STEIN LEN
On m’avait alTirmc que M. Steinlen gîtait sur la Butte en nue sorte de grenier qu’il partageait traternelleinent avec une demi-douzaine de chats de gouttière. L’exactitude avec laquelle il a portraituré ces animaux et, d’antre part, les nombreux dessins où il alixé la physionomie des immirs laid'>(,)uriennes. et cpii sont des chefs-d’(euvre de vérité pittoresque, accréditaient cette légende, je pensais que l’artiste vivait en contact étroit avec la foule. Quelle n'a pas été ma surprise, en arrivant au laite de la rue Caul incourt, de me trouver devant un cottage, construit dans le goût anglais, précédé d’un jardin, et e[ui opposait l’élégance de ses lignes à la laideur des maisons avoisinantes. Imaginez un prince parmi des truands. Tel m’apparnt Thûtel de M. .Steinlen. y\ vrai dire, il ne l’hahite pas seul. Il n’en occupe, comme lotataire cpi'une partie. Mais son
lllustratiiins d après le GH lilas Hlustrc.
NOS Hr.MÜHlSTKS
atelier est lumineux, confortable, orné de pastels, de bibelots, qu’une main soigneuse a rangés le long des miirs. Il règne en ce home une propreté tout helvétique. M. Steinlen, qui m’y reçoit de fort bonne grâce, est vêtu d'un justaucorps de velours, pincé à la taille; je crois voir en lui qnekpie chevalier de l'âge héroïque, cpii, s’étant dépouillé du harnois, se délasse des lat ignés de la guerre, et garde néanmoins an repos un certain air cavalier (.pii rappelle les aventures qu’il a courues. Je crois devoir le féliciter de sa bonne mine et des agréments de son logis. 11 coupe court â un compliment dont sa modestie est embarrassée.
— Oui, me dit-il en souriant, je suis un peu mieux inppé que lorscpie j ai débaixpié â .\lontmartre.
Cette phrase appelait eles eonlidences. je priai M. Steinlen de me conter le roman de sa jeunesse.
11 naquit â Lansanne. Son père et son grand-père y exerçaient de modestes emplois et eonsaeraient aux arts leurs loisirs. Ils peignaient des paysages. ht, comme ils n'étaient jamais sortis de leur province
STHINI.HN
natale, leurs tableaux représentaient toujours les mêmes scènes : la montagne, des vaches pâturant, le lac, une voile à l'horizon. Les yeux du petit Steinlen considéraient avidement ces objets; il mit son application à les imiter. Et peut-être eût-il suivi l’exemple de ses ascendants et se fût-il résigné à devenir, comme eux, un bon employé et un médiocre paysagiste, si quek|ues croquis de Grévin, quelques journaux frivoles, égarés par inadvertance sur les bords du Léman, ne lui avaient, en troublant sa quiétude, révélé sa vocation. 11 rélléchit qu’il y avait quelque part, bien loin de la patrie de Guillaume Tell, de jolies Elles dont il serait agréable de contempler le nez retroussé, et que ce serait là des modèles plus intéressants à peindre que les petits bateaux qui vont sur l’eau.
Paris, ville mystérieuse, attirait cet enfant de LHelvétie. Mais comment s’y rendre ? Il lui fallait vaincre les scrupules de ses parents, qui redoutaient, pour sa vertu, la corruption de Babylone. Renonçant à les fléchir, résolu à tenter la fortune, il partit un beau matin, emportant avec lui une garde-robe assez bien fournie et une escarcelle à peu près vide. Lorsciu’il mit le pied sur le quai de la Gare de l’Est, son trajet payé, il lui restait tout juste un louis. Sa principale ressource consistait en une lettre de recomman dation pour '' M. Chardiny, peintre
de natures mortes ». Il s’enquit de son adresse auprès du premier brigadier qu’il rencontra.
— Je ne connais point ce particulier, répondit le sergot.
— Il réside, m’a-t-on assuré, à Montmartre.
— Montez tous droit devant vous , jusqu’au Moulin de la Galette.
M. Steinlen prit, avec sa malle, le chemin de la Montagne sacrée. Il ne devait plus en redescendre.
— C’était un homme des plus estimables que mon pauvre père Chardiny.
M. Steinlen a gardé un souvenir attendri de ce maître dont la gloire fut immuablement confinée entre la rue Lepic et la rue des Martyrs. Le père Chardiny achetait tous les matins un bifteck; il le fixait sur sa toile, après quoi, il le faisait griller et le mangeait. Quelquefois il remplaçait le bifteck par des œufs
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sur le plat, auxcpiels il ajoutait une gousse d’ail, uu oignon cru et une hranclie de céleri dans uu verre.
