‹ Nos faiblesses et nos forces à l'égard de la vérité [microforme]Chapitre 23 sur 35 · HUITIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

HUITIÈME CONFÉRENCE

Monsieur le Président, Messieurs,

Le moment redoutable est arrivé: nous voici en face de la Politique. Et dire qu'il faut l'envisager comme une force propre à nous mener au vrai ! N'importe, de lindulgence de votre côté ; du courage, de la prudeuce du mien, et, espérons:le, out üra pour le mieux !

Les sociétes, les nations périssent, Messieurs, et c’est la polilique qui les tue : première vérité.

Les nations, les sociétés sont guérissables ; car la politie que peut les régénérer et les sauver : seconde vérité.

Je puis simplifier encore ma pensée et dire : il y a une polilique qui tue les nations et une antre qui les vivifie. Celle-ci repose sur une vérité et s'appelle Théocratie ; celle-là, au contraire, s'appuie sur une erreur et se nomme Césarisme. Tous les systèmes politiques se rattachent à l’un ou à l’autre de ces deux principes qui sont, chacun de son

côté, comme le centre commun autour duquel gravitent les nations et ies siècles.

rentière.

le Riche.

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+8 Sciences u progrès

ouvrez la calice aux SUN Cenluminerez répandrez ouheur de ui-mêine |

VÉRITÉ

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Faire connaître la véritable portée et la valeur réelle de ces deux principes de la politique, tel sera le premier soin de cette conférence.

Et d’abord du Césarisme on de la politique qui tue.

Il y a par le monde une prétention qui s'affirme et qui gagne du terrain en s'affirmant ; la voici :

Le pouvoir politique a son origine en Dieu ct, si Diru n’est qu'un mot, ce pouvoir vient de la souve'aineté du peuplr. S'E vient de Dieu il ne dépend, à cause de son origine divine,d'aueun autre pouvoir ; S'il vient du peuple, il ne peut, à cause de son origine, dépendre que du peuple. Qu'il vienne de Dieu ou qu'il vienne du peuple, le pouvoir, : :r cela même qu'il est le pouvoir, est libre, indépendant el souverain, c'est-à-dire en deux mots, qu'aucune autre autorité ne lui est supérieure et qu'il domine, au contraire, loutes les autres autorités.

[l ne faut pas chercher longtemps pour trouver l'origine de cette préteution du Gésarisine ; et quiconque a lu la première page des annales du monde, peut l'indiquer du bout du doigt et les veux fermés.

L'homme venait d'être créé, une compagne venait de lui être associée, il avait pris possession de la terre comme roi de la création, déjà il exerçait librement sa douce et noble royauté, lorsque la voix du serpent lui proposa de se rendre semblable à Dieu. La proposition fut acceptée, mais la tentative échoua misérablement, attendu qu'elle était sacrilège autant qu'impie. [homme vit tomber son manteau royal, son sceptre fut brisé entre ses mains, son trône chancela, une révolution générale éclata ; toutes les misères, tous les maux, toutes les souffrances,toutes les turpitudes surgirent tout-à-coup,et l'humanité, au lieu de s'être divinisée, n’offrit plus que le triste et navrant spectacle d’une désolante ruine.

Telles furent, avec l’origine, les conséquences fâcheuses du Césarisme dans le monde ; et, si nous cherchons maintenant comment il se continue dans la société politique, nous verrons que, si son mot d'ordre n’est pas changé, les conséquences qu’il saiiet À nd pas varié non plus.

Je dis le même mot d'ordre : c’est qu’en effet le Césa. risme veut se rendre sémblable à Dieu, En affirmant qu'au. cune autorité ne lui ei! supérieure et qu'il domine, au contraire, toutes les autorités, le Césarisine se pose Comme un pouvoir absolu, universel et qui embrasse tout, depuis les choses les plus humbles de la vie matérielle et sociale, jnsqu'aux intérêts les plus élevés de la vie morale et religieuse ; or à qui appartient-il d'avoir un pouvoir absolu, universel et embrassant tout dans le monde, sinon à Dieu seul ; parce que Dieu seul est absolu, universel, infini.

Ce qne le Césarisme dit, il le fait. Non content d’exer. cer sou autorité dans l'Etat, & veut dominer la famille et l'E. glise.

Il veut dominer la famille ; c'est dans cette vue, par ex. emple, qu'il proclame que : Lo Les enfants appartiennent à l'E. tat avant d'appartenir à la famille : 20 que toutes la dire: tion des écoles publiques peut et doit être attribuée à l'autorité civile et cela de telles manière qu'il ne soil reconnu à aucune autre autorité le droit de s'immiscer dans la discipline des écoles, dans le régime des études. dans la collation des grades,

dans le choix ou l'appropriation des maîtres ; 30 que, même dans les séminaires des clercs, la méthode à suivre est soumise à l'aulorile civile ; 4o que la bonne éducation de la sociéte civue demande que les écoles populaires qui sont ouvertes à Lous les enfants de chaque classe de la population et,en général, que les instilutions publiques destinées aux leltres.à une instruction religeuse soient pleinement swumises à la volonté de l'aulorité civile et politique,suivant le bon plaisir des gouvernants.

