‹ Nos invisiblesChapitre 9 sur 203 · JÉSUS AU GOLGOTHA · texte numérisé non relu

JÉSUS AU GOLGOTHA

C’est d'une façon insuffisante que l’on a parlé de l'état d'âme du Christ au moment décisif où il monte au Golgotha. L'on s’est plu à en montrer plutôt l'extérieur, c’est-à-dire la tristesse inévitable devant l’ingratitude des hommes, la profonde décevance devant le résultat, pour ainsi dire nul, d'une vie entièrement consacrée à l’apostolat.

Lorsqu'une sueur de douleur inonda le corps du plus beau des enfants des hommes, lorsqu'il se trouva seul sur la montagne où devait s’exhaler son dernier soupir, le tableau de sa vie passée se déroula lentement devant ses yeux, el il entendit de nouveau, comme en un rêve lointain déjà effacé dans les brumes du passé, les ovations, les enthousiasmes, les huées et les bénédictions. fl revit lentement les prodiges suscités et multiphiés sous ses pas, el sur sa poitrine couverte de crachats et de sang il lui sembla sentir encore la douce étreinte de Jean le bienaimé.

Pourquoi cette vie si pénible, si tourmentée, du moment où elle ne devait servir qu’à aboutir à un semblable Calvaire? Pourquoi ce mépris des richesses qui auraient pu lui adoucir la tâche, en la lui rendant plus aisée parfois ? Ces choses ne suffisaient-elles donc pas...? Pourquoi la mort à présent ?

Et une voix très douce lui répondit : Il le fallait !

Page 1