Beyrouth, Imprimerie catholique
2. Pour la période antérieure à 1864, on peut consulter avec fruit : De Damas, la Science: et les missionnaires au mont Liban (Etudes, 1864) ; et du même auteur : Sinaï et Judée, Galilée, Jérusalem, 1866, 3 volumes chez Putois-Crété.
Devant une pareille richesse d’écrivains et de documents de tout genre nous nous sommes demandé pourquoi, bien que nos missionnaires n'aient pas souvent les loisirs nécessaires pour envoyer en Europe des travaux spéciaux en langue française, vu les nécessités de leur apostolat et l’immensité du champ à moissonner, ils n’ont pas encore pu fonder à Beyrouth une revue rédigée dans notre langue et donnant sur l'Orient des informations que l’on puiserait difficilement ailleurs. Ils ont répondu à cette Suggestion, avec une modestie qui les honore. qu'ils se devaient tout entiers aux œuvres propres de la mission, où les bons ouvriers sont rares, et que pareille œuvre serait certainement en butte à de nouvelles vexations de la censure turque, cerbère qu'ils doivent, pour tout le reste, se concilier déjà par des dons annuels métalliques et toujours considérables. Aussi, après y avoir eux-mêmes songé, ils ont jugé plus prudent de s’abstenir.
À côté du collège se trouve l’Université de médecine fondée par la Compagnie de Jésus à Beyrouth, dans le but de fournir aux populations de l’Asie Mineure des médecins chrétiens. On sait que les musulmans ont toujours, comme les Arabes de tout temps, professé un grand
respect pour la médecine, science dans laquelle ils se sont même autrefois distingués. Le médecin peut pénétrer partout, grâce au caractère quasi sacré dont il est revêtu de par sa profession savante. Bien que sous la direction des Pères Jésuites, dont quelques-uns professent, les cours de la Faculté de médecine sont en général confiés à des professeurs laïques de l’Université de Paris, qui ont bien voulu accepter cette charge avec l’autorisation et le con- Cours du gouvernement français. Chaque année, une commission de médecins français vient à Beyrouth faire passer les examens et délivrer les diplômes qui ont la même valeur que ceux décernés en France et sont reconnus par le Sultan, ce qui donne aux médecins de l’Université de Beyrouth le droit d’exercer en France comme dans tout l’Empire ottoman.
À la tête des professeurs laïques, nous mentionnerons tout particulièrement le docteur Rouvier, qui est fixé à Beyrouth depuis la fondation de la Faculté et qui est célèbre comme archéologue. Ses nombreux mémoires sur la numismatique et les antiquités phéniciennes, fruits de quinze années d’études et de recherches, lui ont acquis une place éminente dans ce domaine spécial. Il n’est pas moins savant
médecin, et l’Académie de médecine de Paris à couronné ou mentionné honorablement plusieurs de ses écrits. Il est secondé dans sa tâche par M. le’ docteur de Brun, dont les travaux scientifiques sont aussi considérables, et par M. le docteur Hache, qui s’est également fait remarquer par de nombreuses communications et des mémoires sur la chirurgie dont il occupe la chaire avec la plus grande distinction. Le docteur Nègre est, comme ses collègues déjà nommés, officier d’Académie et de l’Instruction publique : MM. Guignés, Eddé, Gebara, Saouma, ont été nommés cette année même officiers d’Académie ; enfin, M. Chakakoury, honoré de la même distinction, a publié un excellent ouvrage Sur l’hygiène de la vue.
C’est un Père Jésuite, dont nous avons malheureusement oublié le nom, qui est chargé du cours de physique, et nous avons pu admirer ses collections d'instruments qui, comme le musée. anatomique et le laboratoire, montrent que l’on est. au courant des dernières découvertes des: sciences ét que l’on s’occupe des recherches minutieuses de Ia microbiologie.
Aux sessions de novembre 1899, Ia Faculté a reçu 7 nouveaux docteurs et 3. pharmaciens ; aux mêmes sessions, ont passé avec succès un
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Colloquium 19 docteurs et 2 pharmaciens. Bien que nous tenions à éviter à nos lecteurs l’ennui des chiffres, il est difficile de montrer l’importance des établissements scolaires de la MISSION sans en Citer au moins quelques-uns. Nous nous contenterons des totaux. On compte dans la mission des-Pères Jésuites 2 centres principaux d'instruction, à savoir : Beyrouth et Saïda. Le premier possède l’Université Sa: nt-Joseph comprenant : 4° un collège avec enseignement secondaire classique et Spécial, pensionnat, demipensionnat et externat, total 458 élèves ; 2° un Srand et un petit séminaire de tous les rites, même du rite copte, avec 50 élèves ; 3° une maison de moines appartenant à différents ordres religieux indigènes et suivant, les uns, le cours secondaire. les autres, les cours supérieurs ; ils sont 22 ; enfin la Faculté de médecine avec 121 élèves. |
À Saïda, se trouve un collège de fondation récente et plein d’avenir où les études ne dépassent pas pour le moment le niveau de bonnes études primaires, il compte 143 élèves.
Viennent. ensuite les écoles dépendant des résidences de Beyrouth, Saïda, Bikfaya, Zahlé. Ghazir, Tanaïl, Damas, Homs et Alep. Elles Sont au nombre de 130 pour les garçons, avec
8316 élèves et de 57 pour les filles, avec 3 909 élèves. Toutes, sauf 5 écoles de garçons, entretenues par l’évêque de Tripoli, sont à ia charge de la mission. C’est en somme une population de 12679 personnes, tant enfants qu'adultes ou hommes faits, auxquelles on distribue l'instruction. Sur ce nombre, 2 023 apprennent le français en plus de l’arabe. Notons que dans les collèges et, à la Faculté de médecine tous les étudiants apprennent le français. La porte des établissements des Pères Jésuites en Syrie est ouverte à tous sans distinction de religion. Le tableau statistique du commence ment de l’année, d’où nous avons tiré les chiffres ci-dessus mentionnés, cite, en effet, 115 musulmans, 31 Druses et même, oh! miracle, 24 israélites dont 5 à la Faculté de médecine, le reste dans les 2 collèges.
Cette statistique se passe de commentaires, mais ce qu’on doit dire c’est qu’un grand nombre de ces écoles sont gratuites. La mission, qui a peine à suffire à leur entretien, se voit ainsi forcée avec le plus vif regret de refuser aux populations, qui les demandent avec instances, de nouveaux établissements scolaires, dont l’importance politique ne saurait échapper, si l’on considère la marche sans cesse croissante des
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