‹ Nos faiblesses et nos forces à l'égard de la vérité [microforme]Chapitre 29 sur 35 · AE · texte numérisé non relu

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guoiqu'elle rende témoignage à la lumière, n’est pas ellemème la lumière, mais que le Verbe est la véritable lumière qui éclaire tou! homme venant en ce monde, que le monde à été fait par lui, et que le moude ne l’a pas connu. J'y lus ces choses, mais je n’y lus pas que le Verbe est venu chez les siens, et que les siens ne l’ont pas recu, et qu’il a donné le pouvoir d'être faits enfants de Dieu à ceux qui l’ont reçu, et qui croient en son nom. J'y lus encore que le Verbe est Dieu, qu’il n’est pas né de la chair, ni du sang, \i de :a volonté de l’homme, ni de la volonté dela chair, mais de Dieu. Je n'y lus pas que le Verbe se fût fait chair, et qu’il eût habité parmi nous. Après cette lecture, qui m’avertissa t, Ô mon Dieu, de chercher la vérité incorporelle, j'aperçus votre nature invisible présente à me: esprit par Loutes les choses que vous avez faites ; mais je me sentis repoussé au fond des ténèbres de mon âme par quelque chose qui ne me permettait pas de vous contempler. dJ’élais certain que vous étiez et que vous étiez infini, n'habitant aucun esp'ce limité ou sans bornes ; j'étais certain que vous étiez vraiment toujours le même, immuable, et que tout venait de vous, par cela seul que quelque chose est ; j'en étais certain, et cependant je ne pouvais entrer en jouissance de vous. Je parlais comme un habile, et, si je n'avais trouvé dans le Christ, notre Sauveur, la route que vous avez tracée pour mener à vous, j'aurais péri malgré mon habileté. Je voulais paraître sage, J'étais plein de mou propre châtiment en étant plein de moi-même; et je ne: pleurais pas ; an contri ire, j'étais vain de la science. Car il me manquait le fondement de l'humilité, qui est le ChristJéesu- et il me manquait la charité, qui édifie sur ce fondement. Etait-ce dans les Platoniciens que je pouvais appreudre lu e et l’autre ? Je crois, Seigneur, que vous nie fites tomber leurs livres dans les mains avant vos Ecritures, afin que je gardasse le souvenir de l'impression qu'ils avaient produite en moi, etque, plus ‘ard, devenu doux par vos livres, guéri de mes blessures par votre attouchement, je comprisse la différence qui existe enLre la pré-

LT CORÉÉRENCES.

“fomp'ivun de l'esprit et la confession du cœur, entre conx CéRASE lui voient où il fant aller sans voir par quel chemin et ce "soit “chemiti lui-même de üotre heureuse patrie, que vous avez pres | “destinée, ion pas séulerherit à être aperçue de loin, mais à ls mu “être habitée. » r RL Et si la parole d’un aveugle rendu à la lumière, ne suffi- seRees “sait pas, j'invoquerais celle d’un homme qui, après avoir vu PUIS R Ya pleiné lumière, à fini par être aveugle, pour avoir voulu l'etfroi lgrriver à la Science ou à la Vérité par une voie purement 1 oi, “humaine saus la pureté, la chasteté et l'humilité de la ligence. raison. J'invoquerais le malheureux Jouffroy. je lui ferais «En ‘@ire ce qu'il en coûte de renoncer au Christ et de s'appuyer jeunes. Orgueilleusement sur les hommes : E autorit uw Né de parent pieux et daus un pays où la Foi catholique À noire, ! “'&tait encore pleine de vie au commencement de ce siecle, levées e ‘J'avais été accoutumé de bonne heure à considérer l’aveuir qui les I ‘de l’homme et le soin de sou éme comme la grande affaire dre ma ‘‘de ma vie, et toute la suite de iuon education avait coutribué à former en moi ces dispositions sérieuses. Pendant «La d bugt mps les croyances du Chrstianisme avaient pleineinent poux, el lépoudu à tous les besoins et à toutés les inquiétudes quede Ep NY tellés dispositions jettent daus l'âme. Aux questions qui ner Ja vi : Ni étaient pour mo: lés seules qui méritassent d'occuper l'hom- dans cet FN me, la religion de mes pères donuait des réponses ; et ces rs He elle

réponses, j'y croyais, et, grâce à ces croyances, la vie présente m'était claire, et par delà je voyais se dérouler sans nuage « Mais Favenir que doit la suivre. Tranquille sur le chemin que D herve : ÿJavais à suivre dans ce monde, tranquille sur le but oùil op de

devait me conduire daus Pautre, comprenant la vie dans ses doutabl

deux phases et Le mot qui les unit, me comprenant moi-mc- à sélauL à ‘mé, conuaissant les desseins de Dieu sur moi, et l'aimant D j: je 1

pour là bonte de ses dessein, j'étais heureux de ce bonheur plus. chu que donne une foi vive et certaine en une doctrine qui ré. fre sout toutes les grandes questions qui peuvent intéresser Mais jet l'hômine. du po # ‘* À x Dé , . us: 4 ARE 1 RUE, Mais dans le temps où j'était né, il était impossible que dissaut

