‹ Nos missionnaires patriotes et savantsChapitre 18 sur 25 · PRE · texte numérisé non relu

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92 NOS MISSIONNAIRES, institutions similaires de la propagande russe en Syrie et en Palestine. La France verrait donc son prestige se consolider et s’accroître dans uné large mesure si des secours pécuniaires officiels Ou privés permettaient aux missionnaires de multiplier le nombre de ces écoles et, d’une manière spéciale, celles où l’on enseigne le français. Il serait surtout utile, pour combattre efficacement les multiples influences étrangères, d'encourager et de mettre sur un pied plus solide et plus élevé Iles deux embryons d'écoles normales qui ont été fondées, l’une, à Saida, sur la route de Tripoli à Homs (environ 18 élèves) et, l’autre, à l’orphelinat agricole de Tanaïl, résidence qui, sur 51 orphelins, compte. actuellement 22 aspirants-maîtres.

Nous ne nous étendrons pas sur les annexes de la Faculté de médecine, à savoir : l'hôpital français, les dispensaires, les salles d’opérations, l'hôpital de la maternité en création. tien ne manque à cette institution qui le dispute aux meilleures Facultés d'Europe. Signalons cependant le dispensäire, devenu célèbre, de la résidence de Homs, qui est fréquenté journellement par 150 personnes environ de toutes catégories et de toutes confessions ; puis, celui dAïn-Ebl, dans la Galilée, qui, quoique beau-

coup plus modeste, rend déjà de grands services et est appelé à un sérieux avenir.

Nous ne pouvons quitter la Syrie et la Palestine sans mentionner 1C1 ces autres pionniers de l’influence française en Orient, les Assomptionnistes, en faveur desquels notre ambassadeur à Constantinople à si vaillamment plaidé auprès du gouvernement lors du récent procès de Paris. Une plume, autrement autorisée que la nôtre, celle de M. Albert Vandai, de l’Académie française, a dit aux lecteurs du Gaulois (N° du 24 janvier 1900) comment ces moines.

aussi hardis qu’entreprenants, avaient conquis moralement à la France toute une partie du Levant. Les premiers, 1ls ont osé montrer leur froc et leur grande barbe dans les rues de Stamboul, bravant les insultes et le fer des assassins. L’un d’eux n’a-t-il pas été frappé d’un coup de poignard en pleine rue. Leur maison à dû y subir un siège qui n’a cessé que grâce à l’intervention de l'ambassadeur de France, M. Cambon, qui eut le courage d’y aller entendre la messe. Ils furent parmi les premiers découvreurs de la Bulgarie. Ils s’installaient à Sofia, en 4862, alors qu’en Europe, on connaissait à peine ce pays.

Grâce aux écoles de français qu'ils y ont

installées, ils forment à peu près le seul lien entre nous et ce pays qui désirerait tant que la France s’intéressât à lui. « Ils ont créé quatre centres d'éducation : Sofia, Varna, Philippopoli et Yamboli. Les diplômes qu'ils délivrent sont fort appréciés. Ils ouvrent l’accès des carrières libérales et publiques. De leurs écoles Sort une foule d’administrateurs, de fonctionnaires, de gouvernants francisés d’esprit et de Cœur. » On les trouve encore en Turquie proprement dite, à Andrimople, à Gallipoli, où ils sont les gardiens officiels des tombes de 9 000 de nos soldats et marins qui succombèrent à une épidémie de choléra pendant la guerre de Crimée.

Mais c’est surtout à Jérusalem qu’il faut admirer leurs œuvres, dans cette hôtellerie de France, vaste asile qui reçoit, avec une hospitalité qui fait battre le cœur de tout Fran CAIS, tous Ceux, sans distinction de parti ou de nationalité, qui veulent bien aller frapper à sa porte.

On connaît par le journal {a Croix arraché à leurs mains vaillantes, mais toujours fidèle à leur direction religieuse, leurs œuvres des pèlerinages de Terre-Sainte. Ce que connaît moins le public, ce sont leurs travaux scientifiques, car ces religieux très modernes s’occupent de

toutes les questions, ainsi qu’en témoigne cette revue scientifique de valeur qui a nom le Cosmos et qu'ils ont sauvée de la ruine après la mort de son savant directeur et fondateur.

l’abbé Moigno.

En Palestine, ils s'occupent tout particulièrement d'histoire et d’archéologie, et le savant P. Germer-Durand à réuni à Notre-Dame de France, en un embryon de musée, des collecions de silex taillés préhistoriques, de monnaies antiques, d'inscriptions phéniciennes et autres de la plus grande valeur, Grâce à ses patientes recherches, il a retrouvé assez de milliaires romains pour pouvoir reconstituer le réseau des voies construites par les soldats de Rome. À Constantinople, ils éditent une revue spéciale : les Échos d'Orient, dans laquelle ils traitent de toutes les questions historiques et scientifiques, qui peuvent intéresser le monde savant, touchant la Grèce, la Turquie et l’Asie Mineure. Une partie bibliographique analyse les publications de toutes langues récemment parues sur Ces pays. Voici, par exemple, une critique des derniers travaux de l’abbé A. Kannengieser sur la France et l'Allemagne dans les missions catholiques et sur le Budget des missions en Allemagne et en France qui ont paru

dans le Correspondant avant d’être réunis en volume. L'auteur, le P. S. Vailhé, complète les renseignements fournis par le collaborateur du Correspondant, donnant la liste des établissements des Oblates de l’Assomption oubliées par celui-ci. Ces religieuses missionnaires dont l’in- Stitut doit sa création aux Pères Assomption histes ne possèdent pas moins de 42 maisons avec 134 sœurs, 2 hôpitaux, 10 dispensaires, 1 noviciat, { orphelinat et 12 externats, où elles instruisent 4 001 élèves. Ces maisons se trouvent en Turquie d'Europe, en Bulgarie et en Asie Mineure, et sont sous la haute direction des Pères qui leur servent de chapelains et d’aumôniers.

Voici également, dans le numéro de février, un article très intéressant sur les Écoles russes de Palestine et de Syrie signé GC. Exepi. Un diplomate serbe en fournit un autre non moins utile sur la Macédoine et les Grecs.

En résumé, les Pères Assomptionnistes pos-

sèdent en Orient 28 établissements d'instruction dont 12 de filles. Leur budget annuel s’élève à 300 000 francs, et le gouvernement qui les poursuit en France se voit obligé pour sauvegarder notre influence vis-à-vis de la Russie et de l’Allemagne de les subventionner. Mais il

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