christ à nos jours. Quelques écrivains veulent qu'ou s'occupe d'abord de la seconde de ces divisions ; d'autres, au contraire, veulent qu'on commence par la première. Ces deux opinions sont soutenues par des noms et des hommes considerables, et il ne m'apparticnt pas de décider entre eux, Seulement. comme ceux à qui je m'adresse sort sensés posséder déjà des connaissances générales de l'his'oire universelle, je stus porté à croire qu'ils saisiront mieux loute Ja philosophie de l’histoire en preuant à l’origine du moude et en poursuivant ainsi d'événements en évén ments ju: qu'à notre malheureuse énoque. Je crois par exemple qu’on suicira difficilement les causes de la chute de l'Asie et de l’Afr que, ainsi que celle de la décadence de l'Empire romain, si on ne connait pas bien la vie antérieure de tous ces peuples. Daus la vie des nations tout s’enchaine, tout se suit, tout se succède merveilleusement, en sorte qu'il peut ère très-utile et même indispensable de remonter tuut d'abord aux origines.
Quoiqu'ilen soit, et quelqua soit le parti qu’on prenne, voici quels sont les historiens qu'il faut lire et approfondir d'une manière toute spéciale, si l'on veut dérober aux siècles quelques-uns de leurs grands enseignements.
Ilyadelantiquité an monumentparticulierqu'il n’est par possible de négliger, parce qu’il joue dans l’économie sociale et religieuse de ces temps reculés un rôle tropimportant. On comprend que je veux parler de la Bible ou ‘Ancien Testament, Certes, ainsi que j'aurai occasion de l’affiru er dans ua moment, les historiens païens nous ont laissé d'immortels chefs-d'œuvre ; mais ce sont des chefs-d'œuvre paiens ; c’est-à-dire des lumières douteuses et souvent fausses. Le paganisme, à la vérité, reconnaissait bien l’intervention d’une puissance étrangère et d’une force supérieure dans les événements humains : Romulus écrasé par les Sabins, de même que né Tolbiac, lève ses armes vers
le ciel et promet de bâtir un temple au Père des dieux ; toutefois ce Jupiter, maître des destinées des empires, Mars, le dien des armées et tous les autres dieux, dans la pensée de leurs adorateurs, étaient accessibles à toutes les passions mauvaises et, par suite, réglaient souvent très-arbitrairement le sort des hommes et des choses. Moïse et les autres écrivains sacrés connaissaient le vrai Dieu ; bien plus, ils écrivaient, pour ainsi dire, sous sa dictée ; c'était Dieu luimême qui leur communiquait l'expérience ; c'était Ini qui les inspirait et les éclairait, Guidés par la Vérité elle-même, ces hommes inspirés n'écrivaient pas, ne pouvaient pas écri. re au point de vue des passions de parti ou de nation ; ils ne cherchaient pas à exalter tel peuple au-dessus de tel autre ; non, ils parlaient, ils enséignaieut pour et au service de la Providence ; pour et au service de la Vérité. Aussi est-ce dans leurs écrits qu’il faut aller chercher les lumières dont nous avons besoin pour nous expliquer les mystérieux et obscurs événements de l'antiquité Je le dirai même, je ne vois pas que sans l'Ancien Testament, il soit possible de comprendre un seul mot de l'histoire ancienne ; car la Bible est la lumière des temps antiques, comme l: Catholicisme est celle des âges modernes ; et cela parce qu'elle est avant tout une lumière divine. Les historiens païens n’étudient l'homme que dans l'homme ; la Bible explique l’homme. par Dieu ; or qu'est-ce que l’homme, qu'est-ce que le genre humain considéré hors de Dieu, principe.raison et fin suprême de tout ? Un mystère douloureux et impénétrable ! Les Ecritures Saintes sont l'éternel crépuscule qui. dore et illumine toute la science. Retirer cette lumière de la science, la retirer de l’histoi-e, et particulièrement de l’histoire ancienue, c’est évoquer la nuit, c’est s’en velopper d’ombres, c’est seusevelir daus des ténèbres profondes, c’est s'enfoncer dans Jes abimes malheureux ; et, pour emprunter ici une com. paraison, Comme le laboureur qui enfonce le soc dans les >hamps de Thèbes et de Babylone, heurte à chaque instant d'inexplicables ruines, ainsi l’histoire, privée des lumières des Saintes-Ecritures, à chaque sillon qu’elle trace daus les
âge or
CT sal
on ave) vise gui leu reli les jalo affa tes re d met l'A cot et de pure «het Si iles vée il s’e du co disli géni môn vife Hist qui Wen Cepe iniu
tou-
s, le e de ions aireitres 8, ils | lui.
i qui ème, écri.
ls ne tre ; de la »st-ce dont ux et je ne comle est 1e est tout homb. par e huème Les illunce, ucic'est daus on.
s les sLant ères s les
âges. soulève, du skin même des siècles et des peuples, de grandes et doulourenses obscurités.