“6 bouheur füt durable, et le jour était venu où'du seiu de

UE ce passible édifice de la religion qui m'avait accudilhi à ma | À fit paissauce, et à l'ombre duquel ma jeunesse slétail écoulés, à Ver javais entendu le vent du doute qui de toutes parts en baltait HE DNA les murs el l'ébranlait jusque dans ses fondemenis. : Ma ir 2 curiosité n'avait pu se dérober à ses objections puissantes le FA é qui sem<es comine la poussière dans l'atmosphère que je res- A Eu pirais pur le génie de deux siècles de sceplicisie. Malgré : ph: vu l'effroi qu’elles ine.causaient, et peul-être à cause de cet ft Notiènt effroi, ces objections avaient fortement saisi mon intel-;, fi. Sr ligence. | l 1i ferais « En vain mon enfance et ses poétiques imaressions, ma di ippuyer jeunesse et ses précieux ‘ouvenirs, la majesté, l'antiquité, F î A l'autorité de celte foi qu'on nravait enseigné, toute ina mé- ” Ë holique À noire, toute mon imagination, toute mon Ame, s'étaient sou- hi e siecle, levèvs et révoitées contre ceite invasion d’une incrédulité | Paveuir qui les blessait profondement, mou cœur n'avait pu défene affaire d'e Wa raison.

t coutri- SRE ie RU s Pendant « La divinité du chritianisme une fais mise en doute à ses : nil ineunent MN 2% elle avait senti wembler dans leurs fondements tontes À s quede ses couvictions ; ele avait dû, pour Les after, en exarmibus qui ner da valeur; et avec quelque partialité qu'elle fèleutrée th dans cet, examen, elle en éluit sortie sceptique. C'est sur db bb œlle pente que mou: intelligence avait glissé, et que peu à:! Drésente peu elle s'ebait elvigne de la foi.

s nuage «Mais cette mélancolique révolution ne s'était point min que opéree au grand jour de ma conscience ; trop de scrupules, but où il loup de vives. et saintes affections me l'avaient rendue redus se D doutable pour que je m'en fusse avoué le progrès. Elle moi-mè- jR sélail accomplie sourdement par un travail involontaire aimant À out Je n'ai pas eté complice, et depuis longtemps je n'étais bonheur D bus chretien que dans l'innocence de mou intention, j'au e quiré D ris frumi de le spupçouner ou.cru me calonnier de le dire, , [gl 1teresser Mais j'étais top sincère, AVEC moi-méIne, et j'attachais u'op ts | luporlauce aux questions religieuses pour que L'âge fer: i de aissaut ma-raisqu, et lavie siudieuse ef splilaire de l'ecole , | :4

fortifiant les dispositions méditatives de mon esprit. cet aveuglement sur mes propres opinions pût longtemps sub. sister.

« Je n'oublirai jamais la soirée de décembre où le voile qui me dérobait à moi-même ma propre incrédulité fut déchiré. J'entends encore mes pas dans cette chambre étroite et nue où lougtemps après l'heure du sommeil j'avais coutume de me promeuer ; je vois encore cette lune à demi voilée par les nuages, quien éclairait par intervalies leg froids carreaux. Les heures de la nuit s’écoulaient, et je ne m'en apercevais pas ; je suivais avec anxiété ma pensée qui de couche en couche descendait vers le fond de ma conäciænce, et, dissipant l’une après l'autre toutes les illusions qui m'en avaient jusque là dérobé la vue, m'en rendait de moment en moment les détours plus visibles.

« Eu vain je m'attachais à ces croyances dernières comme un naufragé aux débris de son navire ; en vain, épouvanté du vide inconnu dans lequel j'allais flotter, je me rejetais pour la dernière fois avec elies vers mon enfance, ma fa. -mille, mon pays, tout ce qui n'est cher et sacré, l’inflexible courant de ma pensée était plus fort ; parents, famille, souyenirs, crayances, ils m’obligeaient à tout laisser, l'examen se poursuivait plus obtiné et plus sévère, à mesure qu'il approchait du terme et il ne s'arrêta que quand 1l l’eut atteint, Je sus alors qu’au fond de moi-même, il n’y avait plus rien qui fût debout ; que tout ce que j'avais cru sur moi-même, sur Dieu et sur ma destinée en cette vie et en l’autre, je ne le croyais plus. Je l'avais cru sur la foi du fait que maiute: nant ma raison ne pouvait plus admettre, et par conséquent je ue le croyais plus. Puisque je rejetais l’auturité qui me l'avait fait croire, je ne pouvais plus l’adinettre, je le re- Jjeiais. »

Eh, Joffroy, dis-nous, que se passa-t-il alors en ton âme déchristianisée. Que deviut ton intelligence lorsqu'elle eut ainsi chassé la foi ? Au fond de l’abime où t'avait précipité l’orgueil ce l'esprit, quels furent tes regrets et tes torpeurs ? (Quels souvenirs du Christ, de sou uniou d'autrefois et de ses

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consolations divines ? Que pensas-tu du passé ? Que reçustudu préseut ? Qu'espéras-tu de l'avenir ? Parle !

