‹ Nos faiblesses et nos forces à l'égard de la vérité [microforme]Chapitre 28 sur 35 · NEUVIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME CONFÉRENCE

Monsieur le Président, Messieurs,

C’est aujourd’hui, qu’en arrivant au terme de notre labo. rieuse tâche, norïs rencontrons, sur la voie qui conduit à la Vérité, la noble et divine figure du Christ. Quelle rencontre et dans quel moment !

Pendant que tout dépérit et meurt; au milieu de la confusion générale des hommes et des choses ; au

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sein de l’abaissement profond des caractères et des intelligences ; quand la science est une canse d'égare. ment; lorsque les temps donnent un démenti à l'histoire ; lorsque les peuples manqueut au passé et que l'a venir manque au présent ; lorsque les hommes font défaut anx nations et que l’homime même fait défaut à l'homme ; lorsque les meilleurs esprits, les conrages les plus fortement trempés, les âmes les plus généreuses se ressentent aussi du sourd malaise qui travaille et mine sourdement le monde; lorsqu'enfiu tout à l'horizon annonce des jours plus tristes que ceux qui finissent, faire la rencontre du Chnist, le Verbe Eternel , du Christ qui était hier, qui est aujourd'aui et qui sera demain ; du Christ, régenérateur, sauveur da monde ; du Christ, l'Ordre impérissable, le Bien infini, la Vérite Eternelle ; du Clhuist, la science incorruptible, la science vivifiante, la science secourable, la science réparatrice, ah ! oui ! faire une telle rencontre et dans u1 tel moment, c’est revivre, c'est renaître au bien, au beau, à l'ordre, à l'amour, à l'espérance, à la vérité, à ia vie, à tout,

Dans ses égarements, ses présomptions el ses souffrances, la science humaine voit se dresser devant elle de terribles problèmes. Quelles que soient sa confiance illimitée et les espérances orgueill'uses qu’elle fonde sur la raison de l’homme déchu, elle découvre chaque jour son impuissance et constate, avec amertume, qu'elle ne trouvera jamais en elle-même les solutions qu'elle poursuit avec tant d'acharnement : fatignée de tant de laborieuses recher. ches, découragée de l’inutilite de ses nobles efforts, elle se demande, avec inquiétude, où est la raison de sa saiblesse et quelle peut être la secrète force qui manque à son élan.

Ce qui manque à l'élan de la science, et telle est la raison de sa faiblesse, c’est le Christ.

Pour revivre, pour renaitre, la Science a besoin de s'écouler tout entière dans sa source : le Christ. Il faut qu’elle s'élance courageusement des déserts stériles et brûlants du

ratioualisme, du naturalisme, où l'œil ne reucontre jamais

qu'une navrante aridité, à ce désert fertile et rafraîchissant de la foi et de l'amour dans le Christ, où l’ardeur va si loin et où la raison, ravie de la suprême vision béatifique, sent le besoin de se reposer éternellement, se déclare satisfaite, astasiée, avoue qu'elle a atteint la hauteur sublime de sa fin et confesse qu'elle a, qu'elle possède toute la science, puisqu'elle connaît Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié : Non enim judicuvi me scire aliquid inter vos, nisi Jésum-Christum el hune crucificum.

Dire un mot, un simple 1aot de cette noble ethaute spéculation du Christ dans la Science ou de la Science dans le Christ, tel est mon but aujourd'hui. C’est par le Christ que je veux terminer mes travaux. Il m'a semblé que si perdu au milieu de la foule, hélas ! trop peu nombreuse qui s’attache, de nos jours, aux pas du Christ, je pouvais seulrment toucher le bord de sa robe sacrée, je seniirais aussitôt quelque chose de sa vertu divine et que, dans un généreux élan de gratitude, je trouverais peut-être, en dépit de ma misère et de mon indigunité, des accents capables d'unir, dans un cantique d'amour, les joies les plus pures aux espérances les plus réparatrices. Et riche de ma faiblesse, fort de l'attouchement divin, incapable de comprimer plus longtemp: ma reconnaissance enthousiaste, Je proclame que le Christ, fiis de Marie, mais Fils éternel de Dieu avant tout, est le type, Li voie, la vie de la Vérité, de la Science.

Et d’aïileurs mon cantique ne sera pas un cantique nouveau : je ne suis que l'écho affaibli de tant d’âmes chrétienues qui ont reudu au Christ cet hommage. Je sens d'avance qu’il faudra souvent me taire pour écouter et laisser chanter les autres, et, plus particulièrement le Père Gratry, doni les notes harmonieuses retentiront à vos oreilles coinme une énivrante symphonie.

