AU LECTEUR
Nous terminons ici ce premier volume des biographies de Nos hommes de lettres. Beaucoup d’autres méritaient de figurer dans ce volume : nous avons fait connaitre en commençant, les raisons qui s’y opposaient ; mais ce qui est différé n’est pas perdu. Si le lecteur trouve que nous méritons qu'il nous continue sa bienveillance, nous tâcherons de compléter une nouvelle série de biographies dans un temps qui sera déterminé par l’encouragement que recevra celle-ci.
Nous ne nous abusons pas au point de croire que notre humble ouvrage soit sans reproche ou audessus de la critique, loin de là, mais nous espérons que le lecteur ne nous refusera pas au moins le mérite de l’impartialité. Il n’y a pas un seul de nos écrivains qui ne soit doué de quelque talent particulier, à lui propre; et nous croyons l'avoir reconnu sans réticence et sans partialité envers chacun d'eux dans la mesure que notre conscience nous le dictait,
Avec ce reproche de moins à encourir, nous pouvons attendre plus stoiquement les foudres de la critiqué, surtout en nous rappelant ces vers aussi
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bien appropriés qu’'encourageants du spirituel Désaugiers, ce précurseur de Béranger :
‘ Si j’eus la double maladresse D'écrire ce recueil et de le publier, Un mot va me justifier :
Quel homme est sans défaut, quel auteur sans faiblesse ? L'arrêt qu’on va lancer ne me fait pas frémir. Et quand déjà la critique s'éveille, Ma vanité loin d’en gémir, Vient tout bas me dire à l'oreille:
Il vaut mieux l’éveiller encor que l’endormir.”?
Tout livre, quelqu'il soit, humble ou considérable, doit avoir un but. Si par l'exposé des talents de nos écrivains, des obstacles qu’ils ont rencontrés et surmontés, et des succès qu'ils ont obtenus, nous pouvons contribuer quelque peu à relever le courage de ceux qui sont déjà dans la carrière des lettres ou de ceux qui ont le désir d’y entrer, nous nous trouverons amplement dédommagé.
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N.B. Dans le cours de sa biographie, nous avons dit que Cauchon devait, dans son intérêt même, se démettre de la charge de président de la Compagnie du Chemin de fer du Nord. Ce livre était presque complètement imprimé, quand nous avons appris que Cauchon avait réalisé notre désir. Le lecteur voudra bien tenir compte de ce changement quand il lira la biographie de Cauchon.
Le lecteur voudra bien remarquer aussi que la biographie de Chauveau, dans laquelle il est question de feu Sir Cartier, était imprimée quand la mort de ce dernier a été connue. Ceci explique pourquoi nous parlons du baronet au présent et non au passé,