‹ Nos faiblesses et nos forces à l'égard de la vérité [microforme]Chapitre 24 sur 35 · SD BD À S.Q · texte numérisé non relu

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peut renoncer au prosélytisme qui est sa vie. Vous demandez que l'Eglise se cantonne dans la sacristie,qu'elle assiste à la défection générale des hommes et des choses, an houleversement entier de l'ordre, au dépérissement des mœurs, à l'abaissement des caractères.à la ruine de tousles bons principes, au triomphe des ulopies subversives, à la perte éternelle des âmes, à tous les malheurs, à toutes les turpitudes, sans mot dire, sans une protestation, sans un effort généreux pour comprimer le torrent dévastateur et arrèter, s'il se peut, humanité au penchant de l'abime Eh bien ! vous ne connaissez pas l'Eglise. 11 y a en elle, comme le disait dernièrement un vrai catholique, il y a en elle, malgré des affaiblissements passagers, un principe d'amour, qui tant qu’il lui restera un souffle de vie,la précipitera à la poursuite des âmes dont elle a soif, et lui fera combattre toutes les erreurs, les injustice, les tyrannies, qui pèsent sur l'humanité, et,comme il y a aussi chez ses ennemis un principe de haine qui les pousse à l’âttaquer dans ses derniers retranchements, la paix que vous rèvez est illusoire, et la liberté de conscience que vous invoquez n’est pas possible.

U® certain libéralisme catholique va plus loin. Non seule. ment il demande la liberté de conscience ; mais il désire que méme entre catholiques, on ne soulève pas des questions brülantes, des polémiques passionnées ; il prèche la prudence. Il n'aime pas voir les catholiques examiner de trop près la conduite des affaires politiques ; il trouve que c'est soulever des colères dangerruses que d’assayer à chasser le gallicanisme de la loi et de la politique ; qu’il faut attendre pour cela le moment apportun et le consentement des chefs politiques. C'est comme si quelqu'un voyant le feu pris à sa maison se disait: attendons, n'éveillons pas l'attention publique; ne jetons pas l'alarme chez nos voisins : nos pauvres voisines emballeraient leur linge et se donneraient un trouble incroyable pour sauver leur ménage ; laissons faire, la pluie ne peut manquer de venir,elle éteindra tout sans brutet naturellement ; puis, après la pluie,viendra le beau temps. Elle est venue la pluie, chevaleresques aventuriers, on l’atten-

dait depuis le jonr où l'incendie s'est déclaré, c'est à-dire depuis Louis XIV, Seul.ment, elle s’est trouvée de feu : cherchez maintenant vos trônes, vos institutions, vos s0ciétés, vos hations ; cherchez vos espérances, vos forces, votre avenir, vos sécurités sociales ; cherchez le respect des lois, des droits, des pouvoirs, de l’antorité vous trouverez de la cendre et des ruines fumantes !

Et qu'on ne vienne pas dire que des laïques généreux, que des prètres éclairés, que des évêques, aussi peux que savants,ont approuvé ce mulisme imprudent et condamné les polémiques catholiques dont il est ici question. Nous diriuns tout simplement que ces évêques, ces prêtres, ces laïques sont libéraux ; nous dirions encore qu'il y a des laïques des prêtres, des évêques,non moins pieux et non moins éclairés, qui ont donné l'exemple de ces polémiqnes; nous dirions enfin que le Pape, le seul évèque infaillible, les a recommandées et prescrites comme un devoir, S'adressant, en 1865 à la p'ialange des catholiques, laïques ou non, qui dans la presse ou ailleurs, défendent la vérité, Pie IX disait : « Il est d'usage, le jour de Noël, que nous hé. nissious une épée, destinée au prince qui s’en servira le mieux pour la cause de la justice. Cette année au milieu de tant de grandes nations armées,de tant de glaives tirés.je regarde, je regarde, et je vois que cette épée de la justice, c'est pour moi que je dois la conserver. C’est moi qui la dois ceindre, et c’est à vos mains que j'en confie la défense. Sovez donc fiers, marchez la téte levée devant Dieu ; soyez pleiss de confiance parmi les hommes parce que c’est vous, et vous seuls, qui êtes armés pour la justice, pour la vérité, pour la dign't#et la liberté de l'Eglise. »

Plus que ccla,le Pape, tant qu'il a été libre, a eu un

. Jjourual, qui a traité toutes les questions les plus brûlantes. Plus onu moins que cela encore, il a béni, approuvé, aimé, cheri, affectionné une certaine presse qui, envers et cohtre certains catholiques, envers et contre certains prètres, envers et contre certains évêques, n’a jamais cessé de proclamer les vérités, soit disant comprometltantes du catholicisme. ne

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JL pavait qu'il ne faut pas être plus catholique que le Pa ni plus prudent et c'est rationnel Din autro côté j n'est pas permis de l'être moins. C'est pourquoi, daus mon dine et conscience, je ne puis qu'approuver des polémiques qu'il approuve, tenter une lutte qu'il recimmande et condamner les prétentions des laïques, des prêtres et des évèques qu'il condamue,

Mais assez de ces réflexions, et il demeure suffisamment prouvé que, dans le vrai, comme dans le fond, le libéralisme catholique, bien qu'à l'insu de ses partisaus, n’est que la résurrection du gallicanisme et du césarisme.

Reste à dire comment le cesarisme, le gallicanisme et le libéralisme catholique sont condumnés par le Pape infail. lible. La tâche n’est pas diffcile : il n’y a qu'à ouvrir le Syllabns.

Le césarisme et le gallicanisme. XXXIX. L'Etat, comine étant l’origine et la source de tous les droits, jouit d'un droit qui n’est circonscrit par aucune limite, (Alloc. mazimg quidem, du 9 juin 18621. je

XLIL En cas de conflit légal entre les deux ponvoirs, 1 droit civil prévaut (Lettre Apost. AZ apost .cæ, du ss août 1851). ge XLIV L'autorité civile peut s’immiscer dans les choses qni regardent la religion, les mœurs et la direction des âmes. Aussi elle peut juger les instructions que les pasteurs de l'Eglise publient, d'après leur charge, pour la règle des consciences ; elle peut mème décider sur l'administration des sacremeuts et sur les dispositions nécessaires pour les recevoir (Alloc. /n consistoriali, | novembre 1850).

XLVYIL Des catholiques peuvent approuver un système d'éducation placé en dehors de la foi catholique et de Pau-

torité de l'Eglise, et qui w’ait pour but, on du moins pour

but principal, que la connaissance des choses purement naturelles. et de la vie sociale sur cette terre, (Lettre à l’Archévèque de Fribourg : Quam non sine, du 14 juillet 1864).

L. L'autorité laïque a par elle-nème le droit.de présenter les Evèques, et peut exiger d'eux qu'ils prennent en main

T'administration de leurs diocèses avant qu'ils aient reçn du Saint-Siége l'institution canonique et les lettres apostoliques (Alloc. Numquam fore, du 15 decembre, 1856).

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