Justio, XX
Jes Alpes sous la conduite de leur chef Rheelus dont ils ont pris le nom. Telle est l'origine des tribus rhétiques\ »
Ces événements se passent au commencement du iv^ siècle avant notre ère. Refoulés par les Gaulois dans les vallées du Tyrol, un certain nombre d'Etrusques s'y org-anisent sous la conduite d'un chef dont ils prennent le nom. Pline l'Ancien ne dit pas autre chose : « On regarde les Rhètes comme issus des Etrusques expulsés par les Gaulois et conduits par leur chef Rhaetus. » Rhaetos Tuscontm prolem arbitrantur a Gallis piilsos, duce Rhaeto -.
Strabon ne parle pas de l'origine des Rhètes, mais il nous les montre s'étendant dans les Alpes de façon à toucher aux Helvètes et aux Roïens d'un côté, aux Insubres de l'autre '\ Au nombre des tribus rhétiques il cite les Lepo7itu et les Camuni. Or, au rapport de Caton, les Camunes étaient des Euganéens (groupe bien distinct de celui des Etrusques) et les Léponliens étaient des Celtes Taurisques.
u Sur le versant des Alpes qui regarde rilalie sont les nations cuganéenncs jouissant du droit latin et dont Caton énumère cent trente-quatre cités parmi lesquelles sont les Triuminlini, puis les Camiini et plusieurs autres semblables... Le même Caton pense que les Lépontiens et les Salasses appartenaient à la nation taurisque*. »
Caton était, en pareille matière, une grande autorité. Or, Strabon déclare ailleurs ^ que les Taurisques sont d'origine celtique, comme les Scordisques et les Boïens. Les populations qualifiées de rhétiques occupaient donc, sous Auguste, une grande partie des Alpes. Le comte Giovanelli faisait remarquer, dès 1844, combien celte grande extension des Rhètes et leur puissance militaire (on sait la peiue (|uV'ii. Auguste à les réduire) s'accorde mal avec la théorie (]ui en
1. Ex nomine clucis [Rhaeti] génies lihaelorum [Tusci] cundiderunt.