‹ Nos hommes forts [microforme]Chapitre 13 sur 33 · J'UT' AA · texte numérisé non relu

J'UT' AA

F0 “Nos HOMMES FORTS

cerveau RTS attisé par des visions étranges : :, Ines yeux fatigués se ferment malgré moi : le salin a fait de ma chevelure une masse compacte : mon corps endolori peut à peine se mouvoir dans mes vêtements roidis comme une armure ; je me laisse cheoir sur mes portes, masse inerte, où l’âme n'a de valeur que par sa résignation à la volonté de Dieu.

Je ne sortis de cet éngourdissement que vers midi, le lendemain, au moment où le soleil ouvrant une fenêtre dans l'épaisseur des nuages vint me regarder et me réchauffer. Sous Faction de cette chaleur, je sentis plus vivement l’aiguillon de la faim et de la soif qui me tourmentait depuis trois jours. Néanmoins, en dépit de ces tortures, je m'endormis d’un sommeil profond, d'où je fus bientôt tiré par les vagues roulant sur moi, qui menacaient de m'emporter.

La nuit vint, la quatrième nuit de mon martyr; je ne vis pas, à mon grand regret, se coucher Je soleil, mon bicnfaisant, mon seul ami ici bas. De sombres nuages m'en dérobaient la vue.

Je passai cette nuit comme la dernière, tremblant de froid, lorsque ma bouche brûlait comme une fournaise. Moi, si pauvre, il me vint au cœur

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NAPOLÉ.ON MATHURIN 71

la prière du mauvais riche au Dieu de Lazare : “ Faites qu’il tombe une goutte d’eau sur ma langue desséchée.”

Le vent soufllait très fort : la mer était en feu. En revanche, la lune se montrait de temps à autre à travers les nuages en lambeaux, courant à ma rencontre comime à la poursuite d’une proie.

Sur le matin, le vent ayant baissé, la mer se almant, je me Jaissai aller au somineil, le seul agent réparateur des forces qui me restaient.

Lorsque je m'éveillai, le soleil déjà haut sur l'horison annougait une belle journée. Je me dressai sur mes pieds pour jeter un regard autour de moi, dans l'espérance de découvrir quelque vaisseau, Je n'apergus rien. L’atmosphère titdissait sensiblement et me portait au sommeil," auquel je cédai volontiers,

. Vers une heure de l'après-midi, le vent ayant complètement cessé, les vagues s'allongeant en pente douce, le soleil bien allumé, j'en profitai pour me déshabiller, ôter mes bottes et prendre un bain de chaude atmosphère, dont je ressentis. un grand soulagement, : Cependant, la soif et la faim . continuaient de fe faire sou ffrir d’une. manière. horrible : mais, Ô Providence! voigi qu’ une grosse

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