‹ Nos filsChapitre 58 sur 70 · AVENIR. — LITTÉRATURE NOUVELLE. — LIBRES ÉCOLES · texte numérisé non relu

AVENIR. — LITTÉRATURE NOUVELLE. — LIBRES ÉCOLES

Je n'ai promis que le présent, ce que Ton peut faire aujourd'hui, ou (out au plus demain. Vous voulez davantage? vous seriez curieux de ce que nous garde le temps futur? Rien de plus simple. D'innombrables utopistes sont prêts à vous le dire. Le métier de prophète n*est point du tout le mien. Il est, en vérité, trop aisé de prophétiser.

L'homme sérieux, le travailleur qui chaque jour se fait son avenir par le travail et l'effort personnel; s*altache aux choses très-prochaines que créera son activité, qui dépendent de lui et de sa volonté. « A chaque jour sa peine, » dit le proverbe. Vou-

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loir 9 agir pour aujourd'hui , c'est le moyen d'agir d une manière efficace. Voir trop loin, c'est souvent chose vaine et même dangereuse. Préoccupé de ces lointains mirages, on n*a pas forte prise sur ce qu'on tient, et parfois on le Iftche. Même en le voyant bien, on ne distingue pas les obstacles intermédiaires qui nous séparent encore du but, les fossés à franchir avant d'y arrivera

Donc ne prédisons rien de lointain avenir. Ne nous amusons pas aux fantasques portraits des pa-

* Ceui qui se croient sûrs de Toir au loin, ne disconviendront pas que pour atteindre ce lointain lumineux, il nous faut d'abord traverser deux moments obscurs, deux crises, certainement salutaires, mais dont personne encore ne peut bien dire les ca. ractères et la portée : 1* la centralisation brutale et mécanique (portée par nos tyrans à sa dernière tension), cette grande machine va casser. La vie renaîtra très-féconde, engendrera l'ordre nouveau, un organisme vrai, la centralisation Tivante que tout être animé se créeparTaceordde ses fonctions. Gela viendra certainement, mais à travers un moment trouble, que les pires influences de la localité pourront certainement exploiter ; 2* dans i'indus* trie de même, dans la grande question du salaire, du travail (question chère et sacrée qui n'est pas moins an fond que celle du respect de la vie humaine) , il y aura un passage obscur encore. Je ne m'en trouble pas outre mesure. Je me ûe au bon sens des ouvriers, et vois avec plaisir que la forte majorité échappe au grand écueil (l'idée du bon tyran, protecteur des petits). Ils sentent aussi très-bien qu'aujourd'hui sur ces questions, c*est l'Europe qu'il faut regarder, tout le marché européen; que certaines conditions peuvent tuer telle industrie, ou la font fuir ailleurs (exemple, les unis de la soie, qui ont passé en Suisse, etc.) J'ai l'espoir que cette grande révolution si juste s'accomplira pa la discussion et le libre arbitrage.

radis futurs. Regardons au plus près ce qu^l faut faire demain, ce que, dès aujourd'hui, nous pouvons faire nous-mêmes.

Le premier point dont on ne parle guère, qui presse, qui doit tout précéder, c'est la création d'une littérature toute nouvelle , et vraiment sociale, c'est-à-dire fort contraire à la littérature malsaine, romanesque et bouffie, morbide, qui a dominé jusqu'ici. Elle était impossible, tant que nous pataugions dans la situation que le 2 décembre avait faite. Elle Test moins aujourd'hui. Un courant d'idées net et fort, parti du 24 mai, a commencé certainement, qui déjà épure, éclaircit. J'ai vu avec bonheur, dès le lendemain, jaillir de tous côtés des talents ignorés, tous indépendants du passé, nullement dominés (comme nous autres le fûmes souvent) par les efforts de Fart qui faisaient tort à Fart. Plusieurs choses admirables ont paru, qu'on ne peut comparer qu'à Camille Desmoulins, supérieures à Courier, si laborieux, supérieures aux Paroles d'un croyant^ qui ont le tort d'être un pastiche biblique, etc.