« Et d'abord, demande le Père Gratry, qu'est-ce que Jèsus- Christ ? C'est le verbe éternel incarne dans l’huimauité Le Christ est Dieu ct homme, âme humaine douée de raison et corps humain soumis dans tous ses mouvemeutset à la raison

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età Dieu, Donc il est le modèle de la sagesse entière, de la science à la fois divine et humaine dont parlent les vrais mystiques, de cette science divine, qui transfigure la science humaine, de cette science humaine, que développe la raison de l’homme, raison que la science divine, infuse et inspirée de Dieu, n’éteint pas, mais rend plus lumineus:. Ilest le type de cette science pleine, universelle, qui puise dans la divine révélation de Dieu, dans la lumière surnaturelle ; qui vient de l'âme humaine, qui transfigure le corps, et qui, comme le disait sainte Hildegarde, est une science renfermant à la fois Dieu, ‘âme et le corps. Il est le type de cette lumière résultant de toute scurce, de Dieu directement, de l'âme, du monde des corps; de cette science incarnée, mais en même temps transfigurée, qui voit Dieu dans chaque être et voit aussi chaque être en Dieu ; de cette lumière, pénétrant tout, dont on a dit : Tout ce qu'on peuse, il le faudrait penser avec son âme entière, avec tout son esprit et tout son corps ; lumière dont le Verbe luimème a dit: Si vous êtes pur, tout votre corps sera éclairé, et votre corps sera pour vous comme un reflecteur de lumière. Ilest le modèle de cette <: esse à la fois intellectuelle et morale, qui habite dans la volonté autant que dans l'esprit, qui opère la vérité pour la voir, qui fait la vérité pour arriver à la lumière, qui opère par la vie libre, avant de luire par la vie intellectuelle. ï est le modèle de cette sagesse qui est en nous la lumière chaude, la lumière personuelle, et qui peut dire : je ne suis pas seul, car mon Père est en moi. Etilestle modèle de ces choses, parce qu'il est lui-même ces choses ; il est tout ce qu'il sat : il est Dieu, il est homme ; il est âme raisounable, il est corps. Il porte daus sou corps et son sang le monde visible entier, toute la nature des corps ; il porte l’homme entier, l'âme eutière, la raison et la volouté, toute la nature de l’homine; il est Dieu incarné dans l’âme et le corps ; il est la uature élevée jusqu'à l'union substantielle et personnelle à Dieu. Voyageur sur la terre, il conuait le temps, et immuable en Dieu, il voit l’éteruité. Il est plus véritablemeut que Leib-

nitz ne l’a dit de chaque homme, un composé de temps et d'éternité. Il sait ce qui passe, il sait ce qui demeure, il sait l'union et le rapport de l’un à l’autre. Il est donc toute sagesse, il a toute sagesse, et il est le modèle de toute science. »

Entrons maintenant dans le détail de cette ressemblance

et cherchons la similitude frappante du Christ et de la Science.

Le Christ est le fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu de Divu, lumière de lumière, Dieu du vrai Dieu, qui n'a pas été fait, mais est engendré, consubtantiel au Père ; par qui tout a été fait. La vérité est sortie de la bouche du Très-Haut, a dit la Sagesse éternelle ; elle est née avant toute créature. C'est celle qui a [ail naître dans le ciel une lumière qui ne s'éleindra jamais : elle a parcouru toute la terre. Elle a été dès le «co nmencement et avant les siècles, elle ne cessera point d'être dans la suite des dges. Elle a poussé des fleurs d'une agréable odeur comme la vigne, et ses fleurs sont des fruits de gloire et d'abondance.

Le Christ avant son incarnation dans le temps était Dieu et il est devenu homme sans cesser d’être Dieu. La Vérité n’a pas commencé d’être le jour où une intelligence s’est

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élevée radieuse du sein de la terre. La vérité était avant

les temps, elle a précédé le commencement des êtres finis et ie elle a toujours cohabité, coexisté en Dieu. Comme le Verbe re dont elle est l’image, elle existait divinemen: de toute éter-

nité : dans le fond intime de la Diviuité, bien au-delà de la ‘4

création, il y avait une vérité divine ; et Sette vérité, au- dist cune intelligence humaine existant alors pour la voir et la deu conuaître, n'avait pas de manifestation humaine, bien que l'au de toute étermité elle fût destinée, comme le Christ, à sin- par carner dans lhumanité. Mais le jour à jamais fortuné où 198 la Vérité descendit du ciel e. vint habiter dans l'intelligence ous dü premier homme, sans rien perdre de la plénitude de son La

essence divine, elle revêtit une forme humzäine et unit, par bu:

un prodigieux mystère, l'humanité à la Divinité. Dès ce De.