« Ce moment fut affreux, et quand vers le matin je me jetai épuisé sur mon hit, il me sembla sentir ma première vie, si riante et si pleine, s’éteindre, et derrière moi s’en ouvrir une autre sombre et dépeuplée, où désormais j'alls s vivre seul, seul avec ma fatale pensée, qni venait de m'y exiler et que j'etais tenté de naudire. Les jours qui suivirent cette découverte furent les plus tristes de ma vie. Dire de quels mouvements ils furent agités serait trop long. Bien que mon intelligence ne considérât pas sans quelque orgueil son onvrage, mon âme ne pouvait s’accoutumer à un état si peu fait pour la faivlesse humaine ; par des retours violents elle cherchait à regagner les rivages qu'elle avait perdus ; elle retrouvait dans la cendre de ses croyances passées des étiucelles qui semblaient par intervalles rallumer sa foi.»

Mais Joutfroy restera-t-il cloué à ce doute mortel et abtmé dans une telle souffrance ? Ayant déserté la voie qui mèuc à la vérité, où ira t-il? que fera-t-il? Vers qui tour-

ner2.t-il ses regards et son cœur? Frappé d’une cecité complète, pris de vertige, promènera-t:il ses pas incertains de Babylone à Jéricho, et, là, dans cette ville fortunée, attendra-t-il que le Nazaréeu passe pour lui crier, malgré les clarmeurs de la foule, et dans un suprême élan d'amertume, de détresse et aussi de foi et d'espérance: Fils de Duvid, ayez pilié de moi! Vous étes la lumière, la voie de lu Vérité Ayræ pitié de moi! Helas ! Nou ! L'infortuné restera dans Babylone où Le Christ ne passe point, dans Babylone où la voix de l’homme impuissant repoud seule à la détresse de celui qui souffre, dans Babylone où un monde qui n’est plus est la seule espérance d’un monde qui s’en va ; dans Babylone, eufin,où l'orgueil a évoqué des ruines qui appelleut des ruines et des cendres que les vents portent, de leur souffle puissant, aux quaire coius du moude, coinme pour laisser vartout la trace maudite d’un anathème éteruel.

«Les convictions renversées par la raison, poursuit Jouffroy, ne peuvent se relever que par elle, et ses Ineurs s'éleignai nt bisnlôt, Si en perdant la foi j'avais perdu le souci des questions qu'elle m'avait résolnes, sans doute ce violent état n'aurait pas duré longtemps ; la fatigue m'anrait assoupi, et ma vie se serait endormie comme tant d'autres, endormie dans le scepticisme. Heureusement, il n'en élait pas ainsi ; jamais je avais mieux senti l’importance des problèmes que depuis que j'en avais perdu la solution. d'etais incrédule, mais je détestais l'iucredulité, ce fut Là ce qui décida de la direction de ma vie. Ne pouvaut supporter lincertitude sur l'énigme de la destinée humaäiue, ayant plus la lumière de la foi pour la résoudre, il ue me restait plus que les Inmières de la raison, pour y pourvoir. Je résolus donc de consacrer tout le temps qui serait nécessaire, et ma vie,s’il le fallait, à cette recherche ; c’est par ce chemin que je me trouvai ameué à la philosophie, qui me sembla ne pouvoir ètre que £ette recherche même, »

La philosophie combla-t-elle le vide de cette âme dévastée ? L'homime et l'homme seul, sans le secours de Dieu, réussil-il à ‘nonder la raison de Jouffroy de la lumière qui donne le repos et qui procure la béatitude de l'intelligence ? Voÿons :

« Ainsi s'écoulërent pour moi les deux premières années de mon professorat ; et, si l’on veut réflechir aux travaux qui les remplirent, cn croira facilement qu'ils ne laissèrent aucune place à l'exaure 1 de ces questions générales, dont je m'étais plaint d'abord de ne point trouver la solniion daus l'enseignement qui n'était douné. d'’etais appelé à mou tour à professer une science dont je ne savais pas mème l'objet... Je dois même ajouter, pour être vrai, que l’aJournement de ces questions m'était devenu moins pémibie.. Foutélois, la préoccupaticn Wen était pas éteinte daus mon cœur ; elle y subsistait tout entière ; et par intervalles, quaud j'avais quelques heures à rêver la nuit à nue fenêtre, ou le- jour sous les ombrages des Tuileries, des élaus inté-

