‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 27 sur 40 · RE RE ES · texte numérisé non relu

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porter leurs fruits. Laissez-faire le bon Dieu; il entend son métier, et s'il est de mon goût, il doit détester les officieux. Avec cela qu'en voulant toucher à tout, vous gâtez les meilleurs plats, Ouvrez l'écriture et vous trouverez cette consolante parole : “ Dieu châtie ceux qu'il aime.”

“ Ecoutez bien, M. Basile. Quand on voit la plus belle nation à plat ventre, pendant dix-huit ans, devant un aventurier de l'espèce de Napoléon III, on n'est plus étonné de la voir sans force et sans énergie au jour de l'épreuve. Ce sont ceux qui se sont inclinés devant le parjure : ceux qui ont donné le titre d'homme providentiel à un conspirateur sans vergogne; ceux qui, comme vous, M. Basile, ont trouvé le mot de malheureuse entreprise, pour palier le crime de Boulogne-sur-mer, ceux qui ont appelé sauveur de la patrie, l'égorgeur du deux-décembre, ceux qui se sont agenouillés devant tous les attentats à la morale publique : ceux qui ont adoré le succôs les mains teintes de sang, que nous devons tenir responsables de la démoralisation qui a euvahi la France pendant ces dernières années ! Vous parlez de la révolution ; mais vous avez sanctionné et acclamé la plus hideuse de toutes les révolutions, à l’avénement de l’ex-carbonaro ‘es Romagnes. Et, encore aujourd’hui que la pauvre France épuisée, essaie de se relever en inaugurant un régime d'ordre et d’honnèteté, votre M. Veuillot soulève les esprits contre le gouvernement établi, et prèche la révolution en faveur d’une dynastie jugée et condamnée. La révolution qui met un monarque sur le trône est-elle plus légitime que celle qui fonde une république ? Pour Dieu, M. Basile, comprenez-vous donc vous-même |

Mais il est inutile de traiter ces questions 1à avec vous ; vous n'y entendez rien, et vous ne voulez rien entendre. Vous n’avez qu’un principe, l’intérèt ; qu’un but, arriver. Pour votre école, la morale, la sincérité, le patriotisme, les convictions, blague que tout cela! Le succès, voilà le grand mot. A vos yeux, celui qui conserve eucore quelque croyance au fond du cœur, pour qui la vertu civique n’est pas un vain mot, n'est qu'un imbécile, une tête chaude, un écervelé, un exalté qui n’a pas assez de jugement pour choisir le parti politique qui aura le pouvoir. M. Basile, avee ces principes-là, on va où la France en est rendue aujourd'hui. ... ...ses sessss sosoes sos

Villemot n'aurait pas mieux écrit. Les suivants de M. Routhier, même, devront l’admettre.

Mes loisirs, un joli volume de poësie de quelques cents pages, furent publiés par Fréchette en 1865. C'est, croyons-nous, le premier recueil de vers

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ira FRECHETTE. 199 Hd [:

ler, et aussi considérable publié par un Canadien-Français. | qu'en C'était un essai et en même temps, un bon exemple qui À itu . ° # U Q A 74 . 1 ’ L () Me qui méritait d’être encouragé et qui l’a été, en effet, |A ne au moins par l'admiration qu'il a excitée et par nul à plat l'enthousiasme qu'il a créé. Cet encouragement KA 4 ce de mérité, les amis de la littérature canadienne et les He nergie F ‘ ail à ÿ SUR vs vrais amis du pays ont été et seront toujours heureux (EH ur sans de le donner à l’auteur chaque fois que l’occasion HT not de s'est présentée où se présentera. ji r, CEUX 3 Hi dre Dans Mes loisirs, on trouve beaucoup de vers PLU Ü , 0 Q Q 2 Q 1 h blique : caractéristiques et qui sont marqués au coin du An devons génie. À propos de ce recueil, voici ce que Longfellow, D LH pepe l’auteur d'Evangeline, a écrit à Fréchette qui lui avait il us AVEZ pi : au) à l'avé- adressé un exemplaire de cet ouvrage : Al hui que {I have read your poems with great pleasure... It is a great honour, \ A1 | , régime for you to be the first French Canadian in this field—the pathfinder j quil ontre le through an unexplored land of songs !—You have all my best wishes.”? A | dynastie H, W. LoNGrELLowW. [F4 le trône , ; ; ; r HA ur Dieu, Lisez maintenant ce que dit de Fréchette, Théo- 1h dore Vibert, dans Ja Tribune Lyrique de Paris, EX ER vous n'y journal littéraire de la capitale de la France : ti z qu'un : its ee | : di KE ar “ Ce qui fait la grandeur de la littérature française, c’est son ! Lot à extension, cause de sa diversité, Paris seul n’a pas enfanté ses plus N F lire illustres représentants, Idiôme exubérant de vitalité, notre langue LUE Là sain produit à ses extrémités des œuvres d’une vigueur que son centre ne ‘Re alté qui dénierait pas. Partout où un cœur français bat, partout où une âme GET À française pense, soyez assuré qu’une plume tendre où énergique surgira. We i aura le , ; :

