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entre le spiritisme et la religion catholique faits cependant tous deux pour affirmer l’Immortalité), peuvent et doivent orienter leur charité vers ces misères particulières qui ne sont ni inscrites ni cataloguées sur aucun registre. Il y a des quantités d'institutions philanthropiques qui ne peuvent apporter aucun soulagement à certaines détresses, qui restent impuissantes à aider la mère surchargée d'enfants, la désespérée qui demeure sans secours. C’est dans le soulagement de ces misères-là que l’idée spirite doit se faire jour, c’est vers ces infortunés-là que les mères accompagnées de leur fille doivent se diriger, pour enseigner à ces malheureux que leur temps d’épreuve est l’avant-coureur d’un temps de gloire, que leurs chers morts sont autour d'eux et qu'ils les retrouveront un Jour.
A côté de ces tâches de charité, 1l faut mettre le travail manuel si important pour la femme, lui enseigner cet art, si utile pour le bonheur de sa condition d'épouse, de savoir se dévouer à sa maison, veiller sur ses domestiques.
L'heure est venue également de l’intéresser aux questions philosophiques, religieuses, aux travaux intellectuels, dont nul ne doit faire fi.
Ce programme est assez vaste pour qu'elle n'arrive jamais à connaître l’oisiveté, à souffrir de l'ennui. Toutefois, dans cet ordre d'idées, un autre excès est à éviter. [Il ne faut pas non plus surcharger tellement les journées des jeunes filles qu'elles en arrivent à un surmenage extrêmement préjudiciable à leur santé d’abord, à leurs facultés intellectuelles ensuite.
Je ne connais rien de plus odieux que ce genre d’éducation, si à la mode de nos Jours, qui consiste à passer la journée à écouter des conférences, à aller de cours en cours, sans même qu on puisse trouver le temps pour une promenade hygiénique, pour terminer, le soir, par des bals, des fêtes, où l’on récolte beaucoup de fatigue et peu de profit moral.
Agir ainsi ne s'appelle pas aimer ses enfants. Il y a des limites au travail, à l'étude, à l’activité même. Une pauvre petite existence de quelques jours ne peut transformer l'âme la plus avide de s’instruire en une sorte d’encyclopédie de tous les arts et de toutes les sciences. Il faut pour cela un effort renouvelé avec le concours d'un cerveau également renouvelé, condition que les existences successives peuvent-seules fournir aux créatures.
En général, la jeunesse est fort disposée à vouloir tout s’assimiler, à entreprendre des quantités de tâches à la fois. C’est aux parents qu'il appartient de
réglementer un peu cette ardeur, et d'être assez perspicaces, ou assez raison-
nables, pour comprendre qu'il n’est pas possible, dans une journée de vingtquatre heures, de tout apprendre et de tout faire,
En aucune façon il n’est permis de laisser croire aux jeunes filles que les soidisant obligations mondaines doivent être prises au sérieux. Sans être ennemi du plaisir, il est toujours sain, hygiénique même, dirais-je, de faire entrer dans la vie un peu d’austérité.
Une mère doit avoir là-dessus de sévères principes. Elle doit donner l'exemple de la bonne règle du travail, de la promptitude au lever, à la toilette, et elle doit toujours s’efforcer de bien faire comprendre à sa fille que le plaisir ne doit être considéré dans la vie que comme un accessoire, qu'il ne doit en aucun cas primer les devoirs quotidiens inhérents à chaque état moral : elle doit, en un mot, réagir contre cette tendance à faire entrer le plaisir dans la catégorie des choses utiles et indispensables. Rien ne peut donner plus d'autorité à l'appui de ses dires que l'idée spirite. Comment, en effet, la jeune fille ne se rendrait-elle pas aux raisons qu'elle lui donnera pour l’attirer vers le sérieux de la vie. lorsqu'elle sera entièrement convaincue que, cette terre n'étant qu’une terre d'épreuves, les rares jouissances que nous pouvons y rencontrer ne sont absolument qu'exceptionnelles, J ajouterai même anormales, que tout s’expie, que n1 prières, ni aucune absolution n'assurent l'impunité, tant qu’on n’a pas réparé, que, du moment où il en est ainsi, 1l faut se préserver avec un soin jaloux de tous les écarts, et qu'il est indispensable-de ne pas gaspiller un quart de seconde de cette existence concédée à notre âme pour son plus grand bien ?
Ceci est tellement vrai que, même durant les périodes des heures de diverüssement, 1l est utile de ne pas perdre de vue son progrès moral. Les menues choses de l'existence peuvent concourir à notre progrès. Faire la plus insipide des visites en s’efforçant d’avoir le plus gracieux des sourires, en s'appliquant à s'intéresser aux faits et gestes de ce prochain très souvent profondément indifférent ou antipathique, constitue, en vérité, un petit acte de charité. C’est pourquoi il est si nécessaire d'enseigner aux jeunes filles cette bonne grâce, cette affabilité, qui leur deviendront toujours faciles, dès qu’elles voudront bien songer que ce prochain est leur frère et que la bienveillance est le meilleur préservatif contre l’aigreur anti-évolutive. |
Tout, du reste, dépend du point de vue auquel on se place. Les actes les plus insignifiants peuvent avoir leur valeur, s’ils sont rehaussés par une intention
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