LE P. CHATELET
parut en partie, et François put entrer au grand séminaire, puis au Séminaire des Missions-Étrangères. Il partit en 1880 pour la mission de Gochinchine orien«tale. « n eut quelque peine, dit le P. Ghambost, à s'ac* climater et à apprendrela langue annamite. Après avoir exercé le saint ministère sous la direction d'anciens confrères, dans plusieurs grandes chrétientés, le P. Ghatelet avait été placé, il y a plus d'un an, à la tête d'un immense district, composé d'une dizaine de petites paroisses, éloignées les unes des autres et renfermant environ deux mille catholiques. G'était sur un plateau élevé, à une grande journée de marche de la mer, dans la province du Phu-Yên, à peu près à égale distance de Saigon et de Tourane. C'est là qu'il se trouvait en juillet et août, lorsqu'éclata la catastrophe qui devait anéantir la mission de Gochinchine orientale. »
Au Phu-Yên comme dans toutes les autres provinces, les mandarins et les lettrés avaient pris leurs précautions pour que pas un missionnaire, pas un chrétien n'échappât au massacre qu'ils préparaient.
Ordre avait été donné aux chefs de villages d'armer les païens, de faire garder toutes les routes et d'empêcher qui que ce lut de sortir des ports. Les maires avaient distribué aux païens des planchettes de bambou sur lesquelles étaient inscrits ces mots : « Bonne population » , avec le nom du porteur et le cachet du village. Pendant ce temps les mandarins, préfets, sous-préfets,
chefs de canton rassuraient les missionnaires et les chrétious. Lorsque to^it était pnit^iss lettfés^aitaquaiant la citaddle de la proyince, «t lea.mattfqrîns^a' leur abandonnaient après quelques heures ^'^un^x^istancfe simttléejr en se déclarant impuissants à ^ (j^ei%dr4!^i(ie gouvernement annamite udait 1% véhelO^f vo^i» iX s^ hâtait offiçiéllMii^l de la désavouée ;4a9s leurs- pio— olamatîons et dans ileursentretiens^ ses |!!^ré8eBtut&> déalaraient qu'ils mettraient tous leurs soiw à|)r:ûtég^^ Ias:i mkisionnaires et les chrétiens; et ils IMiaiQii^ caiis^ comniane avec lès^orgeurs. < Les aateuBsâes pevséeutions sont^ biencoanus, écrit Mgr Gaspajr» les chrétiens échappés à là mort m'ont cité beaucoup 'de noms» ce sont des dignitaires de villages paï^dSé v ^Les sauteurs des massacres sont les mandarins qui, les ont ordonnés et les lettrés qui les ont effectués, 3» éci*it Mgr Puginier. En Cochinchine orientale,leur plan a réussi au delà de leurs espérances. Cette mission possédait quarante et un mille chrétiens, il lui en reste dix-sept mille ; huit missionnaires, sept prêtres indigènes, soixante catéchistes, deux cent soixante-dix religieuse;s, vingt-quatre mille chrétiens ont été massacrés ; dix-sept orphelinats, dix couvents, quatre fermes, deux séminaires, deux pharmacies, une imprimerie, un évêché, deux cent vingt-cinq églises ont été détruits.
' Ces massacres et ces destructions se firent avec des raffinements prodigieux et une rage inouïe On dit que les Annamites n'ont point le génie de l'invention. Pour les arts ou pour les sciences, c'est vrai ; pour les supplices, c'est une erreur.
LB P. CHATELET. â08
Ils défient tous les tortionnaires |Kat$aé9 at.fiiltuts ; ils savent tout : la mort lente, les cent «plaies» Tiéoartèle^ ment, la strangulation qui dure des beutj^y^la pendaison par les pieds ou par les nmins,:etc. ; ils ont des mi^r trosnents pour tous les supplices : des tenailles froides ou brûlantes, des sabirs, des caùgues, des r^Mtins» des couteaux, des crochets. D'ailleurs, ce* ne sort point des brutes qui tuent pour tuer, simplement ou tout d'un coup, ils travaillent en artistes à la façon du tigre. Cette fois, ils durent éprouver des joies intimes et profondément délicieuses.
A Lang-MuR, tous les cbréttens furent etitevrés' virants dans une fosse commuiae.
. A Nay^on offrit aux catholiques le choix entre l'apostasie et la mort. Quelques-uns faiblirent, ils fuient quand même massacrés. • ><
A Dinh-Thuy, un grand nombre de persdnnedLAioent jetées dans l'immense bfasier allumé a^^eis lesVâooAtériaux amassés pour la construction! id?une .-nouvelle églises. Des deux chefs de la chrétienté, l'un lût enterré vivant; l'autre^ sa femme et ses dix enfents fureuMécapités. ;D6s religieuses furent jetées dans lepuît^ dé^leur oonvent^ l'une d'elles put se soutenir à la surface pendant deuK< jours. Elle appela au secours, un païen acoeurut: elle lui promit quinze francs s'il l'aidait à iaortir, il l'aida, prit lés quinze francs et la jeta dans les flammes qui dévoraient encore les maisons chrétiennes; la religieuse put s'enfuir, le païen courut après elle et l'assomma. Ce sont quelques faits, il y en a des milliers de semblables.
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NOS imsioNNAins.
Le p. dmtèlèt IM I» Amniier minioaimirê de laGodlfÉriitiM orièiitalè quittomte ÉHts la ftr d«i «sauriin. « A la nouvelle dès vhaMieres»' flqilMKlVa^é, ULtéà^ denee ovdfBftirtf,-poiir alkr «-établir à IUk]fClm,ohtt loi était plus ft»ile de se dëlbiidfe; U» lebÔHcs inleieep^ ttrent alors toate' oèBimmikatiob» et I-ob mia MDfélk dn lllilBiollllaire^ i - ' * ' ' '
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