Strabou, Vil, ii
fait les descendants de fugitifs étrusques. Un groupe de Rhétiens étrusques a pu dominer, un jour, les populations de ces agrestes vallées par la supériorité relative de sa civilisation, donner son nom à l'ensemble du pays, puis, noyé dans ce milieu barbare, perdre bientôt sa personnalité et n'avoir laissé, de sa domination, qu'un nom géographique et les débris d'un patois. Que reste-t-il des Lombards en Lombardie, des Angles en Angleterre, des Francs eux-mêmes en France? Con> cluons donc que le vieux fond des populations rhétiques n'est pas étrusque ; les textes ne sont pas, sur ce point, en désaccord avec l'archéologie.
Loin de nous pousser à rattacher les populations rhétiques aux Etrusques *, la logique veut bien plutôt que nous les rattachions aux Celtes. L'archéologie nous y invite, et le nombre considérable de tribus celtiques ayant, au témoignage de l'histoire, occupé les Alpes de l'est à l'ouest, fortifie encore cette opinion. Ce n'est sans doute pas sans motif que Strabon mêle le nom dos Rhètes à celui des Celtes noriques, lorsqu'il nous dit : « Quant aux Rhètes et aux Noriques, ils atteignent la crête même des Alpes et redescendent du côté de l'Italie, les premiers jusque dans le voisinage des Insubres (Celtes), les seconds jusqu'aux frontières des Carni (Celtes également) et au territoire d'Aquilée ^ » A quel groupe, d'ailleurs, s'ils ne sont pas étrusques, rattacher les clans rhétiens, sinon à celui des Celtes ?
Notre manière de voir est celle qu'exposait, dès 1837, l'illustre fondateur des études celtiques, Gaspard Zeuss ^ :
« La région moyenne des Alpes, à l'est des Helvètes et des peuples de la vallée supérieure du Rhône, était habitée par les Rhètes et les Vindéliciens... Ces deux peuples sont d'origine celtique. Il est vrai que le nom de Raeti ne se trouve pas ailleurs parmi les Celtes; mais comme dans la plupart des noms rhétiques on reconnaît une dérivation celtique, leur origine ne peut pas être dilTérenle. Les noms de lieu rhétiques, Tarvesede
1. Le lien qu'on a voulu établir entre les Rhètes et les Raséuas étrusques repose sur une simple cousonauce d'ailleurs très imparfaite.