‹ Nos filsChapitre 19 sur 70 · GRAND DANGER DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

GRAND DANGER DE L'ENFANT

ce bouquin sans rapporta son temps qu'il oublie son livre vivant, bien autrement intéressant, où il eût lu mille choses du cœur, de la nature.

Elle coud, mais qu'elle est sombre I

.Lui, s'il pose son livre, il regarde le feu. Gravement. Et cependant, sa mobile idée n'est guère grave : <x Cette femme est ennuyeuse. Comme elle est nerveuse, tendue! Garçon, j'eus meilleur temps. Ces petites d'alors étaient tout au moins amusantes. » Et, il aperçoit dans le feu la Closerie, etc. Son ami, à cette heure, y mène sa rieuse maltresse.

Que ne voit-on pas dans le feu? Dans la braise, les petits jets bleus, de légers lutins dansent et attirent les yeux de la femme. C'est le riant visage de la dame d'en bas, qui a tant de bontés pour elle, qui l'invite sans cesse, son salon cramoisi, et près de la dame son fils, si élégant et si aimable. Mais le salon se fait chapelle, une chapelle de charbons cerise, d'où un fin petit préUe l'observe de ses yeux ardents.

Vaines figures! vaines pensées! Laissez cela, madame, pensez plutôt au fils qui vous revient demain dimanche. Vous n'êtes point gâtée, vous êtes vaniteuse, blessée, un peu crédule. Avec des flatteries, on peut vous mener loin. C'est votre mari, je le sais, qui a le plus grand tort. Les heures

passent et il lit. Gela est irritant. Ma foi, elle perd patience, se lève; elle a mis son ohapeau...

«Non, madame, ne sortez pas. » Je l'arrête, et dis au mari: «Vous êles'inexcusable. Voyons, ne soyez pas si sot! Vous lui avez fait mal. Son pauvre cœur est tout gonflé. Laissez votre bouquin, laissez la dignité. Rompez la glace, allez, et retenez-la dans vos braà. »

Que Penfant eût été utile ici, près de la mère ! Quelle sottise a-t-ôn fait que de lui ôter son enfant I Si la longue journée lui laisse au moins l'espcHr de le voir revenir pour le souper, elle prend patience. Et si dans la soirée, certain moment d'humeur rend les époux muets, pour lui on ne peut l'être. Le mauvais charme du mutisme est rompu. On lui parle, et bientôt on se parle aussi l'un à l'autre; c'est à cause de lui, pour son souper, pour ses devoirs. Il ne sait rien du froid qui a existé tout à l'heure ; il parle haut, il conte et il rit. S'il voit que l'on est froid, usant de la liberté de son âge, il s'empare de la main de sa mère, et la donne au père.

Balzac, sur le-plus beau sujet, a fait un pauvre livre, un très-faible roman. Mais le titre seul vaut un livre. Il fait songer : La femme de tretite ans.

C'est, pour une Française surtout, le grand moment et Papogée réel pour Tagrément, l'esprit, la grâce. La grâce qu'on peut définir la beauté du mouvement, dans ses aspects divers, sa variété infinie, est aussi riche d'effets que la simple beauté des lignes est monotone. Elle promet ; on espère une âme, et la statue ne vous rend rien. Mais la grâce donne sans cesse, et de cent manières elle éveille.

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La vie sanguine est peut-être moins forte. Celle des nerfs prévaut. Qs se sont assouplis, ils ont leur libre jeu. Ils vibrent à tout, avec une délicatesse infinie. Ce don, comme tout autre, vient peu à peu, s'accroît, se nuance surtout par la vie cérébrale, de cent manières, et centuple l'effet par les échos de la pensée.

De vingt à trente, il s'est fait une autre âme, une personne toute nouvelle. Si le mari était absent quelques années, il verrait au retour que c'est une autre femme. Combien au-dessusdes maîtresses, des petites filles insipides qu'il serait tenté de chercher I La jeune dame qui sent sa valeur, est trèsjustement exigeante. Elle s'étonne de ce qu'il sent peu un si grand changement. Elle est blessée de voir que, l'ayant eme enfant, 11 s'imagine spttement la connaîtrai, n'avoir, rien à apprendre. L'amat^t en voit-il davantage? Cela n'arrive guère; il est léger, mobile ; il veut un succès, et c'est tout.