Pour les historiens paiens, ceux qui voudront les fréqnen- #r pourront de préférence s'arrêter à Thucydide,Xénophon, Sulluste, Tite-Live, Tacite, Hérodote. César et Plutarque.
Thucydide fait l'histoire de la décadence des Grecs. Avec an rare talent d'expos tion, il montre Athènes aux prises avec Lacédémone et comment la Grèce se fractionne et se divise pour servir les ambitions jalouses de ces deux villes orgueilleuses. Toutes les vertus et les vices contraires ont là leur action ; tous les hommes, tous les iutérèts divers se reticontrent et, comme toujours, se gènent et se combattent. les uns les antres ; puis, quand les divisions intestines, les jalousies et les ombrages des enfants d'un mème peuple on$ affaibli toutes les forces vives, ont anéanti toutes les ressources de la Grèce, cette nation, qui avait porté si haut la gloi. re de son nomfs'affaisse sur elle même et incline misérable: ment à la ruine Xénophon, que les Grecs ont surnommé l'Abeille, nous 4 laissé l'Histoire de Thucydide, après l'avoir coutinuée jusqu'à l'affaire de Mantinée,unce Jlistou'e de Cyrus: et de la mémorable Aetrait, des dix mille. Le charme, la pureté, la douceur et tous les agréments de sa diction atta., chent et subjuguent plus que je ne puis le dire.
Salluste est üae de ces tristes illustrations du paganismes il est la personnification de la volupté romaine. Sa vie privée le range parmi les plus mauvais sujets Heureusement il s’est montré tout autre dans ses écrits, et son Histoire de la conjuration de Catilina et celle des Guerres de Jugrrtha se distinguent par une justesse d'idées et une profondeur de: génie qui étonnent. ‘Il pense avec force, s'exprime de môme ; sa phrase est toujours pure, son style nombreux, vifet serré, Favori d'Auguste, ‘lite-Live reflète dans son Histoire Homaine les gloires du grand siècle. Son œuvre qui ne renfermait pas moins de cent quarante livres, n'encompte plus que trente-éinq, les autres s'étant égarés, Céperda!t ce qui subsiste encore brille par la plus belle üaginiation, par la noblesse des pensées et des seutiments,
par la justesse des appréciations et surtout par une connaïissance étonnante de la nature et du cœur de l'homme. On reproche à ce prince des historiens latins d'avoir donné une trop large place à la superstition païienne ; ne devous-nons pas plutôt le louer d'avoir peint fidéleunent les mœurs et la rehigiou du peuple et des temps dont il parle ? Le règne de Tibère, qui passe pour un chef-d'œuvre de politique, a eu dans Tacite un témoin d'une grande autorité ; on lira avec profit ceux de ces écritsqui sout restés Surnommé le Père de l'histoire, parce qu’il a été le premier qui l’a écrite, Hérodote a défiguré son œuvre par des mensonges et des contes puérils Cependant i! jette sur plusieurs faits, et particulièrement sur le règne de Cyrus, des lumières qui ae sont pas à déduigner. Dans César on reconnaît un génie profond qui avait médité sur les vices, les ressources, la liberte de Rome, et qui, en conquérant la Gaule, se préparait à subjuguer le monde entier. Plutarque trace la vie d'un héros avec une habileté peu commune. Une naïvelé noble brille dans tous ses écrits et leur donne un charme indicible.
. Si on ne se sent pas la force, ou si les loisirs manquent pour lire les écrivains païens, il faudra au moins lire uue histoire ancienne détailleé : celle de Rollin, par exemple.
