‹ Nos flamandsChapitre 13 sur 24 · VII. l^E PIQUANT PARISIEN ET LA BEAUTÉ FLAMANDE · texte numérisé non relu

VII. l^E PIQUANT PARISIEN ET LA BEAUTÉ FLAMANDE

Paris a le joli : ses femmes sont comme des quintessences de femmes. Le galbe, fuyant la plénitude et la rondeur des formes parfaites , s'y fait piquant par des inégalités et des étrangetés pleines d'émotion ; la ligne ne se développe pas en somptueuses apparences ni ne se revêt de carnations riches; au contraire, elle semble rentrer, se restreindi'6 à des modelés maigres et ne vouloir être que le moulage d'un cœur et d'un esprit. C'est la maigreur délicate, ardente, consumée, pleine de nerfs et toujours ébranlée des pur-sang, avec je ne sais quel affînement de race mêlé d'appauvrissement souffreteux. Natures solides, d'ailleurs, faites pour le tourbillon, le mouvement, le vertige des sens et de l'esprit, ce sont des aciers puissamment trempés, souples et indestructibles. Balzac les sentit avec génie : les femmes de sa Comédie ont le tressaillement des tempéraments toujours vibrants. Sous leurs petites épaules .serrées, étroites, peu charnues, des tendresses de lionne, des haines implacables mettent d'étonnantes forces dans leur sang. Et vraiment ces corps de parisiennes, frêles et si forts pourtant, sont taillés pour les passions, dont ils portent les traces dans leur maigreur; la pensée incessamment dévore ces chairs. Comme une

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