Ce moment où la jeunesse a .gagné tellement en dons charmants, brillant^, c'est celui au contraire,

où l'honîrae (entre trente et quarante) semble enterré dans l^.métiçr, dans l'étroite spéjcialité, con.cei}tré dans l'effort qui peut Je, mener à son but (dCjfortifffe, d'ambiljon» d.'idées^ d'inventions, n'importe). Il le faut bien, dans la concurrence

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terrible où nous vivons. Malheur à lui, s'il restait l'homme agréable, le parleur de salon qu'il fut à vingt-cinq ans peut-être. Une femme d'esprit doit songer è cela. Pour Thomme, la beauté, c'est la force, c'est la poursuite- persévérante d'un même but, c'est la grandeur des résultats, au moins celle de la volonté. Et pour qui cet effort? pour elle, pour l'enfant, la famille. Elle ne peut l'oublier : s'il ne perd dans la grAce qu'en augmentant dans la puissance, elle doit s'en réjouir, s'unir à lui de cœur. Il pâtit aujourd'hui, et il vaincra demain.

Je dois le lui dire à l'oreille. Demain, elle perdra, et il aura gagné. Le temps est contre elle, et pour lui. Elle aura moins d'éclat, sera moins admirée. Et lui, ayant atteint son but et le prix de sa vie, sera entouré à son tour. Alors, elle pourra regretter de n'avoir pas eu patience, d'avoir peu pardonné l'alibi du travail. Il aura peu changé alors, elle beaucoup. Les grands succès d'affaire ou d'art (on le voit par la vie de tous les gens connus) n'arrivent guère à l'homme qu'à l'âge où le succès de la femme est fini.

Le salut pourFenfant, la maison, et eux-mêmes, c'est qu'en ce temps de froid et de malentendu, ils ne s'éloignent pas, ne se déshabituent pas l'un de l'autre. Ilssont encore unis beaucoup plus qu'ils

ne pensent. Le lien intérieur est-fort. Cela se voyait bien quand le divorce était permis. Ceux qui croyaient avoir rompu, et (chose pire) qui seniblaient l'un pour Tautre à jamais refroidis, dès qu'ils vivaient à part, se regrettaient souvent. On sentait qu'on s'aimait, dès qu'on s'était perdu.

Rien de plus bizarre que le cœur. Des sots disent que le sentiment éteint ne peut revivre. Je vois tout le contraire. Il est curieux d'observer combien des circonstances imprévues le réveillent. Parfois une perte de famille, le deuil d'un enfant, d'une mère qui seule avait rempli le cœur, rendent la femme à son mari. Parfois un danger que l'on court; exemple, au dernier siècle où la petite vérole était si meurtrière, des époux séparés se rapprochaient alors : ils se souvenaient qu'ils s'aimaient. Parfois une perte de fortune y suffira, et un simple changement de milieux. Un grand et vaste hôtel où Ton est éloigné, est un demi-divorce ; dans un petit local, rapproché, peu à peu on revient à l'intimité.

Les revers font beaucoup. Un échec dans le monde ramène à l'intérieur. Parfois la brillante étourdie, moins coupable que vaine, vrai papillon, brûle son aile au premier vol, retombe. Elle sent bien alors où est son ami sûr. La tendresse indulgente émeut profondément. Un vif réveil du cœur

a lieu, le plus tendre retour au doux foyer, à l'enfant, au bonheur.

c< Assez! assex du monde I qu'on ne m'en parle plus!... Je reprends mon enfant. A nous de l'élever. Je ne peux pas le voir en larmes tous les jours au retour de Pécole. Je serai son école, son précepteur et tout. x>

Mais, ma chère, songez-y. L'éducation exige de la suite. Vous voudrez bien deux jours, puis vous vous lasserez?...

