‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 11 sur 40 · AL · texte numérisé non relu

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Comment se fait-il donc qu'avec tous ces brillants avantages, il soit resté pauvre et relativement obscur ? C’est bien facile à comprendre,

Il possédait, sans doute, des talents splendides, des qualités transcendantes ; il avait le génie de la conception littéraire, le feu de la poésie l’inspirait, mais comme beaucoup d’autres écrivains, il manquait de hardiesse pour parvenir, pour se pousser, comme on dit Ayant du génie à revendre à beaucoup de ceux qui le primaient avec des talents secondaires, il n'avait pas assez d'audace pour montrer publiquement ce qu'il était. Il avait peut-être la conscience de sa force et de sa valeur, mais il manquait de confiance en lui-même. Dès qu'il s'agissait de ses intérêts privés, même les plus chers, il devenait timide, honteux et tremblant. Un enfant alors le génait et le faisait fuir.

Ce côté faible de son caractère lui a toujours nui considérablement et l’a constamment tenu en arrière, à l’écart, dans l'oubli et dans l’obscurité, quand, avec un peu plas de hardiesse, plus d’ambition, ou plutôt plus de force, plus de volonté pour en avoir, il aurait infailliblement, avec les talents supérieurs dont il était si merveilleusement pourvu, il aurait, disonsnous, certainement brillé au premier rang et se serait fait une belle position sociale. Il y avait chez lui de l’étoffe pour faire un de nos hommes les plus marquants et les plus distingués.

Audaces fortuna j'uvat, a dit un poëte latin ; la fortune À

sourit aux audacieux, mais Petitclair ne l'était pas, il lui manquait de cette audace qui fait lutter, périr ou triompher, Il n'avait pas, comme on dit, assez de

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front, assez de toupet, et manquait totalement de ce que les Anglais appellent pluck.

IL était d’une apathie désespérante à l'égard,surtout, de ce qu'il aurait été nécessaire, indispensable même d'employer pour faire avancer et réussir ses intéréts les plus chers.

Dans un autre pays où le talent dramatique est apprécié à sa juste valeur; sur un autre théâtre où le génie est rénuméré en proportion du succès qu'il remporte, et à une autre époque, plus artistique, plus littéraire et moins spéculative que la nôtre, Petitclair serait peut-être devenu un autre Molière, un second KRegnard, un nouveau Beaumarchais ou, au moins, un nouveau Scribe. Quoiqu'il en soit, tel qu'il est, Petitclair peut être considéré, à bon droit et à juste titre, comme l’un de nos plus parfaits auteurs comiques. La scène canadienne aussi peu riche encore en succès comiques qu'en chefs-d'œuvres tragiques, lui doit certainement beaucoup.

Il y a dans les comédies de Petitclair, de la verve, du naturel, de l’apropos et de l'originalité. En les voyant représenter sur la scène, les spectateurs sont tenus dans un fou rire continuel mais qui n’est pas du tout forcé.

Une partie de campagne est une peinture de mœurs canadiennes parfaitementcombinée ettrèsbien réussie. C’est une satire mordante et spirituelle contre les Franco-Canadiens devenus anglomanes à tous crins. La trame de la pièce est admirablement bien arrange, les personnages bien choisis, bien disposés, les détails bien ordonnés, l'intérêt bien ménagé, l’ensemble, enfin, habilement conduit et le dénouement, surtout; bien terminé.

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Le héros de la pièce reçoit ce qu'il mérite.

Nous venons de relire Une partie de campagne et Griphon, et Vraiment, nous ne savons trop à laquelle des deux œuvres donner la préférence. Ni la première est mieux agencée, si elle est une exposition plus fidèle des mœurs champêtres, la seconde, en revanche, est encore plus frétillante de verve et d'esprit.

L'une fait plus penser, mais l’autre fait beaucoup plus rire.

La Donation, comédie en deux actes et en prose, est aussi un autre de ses œuvres de théâtre. Nous croyons faire plaisir au legteur en reproduisant ici quelques scènes de cette jolie pièce. Ce seta un moyen de juger plus surement du talent littéraire de l'écrivain comme prosateur et de se faire une idée de son talent comique.

Faisons d’abord l'analyse de la pièce.

