‹ Nos filles, qu'en ferons-nous?Chapitre 17 sur 23 · IT-J NOS FILLES · texte numérisé non relu

IT-J NOS FILLES

leur pour y secourir les malheureux et s'y exercer, sous les lois d'un régime organisé par vous, à toutes les vertus que la société a le droit d'attendre d'elles. »

Otez quelques points d'exclamation dans cette apostrophe de celle qui fut madame Tallien, substituez à la nécessité de la loi le libre mouvement de l'initiative et des cœurs, et nous n'aurons plus que l'occasion d'approuver. Il faut que la jeune fille de bourgeoisie moderne, riche ou pauvre, ait un état. On peut le lui donner sans l'exposer à des contacts fâcheux pour elle. Paris et les villes de province sont pleines de cours de peinture, de chant et de musique, de déclamation. Les mères qui conduisent leurs fdles à ces leçons n'ont pas l'intention de

les envoyer à l'École de Rome, ni de les faire, un jour, monter sur les planches? De même, on pourrait enseigner à une jeune fille l'art si délicat, si féminin, de construire et d'orner un chapeau sans s'engager à en faire une modiste. Si elle se mariait par la suite, ce savoir serait aussi agréable au mari que des récitations de vers ; si elle ne se mariait point et si l'argent venait à manquer, l'habileté de ses doigts lui serait une sûre ressource.

J'ai la joie de penser que ces idées, si conformes aux nécessité de notre temps, sortent de la pure rêverie. L'hiver passé, j'ai reçu la visite d'une femme d'initiative qui se proposait d'ouvrir des cours de la

couleur de ceux que je dépeins. Je n'ai

pu obtenir d'elle qu'elle fît enseigner l'hygiène et formât des gardes-mu la< les. Mais elle m'a promis que j'aurais toute satisfaction du côté dos (ai lieuses, des modistes et de la peinture commerciale.

Une lettre qu'elle m'écrivait hier m'annonce que les maîtres sont trouvés et que des familles semblent tentées...

Je suivrai cette expérience avec un intérêt bien vif. On n'a pas perdu son temps à prêcher la vérité, quand on a déterminé la vocation, fût-ce d'un seul disciple.

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