CRÉMAZIE
fédérale et fut tué dans une des premières batailles livrées aux troupes du Sud. Quand il avait quitté Québec, il était bien revenu de ses préventions et de ses antipathies à l'égard des Canadiens-Français.
D'une conversation agréable et facile, d’une affabilité toujours égale et toujours esquise, Crémazie avait l'art de se créer des amitiés dans tous les rangs, dans toutes les classes de la société, de s’attirer des sympathies de la part de tous ceux qui avaient l’occasion de lui être présentés.
Sans être, comme nous l’avon déjà dit précédemment, d’un physique accompli, Crémazie avait, néanmoins, un extérieur assez avenant. Taille au-dessus de la moyenne, embonpoint très prononcé, barbe noire, entourant le bas de la figure comme un collier de geai, regards ornés de bésicles, démarche lente et mesurée; prononciation ÿ la parisienne ; tel on pouvait voir tous les jours Crémazie quand il faisait aux pratiques les honneurs de sa magnifique librairie.
Dans son enfance, Crémazie avait pour ami, l'abbé Brunet, le savant prêtre qui a tant contribué à faire connaitre nos bois et nos forêts à l'étranger. Ils s'amusaient tous deux avec d’autres enfants de leur âge, à jouer au prêtre, à dresser des autels, enfin à représenter les différentes cérémonies de l’église.
Plus tard, les goûts de Crémazie changèrent: il devint un amateur passionné du théâtre et les représentations dramatiques remplacèrent les cérémonies religieuses.
Du théâtre à la poësis ja distance est imperceptible, et dès que l'on atteint l’un on touche bien vite à