Et le Césarisme se met à l'œuvre. Il él:ve des ins titutions, des maisons d'éducation selon ses vues et abolit ou paralyse toutes celles qui ne veulent point ac. cepter son prograrnme et seconder son action malfaisante sur la jeunesse. De jà ces écoles sans Dieu « où il y a contrainte au foud dés âmes pour forcer à n'être pas religieux et où l’on est comme forcé à ne pas croire ; des écoles où les devoirs de la Religion sont publiquement accomplis et secrètement voués au mépris; où la violence s'exerce en fa-

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çenr de l’incrédulité et du vice; où la raillerie amère poursut la vertu simple et naïve ; où l'enfance ne peut aimer Dieu sans être lobjet des plus insultantes railleries ; où il faut entendre chaque jour traiter la foi de superstition.la piété d'hypocrisie et la Religion de fanatisme ; où elle ne peut prier sincèrement et se recueillir, sans s'exposer à d'indignes traitements ; des maisons d'éducation où de pauvres enfants sont obligés de se cacher pour recevoir leur Dien ; où le jour mème de leur première Communion, il faut les dérober aux regards et à la dérision de leurs camarades plus âgés ; où des maîtres se rencontrent donnant eux-mêmes des noms odieux aux témoignages les plus touchants de la foi vive, aux derniers restes de la piété sincère apportée de la fainille ; des maisons d'éducation où ls mauvaises mœurs sont comme une nécessité, et le naufrage de l'innocence inévitable ; où la cause du mal n'est pas seulement dans les élèves, mais encore dans les domesüques et les maîtres ; où les abus ne se propagent pas seulement par l'exemple et la séduction, mais s'imposent même quelquetois par la violence et la menace: » des maisons déducation eufin où, l'Etat, par le Césarisme, méconnait aussi indignement que possible les droits sacrés de la famille et les devoirs les plus angustes et les plus saints de la puissance paternelle et maternelle.

Le Césarisme veut dominer l'Eglise. « Il ose porter une main sacrilege sur l’encensoir, dit le l’ère Ventura, pour en faire le jouet de son épée, et ramener les jours néfastes sur lesquels le prophète avait fait entendre d’inconsolables gémissements. Il conspire contre le Seigneur et contre son Christ, le Chef visible de l'Eglise, et travaille sans relâche à briser qu'il appelle le joug du sacerdoce et les liens de toute au-

lorité ecclésiastique.

«Pour comble d’injustice, tout en se plaignant des empiètements de l'Eglise sur le temporel, le Césarisme empiète.en toute vérité sur ce qu’il y a de plus spirituel : la juridiction de l'Eglise. 11 ne se contente pas d’envahir les biens ecclésiastiques, de disposer des bénéfices, de régler le

recrutement de la tribu sainte, d'entraver les vocations

religieuses, d'empècher la communication entre les mem. À bres et le Chef de l'Eglise, de défendre la réunion des con. ciles ; il pousse sa fatuité sacrilège au point de prononcer, l avec un aplomb tout-à-fait protestant et en s’attribuant l'in. pe faillibilité qu'il conteste au Vicaire de Jésus Christ sur les L plus hautes questions du droit public chrétien, sur le d dogme, sur la morale et même sur la liturgie ; rar il vent de réformer même le calendrier et se faire non-seulement | ape : etévêque, mais encore prêtre et sacristin. le «Le Césarisme abuse contre l'Eglise même du grand pri. ps vilège, accordé quelquefois par l'Eglise à l'Etat, de nommer ss les évêques. Ces nominations tombent trop souvent sur des se hommes dévoués aux excentricités du Pouvoir et facile à a mauier par le Pouvoir ; sur les hommes qu'on qualifie du | vocable d'esprit sage et modér , et qui au fond ne sont que des hommes disposés à laisser faire le mal qu'ils n’oseraient m pas faire par eux mêmes ; sur des hommes, enfin, qu'à un ds point donné on peut changer en instruments du despo. LS

tisme de l'Etat contre le Pouvoir spirituel. Et ce n'est pas la faute de ce despotisme si un plus grand nombre de ces Pasteurs dont le Césarisme a fait cadeau à l'Eglise, ne s'est pis changé en un troupeau de loups dans l'Eglise. » Comme on le voit, le Césarisme n’est autre chose que l'Etat Dieu ; c’est-à-dire l'Etat absorbant tout, la société politique, comme la famille ; la famille comme l'Eglise. Ne lui dites pas qu'il n’a de pouvoir absolu que sur les corps, il vous répondra «u’il entend régner sur les intelligences, les consciences et les âmes, et régner en maitre absolu. Dieu a constitué trois graudes autorités ici-bas : la Famille, l'Etat et l'Eglise. A la famille, il a donné la double puissance de génération et de développement ; à l'Etat il a confié la garde des intérêts communs, mais matériels des agglomérations d'hommes et aussi le soin de veiller à ce que rien n’entrave la mission de l'Eglise et de la famille, ni ne blesse, ni ne froisse, en quoique ce soit, leurs droitset leurs devoirs ; à l'Eglise, il a coufié le soin de sauver les