‘ Ou a fait bien des reproches à l'illustre et incomparable Rollin ; on a dit qu'il entrait dans des détails insignifiauts, qu’il parlait ou plutôt qu'il écrivait avec une simplicité trop familière et parfois même enfantine. Je ne sais et ne veux dire qu’une chose en répouse à ces reproches ; c’est que quels : que soient ses délauts, Rollin demeure celui de tous les ‘historiens, après Bossuet, qui a le mieux possédé le génie de l'histoire. Comment reprocher à un historien des disser- ‘ talions trop longues et un laisser aller de langage tr p graud, * lorsque ces dessertations, ce laisser aller portent la philoso- * phie même del'histoire ? Oui ! Rollin est long. Oui ! il est Simple, tres-simple mème, mais ses longueurs et sa sim- * plicité me révèlent les lois, les usages et les coutumes des
naïs-
On une nous et la 1e de aeu avec Père , Héconparti.
ui àe génie es, la pr'é paa vie Aivelé lal'e
man- 1 lire ar ex-
rable fiauts, é trop veux quels us les génie disserbrand, nilosoil est
simes des
peuples ; les canses, la marclie et le dénoûment des événéments ; le caractère, Ics aspirations et la physionomie propre des peuples et des grands hommes ; les destinées, les rapports et l'influence vraie des principes.que puis-je denander de plus ? £tudié-je l’histoire pour le vain plaisir de lire
“un beau morceau de littériture, ou bien pour nrinstruire
et m'édifier ? Donc, malgré les défauts qu’elle peut avoir, l'Histoire Ancienne de Rollin est un ouvrage d'uu haut intérêt, qu'il sera toujours très-utile de lire. J'en dis autant de son Jlistoire Romaine, du Discours de Bossuet, et de l'Histoire Universelle de Chantrel; ce dernier onvrage servira d’ailieurs admirablement à connaître tous les temps.
Vient ensuite le moyen-âge. “époque, dit un auteur, qu xl faut toujours citer, parce qu'il parle de tout avec une science profonde, le moyen-âge, époque longtemps négligée, obscure, mal jugée, mais qui est enfin aujourd'hui pluséquitablemeuntappréciée. Là surtout dans l'ombre mai éclaircie, dans apparent chaos de ces ten1)3, lincrédulité était allée chere cher ses armes, et une histoire ingrate et mensongère faisait
“un crime à l'Eglise de ses propres bienfaits. Le jour s’est
levé sur ces grandes questions ; et bien qu'’onjourd’hui encore des esprits extrèmes en restent sur i- moyet:-âge au dénigrement absolu ou à l'enthousiasme absolu, un esprit impartial et sincère peut contempler, à côté des misères iné.
“vitables, la grandeur réelle de ces temps et la portée vérit4.
ble des faits. Quels temps et quels faits immenses ! A s’en tenir aux grandes lignes de cette histoire, les invasions et les établissements successifs des barbares, le règne de Chär- -magne, le schisme Grec, l’islamisme, la féodalité, les croisades, les grands papes, les grands ordres religieux, la lutte du sacerdoce et de l’Empire, les guerres entre la France et l'Angleterre : voilà Les grands faits historiques qui dominent
tout le moyen-âge Qui ne voit, d’après ce simple énoncé, “quel haut intérèt présentent de telles études ? Aussi, avec
quelle ardeur les hommes de labeur ont-ils exploré cetiè
“époque, a ‘sciénce catholique et même la science protesdaite s'y sont exercées à l’envi ; et qui veut étudier’cés
Le CONFÉRENCES.
temps, n'est pas en peine de trouver d'excellents ouvrages, quelques-uns même écrits par nos frères séparés, que la
bonne foi et la vraie science ont transformés en apologistes inattendus de l'Eglise ei de la Papauté, et des grandes ins- #itutions catholiques. Comment se fait-’, ncore une fois, Quand on a des loisirs, qu’ou ne soit pas teuté d'étudier par soi-même et de se faire une opinion personnelle, éclairée, sur de tels siècles et de tels faits. ”
… Letranc, Drioux, Ozanam, Macaulay, l'abbé Gosselin, de Champigny, Nettement et beaucoup d’autres plumes savantes ont laissé de ces temps admirables, des esquisses génuéra les ou partielles qu’on consulterait avec profit.