Chacun de ses déjeuners lui fournissait la matière d’une œuvre d’art et, par cette ingénieuse combinaison, il réduisait à lapins stricte économie ses frais généraux. Sa tache achevée, il allait s’abreuver en une brasserie qui portait comme enseigne ces mots engageants: Au plus grand boi-k. Il y fumait sa pipe, uu soir de novembre, quand un adolescent timide l’aborda, Ini tendant une lettre que les cabots du voyage avaient froissée. Il saisit ce pli, et l’ayant lu avec soin, il déclara solonellement :
— Mon fils, je te baptise citoyen de Montmartre !
Ce que fut l’existence de l’artiste pendant la première année de son séjour, je chercherais vainement à le décrire. Il y faudrait l’imagination d’Eugène Site et la sensibilité de Charles Dickens.
Aucune souffrance, morale ou physique ne lui fut épargnée. Tout d’abord il tira le meilleurpartidu louisunique qu’il avait dans son gousset.
Mais, au bout de quinze
jours, il dut lui chercher un remplaçant. Le patron du garni où il logeait exigea des arrhes; l’hôtelier du Plus-Grand-Bock, commença à le dévisager avec malveillance. Alors il vida sa malle. Les pantalons, taillés à la dernière mode de Lausanne, les chauds gilets, les cravates brodées, le beau ~~ linge fleurant la lavande que la sollicitude de maman Steinlen y avait empilés, s’éparpillèrent chez les revendeurs. Et le dessinateur resta tout nu, ou à peu près, sur le pavé, n’ayant comme patrimoine que son crayon, son carnet et la robuste énergie de ses vingt ans. Ces richesses étaient insuffisantes à lui procurer du pain. Il vagabonda dans les rues, soufflant dans ses doigts, couchant dans des endroits innommables et plus d’une fois à la belle étoile, exposé aux voisinages les plus pénibles, et conservant, parmi ces misères, une sénérité d’humeur admirable, A la lin.
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il se procura une place de l'missciir chez un imprimeur eu étoiles. On lui donnait à copier des luotils d’ornements, mais on ne lui permettait pas d’en inventer, car son talent n’inspirait point de conliance.
l)és(jrmais il était sauvé.
Les cinq Irancs qu'il gagnait assuraient largement sa pitance c[uotidieime. ht il s’alïermissait dans l’espoir d’être antre chose qu’un cnivrier. Son crayon ne demeurait pas inactif. Son carnet s’emplissait d’ébauches, de charges, d’études sincères. Après dîner, il se rendait dans les lieux où Iréepientaient les hommes de lettres du quartier. Il délaissa rauherue du Plus-Grand-
Bock, pour un établissement sis aux environs de la place Blanche, et que tenait un certain Rodolphe Salis qui devait plus tard acquérir une si vaste réputation. Le Chat-Xoir n’était pas, à cette époque, le somptueux cabaret que l’on a connu, c’était un petit café, où chacnn mettait la main à la pâte et qui se translorinait en dortoir. Dès 1 entrée de la nuit, Steinlen s’v renccjiitra avec deux personnages qui devaient exercer sur son génie
NOS HUMORISTHS
propre une grande inllnence. L’nn s'appelait Bruant, et l’antre Jules jony. Il m’a tracé d'eux des portraits fort colorés.
— Je n’oublierai jamais la première vision tpie j’eus de Bruant... Ce chansonnier qui depuis... Mais alors il ne songeait pas à devenir châtelain et à courir le gibier dans ses garennes. Les lapins dont il se préoccupait n'appartenaient pas à cette catégorie. C'était nngas solide, cravaté de ronge; il avait les jones rasées et ressemblait à M. François Coppée, de l'Académie française; il débitait d'une voix sonore des compositions empruntées an répertoire des cafés-concerts. Les commensaux du Chat-Noir le méprisaient, ne le sachant pas poète, le prenant pour un cabot /y vnlgaire. Un soir, il nous dit : Je vais vous faire entendre un morceau de mon cm. // 11 exécuta A BalionoJIcs. Ht ce fut un triomphe. Dix fois, il dut répéter sa chanson, et dix fois je le croquai sur mon calepin. Nous bûmes des bocks ensemble et nous lûmes amis.