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rieurs, des attendrissements subits, me rappelaient à mes croyances passées et éteintes. à l’obscur'té, an vide de mon âme et an projet toujours ajourné de l? combler. »

Hélas ! cette pauvre âme n’a jamais pu combler le vide immense que la philosophie rationaliste, que la science sans Dieu avait produit en elle. Elle n’a pas traîné, icibis qu'une existence malheurensé et agitée par tous les vents contraires ; privée de la divine boussole, écartée de la voie droite, de la seule voie que mène, par la vérité, au bonheur, et à la paix, elle a terminé sa course dans l’amertume, Pourtant, avant de quitter une scène où elle avait combattu tant da combats intellectuels, et touché à tant de systèmes, elle crut devoir affirmer que, tous Les systèmes scientifiques, que loule philosophie sans autorité divine, ne mène à rien et que vaut mieux mille eà mille fois un bon acte de for ehrétierine. Espérons que le Christ a recueilli cette parole tout palpitante d'angoisses, qu'il s'est approché de cette dine désolée et que, dans son infinie miséricorde, il lui aura fait linvitation éternelle : Venez à moi, vous qui étes faliguée, et je vous soulagerai.

Si donc, Messieurs. nous voulons que la lumière origine daus uotre intelligence obscurcie ; si nous voulons que la Vérité se fasse chair et vienie habiter parmi nous, nous devons favoriser une conception semblable à celle du Christ dans le Sein de la Vierge Marie. Il faut faire de notre âme un miroir sans tache, il faut nous anéantir par une humilité profoude, il faut allumer en nous le feu divin de la chasteté et conserver à notre intelligence sa virginité sacrée. Et notre âme, notre intelligence sera tout cela, si elle permet à l’Esprit-Saint, à Dieu de la couvrir de son ombre, de remuer en elle le germe. Vérité. Si c’est l'homme que nous appelons pour cette mystérieuse opération, le germe vérité sera remué, ilest vrai, 1ls’animera, se développera et aura méme sou épanouissement ; mais il ne produira qu’une vérité mortelle et périssable, une vérité faible, incapable de s'élever, de planer dans les hauteurs. L'intelligence ne pourra embrasser l'horizon :mineuse, elle ne saura nager

dans l'aréan de lumière ; il restera en elle un côté faible, un côté ténébreux ; il y aura en elle un abime qui ne sera jamais comblé et qui appellera d'irrémédiables souffrances, de uavrantes infortunes, de désolautes défaillances Cette srience ainsi conçue sans le secours et loin des regards de Dieu, c'est le vide ; et le vide de la science, c’est le vide de l'intelligenre; ce vide de Joffroy, vide que couronnent de sombres nuages, pleins de foudres, et qui se trahit par une tempête d'angoisses si extrômes.

Aussitôt que le Verbea pris naissance en elle Ja Vierge se relire dans le sanctuaire, évite tout regard humain et s'abime dans une prière continuelle. Il doit en être ainsi de l'iutelligence dans les jours heureux où la Vérité s’incarne, Il fant qu'elle se retire dans le sanctuaire de la grâce,qu'elle fuie le contact de ceux qui n’ont qu'une vérité humaine, et qu'elle fasse de ce moment fortuné une prière coutinuelle

La grâce, Messieurs, je ne la définirai pas ; si je le fesais, je dirais qu'elle est le denier de Dieu, son argent, sa monnaie, monnaie sans quelle l’âme ne peut acquérir aucun des biens de Dieu. Ge que je ne puis taire, c’est que pour recevoir le denier de Dieu ou la grâce, il fant veiller sur les sens, afin qu'il ne s’égarent pas dans le monde extérieur, veiller sur son cœur de peur qu'il ne s'attache aux consolations passagères et aux affections criminelles, veiller sur son intelligence dans la crainte qu'elle détourne ses regards de la vraie lumière. En se retirant de tout ce qui est extérieur, en se dépouillant de tout amour qui exclut l’amour divin, en renonçant à tout plaisir frivole, eu évitant toute vaine recherche de soi-même, ou prépare le fond intime de son âme au travail secret de Dieu ; la vérité incarnée se développe : rien ne la gèue, aucune secousse ne la trouble et, comme elle se forme sans agitation, elle brise son enveloppe trop étroite, elle naît à la vie, bientôt eile graudit, prend des proportions respectables et répand pari tout des clartés célestes.