En étudiant l'histoire moderne, il faudra surtout s’appliquer à celle de France, et pour cela se servir soit de Laurentie ou de Trognon, soit de Keller ou de Gahourd . Me permettra-t-on de nommer maintenant l'histoire du £anada, l'histoire de ce pays providentiellement élu pour être le centre de la civilisation catholique sur notre contiment, et le foyer de tontes les nobles, grandes et saintes œhoses qui sont ici-bas l'honneur, la gloire et la force des ‘mations ? Ne me reprochera-t-on pas plutôt d’avoir tant tardé à nommer cette histoire, la plus belle, la plus édifiæante, la plus nécessaire pour tout canadien qui se sent le courage de rester fidèle à la religion et au patriotisme de “ses pères ? Ne doit-on pas, de préférence à toute autre, ap- #rendre d'ahord l’histoire de son propre pays? Estil raisonunable d'élre, comme le disait Rollin avec son grand bon gens, en quelque sorle ëlranger dans sa propre patrie, après dvoir parcouru les aukhres pays? Ahlnonlet si j'ai tant äardé, c’est que je suppose toujours que ceux à qui je m'’adresse ont. assez de patriotisme pour commencer, poursuivre et achever leurs études historiques. par celle de leur propre #ation ; c’est que j'ose espérer que l'histoire du Canada sera pour tout canadien, la base, le corps et le couronuement Mes connaissances en histoire. | . Ces jours derniers, Messieurs, je relisais l'histoire du Ca. amada. J'ai pu coutempler daus nos anuales, et à mon aise,
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les inspirations sublimes de la foi, les merveilles du dévouement, et plus je lisais, plus j'aimais mon pays avec ses gé néreux martyrs, ses colons immortels, ses grands évèques, ses citoyens glorieux et ses preux soldats ; les mélodieux accents patriotiques qui s'élevaient de toutes parts du sein du concert sacré de nos fastes, avaient des vibrations si saisissantes et si harmonieuses, qu'ils m'inondérent, dans une sante volupté, des parfums les plus suaves de l’orgueil national. Que pouvait-il donc y avoir là de si émouvant et de si glorieux ? Voici :
Daus cette orbite lumineuse, décrite par notre histoire, resplendissaient une quantité d’astres brillants. Ici appa. raissaient les Jacques-Cartier, les Champlain, les Laval les Maisonneuve, les Moutcalm, les Lévis, les Plessis, les Bédard, les Viger, les Lartigue, les Morin et tant d'autres que les difficultés ne purent abattre, qui ne comptèrent jamais les sacrifices quand ils étaient dans la ligne du devoir et de l'honneur. et qui sont du nombre de ces grandes âmes pleines d'enthousiasme, de courage, de générosité et de vertu, devant lesquelles les générations passent en s’inclinant avec respect. Làse levaient, magnanimes, les Canadiens nos ancêtres, chantant l’ode immortelle de leurs combats sanglants, de leurs impérissables faits d'armes, et redi. sant avec amour les efforts surhumains, les sacrifices généreux et les larmes amères de leur patriotisme quelquefois malheureux, mais jamais vaincu.
Après avoir ainsi vécu des douces émotions que procure un passé si glorieux, je cherchai si, au milieu des amertumes du présent, je pourrais trouver où reposer mes yeux avec amour et où inonder mon cœur de consolations patrictiques
Quel cousolant spectacle que celui qui s’offrit alors à mes segards ? Car sans parler de ces grands citoyens qui, dans l'Eglise ou dans l'Etat, en dépit des haines persistantes et des jalousies savantes, travaillent, sans se décourager ja: mais, au bonheur de leurs frères, y a-t-il quelque chose de plus glorieux et de plus grand dans les annales d’un peuple, que ce dévouement divin avec lequel notre jeuuesse s’est
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-enrôlée sous le draprau pontifical pour aller défendre, à Rome, dans la personne de linfaillible Pie IX, l'Eglise menacée et la sociét3 en péril ? Non ! Messieurs, je ne sache rien de plus noble, de plus sublime que les sacrifices que coûta ce mouvement ; rien de plus touchant et de plus so lennel, rien de plus haut et de plus héroïque que cette atti tude de tout un peuple sacrifiant ses fils pour une telle cause !
Proclamons-le donc hantement ! Fils des héros, nous n’avous pas d'généré ; enfan's conrageux, citoyens intrépides, nous marcherons un jour à la tête des nations civilisées!
Voilà ce que j'ai trouvé dans notre passé; voilà ce que je trouve dans notre présent ! Dites maintenant s’il ne sera pas toujours indispensable d'étudier l’histoire de uotre peuple.
