‹ Nos femmes de lettresChapitre 4 sur 9 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

chez eux des idées et des résolutions. » C'était presque dénier à son sexe toute aptitude aux grands premiers rôles, prétendre le maintenir dans les emplois subalternes. Pourtant nulle femme n'a plus pensé par elle-même. C'est que les leçons de l'expérience et les épreuves de la vie l'avaient marquée d'une de ces empreintes auprès de quoi pâlissent toutes les influences littéraires, si chères soient-elles à un cœur ! Et nous savons la vivacité de ses admirations. La statue du poète Henri Heine, que son expresse volonté avait dressée auprès des héros de l'Achilléion, et qu'une grossièreté toute tudesque fit enlever récemment par le nouveau possesseur, nous était le meilleur témoignage d'un culte qui pourtant, à la différence de tant d'autres, n'opprima jamais sa personnalité.Pareillement verrons-nous, chez nos jeunes auteurs d'aujourd'hui, plus d'un exemple de sensation directe traduite et

transposée en originalité créatrice : c'est la raison de cette étude, où Ton chercherait bien moins justement un ensemble de critiques littéraires qu'un essai en vue de dégager l'accent des figures qui nous présentent le plus vif relief. On y trouvera omises, et cela volontairement, des parties entières de leur œuvre, qui pourtant ne sont pas négligeables, mais ne nous eussent été d'aucune aide pour le but que

nous poursuivons

Elle apparaît toujours un peu délicate, fausse en quelque façon, l'attitude du sexe fort en face de la femme-auteur. Confrère et rival, il se résigne malaisément à ce que soit constatée telle supériorité qui lui prépare la plus cruelle blessure d'amourpropre, la plus douloureuse humiliation d'orgueil. Est-il besoin d'observer que l'élite de celles qui possèdent un don est mnniment supérieure à la moyenne de ceux qui, tenant une plume, n'ont pour

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