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FRANCOIS-FRANCK

FRANÇOIS-FRANCK (Charles-Émile), né à Paris, en 184g.

Interne des hôpitaux de Bordeaux, en iSji.

Chef de clinique, en 1842.

Prosecteur, en 1842.

Docteur en Médecine, en idjj.

Directeur du laboratoire de physiologie pathologique au Collège de France, depuis i88p.

Membre de l’ Académie de Médecine, en 1884 . Professeur suppléant au Collège de France, depuis

A la Société de biologie, dont il est l’un des notables, dans le pauvre petit local où, chaque samedi, tant de savantes têtes se réunissent, à l’Académie de Médecine où se groupent le mardi nos notabilités médicales, sa figure, exceptionnellement intéressante, se distingue vite des autres et fixe l’attention.

Des traits d’une régularité remarquable, d’une extrême pureté, d’une tranquillité parfaite. Les cheveux et la barbe, argentés depuis longtemps’ déjà, sont symétriquement disposés; sa toilette est, comme toute sa personne, d’une parfaite correction; l’abord réservé, est cependant affable, et le regard accueillant corrige ce que l’attitude pourrait avoir d’un peu froid; tout en lui respire le bon équilibre de santé et la vigueur soigneusemententretenus par l’exercice physique auquel ce travailleur persiste à consacrer chaque jour un peu du temps qu’il doit trouver pourtant si court.

Et sa parole est nette, lente, mesurée comme par un régulateur, impeccable, réfléchie, sans hésitations.

Seulement, tandis que bien souvent cette belle tenue n’est qu’un voile à couvrir la nullité foncière, on sent chez lui que c’est bien là son attitude naturelle, et qu’une belle intelligence est là dessous, d’autant plus lumineuse, qu’elle est plus méthodique et calme.

C’est à l’école de Bordeaux qu’il fit ses premières études; il en a gardé le meilleur souvenir et s’y est fait des amis de la première heure auxquels il est resté fidèle. La guerre de 1870, à laquelle il crut devoir participer comme volontaire,.

faillit interrompre une carrière qui s’annonçait brillante; mais, ayant échappé par un hasard inespéré aux dangers d’une réclusion imméritée, il revint poursuivre ses études et ne tarda pas à rentrer à Paris où il hésita entre deux grandes voies : celle de la science pure où l’appelaient ses tendances et ses études antérieures d’anatomie et de physiologie ; celle de la pratique médicale où le poussaient et sa famille, et quelques maîtres, comme Potain, dont il était l’élève et déjà l’ami.

Il prit le parti de consacrer au pur travail les années d’active jeunesse que presque tous emploient à s’entraîner pour les concours.

Préparateur, puis suppléant de Marey au Collège de France, il y dirige maintenant le laboratoire de physiologie pathologique des hautes études que le directeur de l’Enseignement supérieur, M. Liard, a créé à son intention, sur l’avis favorable de Marey, de Charcot, de Potain, de Chauveau et quelques autres.

C’est, aujourd’hui, l’un des jeunes maîtres les plus incontestés de la physiologie française. A quarante-deux ans, il a derrière lui un beau bagage de trouvailles scientifiques, dont on peut consulter la liste abrégée ci-après.

A l’étranger, on a pris coutume de le traiter comme une des lumières de la physiologie actuelle. En France, j’en connais qui reprochent à M. François-Franck de n’avoir pas assez l’esprit généralisateur, le génie synthétique. Je serais tenté de croire, avec d’autres, qu’il faut, au contraire, l’admirer beaucoup de ne pas généraliser hâtivement, de préférer les recherches précises, les découvertes partielles mais définitives, et de vouloir que la synthèse se fasse d’ellemême.

£n tous cas, personne ne lui conteste la gloire d’être le plus habile, le plus parfait expérimentateur de notre temps.