Chère et précieuse jeunesse canadienne, qu'il soit donc permis à un instituteur de te le dire, tout en parcourant de ton vol altier et audacieux les régions de l'humanité, tout en planant dans les sphères les plus reculées de Phistoire, fixe toujours de ton fidèle et intrépide regard cet humble point qui s'appelle le Canada ; c’est le point central, c’est le rocher de tes amours, c’est le phare de tes espérances ; c’est la plaine fertile qui te donnera l’aliment de la vie; c’est la côte escarpée où, plus tard, tu abriteras ta jeune familie ; c’est la plage fortunée où s'écoulera ton existence laborieuse ; c’est le sommet doré où, sur le soir de la vie, tu trouveras, avec le tombeau de les ancêtres, le lieu de l'éternel repos ; et si tu es toujours demeurée fidèle aux mœurs, aux institutions, à la religion et au Dieu de tes pères ; si tu as aimé ce qu’ils ont aimé, si tu as respecté ce qu'ils ont respecté, si tu as défendu ce qu’ils ont défendu, si tu as servi ce qu'ils ont servi, comme eux tu laisseras la trace bénie de ton passage ici bas ; comme eux tu conquerras la gloire qui se revêt de la sanction: des siècles et grandit de plus en plus en se retirant dans le lointain des âges !
Je n'ai pas besoin de mentionner nos différents historiens: tous depuis Charlevoix jusqu'à la dernière publication de
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Champlain sont dans nos bibliothèques. Je me contenterai de faire une simple observation . qu'il fant se mettre en garde contre les ouvrages écrits, moins pour faire connaître le Canada que pour servir tel vu tel intérêt, telle ou telle institution, tel ou tel principe. Non pas qu'il soit mal d'écrire l’histoire avec de tels morils ; mais parce qu'il est difficile de se faire l'homme, l'avocat d’une cause, si cette cause est particulière, sans s'exposer à porter plus d’un jugement erroné, faux et injuste.
Concluons.
C'est la prétention malheureuse d’une philosophie plus malheureuse encore de pousser le genre humain à trouver en lui-même le principe fécond de la bonne vie et c’est l’erreur de beaucoup d’esprits, d’ailleurs gnéréeux, de ne cher. cher jamais que des causes prement naturelles à tous les événements qui marquent heureusement où mäineureusement, ici-bas, les jours de l'humanité. Voilà pourquoi tout est perpétuellement mis eu question. Pouïtant la sagesse humaine a toujours été convaincue de folie : la sagesse humaine, c’est la nuit épaisse ; car c’est la science sans Dieu ; c'est-à-dire un jour sans soleil. Que crtte fausse sagesse finisse par triompher dans l’histoir:, comme elle a triomphé ailleurs, et bientôt l'humanité sera à elle-même, le plus in. vincible et le plus redoutable mystère. Dieu, et Dieu seul, est le principe, la fin et la solution de lhistoire. Lui seul a fait jaillir le genre humain du néaut, lui seul ie soutient, lui seul le mène et le guide ; lui seul sait et connaît quaud et comment s'achèvera l'humanité.
Ain-i par tous les côtés, l’histoire, comme la terre dans ses révolutions perpétuelles, cherche le lieu de l’éternelle paix, et ce lieu, c’est Dieu. En Dieu seul l'histoire trouvera la solution des souffrances, des misères, des agitations, des renversements et des malheurs, ainsi que de la prospérité, du bonheur, du repos et de la vie du genre humain et de ses fils.
Si donc nous voulons comprendre les besoins et la mar. che des sociétés, si nous voulons trouver dans lhistuire,
avec les sonvenirs du passé, l'explication du présent et les espérances de l'avenir, cherchons avant tout l’action de la Providence. e! le reste nous sera donné par surcroît.
Qu'il soit dit qu'an sein de la défection générale ; qu'au milieu du triste naufrage de la science, nne forte et vigoureuse jeunesse s'est levée parmi nous, pleine de magnanimité et de dévonement, qu'elle a méprisé les dangers de la tenipète ; qu'elle s’est jetée au milieu des vagues et, qu'affrontant le ballottement des mers en furie, elle a sauvé quelques debris épars de la vérité, en conduisant les frèles esquifs de la science sur les côtes hospitalières et béuics de la foi catholique !
et les de la
qu'au igoutnimide la qu'afquel.
quifs la foi