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LES BRICKS DES MOUSSES EN

Mouss's de la Bî'etagtt, mes p'tits frères ! Tâchez d' vous rapp'ler les miières

Qu'on nous faisait cor ya vingt ans, Afin d' rend' vos bons mait's contents.

Quand plus tard vous aurez un grade, Si vous êt's app'lés, sur cett' rade,

A commander plus jeun's que vous, Comm' vos chefs actuels, soyez doux

Pour les mouss's qu aim'nt les exercices, Qui front d'eux d' vio:oureux novices,

Et, comm' vous, ces p'tits, j' suis certain, Aim'ront not' cher métier d' marin.

A mon ami Alphonse Guillou^ Lieutenant de vaisseau.

LE PETIT NOËL

janvier 1S33.

LE PETIT NOËL

(Un soir de Noël dans une pauvy^e cabane de la côte.

Le petit JEAN, quatre ans. — La MÈRE, allaitant un enfant, puis le petit ISOEL, mousse de la Bretagne.

LE PETIT JEAN, pleurant.

Oh ! maman, j'ai froid !

LA MÈRE

Pau' p'tit Jean, tu pleures !

Souff' dans tes p'tit's mains pour les dégourdir.

LE PETIT JEAN

J'ai faim ! J' veux d' la soup' !

LA MÈRE

via qu'il est six heures.

Ça s'ra pour demain, p'tit Jean, va dormir...

(Pensive.)

Mon Noël gagn' sa vie à rÉcol' des Mousses. Mais pour ses p'tits frèr's, j' voudrais bien avoir, j

L'argent des chandeH's, des fleurs et des mousses, Qu'on va dépenser pour les crèch's ce soir... Mon p'tit Noël m'écrit qu'i' r vient cett' semaine, Pour passer quôqu's jours au pays, près d' nous ; Comment que j' vas fair', moi qu' ai ben d' la peine. Dans r cœur de l'hiver, à joind' les deux bouts...

(Au petit Jean.)

Tiens mais j' crois, p'tit Jean, cru'on frappe à la porte ! Va donc voir un peu qa'est-c' qui cogn' si fort !

LE PETIT NOËL, entrant.

C'est ton Noël, maman, qui ce soir t'apporte

Les sous qu' t' as besoin d'puis qu' not' père est mort.

LA MÈRE

Oh! mon bon p'tit Noël, viens donc que j' t'embrasse! Comm' te v'hi gentil dans ta t'nu' d' marin ! Comm' t' as engraissé ! Quell' bonn' petit' face ! C'est pas comm' la mienn' tout' miné' d' chagrin... Es-tu bien, à Brest, là-bas su' la rade? Pour te dégourdir les jours de grands froids, Comm' ton pèr', dans l' temps, r'çois-tu la bourrade, Et des coups d'garcett' pour dég'ler tes doigts?

LE PETIT NOËL

Non, maint'nant les mouss's sont m'nés comm' des hommes. Et on n' nous trait' pus en p'iits faillis chiens.

C'est Ion Noël, maman, qui ce soir t'apporte

Les sous qu' t' as besoin d'puis qu' nof père est mort.

Puis, si not' métier n' rapport' pas d' gross's sommes,

L' peu qu'on gagne, on 1' met d' côté pour les siens.

V'ià pourquoi j' t'apport' mes économies,

Pour tâcher d' t'aider à payer ton pain,

Car, tandis qu' moi j' mang' des tas d' viand's bouillies,

J' pense à mes p'tits frèr's, qu' ont p't-êt' pas l' ventr' plein

A l'Amiral Ch. Dupcrré.

8 février 1894.

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RETOUR AU PAYS ^v

{A Samt-Malo, dans une vieille maison de la rue du Boyer^ entre huit heures du soir et sept heures du matin, en septembre.)

JEANNE, dix-sept ans. — Sa sœur LOUISA, quatre ans, puis JEAN-PIERRE, quartier-maître de manœuvre de la RancCy en congé temporaire, et MATHURIN, vieux pêcheur, père de Jeanne et de Louisa.

JEaXNE, cousant près de sa petite lampe, à Louisa qui est au lit-

Assez causé pour aujourd'hui,

P'tit' sœur Louisa, faut qu' tu sommeilles.

LOUISA

J'fais dodo, mais oùsqu'il est, lui,

Not' bon p'tit pèr' pendant qu' tu veilles ?

JEANNE

r pêche et tu le rVerras d'main, Si c' soir t'es sag* comme une image, Et si tout' la nuit tu dors bien, Pour que j' puiss' finir mon corsage.

LOUISA

Oh ! oui, tous les soirs tu m' dis ça,

Et r matin j' m'en vas à l'asile,

Sans pouvoir embrasser papa

Qui r'vicDt tard et puis, d' bonne heur', file.

JEANNE

Voyons, Louisa, laiss'-moi veiller, A présent qu' t'as dit ta prière.

LOUISA

J'dors, mais tu viendras m' réveiller Sitôt qu'i' rentrera, p'tit père.

JEANNE

Oui, ma mignonn'.

(Pensive.)

La v'ià qui dort.

Comm' c'est beau d' sommeiller d' la sorte, Sans s' douter de c' que c'est qu' la mort... Eir naissait quand maman est morte.

C'est d'main que j'vas r'voir mon cousin Qui vient d' faire, à bord de la Bance, Trent' mois dans l'océan Indien.

J'suis content' de V savoir en France, Car j' l'aim' bien et d'puis son départ, Je m' suis pas un' seul' fois couchée, Près d' Louisa, sans que j' songe, à part, A ma joi' d' voir son arrivée.

J'avais quatorze ans et dix mois Pendant l'armement d' oon navire.

J'étais core en rob' court', je crois.

(Elle sourit.)

Maintenant qu' j'y pens', ça m' fait bien rire, Pa'c' que j' me r'vois su' mon portrait, Qu'i' m'a pris quand i'm'a quittée, En m'assurant quT V conserv'rait Pour se rappeler sa p'tit' fiancée.

(Elle rit, puis reprend son sérieux.)

C'est pas V tout d' rire, i' faut qu' cett' nuit J' tâch' de finir ma rob' d'indienne.

(La vieille pendule à balancier sonne minuit.)

Quelle heur' qui sonn' ? Déjà minuit !... Oui, faut qu' ce soit pour lui qu' j' l'étrcnne.

(Jeanne a travaillé toute la nuit. Au moment où, le jour s'étani levé, elle éteint sa lampe et va ouvrir la fenêtre, Noguettt et Malo, les deux cloches de la vieille cathédrale, se fon1 entendre.)

NOGUETTE.

Dign' din ! Dign' din ! Dign' din ! Dign' din î

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