‹ Nos forêts du bois à pulpe [microforme]Chapitre 4 sur 5 · TT · texte numérisé non relu

TT

(G Le? /.

mdgrererne- Te HE

À à at ER Tete &

ne

ê ser

Re UE Li

ne leur en vendons que 400,000 cordes, soit moins de 20 par cent. On admettra que c’est une quantité relativement insi-

gnifiante dont ils pourraient à la rigaeur se dispenser sans trop se mettre à la gêne.

Il y a bien aux Etats-Unis quelques usines qui n’ont pas de concessions forestières (limites) sur lesquelles elles peuvent s’approvisionner et qui dépendent du bois canadien, mais ces usines ne sont pas nombreuses et constituent en l’espèce un facteur peu important. Une bonne partie de ce bois nous est achetée par les Amé.

ricains, parce qu’il leur coûte directement ou indirectement meilleur marché. Directement: le prix d'achat, transport inclus, étant moins élevé que celui des Etats-Unis.

Indirectement : l'avantage de pouvoir acheter en Canad2 leur permettant, par la compétition qu’ils établissent ainsi, de régulariser le prix du bois chez eux.

Nous croyons donc pouvoir dire que les Américains peuvent se dispenser, au moins pour quelques années, de 75 par

cent du bois à pulpe qu’ils nous achètent actuellement, sinon de la totalité.

I1 se fabrique au Canada (voir statistiques du Canada pour 1903) 275,619 tonnes de pulpe dont 118,869 tonnes sont consommées au pays, et 156,750 tonnes sont exportées. De cette dernière quantité 98,752 tonnes, ou 62 par cent de notre exportation totale, ont été exportées aux Etats-Unis. Si, pendant quelques années, les Américains peuvent se dispenser d’une bonne partie de notre hois à pulpe, quels seront les résultats d’une loi prohibant l'exportation de ce bois, ou le soumettant à un droit d'exportation très élevé et équivalant pratiquement à la prohibition ?

Si l’exportation du bois à pulpe était prohibée...

UPPOSONS que le Canada prohibe l’exportation de ce bois. Nous connaissons assez la politique de représailles du gouvernement de Washington pour prévoir que les Américains ne seraient pas lents à nous traiter comme nous les traitons nous-mêmes et qu'ils prohiberaient l’importation de la pulpe canadienne chez eux.

Les conséquences de la prohibition seraient donc pratiquement les mêmes que celles qui suivraient l'imposition d’un droit d’exportation. |

Voyons quell=s seraient ces consé-

quences.

LS PAR ane D EE 2

Si un droit d'exportation

était imposé sur le bois à pulpe . + ee ee + ee

OTRE marché naturel d'exportation pour la pulpe, c’est la République voisine ; nos meilleurs clients sont les Etats-Unis qui nous achètent 62 par cent — près de 100,000 tonnes pour 1904 — de notre expor-

tation totale. L'industrie canadienne de

la pulpe peut donc difficilement se dispenser du marché américain.

Or, si le gouvernement du Canada imposait sur le bois un droit d'exportation très élevé, pratiquement prohibitif—disons de #2.00 4 #4.00 par corde — le gouvernement de Washington serait forcé (c’est la loi Dingley qui le veut ainsi) d'imposer immédiatement un droit égal sur la pulpe canadienne envoyée aux Etats-Unis, soit de $2.00 à $4.00 par tonne. Cela nous fermerait le marché des Etats-Unis pour la pulpe, et come presque toutes iles pul-

peries canadiennes sont trop éloignées d’un port de mer pour exporter avantageusement leur produit en Europe on devine dans quelle situation embarrassante elles se trouveraient si le gouvernement imposait un droit d'exportation sur le bois.

En outre une telle politique mettrait le désarroi dans les chemins de fer, dans le commerce, dans la classe ouvrière, dans la colonisation.

Qu'on en juge.

Au point de vue commercial

E droit d'exportation nous empêcherait de vendre au’: Etats-Unis:

400,000 cordes de bois — équivalant à 809,000 tonnes de fret — représentant en prix d’achatetenfrais de transport à la frontière $7.00 par corde.......... #2,800,000

nement)

100,000 tonnes de pulpe — équivalant à 200,000 tonnes de fre: —représentant en bois, maind'œuvre, etc., transport à la frontière $16.00 par tonne.... 1,600,000

Mais ce chiffre, bien qu’élevé, ne donne pas une juste idée du malaise, de la gêne, du désarroi que cette situation nouvelle créerait aux chemins de fer en les privant de 50,000 chars de fret (un million de tonnes) ; aux ouvriers employés jusqu’ici à la manutention de ce million de tonnes de fret et à la fabrication de ces 100,- 000 tonnes de pulpe; aux colons qui fournissent les 400,000 cordes de bois exportées, et les 110,000 cordes représentées par les 100,009 tonnes de pulpe aussi exportées ; et À l’industrie de la pulpe ellemême.

Voilà pour le côté commercial de la question. Examinons-en le côté économique et patriotique.

ji

Au point de vue de la colonisation et de la prospérité générale.

E sont les colons, les petits cultivateurs qui souffriraient le plus d’un tel état de choses, car ce sont eux qui, directement et indirectement, bénéficient le plus de l’exportation de notre bois à pulpe.

En voici la preuve:

En 1903 et 1904, la province a exporté chaque année, 400,000 cordes de bois, dont 60,000 cord : seulement ont été coupées sur le domaine de la Couronne.

