‹ Nos invisiblesChapitre 123 sur 203 · GILLOT · texte numérisé non relu

GILLOT

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Avant même d'être pierre ou mineral, nous avons dû être un atome minuscule dans le concert de l'Univers. Des millions d’autres atomes nous ont précédés, d’autres millions nous succéderont ; et il en sera toujours ainsi, parce que si la Créâtion cessait, c'est que le Principe Créateur lui-même aurait disparu.

Il est impossible aux Esprits et aux humains de sonder longtemps de telles profondeurs. Un vertige s'empare de l'âme devant ces mystères incompréhensibles à notre faible entendement. Dieu, l'éternité de la vie, l'éternité de la mort, sont autant de phrases faites pour troubler, jusqu'à en être incommodés, les cerveaux les plus solides et les moins susceptibles d’aliénation. Humblement nous devons avouer une fois de plus que, malgré le titre pompeux de roi de la Création que nous nous sommes arrogé, nous sommes dans l'éternité moins que le simple insecte que nous foulons aux pieds, que nous ne savons rien, que nous ignorons tout, et que la récolte que nous sommes venus chercher sur terre est bien maigre, bien insignifiante, devant tout ce qui nous reste à apprendre et à acquérir dans la course de la prodigieuse vie universelle,

Le plus grand défaut de l'homme est justement de ne pas comprendre assez ces vérités. Son orgueil le tient sans cesse dans des illusions qui lui font croire quil peut tout comprendre, tout approfondir, tout juger, tout critiquer.

Certes, le désir qu'il possede de s instruire est infiniment louable en lui-même. Pendant trop longtemps on a fait preuve d’une indifférence trop complète vis-àvis de la science, pour ne pas se réjouir hautement de voir enfin arriver son règne aujourd'hui.

Durant trop de siècles, l'Église s est mise en travers de la recherche de la vérité en y opposant la pratique de la foi absolue sans raisonnement, en proclamant que celle-ci seule était sainte, et que le raisonnement et le savoir étaient une hérésie. Ces temps sont déjà loin aujourd’hui. Toutefois il ne faudrait pas tomber d'un excès dans l’autre, et croire que, du moment où l’on peut tout étudier, l’on peut tout comprendre. La recherche scientifique ouvre l'intelligence, elle peut amener à bien des révélations inattendues, à des découvertes infiniment profitables à l'humanité, mais 1l arrive toujours un moment où le problème devient trop élevé, trop incompréhensible, et où l'homme doit s’avouer vaincu parce qu'il ne possède, pour creuser son idée, qu'un instrument de sondage imparfait auquel toute sa meilleure volonté ne peut suppléer.

Il ne faut donc jamais repousser de parti pris aucune théorie, sous prétexte

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