Entre deux campagnes, par Th. Aube, p
e. Le 27 mai 1893.
sante demeure stérile pour les intérêts généraux de la France ! Partout où réside le missionnaire, le nom de la France se fait connaître, le prestige s'affirme et s'accroît. » | Nous pourrions citer encore beaucoup d’autres noms illustres et apporter le témoignage désintéressé de nombreux hommes d’État à l’appui de cette thèse que nos missionnaires sont nos meilleurs diplomates et les plus utiles agents de l’influence française dans le monde entier. Ils ont donc mille fois raison, tous ces représentants de la France qui demandent qu’on envoie des missionnaires dans les pays lointains, où ils sont chargés de veiller à nos intérêts politiques et commerciaux. Il faut donc exporter de la graine de missionnaire, mais Comment préparer cette utile semence si le gouvernement s’acharne, par un esprit aussi antireligieux qu’antinational, à détruire les sources précieuses de cette armée pacifique, qui, Sans arsent et sans autres canons que ceux de l'Eglise, a su préparer la conquête de la plupart de nos colonies et a précédé partout nos commerçants, nos marins, nos soldats et nos consuls ?
Devant la campagne, aussi folle que haïneuse, menée depuis quelque temps par la bande enragée des Fils de la Veuve, par les amis
du traître et leurs alliés : les protestants, les étrangers et les sans-patrie, contre tout ce que la France possède de plus fidèlement dévoué à son Service, nos religieux et notre armée, il est du devoir strict de tout Français, comme de tout catholique, de protester avec la dernière énergie.
Devant l'assaut furieux qui se prépare contre ce qu'il y à de meilleur dans le pays et qui vise à détruire nos congrégations et, par suite, nos missions, 1l est du devoir de chacun de ceux qui tiennent à arrêter le mouvement de scepticisme mortel et de décadence sociale, qui ruinera notre influence à l'étranger, en même temps que la source des missionnaires, de faire tous ses efforts pour l’enrayer. Persuadé que, malgré toutes les publications spéciales dont 1ls ont été l’objet, les travaux de nos missionnaires sont encore peu connus du grand publie, nous avons voulu prendre notre faible part dans la lutte actuelle en apportant 1c1 notre témoignage en leur faveur. Puisse-t-1il avoir le rôle du grain de sable qui souvent changea le cours de l’histoire ! Si c’est là un souhaït trop ambitieux, contentons-nous d’avoir le plaisir désintéressé de dire ici quelques mots en l’honneur de ces missionnaires que nous avons vus
à l’œuvre en Chine, en Cochinchine, dans l’Inde, à Madagascar, en Afrique, comme en Turquie et en Asie Mineure, et chez lesquels nous avons toujours trouvé la plus aimable hospitalité. Là où nous n’avons pu admirer directement leurs œuvres, comme au Japon, en Amérique et en Océanie, nous aurons le témoignage de nos parents, de nos amis de la
marine, de l’armée et des services diplomatique et consulaire.
Des publications spéciales, telles que les Missions catholiques, les Annales de la Propagation de la Foi, celles de la Sainte-Enfance, et mille autres feuilles religieuses, tiennent Île monde au courant des résultats de Ia prédication de nos missionnaires. Le point de vue politique et scientifique n’est pas leur affaire et ce n’est qu’accidentellement qu’elles s’en occupent et combien peu. C’est justement celui qu’il importe de faire connaître aujourd'hui, afin de bien montrer à tous, mais particuhèrement à nos gouvernants, que nos missionnaires savent toujours être Français et très souvent savants ; qu’ils sont, par suite, de dignes représentants de la France, d’utiles auxiliaires de la science, qu’il y a lieu de protéger et d’encourager, au nom du pays d’abord et ensuite
de l'humanité savante tout entière. Les étransers eux-mêmes l’avouent et les gouverneurs des Indes anglaises reconnaissent le fait d’être jésuite comme l’équivalent de tous les diplômes anglais exigés pour enseigner ou même pour
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Une révolution terrible dirigée par les adeptes
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tion exacte est la secte des I-ho-kiuen (poings de la juste harmonie ou union harmonieuse des poings) {, met les provinces du nord à feu et à sang et menace tout l’empire. On sait comment tous les établissements et toutes les églises de la mission catholique de Pékin ont été attaqués ; en nombre d’endroits, les missionnaires et religieuses ont été massacrés. Demain peut-être apprendrons-nous de nouveaux désastres partout où l'insurrection à pris naissance. On peut craindre de la voir faire tache d'huile et
s'étendre à toutes les provinces de l’empire,
l. Le P. Mangin S. J. missionnaire du Fché-li Sud- Est traduit : Lutteurs pour la justice et la concorde. Chine et C1 ylan. lettres des missionnaires de la Com-
pagnie de Jésus, n° 5 août 1900).