Delorval, vieux marchand, a un commis honnète et laborieux dont il est très content et qu'il veut récompenser en faisant une donation de ses biens en sa faveur. Caroline, nièce de Delorval, est aimée d'Auguste qui, à son tour, tient une assez bonne place dans le cœur de la demoiselle. Estimé de l'oncle, aimé de la nièce, Auguste est au comble du bonheur. Tout semble marcher comme sur des roulettes. Malheureusement, Bellire, un intrigant, de la pire espèce, vise au cœur de la nièce, et surtout à la bourse de l'oncle, et vient jeter le trouble et la discorde. Détesté de la nièce, il emploie tous les moyens pour tromper Delorval qui, malheureusement, s: laisse duper. Ajoutant foi aux calomnies de Bellire qui accuse Augnste d'être un scélérat, un

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monstre, enfin, Delorval chasse de chez lui ce dernier, et lui refuse sa nièce et sa fortune.

Le désespoir entre dans le cœur des fiancés ; heureusement que Susette et Nicodème, deux bons serviteurs qui ont, sans doute, reçu des bienfaits de la part de Caroline et d'Auguste, se décident à leur témoigner de la reconnaissance, en obtenant de Delorval le pardon d’Auguste. Les deux serviteurs se rendent auprès de Delorval, mus malgré l’éloquence de leurs larmes, ils ne peuven: le fléchir.

De son côté, Bellire n’est pas resté inactif. Il a forgé une lettre dans laquelle il accuse Auguste d'être déjà marié. Quand il a réussi à convaincre Delorval de la fourberie d'Auguste, il touche adroitement la question d'argent. Delorval consent à lui

faire une donation de ses biens en considération du service rendu.

Pendant que Bellire court chez le notaire pour jai faire dresser l’acte au plus vite, Susette informe Delorval que Bellire se moque de lui, l’insulte et le calomnie. Delorval reste d’abord incrédule, mais finit par se facher des insolences de Bellire.

Pour le raffermir dans ses bonnes dispositions, Nusette le fait placer derrière un écran d’où il peut entendre tout le mal que dit de lui Bellire à Martel, un complice.

La conséquence qui résulte de tout cela, c’est que quand Bellire se présente avec le notaire, Delorval arrache le masque de Bellire et que le nom d’Auguste est substitué dans l'acte de donation au nom du coupable qui, dans la crainte de la justice, prend la fuite en faisant toutefois Le menaces,

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Tout se termine heureusement pour Auguste et Caroline ainsi que pour Nicodème et Susette, car les deux noces se font le même jour.

Une simple analyse ne suffit certes pas pour faire bien juger du mérite de la pièce : il faut la lire pour pouvoir goûter les beautés qu'’elie contient.

La Donation ne prête pas autant à rire que Griphon ou qu Une partie de campagne ; mais elle est aussi bien, sinon mieux faite, mieux conduite, sous le rapport de l'intrigue.

Nous avons promis quelques extraits, les voici :

AoTE IT | Scène XIV,

SUSETTE, (se frappant dans les mains ettoule joyeuse.) Bravo! bravol b:avissimo! Nicodème! Accours donc vite... j'me meurs... de plaisir. Scène XV.

SusETTE, NICODÈME, (accourant en mangeant.)

“ NICODÈME. Que diable de vacarme nous cries-tu donc, toi? Est-ce qu’on dérange comme ça un homme, quard il s’conforme aux rêglements

de la nature qui disent : ‘Faut avaler pour respirer !?

“SusETTE. Accoute...j'vas toutt'raconter .. N'mange pas, tu n’entendra pas ben... J'ai réussi, Nicodème, oui, j'ai rèussi.

& NICODÈME, (mangeant.) Comment? tu a reussi,

“SusErTE. Oui... y n’voulait pas.

& NicopèME, (de même.) Y n’voulait pas?

& SuseTTE. Eh! non, j'ai été obligé de l'pousser.

6 NICODÈME, (de même.) Tu l’a poussé ?

“SuseTTE. Eh! oui, nigaud.

“Niconème. Pour lors n'gaude, et voilà : raot pour mot.

(SuseTrTE. Ÿ var’venir... Je l’r’verrons.

“Nicopème. Et qui ?

“Suserre. Lui!... Ah! qu’t'as l'entendement p'ombé!... A quoi

sert de t'rasonter les choses? tu n'comprends pas plus qu’une bouteille.

&«NiconÈme. Ah! Ià, tu as raison... quand j'ai Lu ma bouteille, c’est bien rare que j'en boive deux ou trois autres,

rhum draitd

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USuSsETTE, Oui, y va r'venir, Ah! mon cœur! mon cœur! Dieu qu'y saute! (Æle sort en sautant.) Scène XVI.