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jour il y eut une vérité humaine, comme il y avait eu anparavan£& une vérité divine et de même que le Christ en se fesant homme ne détruisit ni l’homme, ni Dieu, er se fesaut humaine, la Vérité ne changea rieu ni à l'ordre divix, ni à l’ordre humain.

Dans le Christ, il y a deux natures et qu'une seule per. sonne. Le mème phénomène se produit dans la science Il y à une science naturelle et une science surnaturelle, une vérité surnaturelle et une vérité naturelle ; et cependant es deux sciences ou ces deux vérités ne forment qu'un seul tout, qu'une même personne. La science naturelle est celle que l'homme peut connaître par lui-môme, eu vertu des forces naturelles de son intelligence ou de celle de ses semblables. C'est ainsi que l’histoire, la philosophie, les mathèmatiques, la littérature, ia physique, la chimie, la physiologie,etc.etc.,sout, par plus d'un côté.des sciences naturelles, des sciences fiuies et accessibles à la raison privéeet à la raison générale. La science surnaturelle est celle que l’homme ne peut connaître sans le secours d’une révélation divine et spéciale, telle est la théologie, en autant qu'elle touche à l'ordre des mystères purs. Toutefois ces vérités distinctes par leur nature sont une dans leur essence et dans leur personne, et voilà pourquoi il est toujours permis, qu'on parle de philosophie ou d'histoire, de mathématiques ou de littératures, de physique ou de théologie, de dire d'une manière générale et propre, la Science, la Vérité.

« [l y a en J.-C. dit le Père Gratry,deux natures, entières, distinctes, qui ne peuvent se confondre en rien. [IL y aen J.-C. deux volontés, deux naturels principes d'action, l’un divin, l'autre humain que l'on ne doit pas plus confondre que séparer. Jésus-Christ est parfaitement Dieu, parfaitement nomme ; il a uue âme humaine douée de raison,et un corps auwain né de la femme. Tout le plaa de la science est là. La science totale a deux natures, l’une divine et l’autre humaine, que l’on ne doit pas plus confondre que séparer. De surte que les philosophes, qui, parmi nous encore, sou-

tiennent que la philosophie et la religion ont le même fond et ne différent que par ia forme méconnaissent cette loi essentielle des deux natures, entières, distinctes qu'on ne doit pas confondre. Et ceux qui ne veulent pas que la philosophie et la religion vivent dans un même ensemble, soient rapprochées, comparées, et unies dans une mème science et dans une même sagesse, comme dans les deux grands livres de Saint Thomas d’Aguin, et dans les écrits des Pères: cenxlà mévconnaissent l’autre loi : « deux naturels principes d'uc. ion, qu'il ne faut pas plus séparer que confin lre.n Et ceuxlà, surtout, se tromperaient par un étrange renversement qui méconnaitraient à la fois ces deux lois, et qui, tout en affirmant d’un côté que la philosophie et la religion ont un mème fond commun,souuendraienten même temps qu'il les faut séparer en pratique et en spéculation ! C’est précisé. ment le contraire qu'il dire : ne point confondre et ne pas séparer. Ne point confondre ce qui est radicalement distinct comme le fiui et l'infini comme le créé et l'incréé, et ne point séparer ce que Dieu veut unir dans l'unité de sa personne. Grande leçon pour l'esprit humain |

« Mais de ce qu’il y a en Jesus-Christ deux natureset deux naturels principes d'action radicalement distincts, 11 s'eusuit, s'il est le modèle de la science, que la science s'égare entièrement, lorsqu'elle préteud tout rameuer à un poiut de départ unique, à une unit” homogène, consubitantielle. C'est le travers d’un grand nombre d'écoles. De faux mystiques ont prétendu tirer la science entière de l'inspiration intérieure, ou des articles de la foi chrétienne, ou de la Bible. Il est des logiciens plus ineptes encore, qui ont prétendu tout déduire des premiers principes rationnels. Et, sous nos yeux, les sophistes contemporains, Hégel et son école, entendent déduire le monde entier,toute la nature et toutes ses lois, et tous ses phénomènes de leur premier principe logique, qui est leur Dieu,tel qu'ils le font. Ilsont essaye l’entreprise, ils ont construit un monde par cette logique,et lorsque la rature ne s’est point accordée avec leurs deductions,ils oi soutenu que la nature s’elait trompée. Ils l'ont écrit, et les textes subsis-

