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1,'lncunnu.
venait de lui être révélé. Un mens plus tard, d publiait son premier croquis au Courrier Frunçuis. Au bout d'un an, il était célébré...
l^arini les confidences que je désire arracher a M. forain, il en est nue qui
intéresse particulièrement le public, car elle doit éclaircir iin mystère dont il est intrigué. 11 se demande cpiel lien existe entre les dessins de M. Forain et ses légendes, s’ils naissent ensemble dans son cerveau ou s’ils y surgissent séparément. Hst-ce la légende tpii suggère le dessin? Hst-ce le dessin qui appelle la
fCourrii.-r fr.inçjis.J
j.-l.. FORAIN
'l'oupe. l:t ce n'est
légende? je lui fais part des doutes ou je snis inoi-inêine à cet égard. Ht il consent à les dissiper, il me dévoile ses secrets de fabrication.
— je pars toujours d'une idée générale, mais la forme en est encore vagne à l’instant où je taille mon crayon; elle ne se précise cpi’à la suite d’assez longs tâtonnements. 11 est rare cpie mon dessin sorte d'nn seul jet, poussé par une improvisation hâtive; le plus souvent il a besoin de mûrir, je commence par imaginer mes personnages, je fixe leur
I — ^ allure, leur expression; puis je les
>1 ■ ^ ^ que epiand ils sont là, devant moi, que je cherche ce
qu’ils ont à dire. Je les interroge, ils me répondent... Ht voilà!
Pour rendre pins sensible cette explication, M. Forain m’a montré les essais qui ont préparé l’élaboration d’un de ses récents dessins et qui en constituent la uenèse. Ce sont vingt ou trente lenilles de bristid, sur lesquelles il a jeté des indications rapides ; un ol licier français (le commandant Marchandq une demi-donzaine de palmiers (Hachoda), un fils d’Albion aux dents acérées
(le sirdar Kitchener, ou plus exactement un spécimen caractéristique de la race anglaise, destiné à symboliser ses appétits colonisateurs). Il a longtemps hésité avant d’arrêter ce dernier type ; il en a fait d’abord le John Bull classique des caricatures de Vernet, culotte, bottes molles, perruque à catogan, puis il l’a modernisé, et l’a revêtu de l’uni forme de l’armée d’Hgypte.
Chacune de ses compositions est ainsi
KOS HUMORISTHS
précédée d'iine série d’ébauches qu’il conserve à titre d’indications ou de souvenirs.
Il en possède plusieurs milliers, qui dor- /' ment dans des cartons aux ventres gonllés.
Il m’a permis de les feuilleter. Nous les avons remuées de compagnie. Ht tandis que les doigts nerveux et un peu fébriles de l’artiste me les mettent soits les yeux, je salue au passage des têtes grotesques, ou touchantes, ou terribles, qui sont pour moi de vieilles connaissances; la Hile galante et sa mère à tout faire, l’une insolente et l’autre soumise, le décavé étique au crâne luisant, et le glorieux fêtard, que son cou en bourrelet et ses joues couperosées menacent d’une prompte apoplexie. Puis des silhouettes populaires, le pioupiou au pas allègre; le miséreux au regard de chien battu; la petite ouvrière, mince et frêle, trop vite émancipée; son conquérant, cpiinquagénaire rassis et ami de l’ordre. Hulin, Marianne, une Marianne au nez fripon, au bonnet planté sur l’oreille, et qui descend en droite ligne du Moulin de la Galette. Je ravis au maître ironiste quelques-uns de ses crayons pour les
ollrir au public. Son procédé y transperce, on le saisit sur le fait... Le dessin de M. Horain est éminemment synthétique; s’il ne copie pas servilement la nature, il la résume, il en donne, si l’on peut dire, l’essence; il dégage ce qu’il y a de permanent sous la tonne transitoire, il montre le drame sous la comédie et, par là, il se rattache à la lignée de Rabelais, de Molière... Les sensations qu’il a éprouvées depuis qu’il est mêlé à la Société parisienne se sont lentement aflinées et elles ont puisé de la torce dans cette cristallisation. 11 a eu ravantai>e de traverser les milieux les