EXTRAITS DE I\IES CARNETS
Voyage de Milan, Pérodsi;, Vienne
Milan, 30 mai IR73. — Note écrilo au Musée Brera, en présence de la vitrine où sont déposés les ohjcis provenant de la tombe gallo-italique de Sc:>to-Calende.
« Un seul coup d"œil jeté sur cette belle découverte conduit à la conviction que nous avons devant nous des spécimens de l'art et de la civilisation de Hallstalt. L'épée est en fer à antennes, avec fourreau de bronze. La lance est en fer et de la forme des belles lances de la Marne. Les crosses(?) du char sont également en 1er et d'un travail exquis. Le casque rappelle celui de Hallstatt. Enfin, les débris de vase en teiTc portent exactement les mêmes ornements que les vases de Giani à triangles remplis de blanc dessinés par M. Abel Maître.
« Le mors débride rappelle celui de Vaudrevanges. Les cnémides sont de forme tout à fait grecque et ressemblent à celles que j"ai vues chez Vaganay, le marchand de Lyon, provenant, disait-il, des environs de l'étang de Berre. Nous sommes toujours dans un courant celtique.
« Je ressens de plus en plus l'impression que toutes les époques dites des métaux, lacustre, Golasecca, Villanova, Hallslalt, Alaise, Maguy-Lambert et même La Marne, se touchent. La découverle de Sesto-Calende, en particulier, montre que le fer devait être connu en Gaule comme dans la Haute-Italie dès l'époque la plus reculée de l'âge des métaux.
Parme, i^' juin 1873. — La chaîne des Apennins se dessinant nettement à la droite du chemin de fer, dans le lointain, donne une idée très précise de la séparation de l'ilalie en deux zones : l'une aux Gaulois, ou Celto-Gaulois (cisalpine, ou plutôt trans-apennine) et populations analogues, sœurs au moins par la civilisation ; l'autre aux Étrusques et Italo- Grecs. Il est probable que les populations primitives (indigènes) se sont réfugiées dans les Apennins. C'est là qu'il faut les aller chercher.
Zurich, lundi 16 février 1874. — Je suis préoccupé de la question de l'incinération qui semble liée à l'introduction du métal en Gaule et probablement en rapport avec les premières migrations celtiques sur la
l. Voir supra, p. 9i.
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rive gauche du Rhin. Je demande au D"" Keller son sentiment sur les cimetières <à incinération de la Suisse. Il me répond :
« L'on trouve, en Suisse, dans un certain nombre de tumulus, des urnes cinéraires avec les cendres. Quelquefois l'urne est posée au fond du tumulus sur le sol , quelquefois dans un sac creusé en terre. Les urnes sont, en général, protégées par de petites mureltes ' ou pierres amoncelées. La proportion des tumulus à incinération est à peu près de la moitié des ensevelissements. Dans un certain nombre de tumulus, l'inhumation s'est rencontrée à côté de l'incinération. Les objets recueillis de part et d'autre seraient, toujours d'après le D"" Keller, absolument les mêmes *, »
« Ces tumulus se trouvent partagés à peu près également entre la Suisse orientale et la Suisse occidentale. Mais ceux de la Suisse occidentale paraissent les plus riches. Il est bon de noter que l'attention ne paraît pas s'être suffisamment arrêtée sur cette distinction capitale des deux rites : incinération, inhumation, à laquelle il faut, selon moi, attacher la plus grande importance. »
Neuchâtel, jeudi 20 février 1874. — Desor me donne l'hospitalité. Je lui expose mes idées relativement au récit du chapitre xlv du V^ livre de Tite-Live. Il les accepte complètement. Mais sur la question de l'introduction des métaux en Gaule, il tient beaucoup à l'idée que le bronze a pénétré en Suisse par voie d'Italie (voie bien détournée). Il admet du reste que l'importation des métaux est due à des migrations orientales.
'Voyage de Mayence, Nuremberg, Sigmaringen
21 mars 1878, à Augsbourg. — Réflexions. — Insister sur ce fait que depuis le moyen âge, Augsbourg et Nuremberg ont servi de centre, de point de ralliement pour le commerce entre l'Italie, Venise spécialement, le Levant et le Nord. La France n'a jamais participé à ce mouvement, de mémoire d'homme. L'influence italienne a dominé dans ces contrées sans interruption depuis des siècles. Elle se fait encore sentir aujourd'hui en toutes choses. Les fresques des appartements — et presque tous les appartements sont peints à fresque, on n'y connaît pas les tenluresen papier — $ont italiennes. Les modes italiennes dominent et à Augsbourg et à Nuremberg. Il y a là un courant traditionnel.
LaSouabc, avec ses lacs dont quelques-uns gèlent facilement, est certainement le pays touchant aux sources du Danube dont parle Hérodote et (ju'il attribue aux Celles. Ces pays sont nîiativemcnt h'uids, c'est ce cpii explique la réputation que la 6'p//Ky?<e avait du temps d'Aristote. Si laCidtique avait été plus spécialement en rapport à cette époque (v" et iv sièrlcs)