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âmes et de guider l'humanité dans les voies droites qui mèneut au salut éternel. De plus.Dieu « voulu que la famille l'Etat et l'Eglise fussent perpétuellement subordonnés à son autorité suprème et divine, Le Césarisme vient et dit : L'Etat, c'est moi, et, moi, je suis Dieu, car j'ai sous ma dépendance la famille et l'Eylise. La famille a pour mission de me donner de nombreux enfants, qui seront mes domestiques rt, au besoin, mes défenseurs ; l'Eylise, elle, doit ensrigner à tous les hommes qu'ils me doivent un respect profond, une soumission sans bornes el un culle perpétuel ; et afin que ces enseignements de l'Eglise aient plus d'empire sur les masses, si agilées de nos jours. elle devra, la première, donner Leximple, en se soumellant aveuglement à loutes mes exigences et à lous mes caprices.

Mais à peine le Césarisme a-t-il tenté de réaliser son rève impie : je serai semblable à Dieu, que le manteau

royal qui le couvre tombe et qu'il apparait dans toute sa nudité.

Les hommes voyant que l'Etat méconnait ses äroits et ses devoirs, ne se gènent pas de secouer le joug qu'il veut kur imposer ; et comme l'éducation athée qu'ils ont reçue n'a pu que produire en eux un trouble et nne perturbation profonde ; comme, de plus, l'Eglise humiliée, méconnue, bafouée, enchainée, a perdu une partie de -on prestige et de son autorité sur eux, ils se soulèvent à leur tour contre l'Etat, brise son sceptre et ne veulent plus entendre parler de son autorité. C'est alors que les maux surgissent et que les plus mauvais jours se lèvent sur les sociétés. L’anarchie établit partout son sanglant esclavage, les trônes croulent, les autorités les plus sacrées périssent, les autels sont renversés, les temples profanés, les institutions sociales détruites, et, pendant que l’hydre révolutionnaire triomphe, les nations inclinent à la ruine et ne présentent plus que le hideux spectacle de la perversion mo’ale et du désordre politique. « Tandis que dans la longue période de sixcents ans, où trouve à peine cinq ou six rois bourreaux de ieurs

peuples et opprobes de l'humanité, c'est par centaine qu’il

faut compter depuis la naissance du Césarisme les trônns renversés, le; couronnes jetées an vent,les rois, hons où man. vais, chassés, dépouillés de tous honneurs at diguités, con. dumnés à l'exil, périssant sous la hache du bourrean ou par le far des assassins ..…....Sans cette renaissance, nous nan rions eu ni les spoliations sacrilèges du joséphisme, ni l'é. branlement genéral de la prospérité, ni les saturnales de 93, ni le culte de la Raïson; et encore aujourd'hui non n’aurions ni l'incertitude du droit, ni la négation du devoir ni des dynasties sans lendemain, ni des peuples sans avenir, ui des sociétés iugouvernuables, ni ce déluge universel de doctrines moustrueunses qui menacent de transformer notre civilisation en barbarie, et de renverser l’Europe dans la. bime sans fond du socialisme (le Césarisme par Mgr. Gaume,

Si.ces maux du Césarisme provoquent naturellement nos alarmes, à coup sûr, ils n’ont rien d’étonnäaut, Les princines étant connus, les conséquences apparaissen: d'elles:mèmes. Quand un principe est désordounné, il est naturei qu’il ait pour résultat infaillible le renversement de lordre. Or voilà bien le premier et dernier mot du Césarisme dans la société.