« Moi I jamais ! »

Dans cet excès de zèle, il n'en obtiendra qu'avec peine, mais (il le faut) il obtiendra qu'elle partage avec l'école, que Tenfant absent quelques heures, et rentrant plusieurs fois par jour, ait en elle un répétiteur, qui aide, adoucisse les choses, simplifie les difficultés.

Sais- tu bien à quoi tu t'engages?... S'il te reste le soir, adieu les salons I les spectacles ! . . .

« Oh ! mon spectacle est mon enfant I . . . c'est ma joie, ma gaieté, ma divine comédie. »

« Eh ! bien, c'est ton affaire. Pour moi, cela m'ar-

range. Fatigué tout le jour, j*aime assez le repos du soir. »

Quel heureux changement pour le mari! Quel affranchissement ! Combien sa vie, son travail gagneront! Je suppose un véritable homme, occupé, sérieux, qui marche vers un but. Les salons servent peu. Le gaspillage immense de temps et de paroles qu'on fait le soir, énerve pour la journée du lendemain. Qui ne voit en toute grande ville des galériens qu'on nomme des maris, traînés constamment en soirées. Ils expient rudement la faute d'avoir épousé une femme dotée, orgueil- ' leuse et mondaine, qui les force de travailler double. Le jour aux affaires, la nuit au monde, et jamais de repos. Tel, un avoué qiie je connais, parle ou écrit dix heures par jouiv II finit au montent où sa femme, levée fort tard, achève sa toilette* Allons, vite au bail Partons I... Il peut commander son tombeau.

L'homme est un animal diurne. La vie nocturne du chat ou du hibou le tue, ou le rend imbécille.

Quel gain de temps immense, de vie et de santé, peut donner une femme ! Adorez celle-ci. Bénissez-la, bénissez Dieu.

Ceci est-ce un. roman? Point du tout. A Paris, dont on dit tant de mal, j'ai cela sous les yeux.

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Notre paisible rive gauche m'offre frëquemment ce tableau. Dans une seule maison où il se fait d'ex* cellents cours, je vois trois ou quatre cents dames, amenant leurs petites filles, travaillant pour elles, avec elles, changeant leurs habitudes, acceptant tout à fait la vie le moins mondaine, concentrées tout entières dans Fidée de l'enfant. « De quelle classe ces dames ? » Surtout de la moyenne, femmes de magistrats, de professeurs et de négociants.

Les très-longues absences de l'homme, occupé tout le jour, sont ainsi saintement et admirablement remplies.

La mère est bien payée de tous ses sacrifices. Elle a l'enfant à elle, et le jour et la nuit, et surtout (c'est sa fête) pour le repas du soir.

Vers dix heures du matin quand il revient de classe, ou vers quatre heures encore, elle est à la fenêtre, l'aperçoit de loin et palpite. Elle s'étonne un peu de le voir qui revient à petits pas, si lent, musant à toute chose.

Lui absent, elle étudie fort. Chose peu difficile, après tout. La mère intelligente peut sans se

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fatiguer se tenir en avant toujours, marcher devant Tenfant.

L'hiver seulement il est dur de se lever si tôt. Son mari a compassion. Mais elle a si grand cœur ! L'enfant serait grondé s'il n'avait appris ses leçons. « Ehl bien, chère, dit-il, je me lève. — Non, tu es fatigué d'hier. C'est moi qui le ferai répéter, et je veux d'ailleurs l'arranger à ma guise, et le faire déjeuner. C'est le Chaperon rouge. Moi seule, je puis lui bien arranger son panier. »

Se levant ainsi de bonne heure, dans sa vie toute nouvelle, le soir aussi, comme Tenfant, de très-bonne heure elle a sommeil. Innocemment elle s'endort, et parfois d'un jeune sommeil si fort que, non sans peine, elle et lui on les met au lit.

ce Monotone existence, » médiront les mondaines. Mais combien celle-ci y gagne en fraîcheur, en beauté ! Combien elle en est rajeunie !

