‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 20 sur 40 · DE À · texte numérisé non relu

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politique, en qualité de lieutenant-gouverneur de la province de Québec,—lui a légué son bagage diplomatique. Il fait de l'arène politique un boudoir garni d'automates,

Aussi sa politique est-elle vacillante, quand elle devrait être ferme, énergique. Il y a du juge Morin dans Chauveau. Sans pousser l'honnéteté jusqu’à ses dernières limites, jusqu'à l'impossible même, comme le dernier, il commet souvent des écarts graves, mais par faiblesse, plutôt que par calcul ou par parti pris. Il blesse le point d'honneur non par intérêt personnel, ou par malice, ou par un esprit d'égoisme, mais par condescendance pour ses amis ou à cause d’une pression étrangère trop forte pour être combattue et écartée. Voilà pourquoi, outre ses propres fautes politiques, qui sont assez nombreuses, il porte souvent aussi les lourds péchés des autres! Il est toujours indécis; jamais il ne peut prendre une détermination tranchée, tant il semble redouter les conséquences de la responsabilité. Il garde toutes choses sous sa plus sérieuse considération |! Sa seule tactique est de faire des retraites, mais la plus profitable au pays, sera certainement la dernière qu’il vient d'accomplir en troquant son portefeuille de premier ministre contre le fauteuil de président du sénat. Il remplace son ancien ami Cauchon qui va probablement essayer de prendre sa place! C’est un chassé-croisé où l’on ne comprend goutte |

Ce que feu Morin commettait parfois pour ne pas faire une injustice, Chauveau s’en rend coupable de peur de déplaire à quelqu'un ou de perdre du terrain. On sent qu'il n'est pas maitre de sa politique. Ke

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débattant contre des volontés plus fortes que la sienne, il craint la férule du grand Cartier et les manaces pédagogiques du petit Langevin. D’autres influences se font aussi sentir et tiraillent en tous sens sa volonté qu’il ne peut jamais parvenir à fixer dans la crainte de déplaire ou de se tromper, et, par là, de faire crouler une étaie de l'édifice ministériel où il trône et voudrait trôner aussi longtemps que possible. En un mot, quand il a été ministre, ce n’est pas lui qui a gouverné : il a été mené et souvent très mal mené. Pendant ce temps là, la pauvre province de Québec l’a été encore d'avantage.

Aïnsi donc, si Chauveau est une de nos plus belles figures littéraires, d’un autre côté, il n’atteindra jamais les ci.cs politiques où se sont élevés les Papineau et les Lafontaine. Sa dernière étape sera probablement le fauteuil présidentiel du sénat d’où il pourra s’éclipser paisiblement pour retomber avec quiétude sur le siége moëlleux du ministre de l’Instruction-Publique.

Grand bien lui fasse et que la politique lui soit profitable |

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