‹ Nos grands médecins d'aujourd'huiChapitre 18 sur 51 · DUJARDIN-BEAUMETZ · texte numérisé non relu

DUJARDIN-BEAUMETZ

DUJARDIN-BEAUMETZ (Georges), ne' le 26 novembre iSjj, à Barcelone, de parents français. Interne des hôpitaux, le 24 de'cembre i8pj.

Médecin du Bureau central, le 12 août i8yo.

Me'decin des hôpitaux, le p janvier i8j6.

Membre de l’ Académie de Médecine, en juin 1880.

ILS sont deux qui honorent ce nom. Uun, le D"" Thadée Dujardin- Beaumetz, médecin principal de l’armée, chirurgien de haute valeur, a rendu d’importants services à nos troupes pendant la campagne de 1870 et plus récemment au Tonkin, où il fit preuve de très grande énergie et d’esprit inventif. Administrateur consommé, il est aujourd’hui directeur du service de santé au ministère de la guerre.

Son cousin, le D' Georges Dujardin-Beaumetz ■de l’Académie de Médecine, intéresse plus directement le public parisien.

Des yeux fins aux paupières volontiers clignotantes, de grands favoris argentés autour d’une figure demeurée très jeune, une de ces énergiques figures ouvertes où la fatigue ne paraîtra jamais, une ample redingote à rosette rouge toujours déboutonnée sur un perpétuel gilet blanc, tel apparaît chaque matin à ses nombreux élèves le sympathique maître. Sympathique n’est point ici de signification banale. Le D' Dujardin-Beaumetz s’est donné pour tâche d'être utile : il l’est quotidiennement, et nul mieux que lui n’a fait ce qu’il avait à faire.

Les praticiens et les élèves lui doivent beaucoup ■et lui paient leur reconnaissance en popularité.

Constatant que, parmi les maîtres, les plus éminents occupés à des études d’observation pure sur ■les maladies négligent un peu trop l’art de les soigner, il s’est donné à la thérapeutique et en a fait l’objet de ses constantes préoccupations. Bien que n’appartenant pas à la Faculté, il a organisé à l’hôpital Cochin un enseignement très complet .avec trois grands laboratoires où se font les expériences, et un important service de malades pour

les applications pratiques, car il a pour principe qu’il est bon de joindre toujours l’exemple à la parole.

Enseigner aux élèves l’art de formuler, et quels médicaments conviennent à tel tempérament dans telle maladie, expérimenter in anima vili, puis appliquer à l’homme les remèdes nouveaux, •se tenir au courant de toutes les publications étrangères, des découvertes les plus récentes d’où qu’elles viennent, en juger la valeur et en fixer l’emploi pour le plus grand profit des praticiens — tel est son rôle.

Et toute l’énorme activité dont cet homme est capable est au service de ce but : répandre et développer nos connaissances en matières d’hygiène thérapeutique. Il a abordé ce sujet sous toutes les formes : il a fondé un périodique spécial, rédigé un volumineux dictionnaire, publié des leçons cliniques, un formulaire magistral, un traité des plantes médicinales.

C’est presque uniquement à son cours et dans son service que les élèves peuvent apprendre non pas seulement les propriétés théoriques de tel ou tel médicament, mais la façon, le cas, le moment, la dose où il importe de l’employer. Il enseigne, en un mot, ce qui est surtout utile

à la grande majorité des médecins, et les élèves pleins de reconnaissance pour ce maître toujours bienveillant, toujours compris, toujours prêt à rendre service, se dispersent, une fois leurs études finies, pour porter loin sa renommée.

Ayant comblé un vide, ayant inauguré une manière et n’empiétant sur le domaine de personne, M. Dujardin-Beaumetz est aussi très aimé par ses collègues. Son exemple a provoqué un peu partout, en Italie, en Grèce, en Espagne, en. Russie, la création de cours officiels analogues aux siens. En province, à la jeune et brillante faculté de Bordeaux notamment, beaucoup de professeurs font, d’après sa méthode, de fructueuses leçons de thérapeutique clinique. Bien des gens auraient vu avec joie la création à la Eaculté de Paris d’une chaire spéciale dont le titulaire semblait tout désigné. On n’en a rien fait, et le D’' Dujardin-Beaumetz ne s’en plaint pas. Il estime que, tout de même, son but est atteint d’être utile, et que l’universelle sympathie de ses élèves et de ses confrères le récompense pleinement de tant d’années d’efforts et de tant de travail consacré au plus grand bien de tous.

PRINCIPALES PUBLICATIONS

Leçons de clinique thérapeutique (3 vol.), prix Châiteauvillars, sixième édition.

Hygiène thérapeutique (i vol.), deuxième édition.

Hygiène alimentaire (i vol.), troisième édition.

Hygiène prophylactique (i vol.).

Nouvelle médication (i vol.), quatrième édition.

Nouvelle médication, 2® série (i vol.).

Traitement des maladies de l’estomac (i vol.).

Recherches expérimentales sur l’action toxique des alcools, en collaboration avec le Audigé (i vol.), prix Monthyon.

Formulaire de thérapeutique, en collaboration avec M. Yvon (i vol.).

Les plantes médicinales, en collaboration avec M. Égasse (i vol.).

Dictionnaire de thérapeutique (4 gr. vol.).

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