Que d'intelligences, cependant, après avoir conçu la scieuce, ne veuleut pas se retirer daus le labernacle de la

grâce! Il leur en coûte trop de vaincre les passions mauvaises, les séductions mondaines, les attraits sensuels et les plaisirs mensongers ! Elles se livrent entièrement aux choses extérieures et ne donnent rien au recueillement. Qu'arrive-t-il ? L'âme se répand au dehors, elle s'évapore, si je puis ainsi parler, s’affaiblit ; el la vér' té. n'étant pas assez alimeutée, s'éteint ; ou plutôt, elie senvole, elle va chercher ailleurs une terre moins ingrate et un sol plus générenx. Afin de ne pas apporter d’evtraves à l'heureuse conveption de la Vérité, l'intelligence doit éviter les regards des hoinmes. La mère qui sent qu'une vie nouvelle se développe dans son sein, éprouve, par une loi providentielle, le besoin de dérober sou état à tout regard profane. C'est une pudeur admirable et qui, dans l’économie physiologique, produit les plus heureux résultats. IL doit en être ainsi de l'intelligence pendant tont le temps de sa première perception de la Science, de la Vérité: la pudeur doit lui faire fuir le contact de ceux qui n'ont qu’une science humaine. Un jeune homme après avoir terminé son cours classique, et au moment où il se livre à des études plus vastes, plus étendues, s’il ne veut pas que la Vérité périsse en lui, ou ne devienne monstreuse en se mèlant à l'erreur, est obligé d'éloigner de son intelligence tous les ouvrages sans limière, sans science divine. Rousseau, Voltaire, Renan, Cousin et tous les prétendus savants qui n’ont point voulu que Dieu fût la base et le couronnement de leur science, porteraieut de mortelles atteintes aux imprudents qui laisseraient une telle science pénétrer dans leur intelligence. Avant de souder l’abime de l'erreur, il faut preudre des forces et assurer son regard ; autrement la tête tourne, une secousse In: térieure fait perdre l'équilibre et on tombe infailliblement, Pourquoi trou ve-t-on tant de jeunes geus qui vont chaque aqne grossir les rangs de l'indifférentisme, de l'incredulité let de l'ignorance ? Comment se fait-il que tant de ri- Lhes natures, et que tout appelle à la possession paisible e la pleine vérité, finissent par s'égarer et se perdre ?

Dira--on que ces jeunes gens sont des intelligeuces vul-

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gaires, ou prédestinées à l'erreur ? Affirmera-t-on qu'ils subissent la pression et le prestige de leur temps ? Sans doute nous traversons une époque malheureuse ; il y a dans l'atmosphère de notre grand siècle à côté de la lumière, d'épaisses ténèbres, mais la lumière est toujours la lumière et il suflt d’avoir des yeux pour l’apercevoir. Sans doute encore l'erreur et la vulgarité sont le partage de plusieurs |} mais ce partage ce n’est pas Dieu, moins encore le destin,

qui le fait: depuis qu'est venue la lumière qui éclaire tout

homme venant en ce monde, c'est-à-dire de toute éternité, les hommes sout appelés à la possession de la Vérité ; S'il y a si peu d'élus, c'est qu'il y en a peu qui répondent à l'appel, Non ! personne n’est condamné à l’égarement, et toute intel. ligeuce qui se fourvoie, se frouvaie par sa faute. Et ceux-là surtout sout grandement coupables qui, trop faibles encore pour marcher d’un pas ferme dans la voie droite, portent leurs pas chancelants dans les sentiers ténébreux de l’erreur. Avant de pénétrer dans la nuit de lathéisme, du ralionalisme, du matérialisme, etc., il faut se familiariser avec la vérité catholique, en avoir bien saisi toute ia profondeur et toute la bonté. Si donc nous voulons voir la lumière pure s’allumer en nous, fuyons le contact de ceux qui n’ont qu’une lumière fausse ; fuyons tout regard dans lequel ne brille pas le feu divin ; car telle est la voie.

Pour faciliter en elle le développement du Verbe,la Vierge Marie s'abima dans la prière ; ainsi devons-nous agir si nous voulons que la Vérité croisse en nous. Mais ici c’est encore le Père Gratry qu’il faut écouter.

« La prière est la respiration de l'âme en Dieu. T/âme prie longtemps sans le savoir. L'âme des enfants, dans leurs aunées pures, prie et contemple,sans réfléchir, avec la force et la grandeur de la simplicité. Mais après ces années passives, viennent les années actives et libres. La prière libre, ayec conscience d'elle-même, formera l’homme en vous et développera en vous, à Fimage de Dieu, la personnalité, qui est implicite et latente dans l'enfant. »

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Mais comment fant-il prier ? faut-il se mettre là à réciter des formules qui endarment om à méditer des sujets, dans lesquels on divague ? Que faut-il pour éviter ces faiblesses. Voici :