Si ces gens-là avaient le malheur d'être riches, ils ne pourraient avoir cet intérieur. Le fils aurait un précepteur. Un étranger, un témoin, serait là.

L'éducation, n'exigeant pas leur concours, ils pourraient à leur aise continuer la YÎe mondaine qui ne manquerait pas de les éloigner l'un de l'autre.

Que ce tiers entre ici, tout va se compliquer. En les supposant sages, et dans la meilleure hypothèse, tous souffriront. S'il est très-bon et excellent, ce précepteur, il prendra fortement l'enfant, l'accaparera; il Taura volé aux parents et il deviendra le vrai père. Pauvre célibataire, devant la jeune dame, pleine de grâce, peut-il crever ses yeux? peut-il s'empêcher d*admirer? Qu'elle lui dise un mot de bonté, le voilà troublé et malade, hélas I et bientôt amoureux.

<x II est timide. Et elle est sage ; elle est fièie, et tout ira bien, » me dit Thomme du monde.

Eh I bien, je vous Tavoue, si vous mettez ce tiei*s près d'eux, mes plans avortent, mon projet est manqué.

Qu'ai-je voulu? deux choses, et non pas une.

En élevant l'enfant par les parents, je songe à une seconde éducation dont jamais on ne parle, celle que les parents reçoivent de l'enfant même. Je songe à la grande influence morale qu'il exerce sur eux. Leur forte unilé fait sa vie, ainsi que je l'ai dit ; elle assure son bonheur, son développement. Et c'est lui, à son tour, qui charme et qui resserre cette unité, en double l'intérêt. Le ma-

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riage n'est pas, comme on peut croire, un état imnidi)ile; s'il na un mouyement, un progrès, il languit, il s'ennuie, i) se dissout au fond. La ooch përation d'affaires ou d'idées, dé travail, donne à rintimité des aspects imprévus, du renouvelle^ ment. Mais de toutes les oeuvres communes, (xAIb qui peut le plui^ raviver nos puissances aimantes, c'est réducation de Tenfant*

Nécessité heureuse! Si les pari^ts avaient la moindre dissidence, il leur faut la cacher, lui im-^ poser silence. C'est la condition absolue de Téducatioki, sans laquelle elle avorterait^ Ce sentiment auquel on ne se livre pas, qu'on n'irrite point par l'aigreur du débat, n'a jamais même force ; souvent il s'étoufie ou s'oublie. Ainsi, sans le savoir ni le vouloir, l'enfant devant qui l'on s'obsin^ve, fait plus qu'aucun arbitre. Pour lui et dans iOn intérêt, on comprime, on supprime bien des divei^ gences naissantes qui, manifestées librement, rompraient, troubleraient l'union^

Un point très- capital, c'est que le père maintienne, relève eîi toute occasion l'autorité mater-^

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mile que l'enfiint n'est que trop porté à traiter légèrement. Il doit) ptr le tendre respect qu'il muifèste lui-même) bien faire sentir bu fils que eette douce personne , fkible pour lui et déserinée pour lui, la mère, n'en est pas moins le saint des saints.

Une jeune créature est toute en soi d'abord, comme un simple élément. Elle semble indifTèrente à tout, plus même qu'elle ne Test en effet. 11 est bon qu'il en "soit ainsi. Mais cela est dur à la mère. Le garçon, en naissant presque, a Torgueil du mAle. Il méprise les petites filles. Il se croît fort, et sa mère faible. Il dirait, s'il osait : « Je suis homme. Elle n'est qu'une femme. »

Les soins même excessifs qu'elle prend de lui, le servant et l'aidant en tout, lui donnent Tattitude d'un maître. De là certaines sécheresses, des duretés. S'il s'en souvient à un autre âge, il en aura des regrets, des remords. Mais alors le petit t^ran est bien loin de sentir les très- cruelles piqûres qu'il fait.

