‹ Nos filles, qu'en ferons-nous?Chapitre 9 sur 23 · NOS FI M- ES · texte numérisé non relu

NOS FI M- ES

ce joli vocabulaire aux innocentes partenaires qu'on lui confiait pour faire la partie de lawn-lennis. Elles ont ramassé ces propos avec les balles; et il a ri, si fort, que les pauvres petites se sont imaginé lui plaire. Ainsi, par l'imprudence du saint-cyrien, l'argot de la caserne a passé directement au couvent, et celles qui, de leur bouche fraîche, ne devraient laisser tomber que des fleurs et des perles répandent des serpents et des crapauds.

Elles sont ensorcelées. Quelque mauvaise fée dont je voudrais bien connaître l'adresse, et qui s'appelle peut-être la Veulerie Publique, leur a jeté un sort. Dans cette déraison , elles s'imaginent séduire ceux qui, demain, auraient pu être leurs compagnons de vie, en se

faisant « camarades ». Ah 1 le triste mol ! Elles ne savent donc pas, les pauvres petites, ce que cela veut dire, <* ma camarade » ? C'est la femme à qui l'on défend d'avoir un sexe — en dehors des minutes où l'on s'en sert, — une folle qui signe un contrat d'égalité — voulez- vous que nous disions de duperie? — où elle renonce à tous les ménagements, à tous les égards, aux nuances qui sont l'amour, pour acheter quoi? quelques audaces de geste, de costume et de paroles qui la dépoétisent. « Une camarade », c'est une femme devant laquelle l'homme ne se gène plus. Je voudrais emprunter une heure la soutane de M. l'abbé Bolo pour aller prêcher un Mois de Marie dans le couvent de mademoiselle Rose Thé. Je dirais à ces

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jeunes lilles trop modernes ce que je pense de la camaraderie et de ses suites. Je les supplierais, au nom de l'amour, au nom de leur bonheur et du notre, de ne pas renoncer au charme de l'attrait virginal qui seul fait plier nos genoux.

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