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tent. Toutes ces aberrations viennent manifestement de ce que l'on ignore le mystère des deux natures. Le corps du Christ, comme l'ont soutenu des héritiques, n'est point tombé du ciel. Il n’est point composé de je ne sais quelle matière céleste : il est humain, il est né de la femme. Le Christ est un divin fruit du ciel et de la terrre, Quand il nait, le Prophète s'écrie : « La vérité s'est élevée de la terre, el la justice est descendue du ciel ; et la terre a donné son fruit. » Ainsi de la vraie science : elle nait du ciel et de la terre ; son corps ne descend point du ciel ; son corps nait vraiment de la terre. L'âme humaine le conçoit en regardant la terre, par les sens que Dieu lui a donnés, par la raison qui vient de Dieu. Nou, dans la science, Dieu n'est pas seul acteur, ainsi que s'exprime Leibnitz ; l'âme de l'homme agit jar les sens et par la raison; de même qu'en Jésus- Christ il y a une âme raisonnable douée de raison, ainsi qu’un corps humain doué de tous les seus de l’homme, Seulement rien ne doit-èlre séparé de Dieu, rien ne doit tendre qu’à lui seul. Tout se rapporte à Dieu, tout se termine au Dieu vivant et personnel, présent par la grâce et l'amour : car dans le Christ, toutse termine, s'adapte, se rapporte, se continue en son unique et divine personue, »

Ainsi, Messieurs, voilà qui est clair. Il y a une science divine et une sc.ence humaine, comme il y a dans le Christ une nature humaine et une nature divine ; mais il n'y a qu'une personne dans la science, dans la Vérité, comme i] n’y a qu'une personne en Jésus-Christ, et cette personne de la science, de même que ia personne du Ghrist, c'est quelque chose de divin qui vient de Dieu, qui existe par Dieu et qui doit tendre sans cesse vers Dieu. Sortez de cette spécula tion, et vous avez l'erreur, et vous vous trouvez eu face d'un insens et d’une anomalie désespérante.

Voulez-vous savoir pourquoi tant d’aberrations et tant de souffrances dans la science moderne ? delez nn coup d'œil sur le type éternel, sur le Christ. Aux traits vlfives de la divine ressemblance perdue, vons recnnaitrez que c’est pour n'avoir plus voulu suivre son divin modèle que

Vas

210 CONFÉTENCES.

la science s’est égarée et qu’elle a souffert. Les uns, la tôte abaissée vers la terre, ont voulu chercher daus la poussière du chemin les solutions qui leur manqaent, et ils out trouvé de la poussière ; les autres out voulu laisser loin derrière eux tout le domaine humain et s'envoler dans je ne sais quel milieu impossible, et bientôt, le sol manquant sous leurs pieds, ils out été précipités dans labiine. Ce qu'il faut faire, c'est de prendre un peu de poussière, de la pétrir, d'y faire passer le souffle divin, de faire en sorte que ia poussière u’absorde pas le soufle divin et que le souttle diviu ne dissipe pas la poussière, mais que lune et l’autre, tout en conservant Jue nature distincte, uuissent leurs efforts, leur action, de façou à conserver la mème persouna. lité. Ainsi façonnée à la ressemblance du Carist, la sci. ence s’aunera, elle triomphera de l'erreur et couquerra à jamais l’auréole resplendissante de la vérité.

Le Christ est encore la voie de la Vérité.

Jésus Christ est né, par l'opération du S'unt-Esprit, d’une Vierge, nommée Marie, et il s’est prépare par trente anuees de solitude et de silence à son apostolat divin au milieu de nous. Uue operation diviue, une iutelligence vierge, pure, sainte, chaste, humble et le silence intérieur et extérieur, telle est la voie par laquelle la Science ou la Vérité s’'incarnera dans l’homme,

La conception du Christ offre cela de particulier qu'elle se fait sans le concours de l’homme comine père, comme géuérateur, et que la mère seule agi et apporte le germe qui doit voir s'épanouir L'Homme- Dieu. L'action du Père ordinaire, c’est le Saint Esprit qui se charge ici de l'opérer : il couvre de son ombre la Vierge immaculée, la Vierge éprouve un trasaillement divin dans tout son être ; elle sent qu'une goutte de son sang a cessé d'être sa vie pour devenir une autre vie ; elle devine qu'elle est désormais le tabernacle, le temple où le Fils de Dieu, te Verbe éternel, sans rien dépouiller de sa nature divine, doit revêtir la nature humaine, et, émue, touchée profon-

démeut de son bouheur, elle cherche une solitude pro-

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fonde.elle fuit tout regard humain.afin d'être toute entière à cette vie divine maintenant éveillée en elle.

