NOS CRAN DS MÉDECINS
il faut bien croire que c’est vrai, puisque le ministère des affaires étrangères l’a fait officier de la Légion d’Honneur, pour services rendus à la cause française.
Mais ce ne sont là pour lui que distractions rares, en somme, et passagères. Ce qui est surprenant en ce savant, c’est son amour de la littérature : le D’ Robin a véritablement l’esprit assez alerte, assez actif, assez bilatéral, comme dit notre ami Rosny, pour être à la fois le plus sérieux des chimistes et le plus avisé des dilettantes littéraires : je sais des gens qui l’ont entendu citer par cœur des pages de nos maîtres modernes et se passionner à défendre une phrase musicale de Flaubert, une épithète rare de Concourt, un mot flamboyant de d’Aurévilly, un mystérieux sonnet de Mallarmé. On dirait vraiment, à l’entendre, qu’il est du métier et que, de toute sa vie, il n’a fait autre chose que relire nos grands écrivains.
C’est parce qu’il a pénétré dans l’intimité de leur pensée, c’est parce qu’il les comprend, parce qu’il les aime, qu’il est pour eux le meilleur des amis et le meilleur des médecins. C’est chose rare plus qu’on ne croit, qu’un médecin s’intéresse sincèrement au mouvement artistique de son temps : les plus intelligents, mis en contact avec des
artistes, ne leur téinoip-ncnt ,ffuère qu’une curiosité quelque peu dédaigneuse, ainsi qu’il convient d’esprit bien portant à esprit détrcaqué : ils ont toujours un peu l’air de les prendre avec des pincettes pour les regarder à la loupe. Le D" Robin est devenu l’ami très intime, le confident littéraire, le camarade très aimé de tous ceux qu’ii a connus et soignés : Villiers de l’Isle-Adam, Coppée, Huysmans, Guiches, Mallarmé, P. Gille, Paul Bourget, et, parmi les musiciens, Delibes, Massenet. Il a soigné Barbey d’Aurévilly avec un dévouement intelligent, discret, et une affection de fils.
Ces choses-là ne s’oublient pas. En faisant le plus cordialement que je puis l’éloge de l’éminent et s}'mpathique D'" Robin, je ne fais que lui payer bien insuffisamment la grosse dette de reconnaissance que lui doivent tous ses élèves en tant que savant, tous ses amis en tant que lettré.
Essai d’urologie clinique ; la fièvre typhoïde, 1877,
L’urée et le cancer, 1884.
Notes sur la spectroscopie des tissus vivants, en collaboration avec Straus, 1884.
Nombreux essais de chimie appliquée à la thérapeutique.
Boissons abondantes et traitement de l’obésité, 1886.
De l’hémoglobinurie, 1888.
Leçons de clinique et de thérapeutique médicales, 1887, prix Lacaze à l’Institut.
Professeur Germain SÉE