POUR SAVOIR ASSEZ
Les mères commencent souvent, mais rarement elles persistent ; la lassitude vient bientôt, le découragement. C'est qu'elles n'étudient juste que dans la mesure de Tenfant, n'apprennent que ce qui peut l'aider, traînent dans ces éléments d'intolérable aridité. Elles sont un peu paresseuses, s'en tiennent là, disant : « C'est bien assez. » La chose ainsi réduite est trop fastidieuse, elle excède la mesure de toute patience.
Il faut planer sur ce qu'on fait. Il faut savoir bien plus, et au-dessus et au-dessous, à côté et de tous côtés, envelopper son objet, et s*en rendre
lis CULTURE SUPÉRIEURE DE LA MÈRE.
maître; alors, on peut le pénétrer, alors on s'y attache par la facilité que Ton y trouve. On en saisit tous les aspects.
Il ne faut pas rester à mi-chemin, aux degrés inférieurs, dans les fades lectures que Ton impose aux femmes, sous prétexte de les ménager. C'est une honte qu'on leur interdise toujours la haute culture, qu'on leur donne les livres secondaires, imités des grandes œuvres, qui n'en sont que de faux reflets, des formes affaiblies . On leur fait lire le Tasse, plutôt qu'Homère et Dante, le faible Télémaqu0j au lieu de son modèle^ VOdys^ée^ ce poëme et si jeune et si sage, d'un éternel amusement. Quoique écrites dans la décadence,]les Vies de Plutarque nous gardent mille choses grandes, héroïques, de la belle antiquité, intéressantes, et plus qu'aucun roman. Mais elles lisent plutôt Walter Scott, auteur trës^négal, fort dans sas romans écossais, ailleurs presque toujours faible et banal. Innocence lecture qu'on donne aux de«* moiselles, et qui pourtant éloigne des livres se** rieux, qui développe en elles le goût de Taventure et la maladie du roman. Elles en boivent bientôt l'alcool, les romans d'adultère ; puis les tristes ro** mans de filles et de camélias ; puis (tel est le progrès de ces honteuses habitudes) toutes sortes de compilations grossières, les unes sales et les autres