Car elle à pour elle l’appui secret du gouvernement, inspiré par l’impératrice régente, l’ennemie déclarée des étrangers et du parti progressiste. « La Chine aux Chinois, mort aux Yang-kouei-tze » (diables étrangers), tels sont les cris de ralliement de ces nationalistes nouveau genre, avec lesquels les troupes impériales, toujours avides de pillage et composéés des pires éléments, ont fait cause commune, secrètement poussées d’ailleurs par les ordres mêmes de l’impératrice Tze-hsi. Les chrétiens sont partout massacrés, et les missionnaires ne voulant les abandonner, pour se réfugier dans les ports ouverts, sous la protection des canons des navires de guerre étrangers, vont, sans doute, payer de leur sang leur dévouement à ce malheureux peuple chinois, opprimé par ses mandarins et poussé par eux à l’attaque contre les étrangers.
En raison de cette triste actualité, nous parlerons tout d’abord des travaux scientifiques et humanitaires de nos missionnaires dans l’Empire du Milieu, où nous avons eu l’occasion de les admirer et de les voir se développer depuis près de trente ans. Lorsque, le 2 décembre 1872, nous nous trouvâmes isolé dans la ville tärtare de Pékin, où nous commencions,
à l’Inspectorat des douanes chinoises, les premiers jours d’un exil qui devait durer sept ans et demi, nous eûmes la joie de découvrir, à 2 kilomètres de notre résidence de la rue du Poisson-sec {Kan-yu-hou-tong}, sous les murs des jardins de l’empereur Toung-tche, à l'ombre des tours d’une cathédrale gothique en briques grises, le Pé-tang !, un véritable petit coin de France. Là, quelques jours plus tard, nous fêtions gaiement la Noël, au milieu d’une de ces congrégations de missionnaires français, que l’on trouve partout dans le monde, où il y a du bien à faire en civilisant les hommes et en sauvant les âmes. Sous l’habit chinois, adopté ainsi que la coiffure par les Pères Lazaristes (seul l’évêque, Mgr Delaplace, gardait la soutane et le chapeau européens), les Pères de la mission du Tché-li nord, comme tous nos missionnaires d’ailleurs, ont gardé le cœur chaud des Français. C’est toujours avec la plus grande amabilité qu’ils reçoivent leurs compatriotes. Nous tenons à les remercier tous ici pour le charmant accueil que nous avons trouvé auprès
1. Pé-tang veut dire cathédrale du nord; les autres églises catholiques de Pékin ont pour. nôm chinois : Si-tang, Toung-tang et Nan-tang d'après les trois autres points cardinaux.
d'eux, un peu partout dans le monde, et nous devons dire que c’est grâce aux excellents conseils pratiques de Mgr Delaplace et de l’abbé Favier à Pékin, des PP. Basuiau et Rathouis à Zi-ka-weï, de tant d’autres enfin qu'il serait trop long de nommer, que nous avons pu éviter quantité de petits accidents de santé qui éprouvent tant les débutants, les découragent et leur font prendre le pays .en horreur. Nous avons pu, grâce à eux et aux innombrables travaux qu'ils ont publiés sur les mœurs, les coutumes, les langues des pays qu'ils évangélisent, tirer le meilleur parti possible de nos séjours à l’étranger. Nous sommes heureux d’avoir loccasion de leur en témoigner ici toute notre reconnaissance et qu’une position indépendante nous permette de dire hautement ce que tant de diplomates et de consuls, d'officiers même de nos armées de terre et de mer, ne peuvent reconnaître publiquement, on sait trop pourquoi.