« La société est la concorde des êtres intelligents réunis eusernble par l’obéissance au même pouvoir , » et le pouvoir, ainsi que le défiuit l'âpôtre des nations, est le ministre de Dieu pour le bièn; or, le bien pour la société, c’est d'abord qu'ell: prospère et qu’elle vive ici-bas : ensuite qu’elle fasse servir la vie terrestre à la conquète, par le salut, da l'éter. nelle vie. À ces deux fins de la société, répondent deux

pouvoirs ; l'un PEtat, chargé de procurer à la socieié la

pléuitude de la vie terrestre ; l’autre, l'Eglise, institué spécialtmeut pour procurer à la société le salut éternel. L'ordre, on le Comprend, ne peut subsister, qu'en autant que ces dé:1 pouvoirs restent dans leurs attributions propres. Cepradant que fait le Césarisme ? Il se dit le seul pauvoir; Al dévläre qu'il esi le seul maître, la seule autorité ; qu'il est à lui seul tonte la sociét», toute l'humanité; que sou 4 ill. s'éleud iudiliuitivement partout; que ka famnilie, que

les trônrs ns Où manœu1tés, Conean OÙ par Hous n'aume, ni lé urnales de d'hui nous 1 du devoir sans avenir, universel de Jrmer notre Je dans ja.

gr. Gaume] lement nos es prinicinés 1les-mèêmes ei qu'il ait l’ordre. Or me dans la

rents réunis » et Le poule ministre ’est d’abord qu'elle fasse t, da l'éter.

bndent deux |

a socieié la nstitué spéiel. L'ordre, ant que Ces opres. (Geil pauvoir; orité ; qu'il que sou ‘nfamilie, que

l'Eglise ne sont que des institutions secondaires et soumises à sa juridiction ; qu'elies ne sont que ses mandataires et qu'ainsi lui. l'Etat, l'Etat Dieu, dans l'intérêt de sa propre indépendance, doit dominer tout, voir à tout, dans la famille et dans l'Eglise. C’est ainsi que le Césarisme, en intervertissaut l’ordre établi par Dieu, appelle le désordre et cesse, par conséquent, d’être ie ministre de Diu pour le bien. C'est ainsi que le Césarisme produit dans les sociétés le même

désordre qui se produit dans l’homme, lorsque le corps exagé-

raut ses droits et ses devoirs, subjuge l'âme et la réduit à être l'esclave des appetits sensuels ; d'abord, l'intelligence s’obscursil, la memoire s'éteint, la voionté s’affaiblit, tout l'être moral s’affaisse et. par un contre coup bien naturel, l'être physique. livré à ses penchants et n'ayant plus l'âme pour coumauder aux instincts depravés de la chair, dépérit, languit et meurt chaque jour. Cherchez maintenant sur cette physionomie abrutie, sur ce front deshonoré, dans ces yeux éteints, dans ce regard livide, cherchez l'empreinte divine, cherchez la ressemblance avec Dieu, cherchez un signe de yie généreuse, vous trouverez le signe de satan, la ressem blance avec la brute et tous les symptômes d'une mort prématurée. Triste image, mais image fidèle, du navrant spectacle qu'’off“eut les nations en plein dix-neuvième siècle. Dévorées par la fièvre brulante d2 Césanisme, elles ont rompu l'alliance séculaire dn trône et de Pautel ; faut-il s’étonner si elles chancellent sur leurs bâses et si elles ne con: servent de vie, que juste ce qu'il en faut à la dernière et suprême agcuie ?

Cependant, Messieurs, le Césarisme tempère quelquefois le rhythmede sa voix, et, afin dene pas trup effrayer les consciences, il donne à ses principes foudamentaux une formiile moins absolue, il appelle à lui le secours dé phrases, il enveloppe de reticences calculées, il se déguise en pre bant un certain air de sacristin, et, n’osant pas se montrer trop ouvertement, craignant se perdre en disant, de suite, sou nom à certoines âmes, mais, d’un autre côté, ne pouyant enaueune façon se dire catholique, il s'intitule aux

uns: Gallicanisme ; aux autres : libéralisme. Cette petite hypocrisie lui coûte d'autant moins, qu'il sait meux que pour tous les esprits quelque peu logiques, le Gallcanisme et le Libéralisme ne sont que la grande glissade qui mène, par une pente rapide, au Césarisme absolu.

En effet, Messieurs, le gallicanisme, et surtout le gallicacanisme politique, s’il ne dit pas que la famille et l'Eglise sont dans l'Etat, et à ce titre entièrement dépendantes de l'Etat, il ne laisse pas de poser en principe que l'Etat est absolument indépendant du peuple et de l'Eglise et qu’il est son seul maitre : principe qui, poussé à ses dernières conséquences logiques, revient à dire que l’Etat est Dieu et qu’insi il a, cor:me Dieu le pouvoir de gouverner, selon son »on plaisir, l'Eglise et la famille. Voici d’ailleurs, comment Bossuet défiuissait le gallicanisme, lorsque, dans un moment de grande faiblesse queson immense gén.e fut malheureusement impuissant à vaincre, il crut devoir justifier celui qui n’avait pas craint de dire : l'Etat, c’est moi : « Quand le prince a jugé, il n’y a point d'autre jugement ; personne wa droit de juger ni de revoir après lui. Il faut donc obéir au Prince comme à la justice mème ;...... contre son autorité il ue peut y avoir de remède que dans son autorité (Politique tirée des livres saints).

