CHAPITRE LI
Nous allons traiter aujourd’hui une question qui joue un rôle important dans l'histoire du monde, lequel monde ne peut subsister que par sa perpétuation, son indissolubilité : je veux parler de la famille et de la place qui doit lui être réservée dans tous les débats sociologues.
La famille ! Mot doux et charmeur qui évoque dans nos regards attristés, au milieu des lassitudes et des déboires de notre existence, le tableau si doux des joies pures, auxquelles il nous est permis d'aspirer.
Entretiens simples, épanchements d’âmes à âmes, joies communes, douleurs même supportées parce qu'on s’unit pour mieux subir l'épreuve, veillées joyeuses autour de la lampe familiale, éclats de rire des enfants chéris, sourires attendris des grands-parents, tout cela constitue les joies très pures du foyer, et, devant le charme d'un tel tableau l’homme isolé, l'homme qui a volontairement repoussé cette vie par pusillanisme, par crainte des devoirs à accomplir, par terreur de la mission à remplir, cet homme, dis-je, se prend à soupirer et à regretter amèrement une décision qui l'éloigne de l'unique bonheur permis ici-bas.
Pourtant, tout étant périssable en ce bas monde, il en résulte que ces groupements unis qui s appellent la famille, sont parfois détruits. La mort ne respecte rien, elle s'attaque à tous les individus, elle ne tient compte d'aucune considéra-
tion. Peu lui importe si elle fait des veuves sans ressources, si elle établit des
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