Chez Hachelte
« Mon orgueil, dit-elle, s'est répandu par toute la maison. Dieu sait que j'ai voulu établir la vertu à Sainl-Cyr; mais j'ai bâti sur le sable. J'ai souhaité que nos filles eussent de l'esprit, qu'on leur élevât le cœur, qu'on leur formât leur raison. Elles ont de l'esprit et s'en servent contre nous: elles ont le cœur élevé et sont plus hautaines que des princesses; nous avons formé leur raison et fait des discoureuses, présomptueuses, curieuses, hardies... Il faut reprendre notre établissement par ses fondements.
Nos filles ont été trop considérées, trop caressées, trop ménagées. Il faut renoncer à nos airs de grandeur, à ce goût de l'esprit, à cette délicatesse, à cette liberté de parler, à ces murmures, à ces ma-
nières de raillerie, toutes mondaines, enfin, à la plupart des choses que nous faisions. »
Y a-t-il un mot à retrancher dans cette contrition? Est-ce que le mea culpa de madame de Maintenon ne devrait pas être le nôtre?
Elle eut ce mérite, plus rare encore que la sincérité : le courage de la réforme. Elle se souvint de cet idéal de la mère de famille que Fénelon lui avait proposé : « La femme sera chargée de l'éducation de ses enfants, des garçons jusqu'à un certain âge, des filles jusqu'à ce qu'elles se marient ou se fassent religieuses, de la conduite des domestiques, de leurs mœurs, de leurs services, du détail de la dépense, des moyens de tout