A première vue cette doctrine du pouvoir public semble inoffeusive, et, à ne considérer que la lettre, on ne soupçon. nerait pas qu’elle porte dans son sein le plus large Césarisme possible. L’Ecriture a dit : la lettre tue : mais l’esprit vivifie. de dirai ici, avec une pensée différemment semblable aux Saints Livres, et en parlant du mot de Bussuet : La lettre fascine, ensorcelle ; mais l'esprit tue,

Que daus les choses de san ressort, que dans les l'miles de son action, de ses drcits et de ses devoirs, l'Etat soit le seul juge, que personne ne puisse voir après lui, que quan il a raison, n'y ait pas de remède contre son autorilé, c’est raisonnable ; mais il faut ces restrictions ; autres ment,on sort du vrai et on tombe dans l’absoiutisme et daus l'absurde. Or, c'es ce que ne distingue pas Bossuet. Il ne

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dit rien ni du ressort, ni de l’action, ni des droits, ni des devoirs, 11 des attributions de l'Etat ; il se coutente de décerner un brevet d'irresponsabilité et d'indépendance obsolues à l'Etat. En sorte que quand l'Etat voudra, comm: c'est arrivé sous Louis XIV et que ça se renouvelle depuis chez toiis les pouvoirs gallicans, être pius chef dans l'Eglise que le Pape, dominer les évêques, intervenir dans les questions canoniques et dediscipline ecclésiastigre., s'opposer aux décisions touchant à la morale et aux dogmes, arréter Les bulles pontificales, leur défendre l’entree dans les diocèses ; s'ingerer dans les conciles,émaner des lois pour restreindre la juridiction épiscopale, refaire la théologie; et, dans an autre oidre, anéa.tir l'autorité domestique, anpuler les droiisessertiels des pères de famille, s'emparer de l’enfantet lui faire subir le joug odieux d'une éducation morale d'où Dieu est absent. et d’une instruction pleine de Inmières fausses et douteuses ; en sorte, dis-je. quequand l'Etat voudra toutes ces rhoses, personne n'aura à y voir et qu’il faudra se résigner et se taire, car Contre l'autorité de l'Etatil ne peut y avour de remède que dans son autorité. Certes, je le dirai sans crainte, si Bossuet, jouissant d’une vision prorhètique, avait pu voir quelle application de sa doctrine, le gallicanisme devait faire, s’il avait pu pressentir quel large Césarisme devait naître de sa femeuse proposition, il en aurait eu peur, et i! en aurait cétruit la lettre trompeuse à cause de l'esprit subversif qu'elle renfermait. Qui ne sait d’ailleurs. combien ce grand et illustre évêque gémissait sur la servitude de l'Eglise, lorsque l'Etat crut devoir prendre au sérieux la puissance illimitée et l'autorité absolue que ln avait attri. buées l'aigle de Meaux ? Il faut voir sa lettre aa Cardinal de Noailles, lettre dans laquelle il se plaint si amèrement de l'étrange assujettissement des évéques, des empiélements toujours croissants de l'Etat sur l'Eglise.

Donc. Messieurs. le gallicanisme, en proclamant que l'Etat est irresponsable et indépendant absolument, que quand il juge tout est dit, que contre son autorité il ne peut y avoir de remède que dans son aulorilé, sans dire, en mème temps,

quel est le domaine réel d'ane telle juridiction, sans exi. ger, eu moius, que l'Etat ait raison, ait droit, pose, par cela mème, et en principe, l'omnipotence et l'ubsolutisme de l'Etat; c’est-à-dire que, par une pente d'autant plus rapide, qu’elle es malheureusement pius conséquente, il tombe daus le Césarisnie le plus entier.

Si maintenant nous examinons les résultats pratiques du Gallicanisme au sein de sociétés, nous verrous qu’ils sont les mêmes qne ceux du Césarisme.

«Il est impossible de dire toute la grandeur du tort quele pouvoir s’est fait à lui même en se déclarant gallican. Je ne ferai qu'une seule remarque, c’est que tous les écrits antimouarshiques, qui ont été publiés en si grand nomire daus le deruier siècle et dans le nôtre, ne sont que des com. meutaires, bien atfreux, mais très-logiques, des principes d'un absolutisme païen que la monarchie qui se prétentait chrétienne avait proclamés elle-mème.