Ce n'est encore, je le sais bien, qu'une littérature de combat ; c'est la joie de détruire, démolir le monde du Mal. Mais la jeune chaleur qui est dans tout cela s'étendra peu à peu et deviendra féconde, concevra le monde du Bien.

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Oserai-je le dire? mais c est ma vraie pensée, — tout livre est à refaire. Je ne veux pas dire que les nôtres doivent être absolument brûlés; mais, même en ce qu'ils ont de bon, ils manquent du fort caractère populaire que demande ce temps, et qui va signaler les œuvres de ceux-ci. Ce que j'ai dit plus haut de la difficulté énorme de faire des livres pour le peuple se modifie beaucoup par nos circonstances présentes, par les milieux nouveaux où se trouvent nos successeurs. L'air était si épais que nous (les hommes de mon âge), dans nos es* sais, dans nos élans sincères, nous étions comme en un solide où chaque pas exige un effort. Ceux-ci ont le bonheur d'agir, écrire, parler, .dans un air respirable, léger et volatilisé, où tout mouvement sera facile.

Peut-on dire qu'on n'ait fait rien encore jusqu'ici ? Oh I on a fait beaucoup, en sens inverse, pour faire haïr l'instruction. Rien déplus rebutant, de plus nauséabond que les petits livres techniques ou fadement sentimentaux qu'on veut faire avaler au peuple. Il les vomit, il s'en détourne, et s'en va boire plutôt l'acre absinthe des romans corrosifs et des cours d'assises.

Cela changera-t-il? Oui, je n'en doute pas. Ces aliments de mort paraîtront dégoûtants dès que le peuple aura en abondance le cordial de vie. J'en-

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tends les livres sains, chaleureux, où il sentira Tâme amie, où il se trouvera lui-même en sa meilleure réalité ; les livres où s'effacera la ligne déplorable qui sépare l'écrivain du peuple, où celuici dira en lisant : c< C'est moi-même. Il me semble que je suis Tauteur. »

Qui fera ces livres? L'homme jeune, à ce premier élan de nature si facile. J'en vois de tels, trèsneufs, dans ces vifs esprits polémiques, sous forme militante pleins d'amour et de bienveillance. D'autres, ajournés jusqu'ici, ont, dans la seconde jeunesse, réservé, préparé des trésors de force organique. De ceux ci, de ceux-là nous viendront des torrents de vie^

* Quel rayon, quel réchauffement cette littérature porterait dans les lieux de mortel loisir, d'ennui et de tristesse de longs jours, d'éternelles heures, la Prison , V Hôpital! On fait si peu pour y vivifier, y ranimer les âmes I Ce ne sont pas des offices incompris, surannés, d'un autre âge, ce ne sont pas des sermons ennuyeux qui moraliseront le prisonnier. Par de belles lectures, par l'art (l'art attrayant], par le réveil du beau, on peut rendre des ailes à son âme abattue. J'ai vu dans nos prisons, de petites bibliothèques, quelques livres excellents [V Histoire d'Henri Martin, Malte Brun, \a Collection des Voyages» etc.). Mais on en usait peu. Les lieux trop resserrés, le défaut d'air, de promenade, affadissent le cœur, ôtent toute activité d'esprit. La prison ne diffère que peu de l'hôpital. — Pour l'hôpital, je ne peux pas comprendre que nos médecins, si intelligents, ne voient pas que nombre de malades y meurent (à la lettre) d'ennui. L'ennui, et le retour que

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Le livre doit précéder Fécole. Qu'est-ce que savoir lire? Rien du tout, si Ton n'a des livres à lire. Et j'entends des livres attachants, attrayants, qui fessent désirer la lecture.