D en est Chambéry n’u-t-il pas produit les deux de Maiïstre? Genève, Jean- dE

Jacques Rousseau ? Constantinople, André Chénier? L’Isle Bourbon,

Parny ? Aussi est-ce sans étonnement que nous voyons aujourd'hui le ED fl

ivants Canada, cette France nouvelle, restée si franc: ise, malgré la domination EL étrangère, donner le jour à des écrivains dignes en tous points de sa 1 ti

glorieuse métropole! NUS]

elques Je n’en choisirai qu'un entre cent, parce qu’il est jeune, tout à fait ER 1865. supérieur, et que son beau génie mérite de faire faillir sur sa mère,

h vers patrie yn rayon de gloire,

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{Louis H, Fréchette, né à Québec, au milieu des forêts vierges du Nouveau-Monde, bercé par cette vigoureuse nature que la folie de l'homme n’a pas encore épuisée, fait vibrer avec une puissance qu’il semble emprunter aux grands bois et aux incommensurables savanes de son pays, cette belle langue de Louis XIV qui a conservé là-bas, sur un sol nouveau, toute sa majesté rajeunie de la fécondité d'une terre qui vient de jaillir à peine des flancs de l'océan.”

C’est flatteur, mais c’est vrai.

Les appréciations qui ont été faites des différentes œuvres de Fréchette sont très nombreuses. Nous n’en Ünirions pas, s'il nous fallait transcrire ici, la centième partie de ces critiques littéraire: qui sont presque toutes aussi bienveillantes que celles que nous avons citées. Fréchette avoue même qu’elles le sont beaucoup trop. Il prétend même que Mes loisirs ne sont qu'un péché de jeunesse | C’est pousser, croyons-nous, la modestie beaucoup trop loin. Admettons que ce recueil contienne plusieurs pièces qui dénotent le débutant inexpérimenté, il faut bien reconnaitre aussi qu'il s'y rencontre de bien jolies strophes.

Ce que Fréchette a composé plus tard, est, sans doute, infiniment supérieur comme style et comme pensée. La forme et-le fonds de son vers a immensément gagné, Les amis des lettres et les admirateurs du talent poétique de Fréchette, seront certainement heureux d'apprendre qu'en ce moment le poëte s’occuppe à faire un recueil de ce qu’il a composé depuis l'apparition de Mes loisirs et de La voix d'un exilé. .

Mes loisirs est un livre maintenant extrêmement rare, car tous les exemplaires que l'éditeur Brousseau avait en mains sont brülés l’année dernière. Dans notre humble opinion ce que Fréchette à

composé de plus parfait dans le genre élevé, sont

ss … l'ode sur le Mississipi et la troisième partie de La voix qu'il d’un exilé, c'est-à-dire celle qui est dédiée à Papineau, nes de bien que les deux autres parties ne soient pas moins es frappées au coin de Juvénal ou de Barbier. Presque toutes les pièces de poësie que Fréchette a publiées dans l’'Opinion Publique sont irrépro- 2ntes chables. D'autres beaucoup plus compétents que Nous nous lui ont témoigné leur admiration non équivoque ci, la de son mérite poëtique. Lamartine et Hugo sont sont du nombre de ceux qui l'ont félicité et encouragé. que Durant son séjour à Chicago, Fréchette a composé ’elles un poëme intitulé : Les fiancés de l'Outaouais, qui, au > Mes À dire des connaisseurs, était de beaucoup préférable C'est à tout ce qu’il a publié. Cet ouvrage qui était à ) loin. peu près achevé, a été détruit dans l'incendie de pièces Chicago. Un grand drame en cinq actes, intitulé : bien À Téte d l'envers, une comédie aussi en cinq actes, la jolies Confédération, qui était presque terminée, et plusieurs L antres manuscrits inédits et de valeur, ont malheu- , Sans reusement subi le même sort dans la même conflapmme oration. Téle à l'envers avait été représenté sur la men- “scène à Chicago et avait eu le plus grand succès teurs À parmi les Canadiens-Français.

pment À Paris, Fréchette eut pris rang à côté des Hugo. poëte des Lamartine, des Musset, des Vigny, des Deschamps, npose des Sainte-Beuve, des Brizeux, des Gauthier, des c d'un Reboul et de tant d’autres illustrations poétiques de la France, car là il aurait été poussé par les ment encouragements de toutes sortes à faire encore mieux Brous- qu'ici.

ae Après l'apparition de Mes loisirs, Fréchette fut

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longtemps silencieux. Accablé de soucis, de déboires de toutes sortes, il suspendit sa lyre, et le Canada r'entendit plus chanter son barde aimé. Heureusement qu'il nous est revenu de son exil volontaire, avec encore plus de verve et d’entrain que quand il est parti. Sa muse semble s'être murie dans l'exil ; son talent poëtique a pris une force, une souplesse, une abondance de sève et une pureté de diction qui font bien inaugurer pour l'avenir. L'Opinion Publique a publié un bon nombre de pièces admirables dues à la muse de Fréchette depuis son retour au Canada. Il nous est difficile de ne pas nous empêcher de céder au plaisir de citer quelques unes de ces nouvelles productions poétiques. Nous n'avons que l'embarras du choix, car toutes portent le cachet de l'originalité et du génie poétique. Cueillant donc au hasard, nous en choisissons deux qui nous paraissent les plus parfaites :

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