Pour que la vérité s’incarne dans l'âme, il est nécessaire que la mère soit humaine et que le Père soit divin. L'intelligence est la mère et Dieu est le père. L'intelligence ou la raison a son action dans cette mystérieuse conception ; elle a son travail secret sans lequel la Vérité ne revêtirait jamais la nature humaine. Dieu aussi à son action ; ila sou travail secret sans lequel la Verité ne revètirait jamais la nature divine. Dans les conceptions ordinaires, la vie s'éveille et naît par le double concours de l’homme et de la fennme ; mais aussi cette Vie, ainsi produite,est chetive, malade et périt bientôt. Dans les conceptions de La Vérité, si les deux artisans, si les deux générateurs sont hommes et mortels, comme l’homme et la femine, la verité sera chétive, malade et nérira bientôt ; elle n'aura rien des vertus du Christ ; elle ne pourra rien ni pour la lumière de l'intelligence, ni pour l'énergie de la volonté, ni pour ie bonheur de l’âe, ni pour la quiétude et le salut du genre humail,

Pour que Dieu consente à couvrir la raison de son ombre créatrice, il faut qu'à l'exemple de Marie, la raison soit vierge, pure, Chaste et humble. Nos fiançailles avec la Vérité sout à ce prix. Une intelligence qui ne s'est pas lavée et purifiée de toute souiMure et de tout péché ; une intelligence, une raison qui n’a pas 1ECOHU Sa faiblesse et sa misère, ne recevra jamais la visite de Dieu, Dieu ne viendra pas la reniuer profondément, il ne creusera pas en elle son gillon lumineux, il n’y déposera jamais le germe fertile de la verité, et cette raison, comme le champ que la main du laboureur t'a jamais fertilisé, sera pour tonjours stérile, La pureté, la simplicité et l'humilité appellent Dieu comme uue glace polie appelle les rayons solaires ‘Faut que la raison ne s'élève pasjusque-là,elle ne rencontre pas le rayon lumineux, elle demeure dans les ténèbres et n’enfante pas la Vériié. Si, au coeres elle y atteint, il arrive gne

Dieu vient à elle et ini découvre dans une merveilleuse lumière, la science qu'elle cherche.

Et qu'on ne dise pas que j'avance ici des principes faux démeutis par l'expérience : que la Vérité peut s’incarrier dans la raison hum sans le seccurs de Dieu ; que l'intlligence n'a nm «soin d'être pure, vierge et humble pour se fii la Vérité et que le Christ n’est pas la voie de la Ve: et de la Science, d'invoquerais des témoignages, je ferais in procès, je cilerais au tribunal de la vérité, les génies les plus illustres, les plus considérables, je leur deman.lerais «e qu'est la science dont Dieu n’est pas linspirateur, el ce que peut, pour la vérité, une raison maculée, flétrie par le péché et enflée d'orgueil ? Je citerais St Auguslin, ce génie jmsmense ; je lui demanderais ce qu'il a appris des hommes, ce que lui a appris Platon et ce qu'il aurait su, sui n'avait eu pour maitre que lillustre grec ? Saint Augustin, pour toute réponse, se touruerait vers le Christ, el, à wravers les émotions de son âme sauvée et les clartés de son intelligence, de sa raison christianisée, il jaisserait tomber de ses lèvres brûiantes d'amour, cette pricre de la recannaissance et ce Te Deuw de la gratitude :

«Il vous plut de me moutrer, Seigneur, que vous résistez aux superbes, mais que vous donnez la grâce aux buubles, et conthien ce fut de votre part une miséricorde intinie d'avoir enseigné aux hommes la voie de l'humilité, eu permeltant que votre Verhe se fit chair et habitât parmi eux. Vous me procurâtes par un certain homme, enflé d'orgueil, quelques livres des platoniciens qui avaient été traduits du grec en latin. Je les lus, et je vis qu’on y cherchat à persuader par beaucoup de raisons, quoique non dans les mêmes tesmes : Qu’au commencement était le Verbe, que le Verte était en Dieu, et que le Verbe était Dieu ; qu'au commer >ement il était en Dieu, que tout a été lait par lui et que rien n’a été fait sans lui, que ce qui a ête fait en lui est la vie, que la vie est la lumière des hommes, que la lumière luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne l'ont pas comprise ; que l’âme de l’homme

quoi mêm mièr mon J'y venu qu'il qui l que | sang, chair, fait cl ture, | iocor| me: € je me quelq:

Eler.

n'habi tain qi et que est ; j' jouisse n'avai vous a mon mou p pleura il me Christ.

fondent appren me fîte tures, qu'ils à doux p theme

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