Sous la Restauration, on essaya les écoles mutuelles. Et sous Louis-Philippe, il y eut velléité d'organiser renseignement primaire. Beaucoup apprirent à lire, lesquels n'ont jamais lu. Pourquoi? Mon Dieu, faute de livres I

Il faut des livres pour Tenfant. Mais il est plus urgent peut-être encore qu'il y en ait pour celui qui l'instruit ; qu'à côté de l'école préexiste la petite bibliothèque où le maître d'école aura son ap-

fait constamment sur son mal une âme inoccupée, doublent la maladie- Sauf les romans qui peuvent agiter trop, bien des livres les soutiendraient, histoires, voyages, etc. La grande Commune de Paris (spécialement Ghaumette), qui eut le peuple au cœur, un sentiment si vif du pauvre et des misères de Thomme, eut l'idée excellente d'envoyer aux malades toutes les publications qui pou- TBient les calmer, les rassurer sur les affaires du temps. Combien étaient malades de souci et d'inquiétude I Représentez-vous le pauvre homme, enfermé derrière ces grands murs, parmi les bruits d'une telle ville dont il n'arrive à lui que de tristes échos, accablé des pensées d'un tel moment, ne sachant rien, seul, faible, avec sa défaillante vie. « Mais non, tu n'es pas seul, dit la Patrie ^ sa mère. Je te suis, et je pense à toi. Je t'envoie nos pensées communes. Pour médicaments et remèdes, reçois de moi les belles nouvelles de la France. L'individu faiblit en toi, mais ce n'est rien. Français lu ressuscites, tu es fort, tu es grand. Tu te croyais malade? Erreur. Tu es si bien portant que tu viens d'accabler la Vendée et l'Autriche, tu as vaincu deux fois (Wattignies et Granville). Tu ne peux plus mourir, car la France est guérie. »

puî, son soutien, et puisera la vie chaque jour. Un enseignement tout oral, s'il était excellent, ne me déplairait pas. Les choses, avec un très-bon maitre, inspiré de bons livres, arriveraient vivantes à Fenfant et plus efficaces peut-être que par la voie du petit livre élémentaire.

La chose selon moi sacro-sainte,le lendemain du jour où la cruelle machine autoritaire se détendra, c'est la réparation due à son martyr, sa victime. Je soutiens que, de tous, celui qui a souffert le plus, c'est le maître d'école.

Dix mille, après le 2 décembre, furent destitués du premier coup, et j'allais dire tués. Vraie Saint- Barthélemi de la faim. Ce furent les plus heureux. Comment dire les misères de ceux qu'on épargna, infortunés hilotes, devenus les valets (sonneurs, bedeaux, portiers), serfs tremblants du curé! Ce pauvre peuplt (de 70,000 hommes si méritants) lorsqu'il pourra parler, dira ce qu41 souffrit dans la captivité si dure dont jamais n'approchèrent celles d'Israël et de Juda.

Si malheureux, si humble, il a vaincu pourtant. Comment? En restant respectable. Il s'est montré dans son abaissement et dans les tentations de la misère, très-honnête, très-pur, si vous le comparez aux Frères que chaque jour les tribunaux nous ont fait connaître si bien.

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Le prêtre, e^est la monarchie. En 1850, il le dit clairement en appelant le 2 décembre, le messie militaire, Tépée. (Dupanloup, Education^ préface.)

Et vainqueur que fit-il ? Il brisa le maître d'école. Cela dit clairement le nom de celui-ci : il est la république mime.

De la liberté sortiront des écoles tout indépendantes, qui, selon les contrées, les futures professions, etc. , donneront un enseignement heureusement varié, moins uniforme que celui d'aujourdhui. Les localités comprendront combien leur seront profitables les dépenses de l'école. Cela viendra. Mais aujourd'hui se fier au village pour nourrir le maître d'école, c'est sans nul doute le faire mourir de faim.

Affranchi, relevé, il va être lorgane nécessairede l'idée nouvelle, Irés-zélé (ayant tant souffert). C'est par lui que la France pourra parler à ses enfants.

Il faut largement l'adopter, lui dire : « Tu es le fils légitime de la république, » assurer son foyer, faire pour lui ce qu'on fait en Hollande et en Angleterre, autant qu'on peut, le marier. Sa femme enseignera les filles.