ŒNICODÈME, (regardant du côté par où est sorti Suselte.) Est-ce tout k: ce que tu as à m’exposer ?... (a valait bien la peine de m'faire déguerpir Y de la table!.... Elle d'vient folle comme une furieuse, que j'crois... ‘Réussi,...” ‘il ne voulait pas... ‘elle l’a poussé...” fil va revenir. . Jolie histoire, sûrement! Pour lors Ça s'ecomprendrait assez, si c'était

n | intelligible, mais j'défie bien l’plus gros juge-en-chef d'en interprèter 1 si une syllable, quand bien même il f'rait la moue... Mais voilà notre Ne le , bourgeois. Il faut que j’lui donne le billet. (Z4 tère un billet de La poche ï Hi : de son habit. et y met ce qui lui reste de manger.) 208 Scène XVIL. a, NICODÈME, D£LorvAL (Une le'tre à la main.) Ÿ se “Derorvaz. Nicodème, j'ai besoin de toi; il faut que tu me rendus A. un service. 7: je oi “NICODÈME. Cher maitre, quand le devoir ne m'attachecrait pas, ce ! 4 SIT . s'rait mon plus grand plaisir que d’vous rendre aucune manière de 5 i service; quand ce s'rait pour aller à l'extrémité du pôle d'la zone {9 #2 terrible. EL Lt-ce “DeronvaL. Il faut que tu tâches de découvrir où s'est réfugié M ents Auguste, Je désirerais lui faire remettre ce billet. 6 & NICODÈME. (Sautant de joie.) Monsieur Auguste ? Î ç 'en- K DELorvan.. Oui. à “NiIcODÈME. Votre commis ?... Eh! j'sais où il eat. “DeLorvaz. Oùest-il ? Dans la rue Champlain, je gage ? “NICODÈME. Oh! non, monsieur... c'est tout d'vant c'teudroite qui représente l'Canada, parce qu'il y a des chaines autour, ... comment qu'ils appellent ça donc? ... Ah! la Place d'armes... tout à l'opposition dela Place d’armes,... une grande maison qui fait l'encoignure, ; ““Drconvar. L'hôtel de Payne ? KE i “NicopÈäme. Tout juste, notre bourgeois. À k “DeLorvar. Mais comment sais-tu qu'il est 14? a | &NICODÈME, Je l'y ai vu, j'y ai parlé, y n’y a pas un quart d'heure, 1: 14 quoi “DgeLorvaz. Ah! mais tu fréquentes donc cet hôtel là ? Hi] eille. “ NicopÈMe. Non pas, c'est trop grand pour moi, Ça; y vendent le : î ‘1 , C'est rhum trop cher, Ga ne paye pas. T'nez, j’vas vous raconter tout fin vu | draite comment qu'la chose est arrivée, Pour lors j'passais d'vaut la “1 | s

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Place-d'Armes, à mon particulier, comme un homme qui n'pense à rieh, lorsque fort subitement j'avise dans une des fenêtres de la grande maison une tête toute pleine d'yeux qui me regardaient, Tout aussitit un doigt m'fait signe. C'était monsieur Auguste qui voulait m'parler, )

J'en fis un gros saut de joie, car j'aimais à l'voir. J'franchis les marches,

et dans ma précipitation, j'eulbute un grand freluquet qui riposte en

m'appliquant un coup de badine sur l’sépaules. Mais j'sentis rien. Une

porte s'ouvre et j'aperçois monsieur Auguste. ‘Comment qu'ça va,

Nicodème ? qu'y m'dit en m'serrant la main. Moi, j'vous l’avoue, j'avais

le cœur gonflé... j'eus peine à répondre : {Ca va assez rondement, j'vous

v'mercie. ‘Et monsieur Delorval, et mademoiselle Caroline ?’ qu'y m'dit.

‘Ils sont assez bien, que j'réponds. ‘J'en suis ravi.’ qu'y dit, sans rire. À

Pour lors il commença à s promener d'long en large dans l'appartement, s'appliquant la main au front et d'vant les yeux. Il s’'promena longtemps

comme Ça, sans rien m'dire, et sans même avoir l'air de savoir que

j'étais là. Ænfin s’apercevant de ma présence, {Je suis indisposé/ qu'y

dit. ‘Je l'vois, que j'dis, car j'vous trouve plus pâle qu’à l'ordinaire, —et y

l'était en vraie vérité. Au bout de quelques minutes: ‘Je suis malheu-

renx, qu'y dit à lui-môme, et y s’'promena encore. Ça m'attristait, car,

Jj'voyais qu'il souffrait. Pour lors il s'assit à une table, et s’mit à écrire ;

mais ©qu’il écrivit n’servit à rien, car, voulant prendre l’sable pour en répandre su l'écrit, il prit l'encre, et mit son papier noir comme un | nègre d'Afrique. ‘Fou que je suis, qu'y dit. Il prit une autre feuille et écrivit un autre billet que voici. (Z7 donne un billet à Delorval.) Et voilà. C'est la réponse à celui que vous {’nez à la main que suppose. (Pendant cette répartie, Delorval à paru ému par endroits),

DELORVAL, (lisant).