« Môditez en écrivant Eorivez lentement, parlez à Dieu que vol savez présent, é0ri vez ce que vous lui dites, priezle dé vous inspirer, de vous dicter ses volontés, de vous ou voir de sus sautiouts intérbeurs,purs, délicats, simples, qui saut sa Voix, ot qui août ihlaillibles. Et en effet, s'il vous dit : « Mon fils, soia hou, n Cela peut il être trompeur ? S'il vous di! Alemoi par dessus tout : sois pur, sois généeux, sois COUTUBUX | &line les hommes comme toi-même ; pense à la mort qui est certaine, qui est prochaine ; sacrifie ce qui doit passer ; consacre ta vie, à la justice et à la vérité, qui ne meurent pas.» Direz-vous que ces révélations ne sont pas infaillibles ? Et si, dans le mème temps, l'amour énergique de ces vérités manifestes vous est comme inspiré au cœur par je ne sais quelle touche divine qui saisit et qui fixe, direz-vous que la source de ces forces ardentes et lumineuses n’est pas Dieu ? Et si, sans rien ajouter d’arbitraire et d’inutile à ces impressions fortes et à ces lumières simples, vous les écrivez toutes brülantes, pensez-vous que vous n'en serez pas doublement saisi, et que la distraction et le sommeil interviendront dans cette méditation ? Quelqu'un disait, —c'était une femme : — «Oh ! je ne veux plus méditer ainsi : cela me fait trop d'effet. » Essayez, et j'espère que plus d’une fois vous cesserez d'écrire pour tomber à genoux, el pour verser des larmes

On ne sait pas, Messieurs, ce que Dieu prépare à la prière, à cette priere de l'intelligence pendant que le cœur se préoccupe de Dieu, et à cette prière du cœur pendant que l'intelligence travaille. Ce qui se passe alors dans l'âme qui prie, nulle langue humaine ne saurait l'exprimer. C’est l'âme peut-être qui traverse d’un vol rapide le sein de Dieu et qui revient ensuite imprégnée d’un doux parfum de pureté, de noblesse, de grandeur et de force. 5i son duvet est pénétré d’huile, l'oiseau qui se baigne dans l'onde pure de

notre gnlfe Si Laurent, s’y plongera avec complaisance et repar.itra en produisant de douces ondulations ; telle l'âne pénétrée de l’huile sainte de la prière, plongera dans l'océan de la vérité, en pénètrera l’insoudable profondeur et surnagera sans cesse admirablement

La prière, Messieurs, et la lumière qu’elle appelle, c’est l'union intime avec Dieu; c’est Dieu lui-même dans son essence qui frappe l'âme et qui lui raconte quelque chose de ce qu'il connait, de ce qu’il aime, de ce qu’il opère éterneilement, L'âme qui prie s'unit si intimement à Dieu, elle prend une si forte teinte divine, que si elle pouvait se voir, elle croirail contempler Dieu. Et celui qui la verrait ainsi toute revélur, loute teinte de l'essence divine,puiscrail da 1s celle vue d'inrffables délices ; car dans crtte union Divu et l'âme sont en quelque sorte une seule et même chose, 1.01 par nature, mais par ui pur effet de la grace.

Et si on me demande maintenant pourquoi la prière doit accompagner le déveluppement de la vérité, de la science en nous, je dirai : parce qu’elle est la conscience de notre faiblesse, et que sans la connaissance de notre faiblesse nous ne pouvons rien ni dans notre volonté, ni dans notre intelligence. Prenez une âme qui ignore son néant, que pourra-t-elle sur sa volonté ? Comment reconnaîtra-t-elle la nécessité de résister au torrent de perversions qui l'eniraine, si elle ne se croit pas pervertie par le vice même de son origine ? La volonté orgueilleuse s'attribue le bien qu'elle ne fait pas et ignore le mal qu’elle fait N’étant nullement en garde contre les causes de tant de dangers qui l’environnent de toutes paris, elle marche avec une sotte assurance dans des sentiers périlleux où elle succombe chaque jour. Prenez une âme orgueillense, que pourra-t-elle sur son intelligence ? Comment pourra-t-elle se persuader qu'au fond de toute Vérité, se rencontrent des profondeurs qui défient son regard ? Se dira-t-elle, je ne suis que le reste d’une grande force ; :l y a eu en moi une perturbation malheureuse ; primitivement j'aurais pu m'élancer dans les hauteurs sublirnes de toute science ; mais le péché a rogné mes

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ailes et je ne puis désormais qu'effleurer d'un vol embarassé des rivages connus. pour m'élever plus haut, pour feudre l'espace et planer dans les régions supérieures, un secours divin m'est indispensable ; — je le demande l'intelligence orgneillense se dira-telle tontes ces choses ? Non. Aussi tentera t-elle ce qu'elle ne peut pas et finira-t-elle par s'égarer infalliblement, comme s'égare sur une merinconnue le nautonnier sans boussole. Et voilà pourquoi il faut prier, si on ne veut pus se fourvoyer er se perdre ; car encore une fois, prier, C’est reconnaître son impuissanre, sa misère et son néant. La prière, la vraie prière se tient à la porte du temple ; de cette humble place elle embrasse tou tes les vastes et prodigieuses proportions de l'édifice où ha: bite le Saint des Saints ; elle s'aperçoit bientôt qu'elle n’est qu'un point dans cette gigantesque construction ; elle s’humulie profondément.e!l2 confesse sa faiblesse, elle se frappe la poitrine, elle fléchit le genoux, elle courbe son front et lui fait toncher la poussière du parvis ; sou cœur s'echauffe, s’enflamme; ses lèvres murmurent une prière ; elle se relève, elle sort ; mais Dieu qui l’a vue, la déclare justifiée ; c'est-à-dire que Dieu vient habiter en elle et l’inonde de miile lumières célestes.