L .utres 340,000 cordes ont été prises sur .es lots patentés, des lots de colons ('). Des 110,000 cordes de bois requises pour fabriquer les 100,000 tonnes de pulpe exportées aux Etats-Unis environ les 34 ou 82,500 cordes ont été aussi fournies par les colons. (C’est donc 422,500 cordes de

(1) Une certaine quantité a été coupée sur des seigneuries.

bois que ceux-ci ont vendues grâce à l’exportation de ce produit, soit en nature soit manufacturé. C'est une source de revenus considérables, sur laquelle ils peuvent compter et qui les met en état de f..e leur défrichement et de vivre. L'’hiver, ils font du bois sur leurs propres lots ou sur ceux de leurs voisins; l'été ils uettoient, font brûler et cultivent. Ils restent sur leurs lots et progressent. Ia province progresse aussi.

Qu'’adviendra-il de ces pauvres gens si le pays leur enlevait ce moyen d’existence ? Qui leur fournirait les 15 à 20 piastres représentant la valeur du bois d'un acre défriché, somme qui assure la subsistance de la famille ?

Je laisse au public le soin de répondre à ces questions.

L'exportation du bois à p be doit être encouragée pour une autre raison se rapportant encore à la colonisation, mais aussi au petit capital, en même temps qu’à la prospérité générale.

Il est bien plus facile de faire du bois à pulpe que de la pulpe. Pour faire du bois on peut s'installer partout où passe un chemin de fer ou une rivière, la distince de l’usine à pulpe n’y fait rien. On peut multiplier les établissements à volonté. Cctte industrie exige peu de capital. Aïnsi la préparation de 100,000 cordes de bois ne demande qu’un capital de $100,000. Il faudrait #3,000,000 pour convertir ce bois en pulpe, (bien que la différence en main-d'œuvre en faveur de la pulperie ne soit que de $2.00 par tonne), et $12,000,000 pour le convertir en papier.

Dans un pays comme le nôtre où la population est dispersée sur un si grand territoire, où elle est pauvre et doit avoir à sa portée des moyens faciles de gagner un peu d’argent, l’industrie de la préparation du bois à pulpe est l’industrie la plus avantageuse, car elle bénéficie au plus grand nombre et aux plus pauvres.

Enfin, nous avons pour riotre bois un excellent marché aux’ Etats-Unis, et un

a a tn RS SPENCER EN RIT PIE 2

autre qui pourrait devenir avantageux en France.

Encourageons l’industrie de la pulpe.

’ANGLETERRE consomme 450,000 tonnes de pulpe par année. Nous lui en envoyons environ 75,000 tonnes, soit 17 par cent. Nous devrions exporter aux Etats-Unis au moins 300,000 tonnes de pulpe; nous leur en vendons 100,000 tonnes.

Pourtant nous avons le bois, les pouvoirs d’eau, la main-d'œuvre pour fabriquer la pulpe à aussi bon marché qu'aucun autre pays. La pulpe canadienne est aussi bonne que celle de la Scandinavie. Au lieu de se développer graduellement, l’industrie de la pulpe au Canada subit un temps d’arrêt, dont voici les causes.

Par rapport aux Etats-Unis. Le gouvernement américain impose $1.90 par tonne de droit de douane sur la pulpe ve-

nn

nant du Canada. Les taux de transport par chemin de fer sont, en règle générale, de 20 pa: cent plus élevés pour la pulpe que pour le bois. L'équipement d’une pulperie coûte 20 par cent de plus au Canada qu'aux Et.ts-Unis.

Si le gouvernement du Canada pouvait — et il le devrait, car c’est dans l’intérêt du pays — faire enlever cette taxe de $1.90 par tonne ou accorder une compensation équivalente ; forcer nos chemins de fer à transporter la pulpe aux mêmes

taux que le bois ; modifier le tarif de façon à ce qu’il ne nous en coûte pas plus qu'aux Américains pour équiper une pulperie, nous pourrions alors tripler notre exportation : 1x Etats-Unis.

Par rapport à l'Angieterre. 1, Angleterre nous achète 75,000 tonnes de pulpe: elle en achète 350,000 tonne: de la Scandinavie. Pourquoi ne lui veudousnous pas la plus grande partie de ces 350,000 tonnes? (C’est tout simplement parce que la Scandinavie exporte sa pulpe

en Angleterre à $3.00 par tonne meilleur marché que nous payons pour y envoyer la nôtre.

L’Angleterre achète au Canada juste assez de pulpe pour établir la compétition entre notre pays et la Scandinavie et empêcher la hausse des prix.

Que le gou/ernement nous mette en état de transporter notre pulpe en Angleterre à aussi bon marché que la Scandinavie y rend la sienne, et le Canada aura là-bas un mar:hé pour 300,000 tonnes de pulpe. Cela pourrait se faire soit directement par une prime d’exportation adéquate, soit indirectement en subventionnant à cette intention une ligne de steamers.

La France achète annuellement 200;,- 000 tonnes de pulpe de l’étranger, et le Canada devrait se mettre en mesure de lui fournir une bonne partie de cette quantité.

Ajoutons que depuis 5 ans la demande pour la pulpe, tant en France qu’en Angleterre, augmente de dix par cent par année.

EN ENEC

L'exploitation de nos forêts sous toutes ces formes sera complète si nous fabriquons tout le papier dont nous pouvons disposer ici même et à l'étranger.

Page 1