Cela ne suffit pas. 11, faut (et c'est l'essentiel) entrer plus qu'on n'a fait dans Fintelligence de son sort. Il faut être à la fois et plus humain, et plus sévère qu'on ne la été jusqu'ici.

Quel est son mal ? Quelle esl la cause du blasement et de Ténervation où il tombe souvent de bonne heure, et qui rendent son enseignement fade et sans efficacité ? Ce mal, c'est la monotonie intolérable de sa vie. Le mariage déjà y mettra des diversions (non nuisibles, utiles). Msûs ce qui très-directement le tirera de ce marais, c'est d'exir ger de lui certain progrès, certaine étude nouvelle, qui, duement constatée, lui vaudront un avancement. Vous allez dire : « Cela le distraira, et il enseignera moins bien? » Tout au contraire. Si Tâme est en santé, si l'esprit est vivant, cette énergie salubre se sentira en tout, vivifiera l'école. Avec l'homme ennuyé elle s ennuie, elle n'est que langueur, rien que torpeur et bâillement.

M de Lamennais, qui, dans son dernier âge, plus nerveux que jamais, trouvait souvent des mots vifs et forts, à pointes d'acier, m'en dit un certain jour, qui m'entra dans l'esprit. On parlait du prêtre, du haut état de l'âme qu'il y faudrait et qui se soutient peu. « Oh! dit-il! être prêtre!... on le sera de temps en temps. »

Enseignement, c'est sacerdoce. L'enseignement,

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poar bien agir, avoir son efficacité, eiige une verdteur, une vigueur qu'on n'a pas toujours. On peat se demander si c^est un m^er d'être maître?

Feut-on Fëtre toute la vie?

On a de grands moments où Ton est digne d'oiseigr.er. Toute parole alors porte coup, est sentie et reste ineflaçable. Mais ces moments sont rares ; ils ont peine à se soutenir. La détente vient, certaine lassitude. On se trouve au-dessous de srâ.

Renseignement devrait, dans une sodëté avancée, être la fonction de tous ou presque tous. Il n'est presque personne qui, à certains moments, parlant avec plaisir et force, aimant à épancher son ftme, n'enseigne à son insu et excellemment bien.

Deux âges y sont très-propres.. Aux grands enseignements civiques, qui doivent mettre au cœur la patrie et Thumanité, il faut le chaleureux jeune homme, dans la force entière d'un âge non encore entamé par la vie, d'un Age riche de passions, et trop heureux de s'épancher.

Mais souvent au retour, Thomme qui a agi, souffert, Thomme mûr qui sera vieux demain, trouve un sérieux plaisir à transmettre aux jeunes le fruit de son expérience, mille notions positives qu'il a recueillies par la vie. Le vieux n'aime que trop à parler; le prolixe Nestor n'est point un idéal d'enseignement. Mais quelle merveille, quelle belle

aventure c'eût été, si Ulysse, au retour, le sage et le héros, bienveillant, se fût enseigné lui-même^ à Télémaque, à tous, eût transmis ce riche trésor de faits, de découvertes, et surtout sa grande âme invincible et sa patience I

Dans une société supérieure à la nôtre, et telle qu'elle sera un jour, renseignement intermittent sera je n'en fais doute, un puissant moyen d'action. Ou saura profiter de ces puissances diverses, de l'élan du jeune homme, du recueillement du vieillard, de la flamme de l'un, de la lumière de l'autre.