Prions donc! Prions, reconnaissons notre néant, avonons notre impuissance à tout comprendre, à tou, saisir, à tout connaître ; disons franchement à Dieu que nous sommes ignorants et que s’il ne consent à devenir notre instituteur, notre magister ; notre intelligence sera éternellement impuissante ; raconions-Jui ce qui se passe autour de nous ; parlons-lui de ce courant de l'erreur qui roule partont ses eaux bourbeuses, de cet écueil de la libre pensée ou tant d'intelligences vont sombrer,de ce précipice du rationalisme où s’englontissent les meilleurs esprits ; montrons-lui tant de passions mauvaises, tant de séductions perverses, tant de préjugés damnables lignés contre nous; ne lui ca- €chons rien ni de l’ardeur délirante de notre jeunesse, ni des incertitudes de notre volonté, ni des inquiétudes, ni des doutes de notre intelligence; qu’il apprenne toutes ces choses

de notre bonche, et, comme l'arbre qui a voulu s’anéantir en abimant ses racines dans les profondeurs du sol, prend une nouvelle vigueur et élève bientôt sa tête majestueuse dans les airs, notre intelligence puisera dans cet anéantissement salutaire la force de s'élever jusqu'à La Vérité, jusqu’à la vraie Science.

Voulez-vous maintenart, Messieurs, qu’une voix autorisé vienne confirmer tout ce qui vient d'être dit des conditions dans lesquelles se fait dans l'intelligence le développement de la Vérité ? Ecoutez Isnard condamné à la solitude la plus entière.

« Si je n’eusse jamais été proscrit, emporté comme tant d'autres par une sorte de tourbillon, j'aurais continué d'exister sans me connaître, je serais mort sans savoir que j'avais vécu. Mon malheur m'a fait faire une pose dans le voyage de la vie, durant laquelle je me suis regardé, recounu ; j'ai vu d'où je venais, où j'allais, le chemin que j'avais fait et celui qui me restait à parcourir, les deux sentiers que j'avais suivis, et ceux qu’il me convenait de prendre pour arriver au vrai but.

« Il m'eit impossible de peu. ‘re quelles jouissances m'ont procuré ce silence, ce recueillement absolu, cette possession continuelle de ma pensée, cette $tud: suivie de mon être, ces fruits de sagesse et d'instruction que je seutais éclore en moi, cet abandon de ii terre, ce lointain d’où j'apercerais et jugeais les criminellss folies des hommes, cette adoration sincère et croissante de la vertu,cette élévation intellectuelle vers les objets grands et sublimes, et surtout vers l’auteur de la nature, ce cult? libre et pur que je lui adressais sans cesse..…...Proscrit, condamné par un acte de dévouement envers ma patrie, la Providence, sans m: faire quitter Paris, me retint emprisonné dans une retraite isolée, où n’apercevant en arrière que mon échafaud dressé, devant moi, que le soleil, la nuit et la nature ; n'ayant plus d'autre iutérèts ici-bas que Ge réfléchir sur Dieu, sur mon âme, sur la Religion, je me livrai tout enticr à une méditation qui dura seize mois, pendant quinze heures RAD QU sosrvostr

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« Je retronvai dans mon cœur ces germes religieux qu’une gaine éducation y avait semés dans l'enfance, et, qui, si longtemps étouffés par la prospérité, se ravivaient dans le malheur.

« Mais si mon âme était entraînée vers la Reïigion, mon esprit répugnait à réfléchir sur ses dogmes et ses mystères, que je trouvais absurdes. Je ne pouvais les croire, parce que je n'aurais pu les expliquer.

« Ceux qui, en matière religieuse, ont tant fait une fois que de soumettre à l'examen rigide de leur faible raison ce que tant de gens mieux avisés croient sans même y réfléchir, ne peuvent plus trouver vrai que ce qui leur est assez démontré pour les frapper d’une entière conviction. Ils veulent absolument qu'on leur prouve tout, et je me trouvais dans ce cas. Il faut alors que ces sceptiques restent égarés dans le dédale de la métaphysique, ou bien qu’à force de méditation et de philosophie,ils parviennent à soulever presque tous les voiles du sanctuaire età parcourir le cercle entier des connaissances religieuses, pour revenir enfin, les yeux ouverts et un flambeau à la main, dans le même endroit où l’'humble foi les avait laissés paisiblement uu bandeau sur les yeux.

«J'ai heureusement parcouru le cercle ; mais encore plus heureux celui qui n’a pas besoin de faire le tour du monde pour retourner au point d’où 1l est parti.

