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éditée à part en deux volumes. Mais son plus beau travail est la description méthodique, illustrée de nombreuses planches en couleurs, des Oiseaux de la Chine qu’il a découverts, tant en Mongolie qu’au Tché-li, au Tché-kiang et autres provinces de l’Empire Céleste. L’existence des diamants, que nous avons constatée dans le Chan-toung en 1874, avait été signalée par lui dans les cendres des foyers de Pékin dès 1870. L'Etat a publié avec luxe la description des plantes rapportées par celui que M. Milne-Edwards citait comme le type achevé de l’explorateur et qu’en remerciement de ses services, 1l fit décorer de la croix de la Légion d'honneur et des titres de membre correspondant de l’Institut et du Muséum. Il faudrait toute une brochure pour analyser les découvertes de ce modeste religieux, décédé le 10 novembre dernier après avoir été, depuis son retour de Chine, professeur d'histoire naturelle au séminaire des missionnaires Lazaristes, rue de Sèvres, à Paris.
Dans l’enceinte de la mission du Pé-tang, tout à côté du musée dont nous avons parlé, se trouve une imprimerie, des presses de iaqueile sont sortis un certain nombre d’ouvrages d’ar-
chéologie ou de linguistique.
Le plus considérable est dû à la plume du distingué vicaire apostolique actuel, Mgr Favier. C’est un énorme volume in-folio illustré d’une multitude de gravures sur bois et de phototypies, et qui est intitulé : Pékin, histoire et descriplion. Le 18 novembre 1897, sur un rapport de M. Gaston Boissier, il à été honoré par l’Académie du prix Stanislas Julien, fondé.
comme l’on sait, pour récompenser le meilleur travail Sur la Chine paru dans l’année. Divers ouvrages de linguistique font également honneur aux missionnaires Lazaristes de Pékin :
citons en passant le Dictionnaire phonétique chinois-français de M. Mac Veigh, paru en 1893, C’est sur ces mêmes presses, libéralement prêétées à plusieurs de nos amis des douanes chinoises ou du service diplomatique, qu'ont été imprimés divers travaux sur la langue ou l’archéologie chinoises, par exemple un cours de chinois de M. Mouillesaux de Bernières et des traductions juxtalinéaires de M. C. Imbault- Huart,-et qui font suite aux grammaires, lexiques et autres livres de linguistique chinoise d’un ancien missionnaire Lazariste, M. Gon- Galvez, publiés autrefois à Macao. Quand celuici mourut, en 1841, il était membre de la Société asiatique de Londres et de l’Académie de
Lisbonne. En outre de ces travaux de science et de linguistique, les Messieurs ! de la Congrésation de la Mission ont publié un certain nombre de relations où ils constatent des faits, non vus en courant, mais patiemment et longuement observés, et qui contribuent à la connaissance des mœurs des populations qu'ils évangélisent.
On connaît les récits si humoristiques de MM. Huc et Gabet, sur leurs voyages en Tartarie et au Thibet. Il a été de mode, pendant longtemps, de les traiter comme ceux de Marco Polo, que ses contemporains avaient surnommé par dérision Marco Millione. On en est revenu, depuis que des explorateurs aussi distingués que Prjévalski, le prince Henri d'Orléans, Rockhill, Duthreuil de Rhins, et tant d’autres, ont confirmé la réalité des faits avancés par le P. Huc, le seul Européen qui ait encore pu pénétrer à Lhassa. Aussi avait-on été Jusqu'à dire qu'il n’y était jamais allé. Mais les récits des pundits indiens, qui seuls depuis ont pu obtenir des lamas du Thibet l’autorisation
1. Titre exact des religieux de la congrégation dite des Lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul, et dont la maison mère se trouve 95, rue de Sèvres, à Paris.
d'entrer dans leur ville sainte, ont entiérement vengé la mémoire du célèbre Lazariste, trop facilement accusé d’excès d'imaoination.
Mgr Reynaud, après vingt ans de séjour au Tcehé-kiang, a publié, à Abbeville, en 1897, une intéressante étude sur ce qu’il appelait Une autre Chine. Nous avons eu l’occasion de visiter à Ningpo et aux îles Chousan, en 1879, les mMIssions dirigées par cet excellent évêque et nous pourrions écrire plus d’une longue page sur les services que lui et ses collègues ont rendus au gouvernement français. Mais il est temps de parler de ceux non moins grands dont la France est redevable en Chine, en Corée, au Japon et en Cochinchine, aux Pères des Missions Étrancères de la rue du Bac, que nous retrouverons encore dans beaucoup d’autres pays.
Dès 1874. nous eûmes l’occasion de faire la connaissance, à Niéou-tchouang et à Tehé-fou, de plusieurs des apôtres de la Corée, alors impitoyablement fermée aux étrangers et tout particulièrement aux missionnaires. Nous avons eu l'honneur de causer longuement avec Mgr Ridel qui venait de s’en échapper sur une Jonque, après avoir subi dans les prisons de Séoul les plus cruels tourmenis.