« Sielle était restée dans les conditionsoù le christianisme l'avait placée ; si elle ne s'était définie qu’un pouvoir venaut de Dieu, mais d’un côte subordonné à l'autorité chargée d'interpréter la loi divine, et de l’autre obligé de respecter les lois fondamentales et les droits de la société parfaite, et si elle eût mis sa conduite en harmonie avec ces principes du droit pubiic chretien, il eût été impossible de l'attaquer et d’ameuter contre elle l'opinion et la conscience publique. Mais ayant déserté par ses doctrines et par ses &ctes, ce droit public chrétien, le seul qui l'ait pu faire accepter et qui la faisait grande, belle et glorieuse, pour aller s'asseoir sûr le hideux principe du droit public païenu; s'étant présentée à la conscience publique comme une autorité pouv: i abuser et abusant en #tfet de tout impunéiment, elle a fourni elle-même à ses ennemnis les griefs qu’ils ont formulés contre elle......On a eu besoin de prendre en main que le portrait que la royauté avait tracé d’elle même pour la rendre odieuse. « Voulez-vous savoir, a-t-on dit, ce que c'est que la royauté ? Regardez : voyez Comment elle s’est peinte elle-même. C'est, d'après sa propre pensée, qu'elle à

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révélée an monde par son langage et par ses œuvres, une autorité an-dessus de toute autorité et de toute censure. quels que soient ses écarts et ses excès ;» c'est ainsi qu'elle a donné elle-même beau jeu à ses ennemis et qu'on n’a pas eu besoin de la calomnier pour la perdre,

« En théorie, il n’y a pas de raison qui puisse comprendre, il n'y a pas de conscience qui puisse admettre une puissance temporelle ne relevant que d'elle-même... S'étant donc placée dans des conditions inadmissibles par la raison et par la conscience publique. la royauté s'était rendue impossible : sa chute était devenue inévitable, et la révolution qui l’a renversée n'a élé que son œuvre, sa faute, son crime. La révolution n’a été que la conséquence logique des principes que la royauté ellemême avait proclamés ; car rien n’est plus inexorable que la logique des palions : c’est en queique sorte le reflet de la raison et l'écho des jugements de Dieu : Vox populi, vox Dei. (Pouvoir politique, Ventura.)

Et ce n’est pas seulement la théologie la plus savante qui parle ainsi, tous ceux qui ont voulu dire la vérité ont tenu le même langage. Mème des rangs des adversaires les plus prononcés de la vérité sociale et religieuse, il s’est élevé deg voix moius que suspectes pour proclamer avec l'expérience que le Gallicanisme et Le Césarisme out sapé par la base la royauté et l'autorité publique.

Proudhon, lui-même, Proudhan qui a dit: Dieu c’est le mal, n’a pas craint d'affirmer que dès is moment que «l'Etat a tendu a se rendre indépendant de l'Eglise, le temporel a fait schisme avec Le spérituel. Les rois, {es premiers révolutionnaires, parvienneut à souffleter le Pape avec leur gantetet de fer. Ils ne comptaient plus relever que de leur droit et de leur épée. La royauté, s'insurgeaut contre le Pape, commença dèx lors à marcle: à sa perte.…....L'Eglise, ainsi bumiliée, le principe d'autorité éluit frappé duns s& source, le pouvoir n'était plus qu'une ombre. Chaque citoyen pouvait demander au gouveruement : « Qui es-tu pour que je l'ubéisse ? »

Si le Gallicanisme anéantit l'autorité, où, je le demande, conduit-il ia société ? mais laissons les gallicans résoudre cette question et passons au Libéralisme, non au hbéralisme impie, mais au libéralisme catnolique.

Ce libéralisme, Messieurs, tant qu'il s’est tenu dans les limites du tolérantisme n’a rien dit, ni rien fait que de très-louable et même de très-catholique ; s’il s’est égaré, c’est en proclamant comme des théories fondamentales et des principes de droit cathotique et social, des données poliliques de pur expédient.

Ce abéralisme n’a jamais voulu prétendre, avec le Césarisme et le Gallicanisme que l'Etat est Dieu etqr'il doit dominer ia famille et l'Eglise. On. sait quels nobles elforts, Montalembert, Fa!loux, Mgr. Dupanloup et tous les chefs autorisés de ce parti, ont fait pour ia liberté d'enseignement et la liberté de l'Eglise ; et personne n’ignore quels ana. thèmes ils ont appelés sr le gallicanisme. Pour ne parler que de Montalembert n’appelait-il pas son parti, ua parti catholique, clérical.ultramontain.Jésuile,placant les intérêts de la foi au-dessus de ious les partis et de tous les pouvoirs ? Et parlant de la politique de Louis X[IV,de la Révolution et de l'Empire, ne disait il pas : « Sa routine oppressive, ses Lraditions perverses ne finissent-elles pas toujours par dorsiner et entrainer les hommes, pour la plupart recommandables et consciencieux, qui ia composent, et par les réduire à n'être plus que les instruments ou les complices d'un arbitraire chaque jour plus envahissant ? N’est-elle pas oveupée nuit et jour à étendre le réseau inextricable de ses liens à la fois minutieux et étouffants sur tous les actes de la vie sociale, religieuse, politique et mère domestique ? N'est ce pas elle qui, personnifiée dans le Conseil d'Etat, déclare que nos prêtres sont des délégués de la puissance publiqur, se pur. met de juger et de condamner la théologie des évèques. et arrête au passage les bulles et les brefs du souverain Pas. teur de l'Eglise pour les soumettre à la vérification d'une assemblée de laïques gallicans, protestants où rationalistes ? Parlant des ennemis de la suprématie et de la liberté de