Bruant regagnait à une heure avancée son domicile, situé dans les terrains vagues de la Butte. Ht Steinlen l’acccnupagnait. Us erraient dans les cabarets borgnes, se IrcMaient aux tilles, afirontaieut les escarpes; — et le galoubet de Bruant, et le crayon de Steinlen marchaient toujours. Us emmagasinaient, l’un et l’autre, les impressions d'oii devaient sortir le
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texte et les illustrations de leur lutur volume : DlIus Li rue. Souvent un troisième eompaguou s'associait àleurséc[uij'iées. Il avait un chapeau melon, un paletot au collet relevé, des laux-cols douteux, et louchait légèrement. C’était Jules jouy cpie guettait la lolie oîi sombra, queUiues années plus tard, sa \ ive intelligence. De tous les êtres lalots qui délilèreut en ce temps sur la scène parisienne il fut ruu des plus énigmaticjues. Blagueur et passionné, insouciant et rageur, il était lait de contrastes; il mettait sou orgueil à dissimuler sa gueuserie. Il employait des trucs ingénus pour suppléer riudigeuce de sa bourse. Ainsi il empruntait volontiers, aux cousommateurs du Chat-Noir, du tabac dont il bourrait une pipe gigantesque qu’il gardait sur lui, mais il ne la fumait pas. Cette pipe était le magasin d’où il tirait un nombre intini de cigarettes. Ht sa provision épuisée, il la renouvelait par le même procédé. 11 goûtait à ces plaisanteries des satisfactions enfantines, l’allégresse de Panurge dnpant le guet. Parfois il arrivait chez Bruant à six heures du matin, crotté comme un barbet, le visage tiré et vert de latigue. Wmx-tu eléjeuner? — Merci, je n’ai pas faim. ■ — • \"enxtu te coucher? — j’ai très bien dormi. // Hn réalité il avait l’estomac creux et les yeux gros de sommeil. Mais il n’en voulait pas convenir.
L’épisode le plus comique de sa vie lut l’odvssée restée légeudaii'e d’un matelas qu'un parent de province lui avait
NOS Hl'.MORISTHS
envoyé, pensant lui faire un cadeau utile. C’était un matelas superbe, bourré d’une laine de cjualité superline. Jules Jouy aurait pu le vendre, mais, retenu par une inexplicable pudeur, il préféra le mettre en gage. Le voilà donc, déambulant, sa literie sur le dos, dans la direction du Mont-de-Piété. Il rencontre, en cet équipage, un ami, un grave notaire du département de la Marne, cjui le convie à boire l’apéritii. Jules Jouy dépose son précieux fardeau sur le trottoir et s’assied , sans le perdre de vue, à la terrasse d’un café.
Déjà quelques cambrioleurs rôdent autour de l’objet et le palpent à la dérobée d’un air de concupiscence. Leur manège n’échappe pas au tabellion, non plus que l’anxiété de Jules jouy ;
Vous alliez chez
nm l aille?
— Hélas !
— Combien vous prêtera-t-on?
— Une trentaine de francs !
— Ln voilà cinquante. Ramenez ça chez vous, /y
Il hêle un liacre, y installe côte à côte le chansonnier et son matelas et s’éloigne discrètement. Le lendemain, les =)() francs étaient dispersés en de folles orgies. Et Jules Jouy reprenait la route du Mout-de-Piété. Au premier carrefour, heurta nu monsieur vêtu de noir. C’était son notaire cpii, apercevant le
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matelas-fan tome, s'abandonna aux transports d'ime violente gaieté ; " Allons 1 c'était écrit, s'écria-t-il, il faut que le malheureux y passe I // j ules Jouy avait coutume d'ajouter lorsqu'il narrait cette historiette:
— Vous le croirez si vous voulez. Mais je u’ai jamais été gèiié comme ce jour-là I
M. Steinlen se plaît à causer de ces choses, à évoquer ces ligures pour la plupart disparues. 11 en parle d'ailleurs sans joie. Un tond de mélancolie perce eu sou discours. Il se déroule, traucpu'lle et lent, cnupreiut d'uu léger accent de terroir; il u’ahoude point eu saillies comme celui de Forain, ni eu naïvetés comme celui de Willette ; il est sérieux et ne s'épanche tju’avec et'iort. 11 semble que l'artiste ait une répugnance à m'entretenir tle sa personne. Je ne veux pas violenter cette timidité honorable et je me bâte de l'interroger sur d'autres sujets. 11 a longtemps vécu de la vie du peuple, il y est encore mêlé; il eu a tracé des images saisissantes. Nul n'a rendu avec autant d'intensité et à l'aide de moyens plus simples l'atmosphère des iaubourgs. Deux ou trois silhouettes, queh|ues traits de crayons, rehaussés de sanguine, et vous avez la tristesse du ciel gris, du pavé gras, de la pluie cjui
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tombe et des miséreux qui peinent.
Dans un coin du papier passe une fillette, l'œil effronté, le jupon retroussé, le sourire aux lèvres : trottius, blanchisseuses, brimisseuses , ouvrières dont la tête est près du bonnet et dont le bonnet s’envole aisément par-dessus les moulins, et qui de tous les moulins préfèrent le Moulin de la Galette pour son nom d'heureux augure...
Tandis e|ue M. Steinlen dévide ses souvenirs, j’ai saisi sur sa table une collection de suppléments du Gil BIûs. Et je tombe sur une page d’un réalisme poignant. Une petite bouquetière est arrêtée devant un restaurant de nuit, d’où sortent des deini-mondaines et de vieux messieurs ; elle considère sournoisement ce spectacle.