Disons maintenant deux mots de l’histoire du Pé-tang, la cathédrale du nord. Elle fut construite peu après la guerre de 1860, sur un terrain donné à la France et avec l’argent de l'indemnité, versé par le gouvernement chinois. Quand les mandarins s’aperçurent que les deux
tours dépassaient de beaucoup la hauteur des murs des jardins du palais impérial, ils vinrent supplier Mgr Delaplace de les faire abattre. On
pouvait, du haut des clochers, voir dans l’inté
rieur du parc de l’empereur, et les deux tours. menaçant le ciel et s’élevant plus haut que tous les monuments de la ville, allaient ruiner l’influence heureuse des éléments protecteurs de la dynastie, puis amener la ruine et la maladie à la cour du Fils du Ciel.
C’est la fameuse théorie des influences secrètes des éléments. l’eau et le vent. le redouté Fong-chouei, dont savent si bien jouer les astrologues chinois, pour le plus grand bien de leur
bourse et le plus grand ennui des superstitieux fils de Han. « À quelle hauteur passent les bons
senies du vent et de l’eau ? leur demanda l’abbé Favier. — A cent pieds, répondirent sans hésiter les mandarins stylés par les sorciers. — Très bien, répliqua le Père, j’arrêterai la construction à quatre-vingt-dix pieds. » Ainsi fut fait, et pour se défendre contre les regards inmdiscrets, on éleva le mur du palais d’une hauteur suffisante.
Mais l'inquiétude des courtisans et la haïne des paiens n'étaient pas apaisées, on intrigua
sourdement auprès du ministre de France,
M. de Rochechouart, pour qu'il persuadât à l’évêque de faire raser les tours, qui décidément avaient le mauvais œil. Mgr Delaplace, après avoir montré qu’on n'y avait mis aucun escalier, et que l’accès de la plate-forme était par suite impossible, répondit qu’il se laisserait plutôt ensevelir sous leurs débris que d’en enlever une seule brique. Le mur du palais fut surélevé de quelques pieds et les choses en restèrent là. Ceci prouve qu'avec les Chinois il faut oser vouloir, Il y a quelques années, quand l’empereur Kouang-hsü atteignit sa majorité et prit seul les rênes du gouvernement, l’impératrice-régente Tze-hsi dut se retirer dans son palais, situé dans la partie des jardins contiguë au Pé-tang. Sous prétexte d’agrandir son parc, elle fit entamer avec la légation de France, alors gérée par M. Constans, de nouvelles négociations, afin d'acquérir l’église et toute la propriété des Lazaristes. On se laissa persuader par les offres magnifiques d’un plus grand terrain et d’une grosse indemnité en argent, qui permit à l’abbé Favier d’édifier une nouvelle cathédrale et des bâtiments plus spacieux pour les missionnaires, l'hôpital et l’orphelinat des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, devenus trop étroits à l’ancien Pé-tang. Le tout fut inscrit
au nom de la France, dans le traité spécial auquel M. Constans attacha son nom. L’impératrice avait sauvé la face du gouvernement ch1nois, et elle sut faire savoir partout que les catholiques avaient été enfin chassés de la ville impériale. C’était le mauvais côté de la transaction, car on peut croire dans tout l’empire que les Français avaient disparu de Pékin. On trouve là le premier indice de cette politique anti-étrangère dans laquelle Tze-hsi s’est donné carrière ces temps derniers, avec la
, grâce à elle certai-
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violence que l’on sait. C’es nement que se sont perpétrés les derniers événements qui nous apprennent la ruine des nouveaux établissements du Pé-tang, l'incendie des autres églises, des légations et le meurtre de nombreux Européens. Quand donc apprendrat-on qu'avec les Chinois toute concession est une marque de faiblesse et un premier pas sur une pente dangereuse, presque impossible à remonter. Nos missionnaires le savaient mieux que personne, mais nos diplomates ont cru que leurs conseils étaient les meilleurs ; ils ont pesé d’un tel poids dans la balance que l’on a dû se soumettre ; on voit maintenant les résultats de leur tactique. |
Nous avons dit que Mgr Favier a construit
les deux églises de l’ancien et du nouveau Pétang. L’évêque actuel de Pékin à construit également le superbe consulat de France élevé à Tien-tsin, en 1871, avec une partie de l’indemnité accordée au gouvernement français pour la destruction du Yâmen chinois qui servit de résidence à nos ce sentants Jusqu'au mois de juin 1870, époque à laquelle il fut réduit en cendres ainsi que l'église catholique, après le massacre du consul, M. Fontanier, de son chancelier, M. Thomassin, et des Sœurs de l’orphelinat de Saint-Vincent de Paul, par une bande
de malandrins soutenue- par les mandarins.
