CHAPITRE XXIX
Ce mot de justice revient souvent sur les lèvres humaines. Tantôt c’est avec une indéfinissable mélancolie qu'on le prononce, tantôt avec révolte, tantôt avec désespoir.
La justice n’est autre que la notion exacte du bien et du mal. On peut encore dire qu'elle est la répartition équitable, sans faiblesse aucune, de tout ce qui constitue ce que nous appelons les récompenses dues aux mérites, les châtiments inhérents aux fautes. Elle est la personnification de l’idée la plus élevée que puisse concevoir l’homme, puisque, en y aspirant, il aspire au bien dans toute son intégrité.
Elle est, en effet, souverainement digne d'envie, car si sa possession était assurée sur la terre, si les hommes la pratiquaient entre eux, la plupart des maux disparaîtraient. Il resterait évidemment sur cette triste planète des lois fatales auxquelles nul ne peut se dérober, et qui semblent du reste inhérentes à la condition d'êtres incarnés. La maladie, la mort, ne seraient pas supprimées, mais que de luttes honteuses, parce qu elles ont pour motif l’usurpation, cesseraient | Que d'abus ignobles en moins, si cette blanche déité, signe indéniable de l’altruisme, régnait sans partage sur la terre |
Lorsqu'on réfléchit à la transformation profonde qui s’opérerait sur le globe par
le fait seul du règne de la justice, on n’en comprend que mieux ce sentiment d'envie
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