Aucun homme n’est plus adroit de ses dix doigts, aucun n’est plus ingénieux à manier les appareils de précision, aucun n’est si bien doué pour mener une expérience à bonne fin, pour la pousser aussi loin que possible, pour lui arracher son dernier secret : et ce travail s’opère méthodiquement, très posément dans la paix reposante du laboratoire où fonctionnent ces merveilleux appareils enregistreurs qu’a imaginés Marey, que François-Franck adapte à ses études de prédilection sur le système nerveux et la circulation du sang.

Il excelle à se mettre à l’abri de toute cause d’erreur, à prévoir toutes les objections techniques. Aussi ses conclusions ont-elles toujours une netteté, une précision dont la sécurité n’a pas d’égale.

N’est-ce pas là précisément ce qu’il nous faut, après le règne de Claude Bernard, et en attendant la venue d’un autre dieu de la physiologie?...

Depuis vingt ans, les médecins, ceux de l’école de Charcot, surtout, ont fait avec leurs malades et leurs méthodes spéciales, d’excellente physiologie, ayant cette supériorité de raconter le fonctionnement des organes de l’homme, non du cobaye, de la grenouille ou du lapin.

Devant ces concurrents inattendus, les physiologistes de profession ont dû redoubler de précautions, ne vouloir que données rigoureusement positives. C’est la gloire de M. François-Franck d’avoir fait cela plus parfaitement que tout autre, et ce sera sa gloire encore d’avoir fait tout ce qui reste à faire à un homme de quarante ans que le labeur continu n’effraie pas.

Parvenu très rapidement aux honneurs des grands prix de l’Institut, nommé en 1887, membre de l’Académie de Médecine, il lui a bien fallu céder aux instances de beaucoup et aux conseils de son

ami Potain : il a fait de la clientèle, ou mieux, de la consultation de cabinet.

Oh ! ces hommes de la méthode! il n’y a qu’eux pour réaliser ce prodige : mener de front, et sans fatigue, ces deux rivales le plus souvent en désaccord, la science pure et la pratique.

Elles font chez lui bon ménage, et M. François- Franck est, à ce point de vue, un très admirable bigame.

Il n’a point d’autre secret que de bien régler l’emploi de son temps, se coucher et se lever tôt, n’aller que par exception dans le monde.

Ce parfait physiologiste est un excellent médecin, parce qu’il n’a jamais cessé de faire de la clinique, suivant, presque sans interruption, le service de M. Potain, appliquant très heureusement au diagnostic et au traitement des malades, sa connaissance parfaite de la physiologie et les procédés d’analyse rigoureux avec lesquels l’ont dès longtemps familiarisé les recherches expérimentales.

Et toujours il est dispos, et jamais il n’est irritable, tant il est vrai que la faiblesse humaine, que cet éreintement dont tant de parisiens actuels donnent l’exemple, prennent leur source, non pas dans l’excès du travail, mais dans le surmenage irrégulier, dans la fatigue par secousses.

La vie des cloîtres a fait son temps. Mais aujourd’hui, comme autrefois, la force appartiendra à ceux qui régleront leur vie, laïquement et simplement, sans se croire obligés d’endosser la robe de bure.

PRINCIPALES PUBLICATIONS

Cours du Collège de France depuis i88i.

Leçons sur le système nerveux organique.

Leçons sur la circulation du sang dans les veines.

Leçons sur les lésions expérimentales du cœur et des vaisseaux.

Leçons sur les fonctions motrices du cerveau.

Leçons sur la circulation du sang dans le cerveau.

Leçons sur la sensibilité à l’état normal et pathologique.

Leçons sur la physiologie pathologique.

De l’innervation du cœur et des vaisseaux.

Les recherches publiées sont toutes relatives aux sujets traités dans les leçons; elles ont fait l’objet d’un grand nombre de notes et mémoires, qui ont paru dans les comptes-rendus de l’Institut, de la Société de biologie, de l’Académie de Médecine, dans les Archives de physiologie normale et pathologique et dans les rapports annuels sur les travaux de l’École des Hautes-Études.

DOCTEUR

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