‹ Nos Gens de LettresChapitre 2 sur 23 · PRÉFACE II · texte numérisé non relu

PRÉFACE II

(les avertissements salutaires. Beaucoup , même parmi les maîtres, trouveront de (juoi faire un retour triste sur eux-mêmes en lisant les pages consacrées par l'auteur aux déviations forcées du talent sous l'influence du labeur vénal, aux cruels abus de la production propre à notre âge, aux âpretés du combat pour la vie dans ce monde littéraire encombré d'ouvriers, — et aussi de parasites. Sur combien de tombeaux d'écrivains célèbres pourrait-on graver comme sur la stèle antique : un encrier, une plume et ces mots: Témoignages d'une dure vie I...

L'idée maîtresse de M. Frédéric Loliéc^ pourrait se formuler ainsi : la littérature (\st considérée, parla plupart des écrivains français du dix-neuvième siècle, comme un métier à la fois et comme un art. Ils ont [)ris à la lettre la vieille formule: « Il faut que le

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prêtre vive de l'autel, » — et cette formule se trouve d'autant plus malaisée à mettre en pratique aujourd'hui, que les besoins du bien-être solide et du luxe apparent sont devenus plus généraux à la fois et plus intenses. On se convaincra de la difficulté qui se rencontre à concilier ces deux termes contradictoires, le métier et l'art, si l'on réfléchit seulement à leur définition. Qui dit métier dit production continue, et production subordonnée à la grande loi de l'offre el de la demande. Que l'acheteur cesse de se plaire à tels produits, le fabricant de ces produits doit s'ingénier à une nouveauté de besogne. L'homme de métier se soumet par (îela même au public, aux exigences variables, souvent erronées, de son goût, comme à toutes les chances capricieuses, comme à toutes les fluctuations qui résultc^nt de la concurrence universelle. — Qui

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