Elle se hausse, pour mieux voir, dans ses savates éculées ; tout son corps est attentif. Et ce corps, maiorelet et mal nourri, on le
devine charmant sous les chiffons qui le couvrent.
A quoi songe la pauvrette?
Ecoutez le chansonnier :
Ah! c'(iu’e!les traitent leur vieux lîenjamin! Faut voir les scèn’s et les coups de [)atte.
Les vieux, rossés, leur baisent la main.
.l’ai beau rélléebir; ca rn’epate.
s I lilNU^X
I, ij !
Mi:,',.. , ' I
(7cst y i|u’('ll’ scniciil le [latcliouli?
Ou'c'llcs tneU’nl leur peau dans des peaux de hâte? Je ui’suis collâ' sous d'hully :
('.a n’ m’a valu qu’un mal de tète!...
je cleinaïule à M. Steinlen ;
— Est-ce c|ne vraiment E ’A tontes vos •" gigolettes // sont hantées par l’obsession de la noce? N’en rencontrez-vous pas cpielqiies- unes qui se résignent à devenir d’honnètes temmes? L’ouvrière vertueuse n’existe-telle que dans les drames de l’Amhigu ?
Il m’a regardé, comme s’il prenait en pitié l’excès d'innocence dont témoigne cette question.
Puis, s’étant assuré de ma bonne loi, il m’a répondu :
— Vous rendezvous compte de la condition où sont réduites la plupart de ces malheureuses.'' mies naissent de parents trop pauvres pour qu'ilsaient le loisir de s’occuper d'elles. Le père travaille. et, c[uand il a lini de travailler, il
NOS Hr.MOKlSrHS
boit. I.a mcTc est accal'»lée elc ((jurincMits et de besogne. Jdenlant pousse au luisard. -uius sun'L'i ! lance, sans dii'Letiou . bile grandit dans la promiscuité des cbandu'cs trop étroites, et des maisons troj'» nombreuses. A Iniit ansellea perdu son dn\ et. a douze ans t(Jiites ses curiosités sont assoma’es ; à quatorze ans elle est lemme et sa coquetterie s'éveille. Son liabileté de main est surprenante
( l\iris illu'^tié !
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NOS Hr.MORISTHS
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elle a l'insliiKt tics ajustcincnls ; d'un rien, d’un l'toiil de ruhan, d’un morceau d’ctollc. elle se lahrit|ue une toilelte...
Steinlen a oin'erl un de ses albums et le leudlette.
\'()\'e/ cette eoilïure... Hst-ee assez j()li? I.es elieveiix sont tordus, retenus [xii' une e|une,le. noues (.rune laveur; cela est sans prétention, et cela vous a
STl'ÜN M'A'
un ihic, un je ne sais ciuoi c|ui n'appartient qu'à la Parisienne.
Celle qui nra servi de modèle ne se doutait pas encore qu’elle pouvait devenir une courtisane à la mode. Hile ii'a pas tardé à le savoir. Q^uelques mauvais conseils, une vieille dame obligeante — il s'en trouve toujours pour cet otlice — un protecteur généreux, et le papillon sort de la chrysalide. Si elle adii bagoùt et de l'esprit naturel , la lille du perqde entre au théâtre; sinon la galanterie la recueille. Ht il suflit qu'elle réussisse en l'uue ou l'autre carrière pour entraîner des milliers d'imitatrices. Qui les détournerait de cette pente?
I.a religion ? Hiles n'eu ont plus. Ha morale? Hiles l'ignorent.
Henr bible, ce sont les leuilletous qui leur faussent le jugement, ou les contes libertins qui le dépravent...
Avec ça, pas le sou à la maison. 11 faut vénérer comme des saintes celles qui résistent à la tentation 1
NOS HTMORISTHS
I/artiste s'excuse de se répandre en ces vérités, qui sont banales, sans doute, pour être trop évidentes,
— \d)s parents, lui dis-je, souhaitaient taire de vous un pasteur. Ht mais! Il me semble cpie vous ne prêchez pas mal!
11 demeure un moment silencieux.
— A cpioi hou prêcher? Tl laut agir. Le monde ne va pas ainsi qu’il devrait aller.
11 a tout à lait recouvré sa sérénité. Mais dans ses dernières paroles j’ai discerné un accent amer et profond dont je demeure saisi Ht je suis Irappé, aussi, de l’expression de son regard plein de rêve. Ht soudain, je revois par la pensée cpieUpies planches terribles oii Steinlen versait naguère, sous une forme agressive, les aspirations de son àme. Cet homme, au parler lent et doux, aux jeux lointains, a de secrétes ardeurs d’apôtre. Ce taciturne est un destructeur...