& Cher monsieur,

“ Je ne vis plus. L'état dans lequel je me trouve, est une vraie inquisition. Tirez-m'en, je vous en prie, en me faisant connaitre la cause de ma disgrace, enfin que je songe au moins à me disculper, fd

‘Tout à vous, tt AUGUSI1E RICHARD.” # C'est bon, tiens, (Z7 lui donne le billet qu'il avait à la main lorsqu'il est entré). Cours.

Nicanème, Ah! pour lors, j’vas voler, mon cher maitre, Et voilà. (LE sort en courani).

Une des principales qualités de Petitclair, est d’avoir su conserver dans le dialogue de ses personnages, pi

va, vais Fous dit.

rire.

ent, em ps que ) qu'y —ety lheu- , car, crire ; ur en me un feuille .) Et ppose.

orsqu'il t voilà.

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l'expression fidèle du langage convenable et approprié aux diverses classes des Canadiens,

Le Répertoire National contient à peu près tous les autres écrits de Petitclair. La Somnambule, Sombre est mon âme comme vous, Pauvre soldat, comme il doit souffrir ! Le règne du juste, voilà ses principales productions poétiques. Il a écrit en prose dans le même recueil littéraire: Une aventure au Labrador ; trois comédies : La Donation, Une partie de Campagne, Griphon ou La Vengeance d'un valet. T a de plus composé un drame en trois actes et en prose intitulé : Le Brigana qui ne fut jamais imprimé et dont le manuscrit à été malheureusement perdu. Des personnes compétentes qui l'avaient Iu et même vu représenter sur un théâtre de famille, nous ont assuré que si l’auteur avait retouché quelque peu ce drame, il aurait pu en faire he œuvre capitale.

Dans ce drame il était question d’héritage et, par conséquent, d'argent, ce vil métal qui est toujours un si puissant mobile pour exciter les passions et, surtout, la cupidité par l'influence diabolique de laquelle, souvent, celui qui en est possédé est poussé à commettre tous les crimes, même le meurtre.

On peut juger, seulement, par ce simple exposé du fond de la pièce, quels effets terribles, le talent de Petitclair avait pu faire ressortir de son sujet. Aussi ce drame était-il très émouvant.

Beaucoup d’autres pièces de poesie qu'il composa mais ne fit jamais publier, ont été perdus comme le drame du Brigand.

Petitclair était de haute taille, —ayant près de six pieds,—droit, musculeux et rcbuste, le front large-

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ment développé, teint brun, cheveux noirs et yeux gris mais sombres et perçants.

D'un caractère naturellement paisible et méditatif, il n’aimait pas le séjour des villes et ménait une existence très sédentaire.

Il était célibataire.

Petitclair est mort le 15 août 1850, à l’âge peu avancé de 47 ans, à la l’ointe-aux-Peaux, sur les côtes du Labrador. Il y avait déjà plusieurs années, qu'il demeurait dans ces contrées lointaines, quand la mort vint l'enlever à son pays et aux lettres,

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Il n'y à pas plus d'une dizaine d'années, si vous vous étiez trouvé, dans la grande rue Saint-Jean, à Québec, entre quatre et cinq heures de l'après-midi, vous auriez certainement vu passer près de vous un homme d’une taille au-dessous de la moyenne, à l'air méditatif, marchant d’un pas tranquille et mesuré, mais dont la canne, précédant presque toujours le pas, semblait décrire des hyérogliphes. Chaque jour, si le temps était beau, cet homme faisait, à la même heure, sa promenade habituelle après la fermeture de son bureau. Le maintien modeste de ce promeneur quotidien, ne vous eût probablement pas frappé à première vue; mais si, par hasard, vous l'aviez regardé un peu attentivement, et pourvu que vous eussiez été quelque peu physionomiste, sa figure empreinte d'une douce et poêtique sérénité, vous eùt de suite révélé l'empreinte du talent qu’elle portait d’une manière aussi évidente que naturelle. Vous auriez eu, en effet, devant vous, le plus laborieux, le plus modeste et le plus distingué des écrivains du Canada: l'historien Garneau.

Comme Petitclair, François-Xavier Garneau est originaire de Saint-Augustin, paroisse du comté de Québec, où il naquit le 15 juin 1809. Sa famille qui n'était pas très riche, le mit néanmoins à l’école dès l’âge de cinq ans; mais dés circonstances malheureuses et incontrolables, ayant rendu la position de ses parents encore plus précaire, ceux-ci furent obligés

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