‹ Nos humoristesChapitre 8 sur 11 · I.HS FAHLES IiE LA I ONTAINE : I .C Loup Ct le ('.llicil · texte numérisé non relu

I.HS FAHLES IiE LA I ONTAINE : I .C Loup Ct le ('.llicil

t|ui en résume le caractère. 1'àclie attrayante mais non exempte de témérité.

Je propose à M. 1 lermann-t^aul de nous essayer dans une épreuve. Il me S(nunettra ses " types // sans un mot d'expl ication, et je m'etïorcerai d’y coller une éticpiette. . . Attention! L'exiAa-ience commence. J’y déploie toute la

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subtilité dont ie suis capable. Il me serait agréable que l’artiste me crût très intelligent !

lui vérité, ce n" i est j'*ar trop facile à pénétrer. Il y a en lui une onction

sacerdotale qui nous renseigne sur ses origines; l’babitude de la prière courbe cette tête vers le sol, imprime à cette bouche un pli d’bumilité; l’abstinence a maigri et parcheminé ces joues. Mais une pensée tenace, des desseins longuement et patiemment médités logent sous ce Iront; et dans ce regard, que voilent des paupières languissantes, luit une indomptable énergie. Obéissance, entêtement, respect de la discipline, secret amour de l’autorité: si jamais le bon père a pécbé, ce ne peut être que par orgueil. 11 est, n’en doutez pas, une lumière et le meilleur conseil de son ordre...

NOS Hl'MORlSTES

Quel contraste! Voilà sans doute nn nez qui déchilïre les grimoires, des lèvres expertes aux arguties, nii œil inquisiteur, soupçonneux, nn crâne que les études arides du droit ont bossné, tourmenté et dénudé; enlin, des favoris dont la dignité et la correction sont rornement du barreau.

Hvidemment, celui-ci a l’intellect moins éveillé. Il est lent à concevoir, lent à s'exprimer, hostile aux innovations, docilement soumis à ses habitudes, qui sont, pour la plupart, des habitudes héréditaires. Et, d’ailleurs, la bonté, la timidité, riionnêteté mêmes... Mon Dieu, qu’il serait flatté de recevoir pour ses étrennes les palmes académiques! An fait, ne les mérite-t-il pas?^ N’est-il pas membre du jury, gros électeur, trésorier du bureau de bienfaisance de son arrondissement.^

Mais prenez garde c[ue l’imagination, endormie chez le n" éclate, chez le

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n" 4, impétueuse et presque iiiquiétaute. Cet homme, eu dépit de S(Ui ju'olil moutoimier, aspire aux cimes. II compose, pourrOdéoii, des tragédies tirées de riiistoire de France et où palpitent des sentiments élevés. Je vous dis qu'il a écrit une /CU////C t/hl/v et un l c/v/z/gcYor/v. . .

Cet autre n’est point poète. 11 ne rime pas; il chante; si c’est chanter que d’exhiber sur une scène de calé-coucert le gâtisme et les faux-cols, également démodés, de V Amant d'AiiianJa. Plaintive épave d’un genre aboli, vague histrion, pauvre diable, singe déplumé, de qui le rire — avec pitié — se détourne 1

Trois femmes apparaissent... L’une représente le passé, la tradition, l’épargne, la lessive, les conlitures, la pudeur, la décence, l’austérité dévote et aussi (remarquez, je vous prie, la courbe auguste de son nez et la solide assise de son menton), ramhition, la soif d’atteindre à la considération publique et aux honneurs. Si cette vertueuse dame est l’épouse d’un magistrat, elle l’a poussé jusqu’à la pourpre et l’hermine; elle préside elle-même une crèche, deux ouvroirs, trois orydielinats... Et tout cela, sous son impérieuse direction, marche à la baguette...

La seconde incarne les complications et les inquiétudes de l’avenir. Bizarre créature! Ses cheveux sont trop courts, son cou trop long, ses sourcils trop noirs, ses hanches tnq') minces, sa gorge trop plate, sa bouche trop large... N’insistons pas...

La troisième enfin. . Oh! la troisième! \"ous avez entendu scni éloge sous

la coupole de l'Institut, et vous l’entendrez encore quand on j louera la nuinilicence de M. de Montyon. Est-ce une rentière, une demoiselle protectrice des animaux, une veuve résignée, la s(tmr dé M. lé c'qré, ou sa mère, ou sa

servante r Soyez sûr qu'elle pratique la charité et qu'elle croit, de toute son àme. au Paradis. — et qu'elle y entrera quelque jour, si Dieu est juste !

INACGCRATION.

DANS M‘ 1*1 l

HER.MANN-l'AUl.

je in’arrêle, épuisé par celte conférence; et, treniblanl de m'être mépris, j’attends mon arrêt...

— Pas mal ! pas mal ! s’écrie Hermann-Paul. Vous ne vous êtes abusé que sur le IV, le V et le VII. L’homme en qui vous avez vu un poète raté, un faux artiste, est un lonctionnaire. 11 exerce 1 emploi de chei de bureau dans une grande administration. Le ténor de café-concert est commis de nouveautés. 11 essaye des gants au Bon Marché ou au [.ouvre. Hnliu, la jeune personne cpie

vous traitez si sévèrement, est une demoiselle du meilleur monde qui va bientc)t franchir sa trentième année sans avoir savouré les joies de l’hymen. Et c’est l’amertume qu’elle en éprouve c[ui communique à ses traits cette étrange dureté.

Au tond, nous ne sommes pas si loin de tomber d’accord. Car il y a des chefs de bureau qui hêitissent des drames en vers, des coinmis de nouveautés qui chantent la chansonnette, et des lilles de trente ans... Je vous renvoie aux romans de M. Marcel Prévost...

Nous en étions là de notre entretien, quand des enfants, mignons et roses, nous sont venus joindre. Leur gentillesse m’a rendu particulièrement sensible ce qu’il y a d’àpre, de désenchanté dans l’(uuvre de leur père. Eh quoi!

NOS HCMORISTES

tant de tristesse quand on a, près de soi, l’enjoueinent et la grâce! N’y a-til. dans la rue. que des laideurs? Pourquoi la jolie Parisienne qui s’y promène, bourgeoise, ouvrière, actrice ou petite pensionnaire, ne ligure-t-elle jamais sur les pages d’Hermann-Paul? Elle y mettrait du soleil et, sans les affaiblir, elle les adoucirait, elle y ajouterait ce qui leur manque ; le charme, .’^lais non. les prunelles de l'implacable humoriste restent sombres. Il suit son rêve pessimiste, il plonge dans les cercles de l’enfer, il y pèche de '' cruelles légendes pour accompagner des scènes " cruelles >/.

M. 1 lermann-Paul est de la race de ces philosophes qui ne sont tout à fait gais, que lorsqu’ils ont des cheveux blancs.

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