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CHAPITRE XXV

SÉRÉNITÉ

Mes chères enfants,

Je ne m'étendrai pas longuement sur la valeur de ce mot « sérénité », car je crois que vous le comprenez parfaitement. Vous savez que sa signification est, sur terre, douceur, tranquillité, quiétude même, quoique celle-e1 puisse paraître un vain mot sur notre globe de tristesse.

La sérénité a pour elle ce don précieux quelle sait rendre la vie supportable, qu'elle aide l'âme à diriger utilement son existence, qu’elle l'empêche de se laisser aller à ces malheureux mouvements de passion, d'impétuosité, qui dérangent quelquefois tout le plan d’une vie et qui mettent en déroute les résolutions qui paraissaient les plus sûres et les meilleures.

Quoique la sérénité paraisse une qualité plus angélique qu'humaine, 1l n'est pas impossible cependant d'arriver à la posséder sur terre.

Je sais hélas ! que tout semble s'unir pour la bannir de ce sol; que, comme autant d'éléments furieux et contraires, la méchanceté, la sottise, la malhonnêteté, s'acharnent sur l'incarné pour le pousser à bout et lui faire perdre non seulement toute patience, mais encore tout son sang-froid. Je sais aussi qu'elles sont très rares les âmes qui recèlent en elles un fond inattaquable de sérénité,

mais je sais aussi que cette qualité n’est pas un mythe, et je dis que, du moment

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où plusieurs l’ont possédée, il est loisible à tous d'en tenter la conquête, et que

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chaque être doit faire le plus grand des-eflorts pour qu'elle devienne son bien

propre, parce que, sans cela, le progrès n'est pour ainsi dire pas possible.

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