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l'Eglise, ne disait-il pas encore : «On les a vus ne jamais manquer une occasion de trahir l'Eglise, apporter toujours au secours de ses antagonistes le poids de leur expérience ou de leur autorité, ne monter jamais à la tribune pour la défendre, mais pour la livrer, et pousser la fidélité à leurs vieilles traditions de familles gallicanes ou jansénistes jusqu'à servir d'auxiliaires et d'échos à M. Thiers ou à M. Sue, afin de satisfaire leur haine surannée contre Rome, et coutre les Jésuites ? » Qu'on le dise, est-ce là le langage d'un gallican ? Non. Et si, fatigué, épuisé par la lutte, miné par la maladie, affaibli mentalement par le dépérissement entier de son physique, Moutalembert a pu se prononcer contre l'infaillibihté du Pape, il est constaté. d'autre part, qu'il est deieuré convaincu ju qu’à son dernier soupir, que l'Eglise est l’arche du salut et qu’elle doit être libre et indépendante de tout contrôle de l'Etat.

Et pourtant, Messieurs, il faut bica l'avouer, en s’affirmant comme principe stable et permanent le parti libéral catholique a, sans le savoir, et bien contre son gré, proclamé la servitu@c de l'Eglise et l'absolutisme de l'Etat ; c'est ainsi qu’il est tombé, mais en aveugle, dans le Galiicanisme et dans le Césarisrie.

En effet. qu'est-ce en définitive que cette proposition fondamentale du Libéralisme : L'Eglise libre dans l'Etat libre ?

Pour la bien saisir il est nécessaire de rappeler ici le programne des libéruux catholiques.

Les libéraux catholiques veulert le triomphe de l'Eglise, triomphe qu'ils ne croient possible que dans les conditions suivantes :

«Comme le monde n’est plus catholique, pour ramener le peuple aux prêtres et aux autels qu'il fuit, le seul moyen à prendre, c’est de ne pas le contraindre, et déviter, avec le plus grand soin, jusqu’à la moindre apparence de l’intervention qui lui répugne le plus, celle de l'Etat. Faites-lui voir l'ombre d’un gendarme, et sur-le- champ ce fongueux coursier se cabrera, se Jettera en arrière : vous aurez perdu, en un instant, tout l'espace que vous aviez lentement et labo-.

rieusement regagné. Laissez le donc revenir, librement et spontanément, à la vérité, et contentez-vous de demander, pour elle, le terrain du droit commuu, d'une parfaite égalité, d'une honnête et loyale discussion. Il ÿ aura, entre les diverses religions, réciprocité de tolérance, d’egards et de bon voisinage, tout entière à l'avantage de la vérité. Car enfin, ce qui empêche l'homme de bonne volonté de recounaître et d’'embrasser la vérité, n'est-ce pas précisément la protection d’un pouvoir intéressé, qui la dénature, lenlaidit et la rend odieuse, en la faisant servir à ses desseins égoistes ?

«Au contraire, que l'Etat laisse chacun professer le culte de son choix, et qu'il se contente d'assurer le bon ordre et une certaine décence publique. Quelque soit son bon vouloir, c’est là pour lui ie meilleur service à rendre à la vérité. Son appui ne ferait que la discréditer. S'il proclamait la divinité de Jésns-Christ, ce serait assez pour que chacun se fit un point d'honneur de la couiester ; s'il envoyait ses fonctionnaires à la messe, personne n'y mettrait plus les pieds. Le plus sage est donc de déclarer bien haut que les questions religieusés ne le regardent pas. Vrai ou faux, le catholicisme a droit de sa part à la même protection que lé protestantisme et le judaïsme, et chacun reste libre üe choisir la doctrine qu'il voudra, ou de n’en choisir aucune»

Cette thèse Messieurs, est accentée par des hommes sincèrement dévonés à l'Eglise, par des évêques, des prètres et des laïques généreux, qui ont vieilli au service de la patrie et de l'Eglise, et, à ce titre, elle defie l’insulte ; mais elle est fausse par plus d’un côté, elle porte en elle même de grands malheurs, et nous devons la combattre.

