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de négliger, bien à regret, on peut le croire, l’'déucation de leur enfant dont l'avenir à cette époque, leur paraissait, hélas! selon toute apparence, environné de si peu de chances de succès | Il y avait, à cette époque, à la tête du greffe des prothonotaires, à Québec, un homme véritablement dévoué à l'éducation et ami sincère de la jeunesse : feu le philantropique Joseph-François Perrault. Frappé des belles dispositions intellectuelles du jeune Garneau, il lui donna un emploi dans les bureaux du greffe. Garneau était alors âgé de 14 ans. Deux années plus tard, il se plaça comme étudiant chez un notaire de Québec. L'étude aride et prosaique du droit civil, n’était guère propre à faire naitre, à développer et à entretenir les aspirations littéraires et poëtiques du futur historien national du Canada ; néanmoins il se mit à l’œuvre et commença dès cette époque à étudier diverses langues étrangères entr'autres l’anglais, le latin et l'italien, et se livra, en méme temps, à des études littéraires et historiques.
Reçu notaire en 1830, il fit, l’année suivante, — année qui précéda celle qui fut si fatale à ce pays à cause des ravages causés par le choléra,—un voyage en Europe, pendant la durée duquel il demeura près de deux ans à Londres, en qualité de secrétaire de l'honorable Denis-Benjamin Viger qui, à cette époque, avait été envoyé pour plaider en Angleterre les droits des Canadiens opprimés.
Garneau sut profiter de sa position exceptionnelle pour se mettre en relation suivie ou en correspondance avec la plupart des hommes alors célèbres dans la littérature, les sciences, les arts ou la politique. La Société littéraire des amis de la Pologne qui avait
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pour président Thomas Campbell, le célèbre auteur du magnifique poéme The pleasure of hope, ladmit au nombre de ses membres. Ce fut certes un grand honneur pour un Canadien-Français de faire partie d’une société aussi éminente qui comptait parmi ses membres le comte de Camperdown, plusieurs pairs et les principaux membres des Commnnes. L'honneur d'appartenir à une telle société littéraire, valait certainement beaucoup plus que la ridicule satifaction d’être siré, satisfaction si recherchée de nos jours par la plupart de nos piètres ambitieux politiques.
L'historien MacGrecor, le docteur Zchirma, ancien
professeur de philosophie morale à l'université de Varsovie ; le poëte national de l’infortunée Pologne, l'illustre et vénéré Ursin Niemcewitz, celui-là même qui avait eu, autrefois, l'honneur d’être l’un des aidesde-camp du patriotique prince Czartoryski; le brave général Poe; en un ivot, tous les Polonais de distinction qui, à cette époque de trouble et d’agitation politique, résidaient, dans la capitale du monde industriel et commercial, se firent un honneur d’être comptés parmi les nombreux admirateurs du talent littéraire et des qualités sociales de l’auteur de l'Histoire du Canada.
The Polonia, journal publié en anglais dans la ville de Londres, sous le patronage de la société littéraire que nous venons de mentionner, et dans les intérêts de la malheureuse Pologne, se fit une gloire de le compter au nombre de ses collaborateurs.
À Paris même, où il séjourna deux fois, il eùt aussi l'avantage et l'honneur d’être présenté aux principales célébrités littéraires, scientifiques et autres de la capitale du monde intellectuel et civilisé,
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À son retour en Canada, après une absence de deux années, il reprit ses travaux interrompus, et se livra avec une nouvelle ardeur à ses études littéraires : mais ce ne fut qu’en 1849, qu'il commença son ouvrage de prédilection l'Histoire du Canada. 1 avait dans ce but, pendant son sejour en Europe, recueilli d’inombrables documents aussi précieux que rares.
Il convient, croyons-nous, de rappeler ici au souvenir du lecteur, le nom d’un homme de bien: feu l'honorable Amable Berthelot. Doué d'une philosophie honnête, d’un esprit philantropique et plein de bonhomie ; favorisé d’une fortune considérable, aimant les arts et les lettres, cet homme vénérable et vraiment bon, employait les dernières années de sa verte et utile vicillesse, à protéger de sa bourse et de ses conseils, ceux qui se livraient à l'honorable mais pénible et fatiguante profession d’instituteur. XI était l'ami, le protecteur de l'éducation, et surtout de l'éducation primaire, Nous ce rapport, il fut l'émule de son concitoyen feu M. J, F. Perrault.
Ceux qui, il y a quelques trente années, étaient encore assis sur les bancs de l’école du professeur Juneau, aujourd'hui un des Znspecteurs d'école, doivent se rappeler, sans doute, de ce vénérable vieillard, type du gentilhomme et du savant qui, chaque semaine, quittait sa demeure située rue De Léry, dans la Haute-Ville de Québec, pour venir encourager et récompenser les élèves de M. Juneau, dont l’école se tenait, à cette époque, dans une maison de la rue de l'Eglise, à Saint-Roch de Québec.
M. Berthelot qui aimait tant la jeunesse et, surtout, les jeunes gens désireux de s’instruire, ne pouvait certainement pas manquer de remarquer et d’encou-
rager un talent aussi digne d’être protégé que celui de Garneau. En effet, il fut pour notre historien \ comme pour tant d'autres, un véritable bienfaiteur. Non seulement il l’encourageu de ses conseils et de son influence, mais il lui fournit, en grande partie, les moyens nécessaires pour continuer, finir et publier l'œuvre remarquable qui a pour titre l'Histoire du Canada ! Grâce à la générosité de ce Mécène, Garneau
| Û fut en Ctat, non-seulement de recueillir de nouveaux 10e - 1 etnombreux manuscrits jusqu'alors ignorés et enfouis 418 1 au fond des bibliothèques; de rassembler et de par- de ,, courir les inombrables et volumineux dosiers qui se par À e trouvaient épars et comme perdus dans la poussière n. À Le des bureaux publics ; de fureter partout et de puiser 2. #1 se ; à pleines mains dans les différents bureaux de ! ui le ministère, en France, en Angleterre, et ailleurs; de Me | 1. retirer de l'oubli une foule de documents inédits ; 1e | ut mais encore d'entreprendre de longs et périlleux ÿ ut voyages pour vérifier aux sources mêmes, les événe- h ments qu'il voulait relater. C’est pour cela, qu’outre ieà f nt ses nombreuses et fatisuantes recherches historiques, ï pur il dût aussi parcourir l'Amérique Septentrionale dans . nt le but de visiter, d'examiner, d'étudier, de connaitre ird, et de décrire exactement la partie topographique des à que endroits rendus à jamais célèbres par les exploits, les : ju T'Y; prouesses où les découvertes de nos ancêtres. Fi oU- Laborieux, persévérant, ne craignant ni les obsta- De JA ont cles d’une entreprise aussi considérable, ni les sul | à de déboires, ni les préjugés, ni même les persécutions DE ai | qu'il savait bien devoir endurer, de la part de quelques ail out, esprits outrés, à cause de certains passages trop { vait impartialement traités à leur point de vue, dans son
cau- livre admirable: modeste, timide, mais désintéressé
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