CH. BOUCHARD
BOUCHARD ( Charles- Joseph), ne le 6 septembre iSjj. Interne des hôpitaux, le 26 décembre 1862.
Médecin du Bureau central, le 12 août iSjo.- Médecin des hôpitaux, le i" janvier 18^4.
Agrégé au Concours de i86ç).
Professeur, en juin i8jÿ.
Membre de V Académie de Médecine, en 1886. Membre de l’Institut, en i88j.
lEN de rare comme un médecin à esprit généralisateur, à tendances vraiment philosophiques, à idées larges et fécondes. Le professeur Charles Bouchard est de cette glorieuse minorité; on peut même dire de lui qu’il est l’une des intelligences supérieures de ce temps. Son admirable Traité des maladies par le ralentissement de la nutrition le prouve avec éclat. A l’Institut où il est des plus jeunes, comme
à la Faculté où il enseigne la pathologie générale, il est très entouré, très écouté, très admiré et très aimé, bien que de premier abord peu engageant.
Un grand corps dans une redingote à pans flottants, une grosse tête de penseur, avec, sous des lunettes d’or, un regard ironique, et, quand il parle à quelque interlocuteur banal, un pli amer et railleur au coin des lèvres. Ce misanthrope médecin est, avec cela, le meilleur des hommes, et le maître le plus absolument dévoué à ceux de ses élèves qu’il juge intelligents et laborieux : ils sont assez nombreux pour faire école autour de lui.
PRINCIPALES PUBLICATIONS
Recherches nouvelles sur la pellagre, 1862.
Etude sur quelques points de la pathogénie des hémorrhagies'cérébrales, 1866.
Maladies par ralentissement de la nutrition^ 1882.
Les auto-intoxications, 1886.
Thérapeutique des maladies infectieuses (antisepsie).
Docteur BOURNEVILLE
DOCTEUR BOURNEVILLE
BOURNEVILLE (Désirc-Magloire) , ne le 2/ mai 1S2Ç.
Interne des hôpitaux, le 24 décembre iS6j.
Me'decin des services d’alie'ne's, le 12 septembre idjcj.
JE h’ai jamais très bien compris qu’un homme, capable de se faire un beau renom dans les sciences ou les lettres, pût envier la notoriété du politicien, en faire le but de sa vie.
Le docteur Bourneville a fait cela, pourtant. Il était parmi les meilleurs élèves de Charcot, et cela ne lui a pas suffi ; il a voulu être encore le collaborateur de M. Clémenceau.
Au Conseil municipal et à la Chambre, il s’est fait une renommée de laïcisateur ardent. Même à ceux qui ne partagent pas absolument ses idées sur ces questions, cela ne doit pourtant pas faire oublier qu’il a rendu de vrais services à la science
et au pays. A la Salpêtrière, il a collaboré à l’œuvre de l’École et vulgarisé les idées du Maître ; à Bicêtre, où il est médecin, il a donné des travaux personnels et fait travailler ses élèves. Il a fondé et dirigé le Progrès médical, l’un des journaux de médecine les plus considérables de ce temps. A la Chambre, il a défendu éloquemment une foule de bonnes causes, celle de l’hygiène publique notamment.
Avec son petit corps qui s’arrondit légèrement, sa figure du même rouge que sa politique, encadrée de cheveux très blancs et d’une barbe peu coquette, il a l’air d’un coq irritable. Mais il est au fond, un brave homme, d’une parfaite probité, dévoué, serviable : et je sais bien des gens à qui il a rendu service avec délicatesse et désintéressement, je ne saurais trop haut le dire.
PRINCIPALES PUBLICATIONS
De la sclérose en plaques disséminées, en collaboration avec Guérard, 1869.
De la contracture hystérique, en collaboration avec Voulet, 1872.
Études cliniques et thermoniétriques sur les maladies du système nerveux, 1873.
Recherches cliniques et thérapeutiques sur l’épilepsie et l’hystérie, 1872-1875.
Iconographie photographique de la Salpêtrière, en collaboration avec Regnard, 1876-1880.
Science et Miracle: Louise Lateau, 1875.
Bibliothèque diabolique, 6 vol.
Manuel des injections sous-cutanées, 1883.
Manuel technique des autopsies, 1885.
Manuel de la garde-malade et de l’infirmière.
Œuvres complètes de Charcot.
Divers rapports à la Chambre des Députés.
Professeur BROUARDEL
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