‹ Nos invisiblesChapitre 189 sur 203 · PET · texte numérisé non relu

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d'efforts patients, de volonté laborieuse et de tendresses. En agissant ainsi il travaille non seulement pour la réalisation de sa paix future, mais encore pour l’accomplissement de son relatif bonheur présent, car, je le répète encore, sur cette terre 1] n'y a rien au-dessus des simples joies familiales.

S'aimer et se le prouver, c'est empiéter sur l'avenir immortel où la constitution des groupes sympathiques n'est autre que le groupement des familles d'élite, qui savent que la première manifestation de la tendresse est de savoir se supporter, en mettant en pratique cette indulgence compatissante qui est le propre des âmes élevées toujours disposées à la sévérité vis-à-vis d’elles-mêmes et à la compassion en ce qui regarde les autres.

Mais, dira-t-on, est-il donc nécessaire d’aider sa famille plus que ses amis ? Et quelques spirites même ne manquent pas d’objecter ceci, c’est que, du moment où la réelle famille ne peut être que le groupement d'êtres sympathiques, on peut et doit considérer les membres de cette famille ne répondant pas à cette sympathie comme des êtres qui en sont exclus, et qui, par conséquent, n’ont droit qu à la simple bienveillance qu'on doit accorder à tout humain.

Cette théorie n'est pas défendable. Nous ne devons pas oublier, en effet, que la doctrine spirite nous enseigne que lorsque l'Esprit revient à la terre, il choisit par avance le milieu social, il opère une sélection, il cherche quels sont les parents auxquels il va s'adresser pour le diriger dans cette vie terrestre qui va devenir sienne; et c'est ainsi que, tout ayant été approximativement réglé à l'avance, il s'effondre à nouveau dans la matière terrestre pour y chercher la lutte et, disons-le aussi, l’imprévu; car, malgré tout, sa prévoyance ne le mettra Jamais en garde contre les accidents, les surprises bonnes où mauvaises, qui sont le résultat inévitable de sa cohabitation avec ses frères en humanité.

S1 les membres de sa famille lui sont antipathiques, il n’en est pas moins vrai cependant que c’est lui qui les a choisis. Partant de ce principe il doit done non seulement les supporter, mais encore se plier à ce commerce quotidien qui constitue la vie de famille. Il est vrai, dira-t-on, qu'il n’a aucun souvenir de sa réincarnation qui lui permette de supporter mieux les travers des siens, en disant : je les ai choisis tels.

Un voile mystérieux, une brume épaisse, s'étendent sur son passé d'Esprit. n'a pour lui que l'incertitude pénible, le doute angoissant, et lorsqu'à ces

tourments vient s’adjoindre l’inimitié dans la famille, on peut dire sans exagéra-

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