l'olyhe, II, xvu
décide les Gaulois à rebrousser chemin'. Ces coutumes, ces mœurs, ce costume étaient donc primitifs ou du moins très anciens en Cisalpine, et non pas d'importation récente.
Il y a plus. De l'aveu dePolybe, à l'époque où les Étrusques dominaient sur les deux rives du Pô et de l'Adige, les Celtes étaient déjà leurs voisins, c'est-à-dire occupaient déjà les vallées alpestres du versant méridional, sinon une partie des plaines de la Lombardie actuelle.
« Les Celtes, dit Polybe, par leur proximité, avaient de fréquents rapports avec les Etrusques-. » Le grec est plus expressif encore que la traduction : olç [T\jpp-Q'ioic]iT.ii).r{rj[j.v)C'.y.x-x TVTTapOôj'.v, mêlés aux Étrusques par le fait de la juxtaposition (des territoires). « Les Celtes, attirés par les ressources qu'offrait le pays, l'envahirent tout à coup sous un léger prétexte avec une nombreuse armée. »
Nous voilà bien loin de la manière de voir de Tite-Live, pour qui les Gaulois envahisseurs arrivent des extrémités de la terre habitée et sont, pour les Étrusques, non seulement des étrangers, mais des inconnus à l'aspect eflrayant. L'un de nous conjecturait déjà en 1883^ que les populations du versant septentrional des Alpes, les Transalpins, apparaissant tout à coup en armes sous le nom de Galates, étaient les frères montagnards, plus rudes et plus belliqueux, des vieux habitants de la plaine. Cette invasion subite, sous un prétexte futile, aboutissant à l'expulsion des Tyrrhéniens des campagnes qu'arrose le Pô, ou plutôt des cités oîi ils se trouvaient cantonnés, isolés au milieu des populations rurales, ressemble bien plus au soulèvement d'une race opprimée appelant à son secours des frères de même race, d'humeur plus guerrière, qu'à la conquête brutale d'une race sur une autre. Le fait que les Vénètes, qui parlaient une autre langue que les Gaulois, restèrent en dehors de ce mouvement, est un nouvel argument à l'appui de la thèse que nous proposons.
i. Polybo, XI, wiii.