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GILLET DE GRANDMONT

GILLET DE GRANDMONI (Pierre- Anatole) , ne' le 28 mars 18^4.

Docteur en Médecine, en 1864.

Secrétaire général de la Société de médecine pratique, depuis i8yj.

Oculiste des maisons d’ éducation de la Légion d" Honneur , depuis i88j.

Officier de la Légion d’ Honneur , depuis i8go.

En faisant le portrait d’un autre éminent oculiste que Tordre alphabétique place au début de ce volume, je notais, comme Tune des caractéristiques pittoresques du docteur Ch. Abadie, la jolie voix de ténor qu’il possède.

Le docteur Gillet de Grandmont a, pour sûr, une voix de basse. Je ne sais point s’il s’en sert pour chanter, mais il suffit de l’entendre parler pour constater qu’il a reçu de la nature le “ creux „

des basses-tailles. Cette voix, étonnamment grave, sort d’une épaisse moustache noire, qui soudée aux favoris courts, lui donne l’air martial d’un jeune général russe.

Ajoutez à cela un vaste front noblement élargi par l’étude, des yeux très vifs sous l’ombre de l’arcade sourcilière, une belle régularité de traits, beaucoup de bonhomie, mêlée à beaucoup d’énergie, et vous aurez l’image assez exacte de ce très aimable homme et de ce médecin de talent.

Son histoire est celle de ceux qui, bien doués par la nature, et résolus à faire leur chemin, n’ont pas pu suivre la voie hiérarchique des concours, par suite de circonstances graves, absolument indépendantes de leur volonté.

Ceux qui, dans ces conditions-là, parviennent tout de même à illustrer leur nom, à conquérir, avec la faveur du public, la haute estime des maîtres les plus difficiles, ceux-là méritent qu’on ne les oublie pas dans un livre comme celui-ci.

Son aptitude pour les sciences naturelles se signala de très bonne heure, si bien que — encore élève au lycée de Laon — il fut chargé d’y enseigner à ses condisciples les sciences physiques et mathématiques.

Sous la direction de Coste, il étudia l’anatomie et la physiologie comparée, écrivit une remarquable thèse inaugurale sur un très curieux sujet d’embryogénie, puis se spécialisa dans l’étude des maladies de l’œil.

Il fut l’élève de Desmarres et de Sichel, le chef de clinique de Deval et de Chassaignac, et bien armé de la science acquise à leur contact, il se mit à l’œuvre et vola de ses propres ailes.

Il ne tarda pas à se faire une des belles clientèles de Paris. Mais ce dont il faut surtout le louer, c’est que, si importante qu’elle soit, cette pratique lucrative ne lui a jamais fait oublier ce qu’il devait à la science, et ce qu’il devait aux pauvres gens.

Voilà plus de vingt ans que le D" Gillet de Grandmont soigne et guérit les pauvres chaque jour dans deux cliniques gratuites; voilà près de trente ans qu’il nous donne d’excellents travaux d’ophtalmologie dont la liste ci-après donnera une idée.

Il a voulu encore se rendre utile à ses confrères. C’est lui le véritable fondateur de cette Société de médecine pratique qui a rendu, rend, et rendra tant de services signalés. C’est lui qui a cherché à centraliser dans un local magnifique et

eommode, les Sociétés scientifiques, en général si pauvres et si mesquinement logées.

Le superbe hôtel des Sociétés savantes — autant dire un palais — avec ses salles de séances, le grand hall pour les conférences, sa bibliothèque, son restaurant, sa façade monumentale, son grand escalier et sa tourelle surmontée d’un bon observatoire, tout cela c’est un peu sa chose, et il en a fallu, de la foi, de l’énergie, de la persévérance, pour mener à bien cette bonne œuvre, avec des ressources comme celles dont on dispose en France pour les choses scientifiques !...

Il a été décoré en 1871, pour services rendus à l’hôpital militaire Saint-Martin et dans les ambulances du siège.

Il a récemment rapporté d’un v^oyage à Berlin de très précieux documents comparatifs sur l’hygiène.

Et le voilà, oculiste titulaire des maisons d’éducations de la Légion d’Honneur. Comme dit plaisamment un de ses bons confrères, il a " l’œil „ et l’oreille de la Grande Chancellerie, ce qui lui vaut quelques amis intéressés, outre les autres, ceux qui l’aiment pour sa valeur technique et son dévouement admirable à la profession médicale.

PRINCIPALES PUBLICATIONS

Cure radicale des tumeurs et fistules lacrymales, 1860.

De l’examen ophtalmoscopique pour le diagnostic des tumeurs de l’encéphale, 1861 .

Développement de la muqueuse utérine pendant la grossesse, 1864.

Création des races animales et végétales, 1867.

Pilocarpine dans les affections oculaires, 1878.

Détermination de la sensibilité de la rétine aux impressions lumineuses coloriées, 1881 .

Des courants électriques continus appliqués au voisinage de l’œil^ 1883.

Deux formes nouvelles de kératite.

Percoptométrie et chromotopsie, 1888.

Berlin au point de vue de l’hygiène et de la medecine, 1891. (Société d’éditions scientifiques.)

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