On ne sait point tirer parti de la jeunesse ^ On ne

* Vhonnête et incapable gouvernement de Février se fia ù la Presse, et le parti contraire à l'Association. Ce gouvernement innocent (et d'ailleurs emporté par la rapidité des troubles quotidiens] ferma les yeux sur ce qu'on lai disait : < On ne lit pas en France. » Premièrement, la France ne sait pas lire, sauf une petite élite des villes. Deuxièmement, cette élite lit bien moins qu'on ne croit, n'aime (au vrai] qu'à parler. On sait comment se fit l'embauchage du parti contraire, comment ses parleurs populaires et ses chansonniers ambulants parvinrent à réveiller la lé* gende endormie. Cela était visible à tout le monde. Je retrouve les lettres qu'on écrivit alors k Lamartine et autres. On leur disait qu'au lieu de manifestes littéraires si vains qu'ils affî. chaient, il fallait employer un moyen plus grossier, qu'il fallait procéder par un puissant compagnonnage de jeunes gens zélés, qui eussent, de village en village, expliqué les bienfaits, raconté les histoires, et surtout enseigné les chants de la Révolution. Elle existait cette jeunesse. C'est par elle qu'il fallait agir. Des hommes I des apôtres 1 c'est tout. Moins de phrases. Des hommes vivants 1

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remarque pas qu'aux vacances des hautes écoles, souvent dans Tintervalle, entrerécole et le métier, les jeunes cœurs bouillonnent, souffrent de V inaction. Ils voudraient se répandre. Leur chaleur naturelle d'elle-même alors est éloquente. Moments fort dangereux qui seraient fort utiles. Le volcan embarrasse, parce qu'on ne sait qu'en faire. Au lieu des jeux cruels de la chasse, lançons le jeune homme dans la propagande civique, scientifique, l'enseignement des choses qu'il aime, et qui, nouvelles pour lui, ont foute la fraîcheur, le charme de la nouveauté.

C'est cela justement qui serait efficace. Ce maître passager serait plus écouté qu'aucun professeur fixe. Pourquoi le théâtre d'Athènes avait-il tant d'effet? 11 était passager, ne durait qu'un moment, aux fêtes de Bacchus. Et, pour citer aussi une chose bien sérieuse : ce qui rend la justice anglaise et de grand effet, c'est qu'en chaque lieu ses assises durent peu et d'autant plus saisissent toute Tattention.

AVENIR. - DE UÉGOLE GOSIME PROPAGANDE CIVIQUE ET COMME ÉCHELLE SOCIALE.

AVEiNIR. — DE LtCOLE œMME PROPAGANDE CIVIQUE ET GOMME ÉCHELLE SOCIALE.

L'enseignement un jour aura mille formes. La liberté sera féconde. Des instituts très-différents répondront aux mille exigences, aux nuances infinies de la nature. Même dans l'enseignement élémentaire qui peut moins varier, certaines choses pourront différer. On n'enseignera pas un enfant de la Creuse, futur maçon, comme on enseignerait le pelit marin de Marseille ou so» jeune commerçant.

Plus nombreuses seront les écoles, plus on pourra se dispenser du système des grandes classes, trèsfuneste, on le sait fort bien, et qui ne commença

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vers 1600 que par le nombre immense des écoli»^ entassés aux collèges. Combien il vaudrait mieux prendre les écoliers par petits groupes, élastiques, et changeants, en raison des aptitudes et des progrès ! Mais ceux qui suivent ce système avouent qu'il n'est possible que dans l'école peu nombreuse, comme furent celles de Pestalozzi.

La variété est féconde incontestablement. Mais elle Test surtout quand elle se produit dansTélasticité d'une harmonie vivante. La variété du chaos, diversifiant à Tinfini des éléments sans rapport ni lien, serait stérile. U n'est pas inutile de rappeler cela au moment où la grande machine de centralisation (forcée, tendue à mort par le gouvernement) va éclater. En ce jour elle est l'ennemi. Le spectacle va être singulier quand elle cassera. Imaginez le tonneau d'Heidelberg qui contient trois cents muids, perdant tous ses cercles à la fois. La rouge mer échappe de tous côtés. 11 faut s'arranger pour qu'elle ne soit pas en vain dissipée, écoulée, perdue.

Centralisation, tyrannie, ces deux mots sont-ils synonymes ?

Nullement en histoire naturelle. La vie cenlralisée, c'est la vie harmonique dans l'accord libre et doux de tous les organes à la ftis. Chez l'homme bien portant, le mammifère, l'oiseau, etc., lacen-

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