Comme on a pu le voir, trois propositions reposeut au fond du libéralisme catholique : 1 L'Eglise séparée de l'Etat ; 2. l'Etat séparé de l'Eglise ; 3 la librrté de con. c'ence érigée en principe. Cependant ces trois propositions ne sont pas tellement distinctés qu'il soit impossible de les fondre en une séule ; car toutes aboutissent au mêine résultat, la sépara-

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non des deux pouvoirs, on, ce qui revient au même, la liberté de conscience. Examinons-les cependant séparémer.

L'Eylise séparée de l'Etat, Les enfants de l'Eglise sont aussi les enfants de l'Etat. L'Eglise né leur impose pas seulement des devoirs religienx et moraux, elle leur impose encore des devoirs sociaux et civils Pour séparer l'Eglise de l'Etat, il faudrait lui enlever une partie de sa juridiction sur les ânes, puisqu'il lui faudrait renoncer à la morale sociale. Et puis, bien que l'Eglise descende du ciel et qu'elle ait sa sanction dans l'éternité, n'est-ce pas ici-bas qu'elle agit sur l’homme et opère sou salut éternel ? Enfin, l'Eglise est à la fois un corps et une âme, et, a, par conséquent, deux vies, la vie spirituelle et la vie temporelle. Qu'elle soit séparée de l'Etat, et ou puissera-t-elle le germe de sa vie temporelle ? Comment fera-t-elle pour exister temporellement ? Qui lui donnera une existence légale pour mettre en force celles de ses lois qui appellent, qui sollicitent, non l'approbation, mais l'appui du bras seculier ?

L'Etat séparé de l'Eglise. Mais qui donc donnera à l'Etat les lettres de créance sans lesquelles il ne pourra jamais asseoir son autorité, ni la foire accepter du peuple ? Est-ce que l’obéissauce n’est pas un devoir moral ? Et que devient uu devoir lorsque nulle autorité l’impose à la conscience ?

Est-ce que le lien de l'obligation civile n’est pas la morale ? est-ce que toute sa sanction n’est pas dans le domaine religieux ? C'est le mot de Proudhon qui jette ici nne lumière lugubre. Quand il aura y schisme entre l'Etat et l'Eglise. le pouvoir ne sera plus qu'une ombre, chaque c'toyen pourra dire an gouvernement : Qui esl-lu pour que je l'obéisse. Etce qui est certain,c’estque le peuple anra raison dans ses défiances. L'Etat séparé de l'Eglise, c'est l'Etat émancipé de toute autorité, c’est l'Etat pouvaut se livrer impunément à tous les empiétements et à tous les arbitraires; c'est l'Etat athée, c’est l’Ztat Dieu, c’est une contracdiction, un iuseus, C’est le Césarisme !

La librrté de conscience. Cette liberté, le lébéralisme catholique l'invoque en vue de la paix générale. Eh bien ! cette liberté n’est que la guerre en permanence au sein des sociétés.

« Pourtant, s’écrie ton, cette liberté existe, et grâce aux progrès de la civilisation, nous jouisso1s d’un régime infniment plus doux et plus libéral que celui dont l'Eglise avait le privilège.....Non-seulement les divers cultes sont égaux devant la loi ; mais dans la vie pr'vée, vous trouvez réunis, dans la plus cordiale intimité, ces catholiques, res protestants et ces juifs, dont les pères se poursuivaient jadis d'une haine si farouche. Bientôt leurs enfants se marieront entre eux, sans distinction. Et, du reste, à quoi bou ? Tous ne sont-ils pas également de bons maris, de bons pères, d'honnètes négociants, des citoyens dévoués à leurs pays ? Les discussions religieuses ne sont-elles pas étrangères à ces principes de morale générale admis par tout le monde ? Pourquoi donc toutes les opinions ne se produiraient-elles pas librement au grand jour, et, à l'exemple des avocats, qui s'embrassent au sortir de l’audience,pourquoi catholiques et libres penseurs ne vivraient-ils pas en frères ? »

De fait, il semble, Messieurs, que le règne de la paix soit arrivé ; seulement c’est par l'indifférence et non par la tolérance qu’elle parait s'établir. Le fanatisme protestant s’est tempéré ; le commerce a rendu le Judaïsme presque traitable! et la foi s’est tellement affaiblie dans les cœurs chrétiens qu’on peut assez facilement insulter au Christ et à sou Eglise, maltraiter le Pape, l’enchainer, se rire de ses décrets, se moquer de son autorité, etc., sans soulever l’indignation d’un trop grand nombre de catholiques. Les esprits semblent donc disposer pour la paix, seulement c’est la paix des lâches, une paix honteuse, espèce de sommeil léthargiqne dans lequel on passe de vie à trépas sans se cousses violentes et presque sans le savoir.

Malheureusement, l'Eglise est là qui veille, l'Eglise, qui peut bien vouloir la tolérance, mais qui se saurait jamais dormir du sommeil de l'indifférence, l'Eglise est là qui ne

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