Ainsi nommé par abréviation du nom des deux
stations ‘extrêmes Lou-ko-tchiao près Pékin et Han-
kéou.
que par pur patriotisme et en faveur de la dissémination de notre langue et par suite de notre influence, car, comme nous l’affirmait Mgr Favier, on n’a pas cherché à convertir ces Chinois à notre religion et on admet indistinctement Chrétiens et païens. Or parmi ces derniers aucun n'a demandé à se faire catholique. Mais l’évêque considère qu’il doit favoriser avant tout, dans ses écoles, les affaires de France, en remerciement de la bienveillante protection que lui accorde son ministre à Pékin. Ainsi done cette innovation, tant critiquée au début par des personnes soi-disant très sages et très prudentes, est devenue un grand succès et un excellent moyen d’augmenter notre influence.
Les jeunes Chinois instruits par nos missionnaires et par nos petits Frères Maristes forment déjà une pépinière dont on est en droit d’attendre les meilleurs fruits. Notre intelligent et patriotique représentant à Pékin l’a bien compris, aussi a-t-1l fait œuvre d’excellente politique en prenant ces écoles sous sa haute et féconde protection. Nous avions eu l'honneur de le voir avant son départ pour l’Extrême- Orient et, bien que nous ayons été déjà frappé à ce moment de la largeur de ses idées et de
son bon sens pratique, nous ne nous attendions
certes pas à le voir prendre si vite et si chaleureusement la cause de nos missionnaires.
Dès son arrivée en Chine, il leur à montré qu’il les comprenait et 1l leur. a promis de seconder leurs efforts si désintéressés pour l’introduction au Céleste Empire de notre langue et de nos idées. Il à fait mieux que de leur donner de l’eau bénite de cour ; il s’est positivement compromis aux yeux des sectaires du gouvernement de la métropole, en adressant à tous nos consuls, dans le pays, des circulaires les invitant à prêter leur concours le plus actif à nos chers missionnaires.
Au commencement de cette année, il présida officiellement à l'inauguration de leur cathédrale à Pao-ting-fou, la ville Ja plus importante du Pé-tché-li, après Pékin, et où venait d’arriver la voie ferrée du Grand Central chinois en construction. Peu de temps auparavant et d’après ses conseils, M. Dautremer, consul de France à Han-kéou, avait assisté, non moins officiellement, et au milieu de toute la colonie étrangère de Kiéou-kiang, à la dédicace de l’église catholique, récemment achevée dans cette importante ville des bords du Yang-tzekiang. On le voit, les temps sont changés depuis l’époque où tel autre ministre de France, que
ne — rende = :
ee NOS MISSIONNAIRES,
NOUS pourrions nommer, accusait fausse ment, dans ses dépêches au quai d'Orsay, nos mis- Sionnaires de la province de Kouang-toung d’avoir mis eux-mêmes le feu à leurs résidences et chapelles dans le but d’ex xitorquer une grosse indemnité au souvernement chinois ! Ceux qui ont Connu les idées de M. S. Pic hon, alors qu'il Siégeait au Conseil municipal de Paris. doivent penser qu'il a fallu de bien sérieuses considérations et de très probantes démonstrations pour amener l’ancien radical à brûler ses vaisseaux, en même temps qu’à abandonner ses anciennes théories, pour protéger officiellement et ouvertement les missionnaires fran- Gais et leurs œuvres, beaucoup mieux même que, plus d’un de ses prédécesseurs à la légation de Pékin, qui avaient pourtant la réputation d’être aussi patriotes que catholiques.
C'est au moins la preuve qu’il est sincèrement dévoué au bien de son pays et qu’il a su sacrifier ses idées personnelles aux intérêts de Ia France et aux Gesta Dei per Francos dans l’Empire du Milieu. |
Mais les ministres passent et se succèdent assez rapidement à Pékin, où ils ne restent guère en moyenne plus de trois ans chacun.
Le personnel de la légation change constam-
ment, lui aussi. Par contre, les missionnaires restent, ils étudient à fond la langue, les mœurs, les coutumes et les ressources du pays où ils passent presque toute leur vie et où 1ls meurent, sauf de rares exceptions. C’est 1à ce que ne peuvent faire nos représentants diplomatiques ou consulaires. Qui donc peut mieux que nos missionnaires leur servir d’interprète auprès des autorités du pays, les mettre au courant de toutes les machinations tramées contre la France. Mgr Favier, qui réside à Pékin depuis 1861, était mieux que personne au monde à même de renseigner la légation sur une foule de questions, grâce à sa parfaite connaissance de la langue et des êtres. Décoré depuis longtemps déjà du bouton rouge de mandarin de première classe, il a su conquérir la confiance de hauts personnages de la cour et, par son intervention officieuse, a pu rendre à nos représentants les plus grands services. Nous n'avons pas de doute que le gouvernement saura reconnaître ses éminents services et sa magnifique défense du Pé-tang par la croix des braves.
Mais nous n’avons pas épuisé la liste des services rendus par cet-excellent homme. Revenons à de plus humbles travaux. De maçon, l’abbé Favier se fit bientôt orfèvre. Dans l’in-
6) . cl
térêt des familles catholiques d’émailleurs. qui fabriquent ces cloisonnés dont Pékin a la spé- Cialité, l’intelligent missionnaire étudia les moyens de perfectionner cette industrie. Elle se traïnait dans cette routine bien caractéristique de tout ce qui est chinois. On a pu voir à l’Exposition universelle, dans la section des Missions catholiques, l’heureux résultat de ses efforts. Il y avait là une magnifique garniture d’autel et des vases sacrés qui feraient honneur à la maison Barbedienne elle-même. (Notons en passant que celle-ci, après de nombreux et coûteux efforts, à dû renoncer à l’imitation des cloisonnés chinois.)
À côté de la cathédrale du Pé-tang se trouvait un très intéressant cabinet d’histoire naturelle, créé vers 1872 par le savant abbé Armand David, au retour de trois voyages d’exploraüon dont il avait été chargé par M. Milne- Edwards. A cette époque on ne connaissait que fort peu de chose des richesses minéralogiques, botaniques et zoologiques de l’Empire du Milieu. Elles n'étaient représentées au Muséum d'histoire naturelle de Paris que par de rares échantillons, dont la plupart avaient été envoyés de Pékin, au temps de Louis XIV, par les premiers missionnaires Jésuites et entre
rar
autres par le P. d’Incarville, botaniste disüngué. M. Franchet a retrouvé son herbier, il ÿ à quelques années seulement, et en a publié un catalogue. La plus grande partie des collections recueillies par l’abbé David figurent aujourd’hui dans les galeries du Muséum. Elles sont tellement considérables qu’on n’a pu en nommer encore qu'une partie. Certains échantillons ont même été égarés. m’a-t-il dit. dans les divers déménagements qui ont eu lieu dans notre grand établissement scientifique, lors de la construction des nouvelles galeries. On doit au savant Lazariste la découverte d’animaux aussi rares qu'importants. Le plus curieux de tous est le fameux et très rare cervidé baptisé Elaphurus Davidiarus par M. À. Milne-Edvards, dont on peut admirer des échantillons vivants à la ménagerie du Jardin des Plantes, et qui n existe plus en Chine que dans le pare impérial du Nan-haï-tze, au sud de Pékin. Puis viennent des singes, des chats sauvages, des panthères, découverts dans les montagnes des environs de Pékin, et que le savant directeur du Muséum a décrits dans les Annales de cette institution de l’État. M. David a publié, dans cette même revue, ia relation de ses principales explorations, dont la troisième a été aussi
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