DOCTEUR MONOD
MONOD (Charles-Edmond) , né le 26 septembre 184J. Interne des hôpitaux en 1864.
Docteur ai Médecine en iSjj.
Agrégé à la Faculté le ler aoûit i8jj.
Chirurgien des hôpitaux en i8pj.
Dans cette belle et patriarcale famille des Monod, qui est Thonneur du monde protestant français, presque tous les fils se font médecins quand ils ne se font pas pasteurs : guérisseurs d’àmes ou de corps, ils sont tous de très braves gens, intelligents et bons, d’honorabilité proverbiale, et c’est merveille, aux jours de fêtes, de voir quelle lignée magnifique d’enfants et de petits-enfants réunit autour de sa table l’aïeul vénéré, le docteur Gustave Monod, doyen des
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chirurgiens de France, qui porte ses quatre-vingtonze ans de si hère façon qu’on dirait un vieillard biblique (i).
C’est de son fils Charles Monod, héritier de sa grande clientèle et de son renom scientifique, actuellement chef de service à l’hôpital Saint- Antoine, que je veux parler maintenant.
Imaginez un Coligny pacifique et d’aspect bienv'eillant, un huguenot de vieille race, mais plus souriant que sévère : il a une belle barbe grise, en pointe comme celle de l’amiral, une figure digne, calme et douce, un bon regard, des manières affables et avenantes ; dans son service, parmi ses élèves, il est volontiers rieur et bon enfant ; de même que son cousin, l’éminent directeur de l’Assistance publique au ministère de l’intérieur, il est tout à fait libéral, plus libéral, dit-on, que le reste de la famille. Une chose, pourtant, dont on ne saurait le blâmer, le distingue entre ses collègues: sa causerie, très gaie et dénuée, certes, de toute pruderie, est infiniment moins épicée que n’est en général celle de messieurs les chirurgiens des hôpitaux : on ne dit pas de gaudrioles dans son service, qui n’en est pas moins suivi pour cela.
(i) Ecrit un peu avant la mort du D^ Gustave Monod.
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Il est, en effet, homme de bon conseil, praticien de haute valeur, maître très serviable et fidèlement dévoué à ceux qui ont une fois gagné son estime. Esprit très sage et très pratique, il ne pousse point ses élèves dans la voie des études purement théoriques: ce qu’il veut, c’est former à son image de bons praticiens, d’adroits opérateurs, point révolutionnaires mais consciencieux et n’agissant qu’à coup sûr. Il est lui-même infiniment modeste et réservé, au point d’aimer à s’entourer, dans les cas exceptionnellementgraves, de conseils dont il n’aurait aucun besoin, certainement ; c’est de sa part façon de se mettre en tutelle qui ressemble beaucoup à celle du bon Henri IV dans son fameux discours au Parlement.
Le docteur C. Monod est le modèle de toutes les vertus privées : la distinction de ses manières, la douce austérité de sa vie, sa foncière bonté lui valent, autant que son habileté consommée de praticien, d’être très recherché du bon monde : c’est dans la clientèle que ses qualités triomphent pleinement, et je sais peu de médecins qui se fassent aimer autant de leurs malades.
Au dire de tous ses confrères, qui souvent demandent ses avis, il est en outre le plus scrupuleusement délicat des consultants. Un chirurgien
que ron"] blâmait un jour pour sa vénalité répondait en guise de défense : “ Ça coûte si cher, à notre époque, d’élever sa petite famille ! „ Et savez- vous combien il avait d’enfants, ce monsieurlà? Un seul. Le docteur Monod en a déjà bien près de douze, sans compter ceux que la bénédiction du ciel peut encore lui envoyer !... Il a donc quelque mérite à se montrer désintéressé.
PRINCIPALES PUBLICATIONS
Plusieurs articles au Dictionnaire encyclopédique .
Etude comparative des diverses méthodes de l’exérèse. Thèse agrég., 1875.
Leçons de clinique chirurgicale à Necker, 1884.
Taille hypogastrique chez les enfants.
Pathogénie et structure des petits kystes de l’épididyme, en collaboration avec Arthaud, 1885.
Statistique d’amputations du sein pour cancer, 1885.
Article Pénis (anatomie et pathologie), en collaboration avec Brun . (Dictionnaire encyclopédique.)
Contribution à l’étude du panaris analgésique, en collaboration avec Reboul, i883.
Traité des maladies du testicule et de ses annexes, en collaboration avec Terrillon, 1889.
Profcsseur PAJOT