L'abbé Favier, se faisant architecte, entrepre-
eur de travaux et même maçon, dirigea les
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manœuvres chinois et réussit à élever cette magnifique construction, aujourd’hui fort endommagée par les boulets de l’armée chinoiïse et dont le prix de revient pere ridiculement modique aux architectes des affaires étrangères, quand on leur soumit les plans et Les eus. Ils auraient sans doute préféré y dépenser des millions pour y inscrire leur gloire aux An de la France. Grâce au P. Favier, l’État économisa une belle somme, car le brave missionnaire sut se servir des seuls matériaux fournis par le pays. H n’employa que de’la main-d'œuvre
chinoise et ne fit pas plus payer ses plans et devis que ses peines et soins.
Le P. Favier est aussi musicien, et on lui doit la formation de l’harmonie du Pé-tang, organisée: à l'instar de nos musiques militaires et qui est fort appréciée des étrangers résidant à la capitale. L’évêque de Pékin n’a pas dédaigné d’imiter l’exemple de Mgr Lavigerie, et c’est aux sons de la Marseillaise, fort bien exécutée. que l’on reçoit la visite du ministre de France auprès de la cour chinoise, quand il vient conférer au Pé-tang au sujet des intérêts des chréliens de la mission ou prendre au besoin les avis de celui qu’une résidence de près de quarante ans en Chine et une connaissance parfaite de la langue, des mœurs et des usages chinois rendent un aide précieux pour tous nos diplomates. N'est-ce pas à lui qu’on doit d’avoir arraché à l’impératrice régente le fameux décret qui, l’an dernier, reconnut la religion catholique dans tout l’empire et qui assimilait nos missionnaires aux mandarins, leur donnant un Statut officiel, rendant les rapports beaucoup plus faciles avec les autorités du pays? On comprend toute l'importance qui s'attache à ce succès quand on connaît les intrigues des puissances. étrangères pour arracher à la France
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la protection des catholiques, affirmée par ce décret. Tout l'honneur en revient à Mgr Favier, soutenu par le ministre de France, M. Pichon. Grâce à lui notre représentant à Pékin fut Île premier informé des complots, tramés par les Boxeurs contre les missionnaires et les légations, qui éclatèrent en juin dernier, surprenant tous les autres ministres étrangers.
Non content d’avoir assuré à la France les privilèges en question, Mgr Favier à voulu répandre le plus possible notre belle langue dans l’Empire des Fleurs en continuant l’œuvre inaugurée par Mgr Delaplace, au cœur même de Pékin, à l’église du Nan-tang vers 1875 avec les petits Frères Maristes de Saint-Genis-Laval, Malgré les objections très nombreuses que l’on fit à son projet d'écoles, en lui disant que les Chinois parlant français ne pourraient trouver qu’en très petit nombre l’emploi de leurs connaissances, puisque la langue du commerce en Extrême-Orient est l’anglais, il s’obstina patriotiquement et fit ouvrir, en 1894, un modeste cours de francais à Tien-tsin. Dès 1895, la charge devenait lourde pour la mission, CAT On comptait déjà 120 élèves. On fit ve nir de France de nouveaux petits Frères Maristes, qui voulurent bien accepter la position de professeurs.