« Avec un cœur plein de zèle et un esprit égaré, mais résolu de ne preudre de repos qu'après avoir distingué la vérité, j'entrepris ce long péiérinage de la pensée. Celui qui m'en inspira la résolution m'entretint dans la persévérance..…...

«Je m'aperçus d'abord qu’en matières religieuses, la solution de la vérité dépend moins de l'effort de notre esprit que de la disposition de notre cœur ; que, sur ces questions qui tiennent autant au sentiment qu’à l'intelligence, l’aveu. gle raison s'égare, et tombe si elle veut marcher seul d’un pas présomptueux ; qu’il faut que la vertu lui prête le ferme appui de son bras, ei,qus la Charité seule peut délier

le bandean que le vice et l'erreur retiennent sur nos yeux, Je reconnus que, dans la nuit obcure de la métaphysique religieuse, la Vérité ne se montre que par éclairs qu’il faut saisir, et comme une flamme que l’humble prière allume et que l'orgueil éteint. C'est pourquoi tant de personnes sont si peu propres à cultiver cette science, tandis qu’elles sont si habiles daas toutes les autres. Je commençai donc par prier, et plus en rapport avec Dieu, je devins meilleur, plus calmé, plus au-dessus de l’infortune, plus apte à discerner la vérité.»

De telles paroles n’ont pas besoin d'être commentées ; elles disent tout merveilleusement et il demeure suffisamment établi que le Christ, dans les phénomènes qui accomgnent son développement mystérieux dans le Sein de la Vierge Marie, est la voie de la Vérité ; hâtons-nous de parler maintenant de sa vie cachée.

Jésus Christ, Messieurs, se prépara à l’apostolat divin par une solitude, un silence de trente années pendant lesquelles il pratiqua la sublime vertu d’obéissance : le silence et l’obéissance sont donc deux admirables voies dans lesquelles l'intelligence doit marcher pour se préparor à l’apostolat de la Vérité.

J'ai déjà parlé du silence ; je veux le faire encore : son importance est telle que je ne puis me lasser de le recommander.

Un fait remarquable et bien digne d'attirer l’attention d’un esprit sérieux, c'est que le silence est le principe, le commencement et comme le préléiuinuire de toutes les grandes choses : Avant de créer l'Univers, Dieu se reposait dans l'éternel silence ; avant la création de l’homme, il y eut dans le ciel un silence provoqué par une parole de recueillement : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. Quand :l s’est agi d’instituer la fanille, il y eut encore un silence plus profond : Dieu se tait, la voix mysterieuse du Créateur semble vouloir cacher une de ces indicibles émotions dans lesquelles on demeure silencieux ; l'hoiime lui-même est plougé dans un sommeil impertur-

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bable et c’est au milieu des ineffables accorés de re silencë de l’homme et de Dieu que Ja femme apparait. Et depuis le silence est resté la loi des grandes choses. Chaqne jours par exemple, il se produit dans la nature, un silence so lennel : le silence de la nuit; pendant la nuit tout se re pose et tout se refait admirablement. Qui ne sait encore que l'homme lui-même, dont la parole prend quelquefoisdes proportions si vastes, commence sa vie (ans le silence et que c’est dans le silence qu'il fait le grand apprentissage de la pensée et du langage ?

Le silence est un milieu heureux où Dieu habite volontiers, où il fait ses divines opérations,où il opère avec amour,

Le silence est à Dieu ce que les ondes calmes d’une rivière, d'un ruisseau sont au soleil. Jetez vos regards sur la surface d’une rivière limpide, vous verrez les rayons lumineux ; plongez votre regard à travers la masse pressée de ces eaux pures, vous découvrirez le fond où gît l’image dè l'astre qui remplit le monde de sa bienfaisante lumière Dans l’âmesilencieuse,il yaun fond mystérieux où gii Die lui-même. C'est dans ce fond que l'âme se rencontre aveg Dieu et sans intermédiaire autre que le Christ-Jésus. Par le silence Dieu se verse dans l’âme et l’illumine de sa lumière ; il lui dit, il lui raconte des choses admirables; murmure à ses oreilles je ne sais quelle parole sacrée, je ne sais quel discours divin.

IL est dit quelque part dans l’Ecriture Sainte que c’est dans les ténèbres que Dieu parle à l'âme et lui communique son Verbe, sa Vérité. Ces ténebres divines sont le s::ence où l'esprit est attiré tout entier vers son principe et son origine. Voilà pourquoi le prophète aflirmait que sa force élait duns son silence. Mais ce silence en quoi consiste-t-il ? Laissons St-Augustin nous l’enseigner. « Dieu tout aimable, dit-il, je veux faire un pacte avec vous. Je mourrai entierement à moi-même, pour que vous viviez seul en moi. Je me tairai au dedans de moi, pour que vous y parliez seul. Je me reposerai pour que vous agissiez seul en moi. »

Mourir à soi-même, Mensieurs, est la première condition äu silence. En effet, si on ne meurt pas à soi-mème, On vit

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