A mesure qu'il devient leste et vif, il s'en va avec ses camarades. Elle voudrait bien l'être ; elle essaye et ne peut ; aut jeux, aux exercices, elle est un peu lente, un peu molle. Et c'est son charme même, sa grâce que d'y échouer. La femme ne naît pas avec Kaile au talon? Court-elle ? Il est déjà

au but, revenu à moitié, qu'il la trouve en chemin.

Qu'elle travaille, étudie pour lui, se donne de la peine, il le trouve si naturel, qu'il n'en tient aucun compte. Il garde certain doute du savoir de sa mère. S'il revient de l'école avec une dictée mauvaise, un texte estropié, s'il est embarrassé et qu'elle fasse effort pour Taider, il la croit ignorante. Le père voit à son tour, et le plus souvent trouve qu'un mot capital est passé.

J'ai vu parfois une scène d'intérieur qui n'est pas rare, et qui donne à songer sur la nature humaine. Une mère, une jeune dame , très-capable, mettait une coquetterie innocente à bien montrer au père les progrès de l'enfant, ses efforts, son petit succès. Et elle se faisait une fête de donner leçon devant lui. Elle y était de cœur, de volonté, attentive à veiller, à soutenir l'enfant s'il déviait. Et elle y mettait tant de zèle, d'ardeur, qu'elle se troublait, s'embrouillait elle-môme. Les rôles étaient changés. Bégayant, rougissant, elle était très-charmante (et si touchante à ce moment !). Le pis, c'est que l'enfant riait. Profond courroux du père, qui pourtant, contenu, d'un mot bien jeté, la sauvait, la remettait en route. Mais tout était gâté ! Elle continuait, triste, ayant bien envie de pleurer.

Et elle pleurait en effet dès que l'enfant était

parti. Le mari avait peine à la calmer, la consoler. La consolation la meilleure, c'était l'émotion qu'il avait témoignée, son vif empressement à la tirer de là, sans qu'il y parût trop, a Ah I je Tai vu !... Tu

m'aimes donc? Mais lui, hélas I est-ce qu'il

m'aime? » Les pleurs redoublaient là-dessus.

Pénible occasion, favorable pourtant, de lui expliquer ce qu'elle est à cent lieues de savoir : a Ce que c'est que l'éducation. »

Toute femme imagine que l'éducation et l'amour sont même chose, que l'un veut, comme l'autre, faire un être de deux, que la mère et l'enfant, par exemple, seront même cœur.

Mais c'est tout autre chose. Le sublime de l'éducation, c'est que, toute désintéressée, elle consiste à faire un être indépendant, et non semblable, souvent fort différent, et qui soit vraiment lui ; un être, s'il se peut, qui vous soit supérieur, qui ne vous copie pas, qui dépasse, éclipse le maître.

L'élève continue, mais contredit l'éducateur, le plus souvent en suit très-peu la voie, sans quoi tout mourrait de routine.

Si la mère réussissait trop près de son fils et l'imprégnait trop d'elle, elle aurait un succès bien contraire à ses vues : elle en aurait fait une femme.

Aurait-il les dons de sa mère, ses finesses, ses

lié ySNPANT RAPFEHmT Ll FOYER.

délicatesses? Je ne gais. Mais, oe qui esl sûr, c'est qu'il aurait perdu les dons du mâle, les vives énergies par lesquelles son sexe est fécond.

Donc Tenfant, pour son bien, doit àtre un peu à part, observé et tenu tendrement, mais toujours à certaine distance, non mêlé indiscrètement à la vie dea parents, comme on fait aujourd'hui. Il sera plus modeste, s'il croit que la £imille est en deux personnes seulement, et qu^l en est un accessoire. L'intimité intime doit lui être fermée. ^ la mère, par exemple, veut, prèg de son mari, dans Pinte* rét de Penfant môme, se cultiver, étudier, il est mieux qu'il Pignore et ne la voie pas écolière. Serait-il assez sage pour n'en tirer parti? 11 fiiut qu'elle lui soit, autant que le père môme, Pautorite sacrée, idéal de raison autant que de bonté, premier objet de culte, et pour toute la vie comme un temple, un autel.

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