Les collèges continuant à se développer, on dut en Ouvrir un troisième dans la même année. Il débuta avec 40 élèves. En 1898, ces deux écoles ne suffisant pas aux demandes, on établit une succursale à Cha-la-eul près Pékin, où l’on eut 30 élèves dès le début. Jusqu’en 1898 la mission, mue par un louable sentiment de patriotisme, faisait tous les frais. Les constructions avaient coûté 60 000 francs, et l’entretien se montait à 4 000 francs par an environ.
Le gouvernement français, mis au courant de ces succès par M. Pichon, alloua 5 000 francs à la seconde école de Tien-tsin, que l’on céda au Conseil municipal français et qui est administrée par le consul de France. On y comptait 15 élèves au commencement de l’année 1899.
Le collège de Pékin, mis, lui aussi, sous la protection du ministre de France, est devenu ainsi collège national français, et il reçoit un secours officiel du gouvernement, sous la forme d’une allocation annuelle de 5 000 francs. Grâce à cette libéralité, bien comprise et de bonne politique, la France y possédait en février dernier 150 élèves. L’évêque y a contribué en donnant les bâtiments, construits aux frais de la mission ; 1l parfait de plus l’allocation gouverne-
mentale devenue insuffisante. Mgr Favier, en
nous donnant ces renseignements le 6 décembre dernier, ajoutait qu’il allait fonder deux autres écoles : l’une à Pao-ting-fou, l’autre à Tching-ting-fou, deux préfectures importantes traversées par la ligne de chemin de fer actuellement en construction entre Pékin et Han-kéou {.
Au fur et à mesure de l’avancement des tra-
Vaux de la Compagnie franco-belge, qui a la
concession de cette partie nord du transsinien,
1. Le Frère Théophane, supérieur général de l'Institut des petits frères de Marie de Saint-Genis-Laval, nous écrit qu'au mois de juin 1900, il avait en Chine 8 établissements, savoir : à Pékin, 1 collège français avec 150 élèves, 1 orphelinat avec 250 enfants : à Tientsin, 1 école anglaise avec 25 élèves, 1 française
) élèves; à Shanghaï, 1 collège anglo-chinois 420 élèves ; 1 école française : 60 élèves : à Ou-tchang, 1 école française : 100 élèves; à Han-Kéou. 1 école française : 80 élèves. L'orphelinat et le collège de Pékin ont été détruits entièrement «n j uiilet, un frère et une centaine d'orphelins ont été massacrés et jetés dans un puits. Deux autres frères sont morts victimes du siège du Pé-tang : le Visiteur des Frères de Chine et le Directeur du collège de Pékin. Les établissements de Tientsin ont été aussi détruits par le bombardement. Ceux de Pékin viennent d'être rouvérts. ils Ont déjà 130 élèves chinois pour le français et 40 orphelins. Le Ministre des Affaires Étrangères vient de demander 3 frères pour une école francaise que le souvernement français a l'intention de fonder à Canton.
on compte créer de nouveaux centres d’instrucetion française dans les grandes villes que traversera la voie ferrée. C’est ainsi que l’on 2 ouvert une de ces écoles à Han-kéou, d’où l’on pousse les travaux vers le nord. Non contents de suivre les progrès de la voie ferrée, nos missionnaires lazaristés ayant avec elle atteint le Yang-tze-kiang le descendent déjà et parlaient en février de fonder une autre classe de francais à Kiéou-kiang. On entendra done bientôt, grâce à eux, parler notre langue à travers la Chine du nord et sur le cours moyen et inférieur du Fils de l'Océan.
Plus de 50 interprètes sont déjà sortis du collège de Pékin ; 20 sont entrés dans l’administration des postes et télégraphes, 30 rendent des services appréciés aux ingénieurs français et belges du chemin de fer du Lou-han ‘, dont la tête est à Lou-ko-tchiao, où se trouvent 47 employés de langue française. En octobre 1899, on est encore venu demander 11 interprètes pour le chemin de fer, ce qui porte à 61 le nombre d’élèves déjà placés au 1° janvier 4900. On n’a fait toute cette propagande